30/12/2010

Cure de jouvence pour Genève-Servette?

Voici une semaine, tout le monde, ou presque, s’interrogeait sur le bien-fondé de la participation de Genève-Servette à la mythique Coupe Spengler. Après la demi-finale, perdue d’un rien cet après-midi (3-4 en prolongation), c’est une autre question qui surgit sur le devant de la scène: et si cette expédition davosienne représentait un acte fondateur dans la saison des Aigles?

 

Après leur entame d’exercice poussive, les hommes de Chris McSorley ont peut-être profité de leur semaine en commun pour se découvrir un peu plus. C’est souvent dans les rassemblements quasiment à huis clos que l’on découvre les hommes et que des amitiés – ou des relations – peuvent se créer, se nouer.

 

Avec le duo d’enfer Fritsche-Park, qui a fait des merveilles dans les Grisons, Genève-Servette reprend assurément de belles couleurs pour aborder la dernière ligne droite vers des play-off qui, sauf cataclysme, occuperont son mois de mars. Alors bien sûr, la défaite concédée aujourd’hui contre le SKA Saint-Pétersbourg n’a ravi personne, mais le GSHC peut voir l’avenir en rose.

 

Ce n’est pas Brian Pothier, auteur d’une très bonne semaine davosienne, qui dira le contraire. Le défenseur américain s’est montré à la hauteur de l’événement, alors que ses premiers pas aux Vernets avaient davantage laissé place à d’inquiétants questionnements. Il n’y a guère que Toni Salmelainen, méconnaissable par rapport à la saison dernière, qui peine à retrouver un niveau cohérent.

 

Ce week-end, les Aigles qui, espérons-le, n’auront pas laissé des plumes au niveau physique dans leur long périple vers la Spengler, s’en iront mardi affronter le HC Lugano à la Resega. Un nouveau grand voyage pour une équipe qui, en cas de succès, assommerait définitivement les Bianconeri. Avant de retrouver Davos…. en play-off?

 

 

29/12/2010

Abécédaire sportif 2010

Dans moins de septante-deux heures, l'année s'achèvera. A moins d'incroyables retournements de situation, les grands tournants de l'exercice sportif ont déjà eu lieu. Petit abécédaire - subjectif, bien entendu - pour n'en retenir que le principal, ou presque...

ANNACONE - Paul, de son prénom. Pas le Poulpe, mais Annacone, l'homme qui a relancé Roger Federer à partir du mois d'août. Demi-finales (US Open, Paris-Bercy), finales (Toronto, Shanghai) et titres (Cincinnati, Stockhol, Bâle, Masters Cup) ont ponctué la deuxième partie de saison du Bâlois. En prônant un jeu offensif et en remettant son poulain en confiance, l'ex-mentor de Pete Sampras a bien fait son boulot. Ca promet pour 2011.

BALOTELLI - L'attaquant transalpin a été élu meilleur joueur du monde dans la catégorie des M21 ans. Toute arrogance dehors, il a même osé prétendre être le meilleur, tout simplement. S'il vient de signer un triplé avec Manchester City, son année n'a pourtant pas été reluisante. Victime de quolibets racistes, il n'a pas encore réussi à se faire adopter par les tifosi, malgré la confiance que lui accorde Cesare Prandelli, le nouveau sélectionneur de la Squadra.

CUCHE - Le "vieux" répond toujours présent, comme le confirment son merveilleux doublé de Kitzbühel et son globe de cristal de la descente. Magnifique dans sa science du ski, Cuche a malheureusement laissé filer une médaille olympique. En descente, son pote Défago lui a volé la vedette. Mais, à 36 ans bien sonnés, "Kuke" n'en reste pas moins l'un des plus grands skieurs de tous les temps.

DOPAGE . Les années se suivent et, malheureusement, se ressemblent. Pas un jour ne passe sans qu'une nouvelle affaire éclate. Des pommades de Bousquet au steak avarié de Contador, on aura tout vu, tout lu, tout entendu, au rayon des excuses les plus pathétiques. On pourrait ajouter les "cas" Merrit, Fraser ou (Thomas) Frei. Mais on évoquera davantage les soupçons planant sur les champions du monde de foot...

ESPAGNE - Le pays ne cesse de gagner. Comme en 2008, ou presque. Contador s'offre la Grande Boucle, les footballeurs dominent le monde et Nadal n'a plus aucun rival en tennis. Seul Alonso s'est planté dans la dernière ligne droite. A quand un succès en hockey sur glace, pendant qu'on y est?

FORLAN - Sa longue tignasse blonde n'a pas illuminé que l'Europa League. Non, l'attaquant uruguayen de l'Atletico Madrid a surtout flambé lors de la Coupe du monde. Brillant à chaque sortie, élu meilleur joueur de la compétition, Diego Forlan a porté son pays jusqu'à la quatrième place. Et dire que, à 31 ans, les plus grands clubs continuent de l'ignorer...

