10/02/2012

Servette: le dernier tour de Majid?

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Servette avait son fossoyeur: Marc Roger. Accablé de tous les maux en 2005 pour avoir été là au moment où les Grenat ont pris l'eau, le Français à l'accent chantant a «payé» - les guillemets sont de circonstance - pour tous les autres. Entendez par là que ceux qui l'avaient précédé à la tête du club n'étaient peut-être pas tout blancs non plus dans la première faillite du SFC. Bref, passons. Reste que, sept ans plus tard, on pensait la leçon retenue après ce long et terrible parcours du combattant qui avait finalement permis aux Genevois de retrouver une équipe en Super League.

         Pour rappel, le 31 mai dernier, soir de promotion, toute la République n'avait d'yeux que pour les joueurs de Joao Alves. Et Majid Pyshiar, président difficile à cerner, se lançait alors dans un tour d'honneur, suivi par 20'000 personnes euphoriques. Le décor était somptueux, mais la réalité vient de le rattraper, en moins de temps qu'il en faut pour le dire.

         En ce mois de février 2012, Servette croule sous les dettes et voit son destin se rapprocher inexorablement de celui de Neuchâtel Xamax. Cette fois-ci, le président ne peut pas rejeter la faute sur ceux qui ont occupé le siège avant lui. Il est bien le seul à avoir mis le club en péril, dans cette situation qui, très franchement, semble aujourd'hui inextricable.

         Sans le sou, acculé par ses créanciers, le club genevois ne devrait pas pouvoir continuer sa folle aventure. A moins d'un miracle? Dans les semaines qui viennent, ce n'est certainement pas une rétrogradation sur le tapis vert en 1re Ligue qui l'attend, mais bien les affres d'une chute en 2e Ligue interrégionale. La faillite, deuxième épisode. La réalisation «Pyshiardesque» dépasse tout ce qu'on aurait osé imaginer, même à l'époque de Marc Roger.

         C'est terrible pour le sport suisse et terrible pour le sport genevois. Les éclats de rire et les cris de joie qui résonnaient aux alentours du Stade de Genève au printemps passé s'évanouissent désormais dans le lointain. Plus que le chagrin, c'est la stupéfaction qui prend le dessus. Comment a-t-on pu en arriver-là? Comment a-t-IL pu en arriver-là?

Majid Pyshiar, on le sait, était arrivé aux commandes de l'institution grenat accompagné d'un passé sulfureux. N'avait-il pas emmené le club autrichien d'Admira Wacker Vienne au purgatoire? Chez nos voisins, l'Iranien avait promis d'amener son «jouet» en Ligue des champions, d'en faire le «Manchester United autrichien». Les mêmes promesses, qui rendent les fous joyeux, ont également été entendues sur le site de La Praille. Pour le meilleur et pour le pire. Qui, ces jours-ci, frappe à la porte.

         Or, que constate-t-on à présent? Que Servette est sur le point de batailler avec Bernex, Collex-Bossy et Perly plutôt que d'imiter le FC Bâle sur la piste aux étoiles européennes. Adieu l'Allianz-Arena, Old Trafford ou San Siro, bonjour les stades municipaux des quatre coins de la Suisse romande. On n'en est peut-être pas encore là, mais c'est bel et bien ce qui guette les Grenat. Triste sort, triste sire...

Commentaires

c'est la dure loi du sport populaire tel que le Hockey qui n'emballe pas les grandes familles genevoises, qui préfèrent conforter leur image en l'associant au Golf Yachting éventuellement Polo , mais que l’odeur acre des vestiaires en fin de partie pas fine insupporte.
Alors pourquoi pas Marc R . Mac Donald alias Mac Sorley ou un autre vendeur de kebabs frelatés?
Genève à Show continue .

Écrit par : briand | 10/02/2012

C'est comme la m.... qui attire les mouches, Genève attire les escrocs !

