15/10/2010

Frei aïe aïe...

Tout et son contraire a été dit depuis une semaine au sujet d'Alexander Frei.  Mais on est prêts à miser gros sur le fait qu'on le reverra un jour sous le maillot de l’équipe de Suisse. Peut-être pas au mois de novembre contre l’Ukraine, mais le capitaine - abandonné par son public - ne délaissera pas son brassard sur une sortie aussi pathétique que celle qu’il a connue à Bâle contre le Pays de Galles.

Son tempérament va le pousser à tenter de répondre aux sifflets du Parc Saint-Jacques. Mais en a-t-il seulement les moyens? On peut se poser la question, car, soyons francs, l’ancien renard des surfaces n’est plus qu’une ombre et le fait que les fans de l’équipe de Suisse l’aient hué ne nous choque pas plus que cela. Comme le rappelait très justement Paul-André Cornu, président d’Yverdon-Sport, dans les colonnes du Matin: «Aujourd’hui, les gens critiquent moins le fait qu’il ne marque plus que son comportement, qui peut être perçu comme méprisant.» Arrogant, le Bâlois n’est pas le leader qu’il devrait être. Pis, il est devenu un poids dans le groupe suisse. 

Dans le même article du quotidien orange, l’ancien international Georges Bregy livrait également une analyse très pertinente de la situation que traverse l’ex-Servettien: «Frei veut tout faire alors qu’il n’en a manifestement pas les capacités. Quand il doit être là, il n’est plus là. Sa présence est pesante au sein même du groupe. Il crispe ses coéquipiers, qui avaient tous été contents de gagner sans lui contre l’Espagne au Mondial. Le jour où il a inscrit son quarantième but international, il avait repoussé ceux qui voulaient le féliciter pour montrer qu’il était. Un tel comportement en dit long sur sa personnalité...»

Le malaise est perceptible à des kilomètres. Depuis la blessure qu’il a contractée avant d’embarquer pour l’Afrique du Sud, le Bâlois est crispé, crispant surtout. Son rendement est en dessous de tout. Sauf en club. Où même son entraîneur Thorsten Fink reconnaît qu’il n’aurait pas dû jouer le Mondial!

La Suisse à dos, Alexander Frei rumine aujourd’hui sa colère. Et sa peine, aussi, car il est évidemment touché par le sort qui lui est réservé. Ses gestes en quittant la pelouse à la 79e minute du match contre le Pays de Galles semblaient signifier la fin de sa carrière internationale. Avec le temps et après une discussion avec Ottmar Hitzfeld, le meilleur buteur de l’histoire de la Nati reviendra-t-il sur sa décision? «Je le souhaite, confesse le sélectionneur. Il faut absolument que je discute avec lui avant le mois de novembre. Mon but est qu’il poursuive l’aventure avec nous. Alexander est et restera notre capitaine. Il ne faut pas qu’il prenne une décision à la hâte. J’ai été choqué par les sifflets qui ont accompagné sa prestation

L’ancien mentor du Bayern Munich ne s’entête-t-il pas avec un homme de caractère qui pense d’abord à ses intérêts personnels plutôt qu’aux intérêts collectifs? A notre sens, la réponse est oui. D’autant plus que le Frei de 2010 n’est plus le Frei de 2005. Il n’est pas irremplaçable, même sous le tricot national. «Quand on évoque l’Alex meilleur buteur du Championnat de France, on parle d’une époque révolue», assène Christian Constantin, le boss du FC Sion. Qui, même s’il ne fait pas l’unanimité, sait de quoi il cause.

Muet face à la presse comme devant le but, l’ex-attaquant du Stade Rennais n’a pour sa part pas daigné réagir aux flèches dont il est victime aux quatre coins du pays. «Je n’ai rien à dire», lança-t-il aux journalistes qui l’attendaient à l’entraînement, au lendemain de sa sortie conspuée contre les Gallois. Toujours prompt à «l’ouvrir» pour faire de grandes déclarations d’intention avant les matches, Frei l’écorché-vif peine dorénavant à assumer ses ratés. En faisant le poing dans sa poche et en reconnaissant ses erreurs, le Bâlois retournerait déjà très vite l’opinion publique. Laquelle ne supporte plus sa «tête de lard» et son manque d’impact dans le jeu. Arrive un moment où il faut savoir tourner la page. «C’est ce qu’avaient su faire Bregy ou Geiger», conclut Constantin, dans Le Matin.

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En faisant le poing dans sa poche et en reconnaissant ses erreurs, le Bâlois retournerait déjà très vite l’opinion publique. Laquelle ne supporte plus sa «tête de lard» et son manque d’impact dans le jeu. Arrive un moment où il faut savoir tourner la page. «C’est ce qu’avaient su faire Bregy ou Geiger», conclut Constantin, dans Le Matin.

Écrit par : tiffany & co | 18/10/2010

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