15/05/2011

Alexander Frei: pas de mea culpa!

Il y a des mythes auxquels on ne touche pas impunément. On se souvient qu’en France, au lendemain d’un édito réaliste consécutif au coup de tête de Zinedine Zidane en finale de la Coupe du monde 2006, Claude Droussent, alors directeur de la rédaction de L’Equipe, avait été contraint et forcé de s’excuser dans l’édition du mardi suivant.

En Suisse, les icônes sont moins nombreuses, mais les commentaires visant Alexander Frei sont toujours sujets à réaction. A polémiques. Et ce peu importe l’angle par lequel ils sont abordés. Les «anti» et les «pro» se font la guerre. Alors oui, lorsque le désormais ex-capitaine de la bande de Hitzfeld a pris sa retraite internationale, l’un de mes «posts», titré «bon débarras» a eu droit à sa vague de réponses.

Aujourd’hui, et même si le Bâlois réalise une fin de saison fantastique avec son club, je ne changerai pas la moindre virgule à mes écrits de l’époque. La raison est bien simple: il s’agit de faire un distinguo entre le Frei de l’équipe de Suisse - un fantôme - et le Frei du FCB - une machine à marquer. C’est ce que j’avais déjà fait à l’époque, sans que les gens comprennent que les critiques stigmatisaient aussi, et surtout, son arrogance.

Reste actuellement une interrogation à son sujet: les défenses du FC Thoune et de Neuchâtel Xamax ne sont pas celle de l’Angleterre, on le sait, mais il est légitime de se demander si le buteur rhénan ne nous a pas menés en bateau lors des deux dernières années écoulées avec la «Nati». Incroyable sous le maillot rouge et bleu, il était une calamité sous celui rouge à croix blanche. Au point de ne pas trouver la faille contre le Luxembourg ou le Honduras. Qui, mis à côté de Thoune ou Xamax, sont de vrais petits poucets!

Est-ce à dire qu’Alex a fait exprès de se rater avec Hitzfeld, histoire de pouvoir dire «après moi, le déluge»? On n’ira pas jusque-là, mais l’interrogation nous titille, car, de toute évidence, ce n’était pas le même footballeur à Bâle qu’avec la Suisse. L’un se bat sur chaque ballon, se jette partout, mouille le maillot, se sacrifie pour l’équipe et semble vivre une deuxième jeunesse, sourire aux lèvres.

L’autre, depuis 2009, redescendait dans le rond central pour essayer de déclencher une offensive, n’atteignait finalement jamais les seize mètres, ne savait plus viser le cadre et boudait plus souvent qu’à son tour.

C’est hélas cette deuxième image que les fans de l’équipe de Suisse ont retenue. Comme le crachat de l’Euro 2004, elle a éclipsé les moments de joie contre Chypre en mars 2005, le penalty en Turquie en novembre de l'année ou le 2-0 face à la Corée du Sud lors du Mondial 2006.

A l’heure où l’on ne peut que constater que la légende est écornée, subsiste une néanmoins une certitude, que l’on dévoile clairement: Frei fut un grand footballeur suisse. Sa carrière, faite de plusieurs titres et même d’un statut de meilleur buteur de Ligue-1 en 2005, l’a prouvé. Ses statistiques aussi. Ce soir, il n’est plus qu’un grand footballeur du championnat de Suisse. La nuance a son importance. Briller au FC Bâle n’est pas un gage de réussite internationale, n’est-ce pas, Monsieur Huggel?

10/05/2011

Lilian Thuram, vraiment antiraciste?

Ces dernières heures, l’affaire des quotas a plus fait parler le football français que le suspense régnant dans la course au titre réunissant Lille, l’OM et l’OM. C’est dire la portée prise par les révélations du site Mediapart, qui ont donné à tout le monde, grands penseurs ou pas (la preuve, même Zidane a parlé), de donner son avis sur un sujet qui a pris de vitesse Laurent Blanc.

Mais, s’il en est un qui aime par-dessus tout causer, y compris pour ne rien dire, c’est Lilian Thuram. Et, après avoir entendu ses récentes phrases, nous revient une autre à l’esprit, signée Patrice Evra, qui disait voici une année que «il ne suffit pas de porter des lunettes et un chapeau pour être Malcolm X». Alors certes, le défenseur de Manchester United, capitaine pas courage du tout lors du Mondial 2010, n’a pas vraiment de raisons de donner des leçons, mais Thuram non plus.

Or, depuis quelques années, le héros de France-Croatie 1998 s’est mué en chantre de l’antiracisme. Mais ne serait-ce pas que de la poudre aux yeux? En effet, tout laisse à croire que «Thuthu» pratique le racisme «à l’envers», à savoir une discrimination des… Blancs.

