19/01/2011

Il faut savoir souffrir pour être grand...

191334_DAN1178_1ba3ed1.jpg

L'adage dit qu'il faut savoir souffrir pour être beau. On pourrait aussi rappeler qu'il faut savoir souffrir pour être grand. Roger Federer le sait mieux que quiconque, lui qui, depuis plus de dix ans, remet chaque jour l'ouvrage sur le métier pour rester au sommet du tennis mondial. Ce matin encore, le géant bâlois s'est offert quelques sueurs froides, au coeur de la Rod-Laver Arena.

Son deuxième tour de l'Open d'Australie aurait pu tourner au cauchemar, si son expérience ne lui avait pas permis de faire la différence dans les derniers instants face au coriace Gilles Simon, au bout d’un match engagé long de cinq manches et près de trois heures de jeu.

Après deux sets menés tambour battant, la mécanique helvétique s'est en effet mise à toussoter. Un peu moins bien sur ses appuis, un peu moins tranchant dans ses (trop rares) attaques, le numéro 2 mondial a également vu le Français réagir avec conviction, comme si celui-ci avait pris conscience de la probabilité de l’exploit. «Je n’ai jamais remporté un match après avoir été mené deux manches à zéro, relatait Simon. Je me suis alors dit que ce serait un miracle que cela tombe sur lui…»

Et, bien qu’il ait flirté avec, ledit miracle ne s’est pas produit. Embarqué dans un cinquième set de tous les dangers, Federer a finalement su forcer la décision, même si Simon, courageux comme pas deux, sauva encore quatre balles de match, dont l'une sur un passing qui fit "let" et retomba sur... la ligne. «A un moment donné, Roger a encore su élever son niveau, poursuivait le tricolore. Et moi, au même moment, je ne pouvais plus…»

Le doute passé, le recordman du nombre de tournois du Grand Chelem remporté, poussait un ouf de soulagement: «Je suis content de m’être qualifié, glissa-t-il en conférence de presse. Il y a des choses positives à retenir de ce match.»

Notamment le principal, à savoir qu’un troisième tour l’attend, plutôt qu’un billet retour pour sa Suisse natale. Le fait d’avoir vécu mille tourments ce matin va peut-être grandement aider Federer à aborder la suite de ce tournoi. Il ne pourra ainsi pas être surpris, s’il va plus loin, le jour où il égarera une manche. L’époque où, comme en 2007, il remportait l’Open d’Australie sans lâcher un set, est révolue. Celle où il est candidat à un titre en Grand Chelem ne l’est pas encore. A moins que le malicieux Malisse, son prochain adversaire, ne vienne lui mettre des bâtons dans les roues?

 

 

 

Les commentaires sont fermés.