08/09/2010

Foot suisse: le juste prix

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Une nuit est passée et voilà que la Suisse doit digérer sa défaite. Oh, bien sûr, on ne s’attendait pas à ce que cette équipe-là s’en aille terrasser l’Angleterre. Mais, au vu du match d’hier soir, elle peut nourrir bien des regrets. Pas seulement car elle a terminé à dix suite à l’expulsion stupide, mais justifiée, de Stephan Lichtsteiner, mais surtout car son adversaire n’avait pas l’étoffe d’une grande nation. Ce constat peut paraître sévère, eu égard à la facilité que les Anglais ont eu à se balader dans l’arrière-garde helvétique, mais la défense fabriquée de toutes pièces par Fabio Capello n’avait pas de quoi provoquer des cris de terreur.

Non, la paire Jagielka-Lescott était d’une extrême faiblesse. Seulement, face à elle se trouvaient un Frei hors-sujet et un Derdiyok pas concerné par l’enjeu. Ca fait beaucoup. Trop, sans doute, pour Ottmar Hitzfeld qui doit s’arracher ses derniers cheveux. Et voilà que le sentiment né d’une autre performance pathétique contre le Honduras le 25 juin dernier est encore renforcé en ce 9 septembre, lendemain d’un hier décevant. A savoir que cette Suisse-là ne joue plus au ballon. Il y a près de cinq ans, sous l’ère Kuhn, c’est elle qui avait fait le jeu à deux cents à l’heure face à une équipe de France qui allait flirter avec le titre mondial six mois plus tard. C’est elle, entreprenante et séduisante, qui allait titiller les Bleus dans leurs bases arrières, sans craindre le retour de manivelle. Cissé marqua, mais Magnin, bien aidé par Thuram, réagissait. La Suisse vit le Mondial 2006 de l’intérieur. Ce qui pourrait ne pas être le cas avec l’Euro 2012. Au rythme où vont les choses, et avec les six points déjà pris par le Monténégro, l’affaire est mal embarquée.

Hitzfeld, dont tout le monde loue la justesse de choix (qui ne sont pourtant jamais cohérents!!!), doit maintenant faire les bons. Ne plus s’entêter, mais plutôt confier les clés de son équipe aux vieux briscards qui valent le coup (Grichting, notamment) et aux jeunes qui poussent (Shaqiri… Ben Khalifa?).

Hier soir, si d’aucuns peuvent regretter que l’arbitre n’ait pas vu une faute manifeste sur Streller dans la surface de réparation anglaise, il n’y a en revanche pas à ergoter sur le dénouement du match, ni sur le carton rouge attribué à Lichtsteiner. L’expulsion, avec Monsieur Rizzoli, c’était le… juste prix.

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