Écrit par : bidouille | 10/02/2012

Genève attire les escrocs car c'est une ville d'escrocs. En politique on est pas en reste. L'affaire de la rue du Stand, Mark Muller et les villas à 200.- et j'en passe la liste est longue...
La responsabilité est celle des genevois qui constatent mais ne font RIEN!

Alors "show must go on" que la société du spectacle continue! Que l'on nous fasse une application ou Servette joue en super ligue et en ligue des champions. Ca va faire du bien aux bisounours!

Écrit par : plume noire | 10/02/2012

Si toute la vérité avez été dite avant la faillite de 2005.on aurait pu éviter bien des ennuis
En prenant du recul, regardez vous trouvez dans le dossier du Xamax le même conseiller, celui-ci qui demanda la mise en faillite du Servette....

Écrit par : Blanc | 13/02/2012

C'est joli les stades de Suisse Romande de ligues inférieures. C'est bon enfant (pas de fumigènes, on mange une saucisse pour quelques francs et l'entrée est parfois gratuite en 2ème mi-temps) et il n'y a pas grand monde. On peut s'asseoir où l'on veut. Franchement je ne vois rien à redire. Servette restera Servette quoi qu'il arrive. Le maillot grenat fait parti de l'histoire du foot suisse. Simplement on ne le verra plus à la TV.
Plus sérieusement lorsqu'on lit que ce Monsieur s'est déjà "occupé" d'un club pro en Autriche et qu'il gère aussi d'autres clubs à l'étranger, cela fait peur. Il faut que les actions reviennent en des mains locales, à des gens intéressés et les pieds sur terre, pas à des personnes se voyant déjà en ligue des champions où je ne sais où.

Écrit par : Dominique | 13/02/2012

Il faut arrêter avec ces dirigeants venus de l'étranger ! On a vu ce que ça donnait à Genève, Lausanne et Xamax.

Maintenant, si aucun dirigeant suisse ne veut se bouger à Genève, Neuchâtel et Lausanne (Collet et Cie ne vont pas rester ad intérim), il faut se mettre à l'évidence que le football romand n'intéresse plus personne. Et qu'il est impossible d'avoir 3 ou 4 clubs de ce côté-ci de la Suisse.

A Lausanne, les dirigeants font ce qu'ils peuvent, avec leurs petits moyens. Peut-être que cela ne suffira pas et que le club devra retrouver la Challenge League. Mais au moins, il n'y aura pas de faillite.

Quand je pense que Majid criait haut et for que Servette sera champion en 2014... On semble très loin du compte !

Triste réalité du football romand mais qui ne date pas d'hier...

Écrit par : Stéphane | 13/02/2012

La faute à qui, la faute à quoi ?...

Personnellement, Monsieur Pyshiar et son portrait géant souligné d'un "yes we can" d'autant plus mégalo que n'y était pas associé l'humble et VÉRITABLE artisan de la remontée du Servette en ligue A, ce portrait bouffi d'orgueil m'avait agaçé, gêné et... inquiété !

Contrairement à un préopinant qui voit des escrocs partout, je ne pense pas que Monsieur Pyshiar en soit un, il n'est que l'un de ces "manieurs de fric" dont font partie non seulement Chagayev ou Roger mais aussi tels avocat médiatique ou homme d'affaires bidon qui ne se sont pas si mal trouvé d'avoir largement participé à la faillite du Servette alors qu'on a cru devoir accabler Olivier Maus qui, lui, a dépensé sans compter - et des années durant - pour sauver le club.

Et le suprêmement méprisant Majid Pyshiar vient aujourd'hui donner des leçons d'altruisme financier !!! C'est ahurissant.

Payez vos factures Monsieur le "sauveur" et payez les à l'heure ! Faites manager votre club par des professionnels compétents. Et, si vous n'en avez pas les moyens, dites-le !

Mais n'ajoutez pas la pleurnicherie du mendiant aux rodomontades du marchant d'illusions !

Écrit par : Le Bret | 14/02/2012

tout à fait d'accord avec vous Le Bret, très belle analyse merci!

Écrit par : faire part | 23/02/2012

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