GUT - La petite Lara n'a rien perdu de son talent dans les méandres d'une blessure à la hanche. Déjà revenue sur le podium après une saison blanche (3e à Val-d'Isère), elle est le symbole du ski suisse. Hélas, ses démêlés récents avec la Fédération et IMG ternissent son beau coup et l'image, aussi, de Swiss-Ski, qui peine à gérer une affaire dont elle aurait mieux fait de se priver.

HENRY - Caché dans sa doudoune sur le banc français au coeur de la Coupe du monde, Thierry Henry a achevé sa carrière internationale en queue de poisson. De sa main gagnante de novembre 2009 à sa triste performance sud-africaine, en passant par la grève de Knysna, l'ancien héros des Bleus est devenu un paria dans son propre pays. Son exil - doré - aux NY Red Bull ne l'aidera pas à revenir sur le devant de la scène.

INIESTA - Un but et ça suffit! Transformé en héros national pour avoir fait tomber les Pays-Bas un soir de juillet dernier, Andrès Iniesta est un bon joueur de foot, mais il est surcoté. Et dire qu'il pourrait tout prochainement recevoir le Ballon d'or! En ayant manqué le tiers de la saison, cela décrédibiliserait énormément le sens de cette récompense pourtant historique.

JOSE (Mourinho) - On aime ou on déteste, mais il n'empêche: José Mourinho ne laisse personne indifférent. Arrogant, peut-être, mais génialissime, surtout, le technicien portugais a quasiment tout gagné avec l'Inter Milan. Roi d'Europe, il tente à présent le pari d'une vie en essayant de redonner une âme au Real Madrid. Plus qu'un simple entraîneur, le "Mou" est attendu au tournant. S'il réussit, ses pires adversaires ne pourront que lui rendre hommage.

KUETTEL - Le meilleur ami de Simon Ammann n'y arrive plus. Champion du monde de saut à skis en 2009, Andreas Kuettel n'a plus jamais retrouvé le rythme de ses meilleures années. Ses JO ont rimé à rien. Son début de saison 2010/2011 est encore plus cauchemardesque. Rideau? Pour bientôt!

LIPPI - Le 9 juillet 2006, toute l'Italie n'avait d'yeux que pour lui. Sélectionneur gagnant, Marcello Lippi avait permis à la Squadra Azzurra de s'asseoir sur le toit du monde, avant de se retirer en seigneur. L'échec des Transalpins à l'Euro 2008 - sous la conduite de Roberto Donadoni - lui a finalement donné envie de revenir. Erreur grossière. L'aventure du Mondial 2010 s'est soldée sur une élimination au premier tour, un véritable cataclysme. Lippi, qui avait sans doute "oublié" que ses joueurs avaient pris quatre ans depuis 2006 - au point d'ignorer les jeunes -, a vu tout son crédit s'effriter.

MAHUT - Héros malheureux du plus long de match de l'histoire du tennis, le Français a tout de même eu droit à son heure de gloire. Entre récompenses diverses et plateaux TV américains, Nicolas Mahut s'est retrouvé sous les feux des projecteurs, comme s'il avait remporté un Grand Chelem. Cocasse, cette notoriété est pourtant survenue au terme d'un deuxième tour perdu à Wimbledon. Vaincu 4-6, 6-3, 7-6, 6-7, 68-70 (!!!) par John Isner, Mahut avait ensuite fait un malaise dans les vestiaires. Si ce match n'avait pas eu lieu en pleine Coupe du monde de foot, nul doute qu'il aurait été considéré comme l'événement de l'année.

NORTHUG - Le fondeur norvégien a connu une année 2010 complètement faste. Premier représentant de son pays à remporter le général de la CDM depuis 1999, il a également cueilli trois breloques olympiques - 2 x l'or, 1 x l'argent. Le voici déjà considéré comme le digne successeur du pourtant mythique Bjoern Daehlie.

OLYMPISME - L'échec de Sion dans la course aux JO 2006 n'a pas abattu la Suisse, qui rêve encore d'organiser un jour les Jeux Olympiques d'hiver. Le Conseil Fédéral refuse de baisser les bras et vient même de donner son aval pour qu'une candidature soit mise sur pied à l'horizon 2022. Sous l'impulsion d'Ueli Maurer - minsitre des sports - et de Jörg Schild - patron de Swiss Olympic -, le projet est en route. Davos et Genève seraient en pole. Mais le chemin est terriblement long!

