20/10/2011

Des indignés? Pas tout à fait...

 

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Ils sont en rouge et noir. Le rouge de la colère, le rouge qui fait grincer les dents. Ils bouillonnent de l'intérieur, mais, aussi paradoxal soit-il, ne poussent pas le bouchon trop loin. «Ils», ce sont les indignés neuchâtelois, drapés dans les couleurs de Xamax, un club où tout va à vau-l'eau et qui court droit dans le mur. Ceci malgré des résultats sur la pente ascendante en Super League et un groupe qui, en dépit de sa récente défaite en Coupe de Suisse, commence à se trouver.

Bref, la colère n'a pas traîné, hier matin, dans les petits couloirs du terrain du Chanet. Sans le sou et ignorés par le tout-puissant (vraiment?) Bulat Chagaev, Stéphane Besle et consorts ont songé, l'espace d'un instant, à planter leur tente sur le terrain et à bouder. La grève? Elle n'aura duré qu'une poignée de secondes. Soit l'espace-temps qu'il aura fallu aux footeux neuchâtelois pour se rendre compte qu'ils étaient des privilégiés. Enfin, c'est ce qu'ils disent.

Car cet arrêt de travail volontaire n'aurait pas relevé de l'ineptie. Rien à voir, en effet, avec celui des internationaux français il y a 16 mois à Knysna. Primo car les Xamaxiens ne sont pas des multimillionnaires. Deuxio car ils ne représentent pas leur pays. Tertio car eux, vraiment, ne sont pas payés.

Mais les indignés, soit professionnels qu'ils sont jusqu'au bout des ongles, soit poussés par des remontrances venues de Grozny, ont finalement chaussé leurs crampons. C'est tout à leur honneur. Hélas, on n'est pas certains que leurs revendications feront exploser la tirelire de leur grand manitou...

 

12/10/2011

Nati: la fin de 4 années pourries?

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Voilà plus d'une année, déjà, que je milite sur ce blog et ailleurs pour l'intégration de Ricardo Rodriguez en équipe de Suisse. C'est chose faite et bien faite. Si le latéral zurichois n'avait pas été gâté par le sort en entrant en jeu dans un non-match vendredi dernier au Pays de Galles, il a en revanche fait étalage de toute sa classe hier soir à Bâle. Il incarne parfaitement l'avenir de cette sélection sur le flanc gauche. D'autres solutions (Berardi, Koch...) existent aussi, mais le champion du monde M17 a un talent fou et un immense potentiel qui ne devraient pas tarder à faire oublier les absences de Reto Ziegler.

Ouf, il y aura donc eu une bonne nouvelle dans cette semaine européenne gâchée par la Nati. Car n'en déplaise aux plus grands fans, le succès de hier soir est demeuré inutile. Il s'est construit en deuxième mi-temps contre un Monténégro qui a refusé le jeu. Faut-il rappeler que, en face des Helvètes, se trouvait une équipe «B»? Alors, tempérons ce retour d'enthousiasme. Si une victoire est toujours bonne à prendre, tant sur le plan de l'indice Uefa que sur le plan psychologique, force est malheureusement de rappeler que les internationaux d'Ottmar Hitzfeld passeront l'été aux Seychelles plutôt qu'en Pologne. Dommage, sur ce coup-là...

Hitzfeld, d'ailleurs, parlons-en. A quelques minutes du coup d'envoi de ce duel «pour beurre» face aux Monténégrins, Peter Gilliéron, le président de l'ASF, a confirmé l'Allemand dans ses fonctions. Le tout en murmurant que «c'est un très grand entraîneur». Alors, si tel est vraiment le cas, la Suisse - si talentueuse sur le papier - doit se qualifier sans problème pour la Coupe du monde brésilienne de 2014. Il n'y a qu'en la propulsant sur les plages de Cobacabana que l'ancien mentor du Bayern Munich redonnera un peu de lustre à son ciré délavé. Sur le plan suisse, de toute manière, la trace laissée par «OH» ne restera pas éternellement dans les mémoires.

Désireux que nous sommes de voir l'avenir du football suisse avec optimisme, nous lorgnons déjà avec appétit le match amical de mi-novembre contre les Pays-Bas. A Amsterdam, face aux magnifiques Robben, Sneijder et autre van der Vaart, les «petits Suisses» auront un fabuleux test à passer. En 2007, à Genève, ils avaient réussi à presser les «Oranje». On se souvient d'ailleurs de ce match comme de la dernière grande performance livrée par «nos» internationaux.

Ainsi, retrouver les Bataves est peut-être une bonne manière de boucler la boucle de quatre années pourries...

11/10/2011

Y a-t-il de l'or en Blanc?

