27/04/2011

Lionel Messi... et rien de plus

Cette première heure de jeu, on la sentait venir. Au vu de la dimension que les médias prêtaient à l’affiche Real Madrid-Barcelone, il était évident que tout pouvait tourner en eau de boudin, en purge intégrale. Cet énième «clasico» a bien failli rester dénué de spectacle jusqu’au bout, alors que seuls l’intox et les trucages existaient. Puis est venu Messi, l’artiste, le génie, le meilleur joueur du monde.

Jusqu’au réveil de la «Pulga», le football distillé par les deux meilleures formations espagnoles frisait le néant et l’anti fair-play. D’un côté comme de l’autre. Loin de l’excellent état d’esprit aperçu vingt-quatre heures plus tôt à l’occasion de Schalke-Manchester United.

Entre des «Merengues» chantres d’un football ultradéfensif et des Catalans qui ne volent plus tout à fait comme au mois de novembre, on a longtemps cru faire un bond en arrière de dix mois, à l’époque d’un bon vieux Espagne-Suisse opposant une équipe qui attaque et l’autre qui ne pense qu’à ne «pas en prendre».

Sauf que, en juin 2010, l’inutile miracle helvétique – le seul et unique de la carrière de sélectionneur d’Ottmar Hitzfeld - avait fait tourner en bourriques les Ibères. Ce soir, le Real n’a pas su profiter des rares largesses défensives du Barça. Durant une heure, la partie fut un soupçon plus séduisante à Bernabeu qu’à Durban, mais on n’a jamais atteint des sommets. Si ce n’est dans la médiocrité sur certaines séquences. Aux mauvais gestes d’Arbeloa et de Pepe succédaient les pathétiques simulations de Busquets et Pedro (hormis à la 69e, quand Marcelo lui marcha dessus).

Puis vint le libérateur argentin, peut-être aidé par l’expulsion de Pepe. Après que le Real eut perdu son Portugais et Mourinho – expulsé en tribunes -, Barcelone enclencha sa marche en avant. En deux occasions, Messi balaya les incertitudes qui flottaient sur cette demi-finale. Un premier geste de renard sur un service d’Affelay, puis une action magnifique quelques secondes plus tard suffirent à enterrer le Real. Mais les grands clubs ne mourant jamais, il y a fort à parier que le retour sera explosif. Et là, Madrid n’aura plus le choix: il devra attaquer. Pour une fois!

22:40 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)

05/04/2011

Frei-Streller: bon débarras!

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L’info est tombée peu après 16 heures. Après plusieurs mois d’atermoiements, Alexander Frei et Marco Streller ont finalement décidé de déserter l’équipe nationale avec effet immédiat.

Et, comment dire… Au lieu de nous arracher des larmes d’émotion, cette nouvelle nous fait doucement sourire. Nous réjouit, même. «Bon débarras», serions-nous tenté de leur adresser!

Bien sûr, il est difficile d’oser tirer un tel trait noir sur le passé de celui qui restera encore longtemps comme le plus grand buteur de l’histoire de l’équipe nationale suisse. Seulement, sur les dix années que Frei a passées sous le tricot rouge à croix blanche, on regrette d’avoir dû supporter les trois dernières. Fades. Insipides. Révélatrices, aussi, du caractère arrogant et insupportable du bonhomme.

Son départ en retraite, loin des calamiteuses performances d’une sélection qui ne fait plus rêver personne, hormis Ottmar Hitzfeld, est nécessaire pour enfin passer à autre chose. Même si, depuis 2008, il n’est plus qu’une ombre, le Bâlois aura vécu quelques-unes des plus belles années de la «Nati». Mieux, il aura été l’artisan de quelques-unes de ses plus belles pages. Peut-être aurait-il dû s’arrêter après l’Euro 2008. Malheureusement, il se brisa le genou dès le match d’ouverture. Et alla ensuite de mal en pis. Au point d’attiser la haine de ceux qui l’avaient tant aimé. Alors oui, on ne le regrettera pas.

Pas plus qu’on regrettera le «poids mort» Marco Streller. S’il est un joueur qui n’a rien amené à la Suisse, c’est bien ce grand escogriffe aussi doué avec un ballon qu’un cul-de-jatte. Combien d’actions a-t-il «gaufrées»? Combien d’occasions a-t-il laissé filer? Allez, soyons gentil, on se remémorera en guise d’épitaphe son but dans l’enfer d’Istanbul, où la Suisse devait à tout prix aller chercher son ticket pour le Mondial 2006.

C’était il y a cinq ans, un gouffre, une éternité. A l’époque, Frei et Streller disaient à Köbi Kuhn. «On ira, où tu voudras quand tu voudras». Ils n’ont pas tenu le même discours à Ottmar Hitzfeld. Si seulement ils l’avaient pris avec eux dans leur fuite en avant…