PISHYAR - Le grand manitou du Servette FC met la pression; il veut la promotion en Super League et rien d'autre. Son discours a le mérite d'être clair. Mais, à Genève, d'aucuns se demandent quelles sont les véritables raisons qui l'ont poussé à reprendre en main le club grenat. Sur le plan sportif, en tout cas, sa mission prend un contour intéressant. A condition de "performer" en déplacement durant le second tour!

QATAR - Ce pays si puissant se profile comme "la" terre numéro 1 du sport de la prochaine décennie. En obtenant le droit d'organiser la Coupe du monde 2022, il s'est encore plus projeté sur le devant de la scène. En attendant qu'un jour, sous couvert, il organise les Mondiaux de ski alpin?

RUDISHA . Le coureur kenyan n'en finit plus d'épater. Né en 1988, il a déjà poussé sa grande foulée sur les sommets. En pulvérisant par deux fois en une semaine le record du monde du 800 mètres détenu depuis.... 1997 par Wilson Kipketer, David Rudisha est devenu roi. En 1'41''01, personne ne lui résiste sur le double tour de piste.

SIMON (Ammann) . Sans conteste, le héros suisse de l'année. Quadruple champion olympique, vainqueur de la Coupe du monde et vainqueur du Mondial de vol à skis, le Saint-Gallois a évolué tout l'hiver dernier sur une autre planète. "Simi" fut magnifique.

TROICKI - Victor, de son prénom, est devenu le bourreau de la France un certain 5 décembre. Sa maîtrise contre Michaël Llodra dans l'ultime match - décisif, forcément - de la finale de la Coupe Davis a épaté le monde entier. Bercé dans le Saladier d'argent, le copain de Novak Djokovic a permis à la Serbie de s'emparer du mythique trophée pour la première fois de son histoire.

UCI - L'Union Cycliste Internationale (UCI) a beau avoir changé de patron, ses compétences sont trop souvent remises en doute. Lorsque ça l'arrange, elle couvre les pires histoires. Après avoir étouffé le scandale Armstrong, voici qu'elle tarde à rendre son verdict quant à l'affaire Contador. Et tout le monde s'impatiente. Que fait Pat McQuaid?

VILLA - Sous sa houppette digne de Tintin se cache un formidable instinct de buteur, qui a sauvé plus d'une fois l'Espagne durant le Mondial. Ses buts à répétition ont relégué au second plan le début poussif de la "Roja". Mais, mieux encore, l'enfant des mines a su résister à la pression engendrée par son transfert de Valence à Barcelone (60 millions). En moins de six mois, il s'est mis le public catalan dans la poche, en mouchant notamment le Real Madrid lors du fameux "Clasico".

WESLEY (Sneijder) - Incontestable meilleur joueur du monde sur l'année 2010, vainqueur de tous les trophées (sauf la Supercoupe d'Europe) avec l'Inter Milan, meilleur buteur et finaliste de la Coupe du monde, l'excellent joueur néerlandais a pourtant été écarté de la course au Ballon d'or 2010. Peut-être le scandale de l'exercice.

XIANG - L'athlète chinois avait quitté la scène sur un triste épisode du côté de Pékin voici deux ans ans lors des JO. Le mollet en vrac, il avait été contraint de s'aligner sous la pression du régime politique. Deux ans plus tard, Liu Xiang tente de revenir. Le temps de 13''09 qu'il a signé aux récents Jeux Asiatiques est prometteur, mais saura-t-il tenir le rythme en 2011 face aux gros bras du 110 m haies?

YAS MARINA - Dessiné dans un décor surréaliste, le circuit d'Abu-Dhabi a été le juge de paix du Mondial de Formule 1. Faisant le malheur des uns (Alonso et Ferrari) et le bonheur des autres (Vettel et Red Bull).

ZIDANE - Quatre ans après son ridicule coup de boule, Zinédine Zidane continue de faire parler de lui, et pas toujours de la meilleure des manières. S'il s'est rapproché du staff technique du Real Madrid, il a en revanche soutenu la candidature du Qatar pour la Coupe du monde 2022. Pour 11 millions d'euros de rétribution, il aurait sans doute également été un appui pour le Groenland!

 

 

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22/12/2010

Lindsey... Vonn à tout faire

Décidément, il y a des gens qui ont été drôlement gâtés par la nature. Et ce à tous les niveaux. Ainsi va Lindsey Vonn, skieuse hors pair de son état, mais également du monde entier. Intouchable sur les pistes, l’Américaine a beau être sortie prématurément mardi matin du slalom de Courchevel, elle n’en a pas moins le Cirque blanc à ses pieds. Avec sa rivale – mais néanmoins amie – Maria Riesch, elles se partagent toutes deux les miettes d’un gâteau nommé classement général.