 

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France-Bosnie; opposition de styles, match de folie. Ce soir à Paris, l'enjeu en vaudra la chandelle entre deux sélections qui rêvent de s'offrir un aller simple pour la Pologne et l'Ukraine. On a certes connu des destinations plus intéressantes pour passer un bout d'été, mais, paradoxalement, aucun des joueurs alignés tout à l'heure sur la pelouse du «SdF» ne voudra se dorer la pilule à Miami ou aux Seychelles en juin prochain. Et encore moins passer par cent quatre-vingt minutes (minimum) d'un terrible barrage dans un petit mois.

Alors oui, la rencontre au sommet de ce groupe D des éliminatoires de l'Euro 2012 a tout de l'affiche de la semaine, peut-être même du mois. Et la France, qui s'est en partie reconstruite depuis l'affaire Knysna mais n'a pas encore une base ultrasolide, de trembler.

Les matches-couperets ne sont pas toujours du goût des «Bleus». Il y a dix ans encore, un tel duel n'aurait été pour eux qu'une formalité. Mais que d'eau a coulé sous les ponts en une décennie! Le Mondial 2002, l'Euro 2004, l'ère Domenech, la main de Thierry Henry et, enfin, l'Afrique du Sud sont venus polluer les esprits, détruire leur réputation. Nos voisins forment un grand pays de football aux pieds d'argile. Jusqu'à quand?

Ce soir, une qualification directe pourrait être un nouveau tournant dans leur riche histoire. Elle sonnerait en tout cas comme le premier pas énorme d'un groupe rajeuni par un sélectionneur qui a tout gagné crampons aux pieds. Y a-t-il de l'or en Blanc? La question est pertinente quand il s'agit de parler du technicien. Nul doute qu'il a une griffe susceptible d'emmener très loin les Français. Et bien qu'il tâtonne encore un peu avec son groupe, l'ancien coach des Girondins a la certitude de pouvoir s'appuyer sur une volée d'exception.

Mais tout le travail effectué depuis juillet 2010 pourrait être remis en question en une seule rencontre. Il suffirait d'une petite sensation bosniaque, signée Dzeko, Pjanic ou Spahic, pour ébranler la sérénité française. Et alors reviendraient en masse les démons de 1993 et de cette élimination inattendue contre la Bulgarie. A la seule exception qu'une défaite ce soir ne mettrait pas fin aux espoirs de se hisser à l'Euro. Mais tout de même; la perspective de devoir disputer des barrages n'est encourageante pour personne.

Et encore moins pour les «Bleus», qui se souviennent forcément de leurs soucis d'il y a deux ans, quand il leur avait fallu disputer des prolongations insoutenables pour s'offrir un bol d'Eire. A l'époque, la main de Henry avait tout changé. Cette fois-ci, sportivement parlant, il serait préférable que ce soit la patte de Blanc qui fasse la différence.

10/10/2011

La tête dans le sac!

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La Suisse a la tête dans le sac et l'esprit totalement brouillé. Trois jours après sa défaite lamentable contre le Pays de Galles, elle prend gentiment conscience qu'il lui faudra de longs mois pour digérer et laver l'affront. Une victoire demain sur le Monténégro n'y changerait rien. Au pire, elle ne ferait qu'aviver des regrets déjà bien profonds. Il va falloir maintenant attendre onze mois et le début des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 pour revoir la Nati batailler afin de se faire une place dans une grand compétition internationale.

Cet espace-temps peut paraître long à l'échelle du football, mais il n'en est pas moins une aubaine pour Ottmar Hitzfeld. Puisque c'est vraisemblablement avec lui à leur tête - malheureusement? - que Benaglio et compagnie doivent poursuivre leur carrière internationale, l'Allemand va devoir réfléchir à comment opérer au mieux son propre lifting. Car ce ne sont pas ses joueurs qui craignent, mais bien ses méthodes. En gros, il doit mesurer comment passer le plus rapidement possible d'un entraîneur gagnant des années 1990 à un sélectionneur béton des années 2010. Pour l'heure, la mue ne s'est pas faite, ses couacs étant plus nombreux que ses coups d'épate.

L'ASF et le Crédit Suisse - sponsor qui pèse lourd - sont apparemment persuadés que l'ancien mentor du Bayern Munich est l'homme idéal pour porter haut le drapeau rouge à croix blanche. Même à 2 millions de francs par an. En tout cas, il n'aura pas le droit à l'erreur dans la course au Mondial brésilien.

Avec des adversaires comme l'Albanie, Chypre, l'Islande, la Norvège et la Slovénie, les Suisses doivent passer l'épaule. Sur le papier, c'est ce que tout le monde se répète depuis le tirage au sort. Mais les récentes prestations sur le terrain - au Liechtenstein et à Swansea - ne rassurent pas l'opinion publique. Qui, globalement, n'a même pas été choquée outre-mesure par l'élimination de vendredi soir, tant l'espoir auquel elle se raccrochait était minime depuis le 0-0 de Sofia.

