10/10/2011

La tête dans le sac!

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La Suisse a la tête dans le sac et l'esprit totalement brouillé. Trois jours après sa défaite lamentable contre le Pays de Galles, elle prend gentiment conscience qu'il lui faudra de longs mois pour digérer et laver l'affront. Une victoire demain sur le Monténégro n'y changerait rien. Au pire, elle ne ferait qu'aviver des regrets déjà bien profonds. Il va falloir maintenant attendre onze mois et le début des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 pour revoir la Nati batailler afin de se faire une place dans une grand compétition internationale.

Cet espace-temps peut paraître long à l'échelle du football, mais il n'en est pas moins une aubaine pour Ottmar Hitzfeld. Puisque c'est vraisemblablement avec lui à leur tête - malheureusement? - que Benaglio et compagnie doivent poursuivre leur carrière internationale, l'Allemand va devoir réfléchir à comment opérer au mieux son propre lifting. Car ce ne sont pas ses joueurs qui craignent, mais bien ses méthodes. En gros, il doit mesurer comment passer le plus rapidement possible d'un entraîneur gagnant des années 1990 à un sélectionneur béton des années 2010. Pour l'heure, la mue ne s'est pas faite, ses couacs étant plus nombreux que ses coups d'épate.

L'ASF et le Crédit Suisse - sponsor qui pèse lourd - sont apparemment persuadés que l'ancien mentor du Bayern Munich est l'homme idéal pour porter haut le drapeau rouge à croix blanche. Même à 2 millions de francs par an. En tout cas, il n'aura pas le droit à l'erreur dans la course au Mondial brésilien.

Avec des adversaires comme l'Albanie, Chypre, l'Islande, la Norvège et la Slovénie, les Suisses doivent passer l'épaule. Sur le papier, c'est ce que tout le monde se répète depuis le tirage au sort. Mais les récentes prestations sur le terrain - au Liechtenstein et à Swansea - ne rassurent pas l'opinion publique. Qui, globalement, n'a même pas été choquée outre-mesure par l'élimination de vendredi soir, tant l'espoir auquel elle se raccrochait était minime depuis le 0-0 de Sofia.

A voir, le chantier est loin d'être terminé, mais les fondations sont là, avec une relève pleine de promesses. Reste à y ajouter les couleurs et un toit. Cela commencera aux Pays-Bas à la mi-novembre, puis se poursuivra contre l'Argentine en février. Contrairement à ce qu'il a fait en 2011, Hitzfeld s'est en effet rendu compte de l'importance des matches de préparation. S'il en avait programmé quelques-uns de plus cette année, peut-être n'en serions-nous pas là aujourd'hui.

Et l'ASF ne pleurerait pas sur les 5 millions de francs de manque à gagner que provoque cette élimination. Ajoutez à ce décompte les 2 millions que prend le sélectionneur au passage et vous comprendrez que cette débâcle coûte davantage à la grande instance de Muri. Mise devant le fait accompli, celle-ci doit, au passage, négocier de nouveaux contrats avec ses sponsors. On espère pour elle que ceux-ci n'étaient pas devant leur écran vendredi soir...

Commentaires

Comme je le disais il y a quelques temps, il faut mettre en place un jeu collectif solide car l'équipe de suisse ne peut pas compter sur des individualités de manière constante. Shaqiri est bon mais l'entraineur ne peut pas se reposer dessus.

Quand Hitzfeld aura compris celà les choses iront mieux. Tant qu'aux supporters qui voulaient la sortie de Frei et Streller doivent se demander "mais à quels attaquants doit-on se vouer". La faute n'est pas totalement aux attaquants mais au management de l'équipe. Je n'en démors pas à dire que Köbi Kuhn a eu un meilleur bilan que lui, notamment en coupe du monde.

Écrit par : plume noire | 10/10/2011

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