02/01/2011

La Suisse qui gagne, un concept qui peut durer?

Tiens, l’an neuf a apporté son lot de victoires au sport suisse. Il a suffi de passer d’une année à l’autre pour que le 1er janvier fasse sauter la banque. Simon Ammann impose son magnifique style au bas du tremplin de Garmisch et Dario Cologna règle ses compagnons fondeurs sur la ligne d’arrivée d’Oberstdorf. D’une pierre, deux coups. Et l’hymne suisse de résonner aussi fort que les vœux pour la nouvelle année.

Mais, attention, cet événement n’est pas forcément annonciateur d’un exercice 2011 faste. On veut bien qu’il ait démarré en fanfare, mais la Suisse qui gagne, ce concept né hier, peut-il raisonnablement durer? On aimerait y croire, mais…

En même temps, la nouvelle année laisse assez de place aux athlètes de nos contrées pour briller. Ce ne sont pas les défis qui manquent, même s’il n’y a pas de Jeux Olympiques à l’horizon.

Si Ammann peut boucler la Tournée des Quatre-Tremplins au soir du 6 janvier et devenir le roi mage du saut à ski, si Cologna est capable de s’offrir pour la deuxième fois de sa carrière le Tour de ski, leurs compatriotes ne seront certainement pas en reste dans les douze mois à venir.

Le prochain à être sur le pont n’est autre que Roger Federer. Dans sa course vers un retour au sommet du tennis mondial, le Bâlois ne doit surtout pas se rater dans deux semaines à Melbourne, où il défendra le dernier titre du Grand Chelem qui lui reste. C’est surtout entre mai et juillet, période durant laquelle il aura moins de points à perdre que son rival Nadal, que le Bâlois pourrait redevenir le roi. Et, au passage, le plus grand de l’histoire.

On parle de Federer, mais on pourrait aussi évoquer les skieurs. Alors que Zurbriggen épate son monde au sommet du classement général – s’il ne craque pas, ce sera l’exploit du siècle -, les Mondiaux débutent dans moins de quarante jours à Garmisch. Sur la terre de Maria Riesch, qui sera attendue par tout un peuple, les Helvètes peuvent-ils faire aussi bien qu’à Val-d’Isère voici deux ans? En l’absence de Didier Défago, champion olympique de descente, les regards seront tournés vers les spatules de Didier Cuche, qui demeure le véritable leader de cette équipe de Suisse. Derrière le Neuchâtelois, quid de Carlo Janka, dont on dit la santé précaire? Que peuvent faire les autres, dont Grünenfelder et Zurbriggen, vainqueurs durant cet hiver? Et les Gini, Kueng et autre Viletta? On attend de voir, mais le mois de janvier, riche en compétitions (dont plusieurs slaloms) nous apportera des réponses sur la forme de chacun.

Au rayon féminin, Lara Gut cherchera à faire taire les critiques. La géniale Tessinoise a les moyens de ses ambitions, même s’il est bon de rappeler qu’elle revient de loin et qu’il faut encore lui laisser du temps. Dans son sillage, le trio Gisin-Kamer-Suter peut viser une breloque.

Si les sports d’hiver ont toujours la cote, n’oublions pas non plus les «footeux» d’Hitzfeld. Alors que le sélectionneur affiche un optimisme presque béat dans le journal de l’ASF («Hop Suisse!»), le feu est orange pour sa troupe, bien mal embarquée dans les éliminatoires de l’Euro 2012. Seul un cru 2011 sans tache pourrait lui permettre de redresser la barre. On ne parle pas de ce match amical du 8 février à Malte, mais plutôt du déplacement du mars à Sofia et du voyage de juin vers Wembley. Deux rencontres à ne pas perdre. Ou, plutôt, à gagner. Une mission impossible? C’est ce que tout le monde pense, mais «Gottmar» doit justifier son surnom. Même si, on le sait déjà, il ira jusqu’aux éliminatoires de la Coupe du monde 2014 avec la Nati.

La Suisse qui gagne, le concept évoqué plus haut, ne concerne peut-être pas vraiment l’équipe nationale A de football, mais elle pourrait davantage toucher les M21 ans. Qualifiés pour l’Euro au Danemark, les joueurs dirigés par le Tessinois Pierluigi Tami auront leur mot à dire en juin. Plongés dans un groupe à leur portée (Bélarus, Danemark et Islande), ils peuvent imiter leurs prédécesseurs de la volée 2002, demi-finalistes à la maison. Voire faire aussi bien que les M17 ans, champions d’Europe en 2002, au… Danemark. Vous y voyez un signe encourageant? Moi aussi!

Ne reste plus, désormais, que les autres athlètes helvétiques, prennent le bon pli. Sur le plan individuel, on pense à Sébastien Buemi (Formule 1) et à Ariella Kaeslin (Gym), mais aussi, collectivement, aux cyclistes – il ne faut plus que Cancellara soit le chêne centenaire cachant la forêt – et aux hockeyeurs, bien désireux de connaître une demi-finale mondiale.

La Suisse qui gagne? On en reparle dans douze mois!

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