Cette idée n’en est que renforcée par les déclarations de Christophe Dugarry, son partenaire champion du monde. «Le soir de notre titre, alors qu’on avait la Coupe en mains et qu’on faisait des photos, Lilian a dit aux autres joueurs Noirs: «Allez les Blacks, on en fait quelques-unes, rien qu’entre nous!» Qu’est-ce que cela aurait été, si un Blanc avait agi ainsi…»

Thuram mélange les genres, puis se prend carrément les pieds dans le tapis quand il prétend, au Grand Journal de Canal +, qu’il ne voit pas le problème de faire des photos entre Noirs. Or, en agissant ainsi, il exclut les Blancs. Sans doute aurait-il porté plainte si le pâlichon Franck Leboeuf avait proposé à ses camarades de sélection de virer les joueurs aux racines africaines des clichés.

La discrimination pure et dure version Thuram fait peine à voir. Comme le rappelait justement un blogueur français, «il ne faut pas jouer les riches quand on n’en a pas les moyens»…

06/05/2011

Laurent Blanc? Un faux débat!

La France a un véritable problème. Elle ne peut pas passer six mois sans se retrouver enfoncée dans les affaires. Celle que certains ont appelée le «Scandale Mediapart» prend une ampleur qui dépasse l’entendement. Alors bien sûr, l’idée elle-même de limiter l’accès des Noirs et des Arabes aux sélections français paraît plus que saugrenue, et ce encore plus dans ce pays qui ne serait rien sans l’immigration.

Mais, au-delà des propos de Laurent Blanc, il faut d’abord voir ce qui se cache derrière. Et le sélectionneur des «Bleus» n’a pas tout tort. La FFF en a marre de former des joueurs qui, plus tard, iront défendre les maillots d’autres sélections et deviendront des «dangers potentiels» au moment de les rencontrer en Coupe du monde. Le raisonnement n’est pas illogique, mais les mots qui ont été lancés pour le mettre sur le tapis sonnent faux. Evidemment. Reste que la levée de bouclier de Lilian Thuram, l’homme qui se permet d’avoir un avis sur tout, n’est pas plus intelligente.

Au niveau de ce souci pur de formation dont il est question, la Suisse pourrait elle aussi prendre des mesures. L’ASF ne s’est-elle pas mordu les doigts d’avoir parfait le potentiel de Zdravko Kuzmanovic, Mladen Petric et autre Ivan Rakitic? Va-t-il falloir que les M17 champions du monde en 2009 prennent la poudre d’escampette pour y réfléchir?

03/05/2011

Le Real Madrid éliminé... pour l'ensemble de son "oeuvre"

L’impression qu’avait laissée le match aller s’est donc confirmée: le Real Madrid ne parvient pas à trouver la clef face au jeu rapide du FC Barcelone. Devant les artistes, les besogneux continuent de pécloter. Ce soir, même une réussite de Marcelo n’a pas véritablement fait naître le suspense au Camp Nou. Supérieurs, les Catalans ont fini par valider leur billet pour la finale de la Ligue des champions. Leur deuxième en trois éditions.

Même si, à travers la qualification des hommes de Guardiola, c’est le beau jeu qui est récompensé, force est de reconnaître que le football qui a pris le pas lors de ce match retour n’est pas celui que l’on apprécie le plus. Entre coups bas et simulations, le public a été (mal) servi. Il ne s’en est pas fallu de grand-chose pour que le «clasico» ne se termine à nouveau sur un petit carton rouge. Finalement, le Real aura été éliminé pour «l’ensemble de son œuvre». Mais, bien que les «Merengue» irritent en exhibant leurs pires côtés dès lors qu’ils croisent les crampons avec leurs ennemis, l’attaquant catalan Pedro n’est pas en reste.

Tout le temps par terre, il a même perdu toute considération à force de crier au loup. A la 91e, lorsqu’il eut vraiment mal, personne ne désira arrêter le jeu pour qu’il puisse se faire soigner. En se roulant dans l’herbe, il nous a rappelé l’Iniesta de la Coupe du monde, lequel, en Afrique du Sud, ne fit pas un mètre sans tomber. Ca aussi, disons-le tout net, c’est irritant.

Après, bien sûr que le Barça méritait sa qualification. Mais il ne sera certainement pas aussi souverain qu’il y a deux ans s’il devait retrouver Manchester United en finale. On a vu, sur certaines séquences, que les Catalans n’aimaient pas être gênés aux entournures par leurs adversaires. Ils n’apprécient pas de ne pas avoir la mainmise sur le ballon, qui leur permet d’installer leur jeu de passes courtes. Bref, cela n’aura certainement pas échappé à Alex Ferguson.

Le manager écossais de «ManU» aura certainement apprécié le retour au jeu d’Eric Abidal, qui était absent depuis le mois de mars après qu’on lui eut diagnostiqué une tumeur au foie. Fêté par le public et ses coéquipiers, le Français est redevenu un vrai joueur de foot. Guéri. Et c’est tant mieux. Gréviste il y a une année dans un bus à Knysna, le défenseur parisien est aujourd’hui un homme ressuscité. Sans doute qu’il voit désormais la vie d’un autre œil. Du fameux car des «Bleus», il y en a au moins un qui a mûri. Mais pas forcément dans les circonstances qu’on lui aurait souhaitées.