23/11/2010

La peste Shaqiri

Il va sincèrement falloir qu’il se calme, Xherdan Shaqiri! S’il y a un joueur suisse qui a «choppé» le melon depuis six mois, c’est bien le milieu de terrain du FC Bâle. Propulsé international A avant même d’avoir dix-huit ans et demi, puis convoqué pour la Coupe du monde à pas encore dix-neuf printemps, le lutin du FC Bâle a du talent, bien sûr, mais il doit à présent remettre les pieds sur terre. Sans quoi sa carrière ne restera qu’un feu de paille. Et dire qu’il prétendait vouloir garder les pieds sur terre dans les colonnes du journal Sonntag le 17 juillet dernier…!

On pensait pourtant qu’il n’aurait pas si vite la tête dans les étoiles eu égard à sa petite taille, mais c’est tout le contraire qui est en train de se produire. Depuis sa performance magnifique contre le Bayern Munich fin septembre, Shaqiri joue en dilettante, provoque constamment l’adversaire et simule mieux que personne au moindre contact. Les rumeurs de transfert et le fait de se retrouver en «Une» du Blick lui ont-ils fait perdre les pédales?

Détestable dans son attitude samedi soir contre Servette, le Kosovar d’origine a remis ça ce soir contre Cluj.  Touours par terre, posant systématiquement sa main sur l’arbitre, il doit comprendre que ce ne sont pas quelques capes internationales et cinq rencontres de Ligue des champions qui feront de lui une vedette planétaire. Surtout pas sous le maillot rouge à croix blanche.

Non, Shaqiri, pour l’instant, n’est rien dans l’univers du foot européen. Si ce n’est une promesse qui doit encore bosser et a tant de choses à prouver. S’il rappelle parfois Valbuena, tant par sa taille que par son style, le Bâlois n’a certainement pas le même caractère que le Marseillais.

Le jour où un entraîneur ne l’aura pas dans ses petits papiers, on doute qu’il remettra l’ouvrage sur le métier comme l’a fait le Français lorsque Didier Deschamps s’est installé sur la Canebière et semblait l’avoir cloué au pilori. Aujourd’hui, Valbuena a quasiment qualifié à lui tout seul l’OM pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Dans deux semaines à Munich, Shaqiri le teigneux fera-t-il pareil avec son FCB? La victoire de la Roma sur les Bavarois complique la donne et le caractère de l’international suisse n’est pas une assurance…

17/11/2010

Frei n'a pas rendu service à "Gottmar"

Alexander Frei a donc marqué, ce soir, deux pions aux Ukrainiens. Ses premiers sous le maillot de l’équipe de Suisse depuis le 9 septembre 2009. L’un superbe, l’autre plein d’audace. Cela n’effacera toutefois pas les dernières performances du Bâlois, qui lui ont valu les si médiatisés sifflets de Saint-Jacques. En revanche, la performance signée par le capitaine sur la pelouse du Stade de Genève met encore un peu plus en lumière les erreurs récentes du sélectionneur Ottmar Hitzfeld dans son coaching.

La raison? Simplement que l’affiche contre les Ukrainiens n’a fait que confirmer l’excellente entente entre Frei et Hakan Yakin. Un duo que l’Allemand avait pourtant systématiquement refusé d’aligner dans cette configuration depuis sa prise de pouvoir! En se jouant de la défense adverse avec malice, les deux vieux briscards ont fait tourner en bourrique… leur mentor. Celui-ci, qui s’est si souvent entêté avec Streller par le passé, peut se mordre les doigts. Le mutisme de Frei, devenu sujet de discussion aux quatre coins du pays, n’était peut-être dû qu’à son manque de complicité avec l’autre grand escogriffe du FCB. On peut ainsi légitimement se dire que, en effectuant d’autres choix, l’ancien patron du Bayern Munich aurait pu donner un coup de pouce à ses protégés.

Hélas, on ne refait pas l’histoire. Celle de ce dernier match de l’année 2010 a donné des ailes à Johan Djourou, auteur d’un superbe retour sous le maillot de la sélection. Impeccable dans son placement et intraitable dans le domaine aérien, le Genevois a séduit l’assistance. Avec lui, Grichting, von Bergen, voire Affolter, Hitzfeld peut voir venir. Malheureusement, le train pour l’Euro 2012 semble déjà bien loin. Ce n’est pas un 2-2 contre l’Ukraine qui va transformer la Suisse en ténor du foot continental.

Le gag de la FIFA

Cela fait désormais plus de vingt-quatre heures que la Commission d’éthique de la FIFA est réunie pour dissiper les nuages entourant la puissante organisation. Comme dans un bunker, ses douze membres, son président et son président délégué sont censés rendre, demain matin, leur verdict au sujet des accusations de corruption et les soupçons de collusion entre pays candidats. Cette nouvelle est attendue par le plus grand nombre, mais il faut bien se rendre compte qu’elle pourrait accoucher d’une souris.