A voir, le chantier est loin d'être terminé, mais les fondations sont là, avec une relève pleine de promesses. Reste à y ajouter les couleurs et un toit. Cela commencera aux Pays-Bas à la mi-novembre, puis se poursuivra contre l'Argentine en février. Contrairement à ce qu'il a fait en 2011, Hitzfeld s'est en effet rendu compte de l'importance des matches de préparation. S'il en avait programmé quelques-uns de plus cette année, peut-être n'en serions-nous pas là aujourd'hui.

Et l'ASF ne pleurerait pas sur les 5 millions de francs de manque à gagner que provoque cette élimination. Ajoutez à ce décompte les 2 millions que prend le sélectionneur au passage et vous comprendrez que cette débâcle coûte davantage à la grande instance de Muri. Mise devant le fait accompli, celle-ci doit, au passage, négocier de nouveaux contrats avec ses sponsors. On espère pour elle que ceux-ci n'étaient pas devant leur écran vendredi soir...

08/10/2011

La mascarade helvétique

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Quelques heures ont passé, mais la réflexion est la même. Elle ne change pas d'une virgule. Au lendemain d'un nouvel échec, Ottmar Hitzfeld peut s'en aller, rendre son baluchon et dénoncer les trois ans de contrat que l'ASF, naïve, lui avait offert sur un plateau au sortir d'une autre déroute (le 0-0 en Bulgarie du mois de mars dernier).

Les impressions de septembre n'auront finalement été qu'un leurre. L'Allemand n'a aucune prise ni aucune emprise sur son équipe. Si ce n'est celle de la rendre triste comme un samedi pluvieux, ridicule comme rarement auparavant. Ce n'est pas tant le fait de manquer une grande compétition internationale qui agace - après tout, ceux qui ont vécu la période 1966-1994 ne vont pas se plaindre -, mais plutôt l'attitude désespérante de ce groupe qui a pourtant tant de qualités pour faire mieux.

Or, l'homme qui en détient les rênes n'est pas le sélectionneur idéal. On l'a vu au Pays de Galles et les jours avant durant le camp d'entraînement. On l'avait déjà mesuré à plusieurs reprises auparavant. Une carte de visite ne fait pas tout. Surtout quand celle-ci s'est construite il y a quasiment plus d'une décennie. Tout va très vite en football. Trop, sans doute, pour l'ancien entraîneur du Bayern Munich, qui ne peut s'accrocher éternellement aux cuisses de Shaqiri pour espérer passer au travers des critiques.

Ses grandes déclarations d'avant-match ne font qu'amplifier la rancœur à son encontre. Du coup, changeons, innovons, bouleversons maintenant l'univers du foot suisse. Sus à Hitzfeld et à la grisaille qui a gagné son groupe! Place à une nouvelle ère, une vraie, ensoleillée et à même d'accompagner des jeunes loups pétris de talent vers des lendemains plus cléments.

Doit-on rappeler, au passage, que, sans les retraits conjugués de Frei et Streller puis le départ, deux mois plus tard, de Grichting, «OH» n'aurait jamais rajeuni ses cadres? Au bénéfice d'un bail en or dans les couloirs de Muri, il ne fera malheureusement pas ce que tout le monde souhaite aujourd'hui, à savoir démissionner. Il se contentera de se reposer sur ses lauriers, en enfermant des éléments très intéressants dans des carcans et un dispositif rigide qui ne laisse quasiment aucune place au génie.

Il en demande trop à Inler, qui est méconnaissable. Il voue une confiance aveugle à Ziegler, qui enchaîne les cacades. Hitzfeld ne maîtrise plus rien. La preuve, quand son équipe est menée 1-0, il fait entrer un défenseur. Le fait d'être en infériorité numérique n'explique pas ce changement raté. Par moments, en fin de match, le sélectionneur nous a même rappelé Köbi Kuhn en fin de règne, avec cet air ahuri et dépassé par les événements. Sauf que «KK», lui, avait de vraies excuses: les soucis de santé de sa femme, pour laquelle il livre un admirable combat aujourd'hui.

«Gottmar» - quel surnom bidon! - n'a sûrement pas les mêmes problèmes. Mais il se cherche d'autres excuses, ressassant ce qui fut, à ses yeux, une mauvaise performance arbitrale. Il nous avait déjà servi la même soupe insipide au lendemain de l'échec face au Chili lors de la dernière Coupe du monde. A force, le discours est éculé. Un peu comme l'homme au ciré.