18/03/2012

Sacré Cocollet...

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Sa légitimité dans le football suisse reste encore à prouver. Tout juste est-il président d'un club qui vivote en Super League et ne se maintiendra vraisemblablement que grâce à la faillite de Neuchâtel Xamax. Cela n'empêche toutefois pas Jean-François Collet d'être omniprésent dans les médias.

Se permettant d'avoir un avis sur tout - mais rarement le bon - le président de Lausanne-Sport la ramène à gauche et à droite. Il se prend pour le Jean-Michel Aulas du football suisse, mais n'en a ni la gouaille ni le palmarès. Dans l'analyse, sa crédibilité est au niveau zéro.

Après avoir tiré à boulets rouges sur les investisseurs étrangers, «JFC», en bon Cocol(l)et qu'il est, s'est trouvé une nouvelle cible, ce matin dans les colonnes du journal dominical. Celle-ci se nomme Michel Pont.

Certainement irrité de voir qu'un Genevois s'est montré actif pour sauver Servette alors que son LS n'intéresse que deux pelés et trois tondus dans la cité vaudoise, le patron de la Pontaise estime que l'adjoint d'Ottmar Hitzfeld devra faire un choix entre sa fonction avec l'équipe de Suisse et celle qu'il occupe désormais dans les coulisses du club grenat.

Empruntant les pas de Christian Constantin - lequel réclame carrément la démission de Pont! -, Collet laisse entendre que le Genevois devra tout prochainement quitter l'un des deux bateaux. Avant de l'annoncer dans Le Matin, l'intéressé ferait mieux de se remettre lui aussi en question. Egalement actif dans le monde du tennis par le biais de sa société GrandChelem Management, le Vaudois devrait en effet faire pareil en se débarrassant de l'une de ses deux casquettes.

Son apport a certainement plus de poids dans le milieu de la petite balle jaune que sur les vertes pelouses. Le tournoi de Gstaad a besoin de lui. Alors que le LS, de son côté, est davantage à la recherche de vrais joueurs de foot. Qui parleraient avec le ballon, plutôt que pour ne rien dire...

Car, quand on lit encore que Cocollet prône l'idée de ne voir qu'un seul club romand, on a définitivement peur pour sa santé mentale...

09/03/2012

SFC: les grands clubs ne meurent jamais

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Le dernier tour de Majid n'aura fait rêver personne, mais le Servette FC est encore et toujours en vie. La (très) bonne nouvelle est tombée hier, jeudi 8 mars, soit une semaine après que «Sieur Pishyar», président sans scrupule, eut déposé le bilan du club grenat. La juge Fabienne Geisinger-Mariéthoz aurait pu enterrer définitivement le SFC, mais elle a patienté. Elle mérite peut-être une statue, elle aussi.

A minuit moins une, ou presque, le sauvetage s'est précisé. Par la grâce de financiers genevois anonymes, qui ont choisi de propulser Hugh Quennec, patron du Genève-Servette HC, en première ligne. Aux côtés du Québécois, nul doute que Michel Pont a joué un rôle primordial pour prolonger le sursis genevois.

Car le SFC, et l'adjoint d'Ottmar Hitzfeld l'a encore rappelé, n'est pas sauvé. Mais il a désormais un petit mois devant lui pour travailler sur sa situation extrasportive. Ceci afin de redorer son image, de consolider ses dernières fondations et d'obtenir sa licence en vue de la saison prochaine. Dans cette optique, la mansuétude dont a fait (et fait toujours) preuve la Swiss Football League (SFL) - laquelle n'a strictement aucun intérêt à voir un deuxième club partir en faillite - est une aubaine pour celui qui est actuellement le meilleur club romand de Super League.

Ouf, trois fois ouf, sept ans après avoir volé en éclats au terme de l'ère Marc Roger, le Servette FC respire encore. Des soins intensifs, il est passé en salle de réveil. Les 650'000 francs déposés sur la table lui permettront de régler les différents salaires et de s'éloigner un petit peu du précipice. C'est déjà ça, évidemment, quand on sait que, mardi dernier, tout le monde était déjà prêt à l'envoyer dans la tombe. «Si je suis entré dans ce projet, c'est que je suis confiant dans la possibilité de trouver des solutions», a tout de suite annoncé Hugh Quennec.