Mais, outre le fait d’être terriblement douée pour les choses de son sport, l’athlète du Minnesota a d’autres atouts dans sa poche. Dont l’atout charme, une qualité non négligeable. Devenue la véritable égérie de la puissante firme Red Bull, cette fameuse boisson qui donne davantage des ailes aux jeunes en soirée qu’aux sportifs de premier plan, Lindsey, née Kildow, est devenue Vonn à tout faire.

Les couvertures des magazines en papier glacé ne sont plus un secret pour elle, les lauriers de la Coupe du monde encore moins. Les sponsors se l’arrache et, même si elle n’est pas encore décidée, sa reconversion est toute tracée. Sous les sunlights du show-biz. La preuve : on l’a récemment vue imiter Sharon Stone dans une scène mythique de «Basic Instinct», le passage sulfureux en moins (hélas, diront les amoureux de la dame).

Mardi soir, Lindsey hantait encore les travées du Hallenstadion de Zurich à l’occasion de l’exhibition entre Roger Federer et Rafael Nadal. Histoire de donner un surplus de beauté à un public de banquiers cravatés.

Trente ans après l’apparition des difformes athlètes d’Allemagne de l’Est, quel bien ça fait d’avoir de si jolis minois qui font tomber d’émoi le monde aseptisé de l’effort physique…!

18/12/2010

Les Lions passent à la casserole

Début février, les derniers tournants de la Coupe de la Ligue de basket se disputeront sans représentant genevois. La «faute» aux Lions de Genève, qui ont concédé une défaite douloureuse contre Monthey, sur leur propre parquet.

L’avantage de jouer à la maison n’a par conséquent pas aidé la troupe dirigée par Michel Perrin. Celle-ci a fait beaucoup trop de choses de travers pour espérer mieux. Certes, elle s’est inclinée d’un tout petit rien, mais c’est bien car elle a longtemps couru après le score qu’elle a cruellement manqué de lucidité dans les moments opportuns.

Et, très franchement, aucune équipe n’a le droit de s’incliner de telle manière. A moins de deux minutes du terme de la rencontre, les Lions avaient en effet les demi-finales à portée de main. Mais ils n’ont ni su jouer, ni su exploiter les failles offertes par une défense montheysanne qui était alors à hue et à dia.

Au final, la défaite est terrible, mortifiante. Aucun fait de match ne peut venir consoler les Genevois. Même la performance de Ronnie Ross, pour une fois à l’aise – est-ce parce qu’il a débuté le match sur le banc? -, ne consolera pas un groupe qui a peut-être laissé échapper plus qu’un match.

En plus de leur déficit d’intelligence dans la gestion des temps faibles adverses, les Lions n’ont pas été aidés par l’arbitrage. Dans l’ultime quart, une décision incroyable de M. Pizio – qui oubliait (!) un retour en zone des Valaisans – a relancé les visiteurs. Cela n’est pas une excuse, mais ça commence à faire beaucoup dans la balance.

Il se pourrait que les lendemains de cette élimination soient plus difficiles que prévus…

17/12/2010

La Gut de trop?

Depuis le début de la semaine, l’actualité sportive se nourrit des démêlés opposant Lara Gut à Swiss-Ski. Après avoir remis en question les qualités de Mauro Pini, le chef technique des dames, dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport et du Sonntagsblick, la Tessinoise a été punie par la Fédération suisse, qui l’empêchera de prendre part aux épreuves de Semmering, agendées entre Noël et Nouvel-An.

La bombe de Comano a pris acte de cette décision inique de la Fédé, mais n’a pas (encore?) décidé de la commenter. Il s’agit de ne pas ajouter d’huile sur le feu dans les relations déjà compliquées que sa cellule privée entretient avec les hautes sphères de l’alpin national.

Mais, si cette affaire fait encore la «Une» des médias aujourd’hui, il est fort probable qu’elle n’en soit qu’à ses débuts. Et pour cause, ce nouveau souci entre les deux parties est peut-être la goutte de trop (ou, pour le mauvais jeu de mots, la Gut de trop). Celle qui pourrait pousser la double vice-championne du monde à aller courir sous d’autres cieux.

Ce drapeau rouge à croix blanche qu’elle portait voici moins de deux ans à Val-d’Isère après y avoir conquis deux médailles d’argent pourrait prochainement appartenir au passé. Swiss-Ski a-t-elle réfléchi à deux fois avant de clouer au pilori le prodige tessinois? Une fois de plus, les instances dirigeantes du sport helvétique s’illustrent par leurs erreurs. Ce n’est pas la première et, malheureusement, sans doute pas la dernière fois.

Alors que l’Autriche, l’Italie, le Liechtenstein et des pays de l’Est draguent ouvertement la blonde polyglotte, celle-ci sait pertinemment que, au vu de son immense talent, elle n’a pas besoin de la Fédération suisse. Le contraire, en revanche…