20/01/2012

Affaire Xamax: et la Ligue, dans tout ça?

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31 mai 2011. Mi-temps du match Servette-Bellinzone, décisif pour la promotion du club grenat en Super League. A 2-0 pour les Genevois, la pause permet aux journalistes de refaire le monde en tribune de presse. Le sujet principal s'appelle (déjà) Neuchâtel Xamax. Il faut dire que, quatre jours auparavant, Bulat Chagaev, tout nouveau repreneur, s'est illustré en menaçant de mort ses joueurs à la mi-temps de la finale de Coupe de Suisse contre le FC Sion.

Tout le monde donne son avis sur la chose, fait part de ses craintes. Un confrère - que je ne nommerai pas - lance: «Au train où vont les choses, on va se retrouver dans six mois au Tribunal». Chacun rit. Jaune. Car tous partagent l'avis de l'intéressé.

Six mois plus tard, le Tribunal était passé, mais Xamax était encore en vie. Par la grâce d'un faux grotesque «armé» d'un en-tête siglé «Bank of America». Il aura finalement fallu attendre douze semaines de plus pour assister, incrédules, à la mort (car appelons un chat un chat) du club rouge et noir, celui qui berça tant de générations.

Et tout le monde accable Bulat Chagaev, l'homme de tous les maux, sans vraiment chercher à savoir ce qui s'est passé avant lui.

Mais, aujourd'hui, la véritable question est peut-être ailleurs. Quelle est la part des dirigeants de la Swiss Football League dans ce cataclysme? N'ont-ils pas, eux aussi, joué un mauvais rôle en fermant les yeux sur les méthodes brutales du Tchétchène à son arrivée à la Maladière? N'ont-ils pas, par pur intérêt, cautionné sa façon de faire?

On est en droit de s'interroger, car n'allez surtout pas nous dire que les journalistes qui étaient présents au Stade de Genève le 31 mai et craignaient déjà pour l'avenir de Xamax étaient dotés d'une intelligence supérieure aux pontes du foot suisse! Ou alors, si tel est le cas, cela fait peur...

Tous autant qu'ils sont, à Muri, doivent également se remettre en question et revoir leur façon de faire. Ils sont aussi coupables que Chagaev dans cette issue dramatique. L'un d'entre eux, actif depuis des lustres à la SFL, se dit «défenseur du foot suisse». En tout cas, dans ce domaine-là, l'intéressé n'a pas le talent d'un Puyol...

 

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