Surtout, et sans vouloir sombrer dans des constats hallucinants, il y a tout de même quelque chose qui me dérange dans toute cette affaire. Alors que ses membres nigérian et tahitien sont plus que soupçonnés d’avoir accepté de l’argent pour influencer le vote, la Fédération Internationale s’embourbe en confiant la décision de son futur à des personnages qui n’ont aucune idée du football!

Lorsqu’on voit le panel constituant sa Commission d’éthique, il y a toutes les raisons de s’interroger. Entre Ariel Alvarado (Panama), Roosje Suwae (Papouasie), Dali Tahir (Indonésie) ou encore Robert Torres (Guam), lequel est le moins crédible? Si des noms comme ceux de Rocheteau ou Sulser peuvent sauver la face de cet organe dépendant de la FIFA, il y a fort à parier que cette décision ne changera rien à l’avenir du ballon rond. Tous les efforts, même les plus stricts, peuvent être entrepris, l’argent restant le moteur du monde, la corruption, les pistons et les pots de vin resteront… monnaie courante.

11/11/2010

Sans Shevchenko, mais avec… Streller

 

 

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Suisse-Ukraine. Je vous l’accorde, l’affiche n’est pas la plus bandante que l’histoire du foot ait connue. Et, une fois de plus, c’est Genève qui l’accueille. Comme si la Suisse romande n’avait plus droit aux grosses rencontres, l’ASF n’a pas hésité une seule seconde à l’heure de choisir le lieu où recevoir le pays coorganisateur de l’Euro 2012.

Ce sera pour mercredi prochain, sur la pelouse du Servette FC. Sans Andreï Shevchenko, mais… avec le duo Frei-Streller. Maigre consolation. Il n’y aura donc pas de Ballon d’or (en 2004) crampons au pied, mais deux besogneux en quête de réussite(s) internationale(s). Si la star ukrainienne sera bel et bien présente à Genève le 17 novembre, c’est uniquement en tant qu’ambassadeur du prochain Championnat d’Europe.

Les Helvètes eux, chercheront à prendre une petite et inutile revanche sur leur fiasco de 2006. A Cologne, alors entraînés par Köbi Kuhn, ils avaient, rappelons-le, manqué la plus belle opportunité de leur vie d’atteindre les quarts de finale du Mondial. La faute à leurs pieds carrés à l’heure d’aborder la séance de tirs au but. Streller, Cabanas et Barnetta avaient successivement envoyé la Suisse en enfer.

Quatre ans et demi plus tard, on se rend compte que cette partie a sonné la fin des espoirs rouge à croix blanche. Depuis lors, «nos» internationaux n’ont jamais retrouvé le sens du jeu. N’ont plus fait rêver. On ne s’attend pas à ce qu’ils nous en mettent plein les pupilles la semaine prochaine, mais simplement qu’ils gagnent un match. Histoire de conclure positivement une véritable année noire.

08/11/2010

Raide Bull?

071811_XRM112_6200db82.jpgLe paddock est en ébullition. Dimanche prochain aux Emirats arabes unis, nous connaîtrons enfin le nom du champion du monde de Formule 1. Après dix-neuf Grands Prix d’une lutte acharnée, Jenson Button saura enfin qui lui succède au palmarès.

Dans le coup durant une bonne partie de la saison, le golden-boy londonien a fini par craquer dans la dernière ligne droite. Mathématiquement, ils sont encore quatre à pouvoir lui succéder. Mais, très franchement, seuls trois hommes peuvent valablement prétendre décrocher le graal: Fernando Alonso, Mark Webber et Sebastian Vettel. Rejeté à vingt-quatre points de l’Espagnol, Lewis Hamilton devrait bénéficier d’un incroyable concours de circonstance pour empocher son deuxième titre après celui conquis en 2008. «Ce serait un miracle», concédait-il hier.

Pour Alonso, en revanche, tous les voyants sont au vert. Le pilote Ferrari devrait passer à trois sacres mondiaux sur le bitume d’Abu Dhabi. La troisième place conquise dimanche à Interlagos le laisse en tête du Mondial. Et ses poursuivants, Mark Webber et Sebastian Vettel, se retrouvent dans une position de chasseurs qu’ils n’apprécient guère. L’échec connu par l’écurie Red Bull en Corée du Sud pourrait coûter très cher au décompte final.

Celui pour qui la pilule risque d’être la plus amère se nomme Webber. A trente-quatre ans, le courageux australien n’est pas épargné par la tactique de son équipe, qui privilégie le talent de son coéquipier Vettel. Fâché, l’Aussie a d’ailleurs lâché que «l’écurie dégageait beaucoup d’énergie à le soutenir». Cette déclaration n’a pas du tout été appréciée en hauts lieux. La guéguerre interne pourrait donner un coup de pouce à Alonso. Réponse dimanche prochain aux Emirats arabes unis. Où l’issue de la course pourrait donner un sacré coup de pouce aux journalistes. Devra-t-on parler de… Raide Bull?