Homme reconnu dans le milieu genevois, le patron du GSHC devra fédérer différents investisseurs autour de sa personne. Il est déjà quasiment certain de pouvoir s'appuyer sur le soutien de Giuseppe Luongo, le Transalpin de Nyon qui s'était manifesté auprès du clan Pishyar pour reprendre le SFC, ainsi que sur l'Association SFC, constituée par Claude Charmillot et Philippe Mortgé. Même si celle-ci a lutté contre des moulins à vent, en ne parvenant qu'à réunir une somme dépassant légèrement les 100'000 CHF, elle a eu le mérite de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. C'était essentiel.

L'horizon du Servette se débouche petit à petit. Et Majid Pishyar, au grand soulagement de tout le monde, est enfin parti. Pour un franc symbolique. Même s'il a été nommé président d'honneur - et non pas président donneur -, l'Iranien ne va pas laisser un grand vide sur la place genevoise. Depuis le 31 mai dernier et la promotion en Super League, son attitude a tout simplement été indigne. Irrespectueux des contrats, de ses partenaires, du tissu économique local et des supporters, il a bien failli se voir affublé de l'étiquette de fossoyeur. S'il a pu l'éviter, ce n'est que par la grâce de Hugh Quennec et de ses soutiens.

Et voilà que, désormais, c'est le Québécois et personne d'autre qui pourrait endosser le costume de nouvel homme fort du sport genevois. Tout le côté sportif du canton, et malgré les petits soucis connus par le GSHC en play-out, pousse un léger «ouf» de soulagement ce matin. Son ciel est moins encombré, ses perspectives beaucoup plus réjouissantes. Même si, on le répète et comme l'a rappelé Pont, rien n'est encore fait.

Reste que, maintenant, c'est aux nouveaux patrons du Servette FC - avec ou sans le très contesté directeur sportif Costinha??? - de surfer sur la vague d'espoir et d'enthousiasme qui les accompagne. A n'en pas douter, il y a désormais un coup formidable à jouer. Car une chose est sûre, les grands clubs ne meurent jamais!

 

01/03/2012

Un ultime espoir pour Servette

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Majid Pishyar «did it». Criblé de dettes, le président du Servette FC a donc déposé le bilan. Pour rappel, il y a neuf mois, c'est ce même personnage qui cavalait comme un fou autour du Stade de Genève et implorait son «god», répétant que «nobody believe me» au soir d'une promotion quasi inattendue.

Aujourd'hui, effectivement, personne n'ose croire qu'il a mené sa barque à une telle issue en moins d'une année. Certes, un dépôt de bilan ne signifie pas une faillite immédiate, mais tout de même, cette action sonne la fin de «Magic Majid» à la tête d'un club de foot. Peut-être pas celle du Servette, car l'espoir demeure, mais les minutes sont comptées.

Un constat s'impose: il serait vraiment trop triste que le club grenat sombre à nouveau, sept ans à peine après une première mort sous l'ère Marc Roger.

Si le Français, en son temps, avait peut-être une semi-excuse, eu égard au marasme qui l'avait précédé, Pishyar n'en a aujourd'hui aucune; c'est bien lui qui a mené le SFC actuel dans cette situation. Ceux qui ont de la compassion pour l'homme d'affaires se trompent. Personne, il y a quatre ans, ne lui avait imposé de reprendre Servette. Personne ne lui avait mis un flingue sur la tempe. En se coupant du tissu économique genevois, en refusant des offres çà et là, le patron de 32Group a emprunté la mauvaise route.

En ce jeudi 1er mars, ce n'est pas tant le départ de «MP» qui fâche, mais la manière utilisée depuis la promotion. En menant tout le monde en bateau, il a trompé ceux qui l'entouraient, trompé les fans et trompé une équipe de joueurs au grand cœur, qui ne méritent pas ce qui leur arrive.

Si on en lit les commentaires aperçus à gauche et à droite, d'aucuns osent se réjouir de la situation actuelle. C'est ridicule, car personne ne peut se montrer fier de voir une société, peu importe son nom, être au bord du gouffre.

Dans les minutes qui viennent, il faudrait un miracle pour qu'un groupe de repreneurs pointe son nez. Mais les miracles, paraît-il, sont faits pour être vécus. Et, si tel est le cas, on pourra alors penser qu'en déposant le bilan, Majid Pishyar aura vraiment été magique...