08/10/2011

La mascarade helvétique

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Quelques heures ont passé, mais la réflexion est la même. Elle ne change pas d'une virgule. Au lendemain d'un nouvel échec, Ottmar Hitzfeld peut s'en aller, rendre son baluchon et dénoncer les trois ans de contrat que l'ASF, naïve, lui avait offert sur un plateau au sortir d'une autre déroute (le 0-0 en Bulgarie du mois de mars dernier).

Les impressions de septembre n'auront finalement été qu'un leurre. L'Allemand n'a aucune prise ni aucune emprise sur son équipe. Si ce n'est celle de la rendre triste comme un samedi pluvieux, ridicule comme rarement auparavant. Ce n'est pas tant le fait de manquer une grande compétition internationale qui agace - après tout, ceux qui ont vécu la période 1966-1994 ne vont pas se plaindre -, mais plutôt l'attitude désespérante de ce groupe qui a pourtant tant de qualités pour faire mieux.

Or, l'homme qui en détient les rênes n'est pas le sélectionneur idéal. On l'a vu au Pays de Galles et les jours avant durant le camp d'entraînement. On l'avait déjà mesuré à plusieurs reprises auparavant. Une carte de visite ne fait pas tout. Surtout quand celle-ci s'est construite il y a quasiment plus d'une décennie. Tout va très vite en football. Trop, sans doute, pour l'ancien entraîneur du Bayern Munich, qui ne peut s'accrocher éternellement aux cuisses de Shaqiri pour espérer passer au travers des critiques.

Ses grandes déclarations d'avant-match ne font qu'amplifier la rancœur à son encontre. Du coup, changeons, innovons, bouleversons maintenant l'univers du foot suisse. Sus à Hitzfeld et à la grisaille qui a gagné son groupe! Place à une nouvelle ère, une vraie, ensoleillée et à même d'accompagner des jeunes loups pétris de talent vers des lendemains plus cléments.

Doit-on rappeler, au passage, que, sans les retraits conjugués de Frei et Streller puis le départ, deux mois plus tard, de Grichting, «OH» n'aurait jamais rajeuni ses cadres? Au bénéfice d'un bail en or dans les couloirs de Muri, il ne fera malheureusement pas ce que tout le monde souhaite aujourd'hui, à savoir démissionner. Il se contentera de se reposer sur ses lauriers, en enfermant des éléments très intéressants dans des carcans et un dispositif rigide qui ne laisse quasiment aucune place au génie.

Il en demande trop à Inler, qui est méconnaissable. Il voue une confiance aveugle à Ziegler, qui enchaîne les cacades. Hitzfeld ne maîtrise plus rien. La preuve, quand son équipe est menée 1-0, il fait entrer un défenseur. Le fait d'être en infériorité numérique n'explique pas ce changement raté. Par moments, en fin de match, le sélectionneur nous a même rappelé Köbi Kuhn en fin de règne, avec cet air ahuri et dépassé par les événements. Sauf que «KK», lui, avait de vraies excuses: les soucis de santé de sa femme, pour laquelle il livre un admirable combat aujourd'hui.

«Gottmar» - quel surnom bidon! - n'a sûrement pas les mêmes problèmes. Mais il se cherche d'autres excuses, ressassant ce qui fut, à ses yeux, une mauvaise performance arbitrale. Il nous avait déjà servi la même soupe insipide au lendemain de l'échec face au Chili lors de la dernière Coupe du monde. A force, le discours est éculé. Un peu comme l'homme au ciré.

Commentaires

Content de lire ce billet, enfin quelqu'un d'objecif. J'ai eu le malheur de lire le torchon orange aujourd'hui. J'ai été catastrophé par les notes données dans ce journal aux joueurs de la nati. Que des 6 et des 7 !!! Et le summum, un 5 à Ziegler !!! Chassez les mauvaises habitudes quelles reviennent au galot ! Nous revoila avec nos bonnes vieilles défaites honnorables, ou nos belles phrases genre "l'important c'est de participer, on aura fait de notre mieux". La suisse qui gagne n'est plus qu'un lointin souvenir d'une courte phase. On se consolera toujours avec Federer....quoique.....

Écrit par : Vince | 08/10/2011

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