25/08/2010

Domenech, nech, nech

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Domenech, nech, nech s'en allait tout simplement... En fait, le départ du sélectionneur français n'apparaît pas si simple que cela. Certes, le bonhomme a déjà été remplacé par Laurent Blanc, mais la Fédération française de football (FFF) doit désormais le libérer de son contrat. Sous forme de licenciement, si l'on en croit L'Equipe du jour. Engagé à la Direction technique nationale (DTN) depuis 1993 à durée indéterminée, l'ex-boss des Bleus devrait percevoir une indemnité de 1,5 à 2 millions d'euros. Pas mal pour quelqu'un qui n'a rien gagné, non?

Pis, après la tragédie comique sud-africaine, le Lyonnais a même tout perdu. Il ne possède apparemment plus le moindre ami dans le ballon rond, si ce n'est peut-être son fidèle adjoint - et pantin - Pierre Mankowski. Du coup, plusieurs médias s'interrogent sur la reconversion qui l'attend. Passionné par les astres et par le théâtre, Raymond Domenech n'est pas homme à rester enfermé chez lui. Après le séisme qu'il vient de vivre, c'est déjà une bonne nouvelle. Ses qualités de comédien ont éclaté au grand jour sur le bourbier de Kynsna. Une lettre à la main, devant des flashes et des caméras, le compagnon d'Estelle Denis avait même réussi à faire pitié au monde entier.

Le magazine SoFoot explore plusieurs pistes sur son site Internet. Si certaines sont fumeuses - astrologue par téléphone, tenancier de bar... -, d'autres peuvent être à suivre. On pense notamment à celle l'emmenant coacher au Qatar. Il faut dire qu'engager Domenech aujourd'hui est l'assurance de réussir un gros coup médiatique. Comme ces équipes cyclistes engageant des dopés avérés - Basso chez Liquigas, Schumacher chez Miche, Vinokourov de retour chez Astana... -, un club ou une sélection prendra-t-il (elle) le risque de s'attacher les services du grisonnant provocateur à crampons?

23/08/2010

Marseille, décidément...

211859_GJ255_fa0b90c.jpgCes dernières années, ironiser sur le sort de l'Olympique de Marseille était devenu un sport quasi national en France. Il faut dire que, depuis quasiment deux décennies, le club de la Canebière faisait tout de travers. Et puis est arrivé Didier Deschamps qui, telle la Bonne-Mère, a remis l'OM à l'endroit. Deux titres - la Coupe de la Ligue et le championnat - ont insufflé un mistral de fraîcheur sur le Vélodrome et les nombreux fans, disséminés aux quatre coins de la France et même partout dans le monde, se sont mis à croire en une ère aussi faste que celle de la génération Bernard Tapie. C'était le 5 mai dernier, au soir d'un sacre national que d'aucuns attendaient depuis dix-sept ans.

Trois mois et demi plus tard, le décor enchanteur s'est effrité. Une fois de plus, Marseille s'est embourbé. "Mais tout ce qui se passe chez nous est amplifié par cent", note-t-on dans l'entourage du club. Certes, à l'instar du PSG, l'OM fait causer, jaser, piailler. Mais tout de même, sa gestion de l'intersaison a été dramatique, pathétique. Deschamps voulait des joueurs - Alou Diarra et Luis Fabiano - mais il ne les aura pas. Il avait fait de Cesar Azpilcueta, jeune latéral espagnol qui monte, sa priorité. Force est de reconnaître qu'il ne convainc pas. Moins, même, que l'anonyme Laurent Bonnart.

Après avoir vu l'attaquant brésilien et le demi défensif de Bordeaux lui filer sous le nez, l'entraîneur marseillais a été obligé de retourner son effectif dans tous les sens et de se triturer les méninges. Sans solution après deux défaites, il a vu le directeur sportif José Anigo prendre la main sur le marché des transferts. Ce dernier a convaincu le Toulousain André-Pierre Gignac de rejoindre le Vélodrome. "Marseille, c'est un rêve de gosse", a évidemment confié celui-ci, dans la droite ligne des discours formatés qui s'accrochent aux crampons des footballeurs.

"APG" devait être associé à Loïc Rémy à la pointe de l'attaque olympienne. Or, le prometteur Niçois formé à Lyon n'a pas passé la visite médicale. Jeudi soir, c'est un coup de tonnerre qui est tombé sur sa tête et sur celle de l'OM, qui n'avait décidément pas besoin de ça; Rémy présente une anomalie cardiaque qui exige des examens approfondis. Pour qui a lu la biographie touchante de Steve Savidan, retraité à 30 ans en raison d'un coeur trop gros, la trame de "l'affaire Rémy" rappelle bien des choses.

Pour un club qui voulait tout rafler cette saison encore, ainsi que franchir les phases de poule de la Ligue des champions, Marseille vit un été meurtrier. Deschamps ne fait plus le fier. Après avoir tant cocardé, l'ancien capitaine des "Bleus" doit peut-être se souvenir qu'il n'a fait qu'entretenir l'excellent travail d'Eric Gerets, son prédécesseur. Pour lui, c'est maintenant que les choses commencent vraiment.

11:12 Publié dans Sports | Tags : football, ligue-1, deschamps | Lien permanent | Commentaires (0)

03/08/2010

Une sélection intéressante. Merci Ben Khalifa?

Ottmar Hitzfeld va faire des heureux dans le peuple suisse. Ce matin, le sélectionneur de l’équipe nationale a annoncé qu’il retenait l’attaquant Nassim Ben Khalifa dans le groupe qui doit se rendre en Autriche pour le traditionnel match amical du mois d’août. «Enfin», serions-nous tentés d’écrire, tant le Vaudois était attendu à chaque convocation, depuis mars dernier.

Champion du monde des M17 ans, brillant avec Grasshopper la saison dernière, le nouveau joueur du VfL Wolfsburg est promis à une grande carrière. Si d’aucuns rappellent avec intelligence que les titres acquis chez les jeunes ne permettent pas forcément de briller à l’étage supérieur, force est toutefois de reconnaître qu’on ne saura jamais ce qu’il peut advenir si on ne teste pas le buteur. Ce devrait être chose faite à la mi-août.

Devrait, car une rumeur venue de Tunisie, le pays dont sont originaires les parents de Nassim Ben Khalifa, suggère que le jeune homme ne serait pas insensible aux appels du pied de la Fédération sise à Tunis. Au point de refuser la convocation envoyée par Hitzfeld. Qui croire? Que croire? En cas de «non», l’ancien junior de Prangins adresserait un signe fort au sélectionneur allemand. Cela tendrait à dire qu’il privilégie la piste maghrébine. Un «oui», en revanche, ne lui interdirait pas encore les portes de la Tunisie, sachant que le match contre l’Autriche n’est qu’amical.

Bref, si vous avez encore suivi, sachez que Ben Khalifa est doté d’un potentiel hors-norme. En balance avec Bunjaku, il aurait même pu – dû? – être du voyage en Afrique du Sud, au mois de juin. Mais Hitzfeld avait alors fermé les yeux sur son talent. Pour (mieux) le regretter deux mois plus tard? La réponse tombera dans les prochaines heures.

Pour le reste, le successeur de Köbi Kuhn a livré une sélection au profil intéressant, qui contient encore et toujours le nom de Hakan Yakin. La première convocation de François Affolter, autre néophyte, est logique. Excellent durant toute la saison dernière avec Young Boys, le Biennois aurait aussi pu prétendre à une place dans le groupe qui a disputé la Coupe du monde. Il arrive en force deux mois plus tard, pour mieux préparer l’Euro 2012. Même si, en tant que joueur né en 1990, il pourrait être laissé à disposition des M21 ans en septembre, ceux-ci jouant leur place pour l’Euro 2011 de leur catégorie.

A mi-terrain, profitant de la retraite de Huggel, Hitzfeld a enfin rappelé le très intéressant Blerim Dzemaili. Pour rappel: sans une pléiade de blessures, le Zurichois de Parme serait depuis longtemps l’un des leaders de la troupe suisse. Il évoluerait peut-être même dans un club plus huppé. Cette sélection pour affronter l’Autriche représentera pour lui une chance énorme de faire sa place aux côtés de Gökhan Inler. Et de passer ainsi devant Fernandes et Schwegler, autres sérieux candidats à une titularisation dans l’axe de l’entrejeu. On notera encore, sur le flanc, le retour – logique lui aussi – de Valentin Stocker, actuel meilleur passeur de Super League.

Alexander Frei ayant décidé de faire l’impasse pour mieux soigner ses petits bobos, la Suisse ne se présentera à Klagenfurt qu’avec trois vrais attaquants, mais sans Ludovic Magnin, qui a mis un terme à sa carrière internationale avec raison. Enfin, deux gardiens ont été convoqués (Benaglio et Wölfli) et un troisième sera appelé en septembre. Sur le banc à Zurich, Johnny Leoni ne devrait pas être celui-ci. Hitzfeld a parlé de Sommer (hélas aussi sur le banc, mais à Bâle) et d’un probable nouveau, également appelé Frei. Stefan, de son prénom, qui évolue à Toronto, en Major League Soccer! Affaire à suivre. De près.