30/04/2012

Wiggins, le "Beatle" ressuscité

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Pas de doute, les «pattes» qui couvrent ses oreilles et une partie de ses joues nous renvoient aux années 60-70 et à ces sons venus tout droits de la banlieue de Liverpool. Bradley Wiggins, c'est le «Beatle» ressuscité, le Ringo Starr de la petite reine.

A presque 32 ans, le cycliste britannique n'a pas eu besoin de grimper sur un yellow submarine pour triompher au terme du Tour de Romandie. Juché sur sa bécane, il a laissé parler sa puissance au cours d'une semaine où les autres grands noms du peloton n'ont rien montré. Cadel Evans, en bisbille avec sa santé, n'a pas répondu aux attentes. Et cela ressemble à s'y méprendre à un passage de témoin entre le vainqueur du dernier Tour de France et celui qui, au fil des semaines, renforce son statut d'immense favori pour la Grande Boucle à venir.

Après avoir déjà avalé Paris-Nice sans forcer au mois de mars, «Wiggo» a des jambes et feu. Son aisance contre-la-montre, son rythme de pédalage et sa relative assurance dès que la route s'élève lui confèrent une déroutante confiance. Mais, si l'intéressé reste humble, il ne cache pas pour autant son envie d'inscrire le «TDF» à son palmarès. Depuis 2009 et sa 4e place inattendue sur les talons de Contador, A. Schleck et Armstrong, ce rêve est devenu une ambition.

Si 2010 et 2011 ne lui ont pas souri, c'est, rappelons-le, pour des raisons diamétralement opposées. Il y a deux ans, le leader de la formation Sky était arrivé en méforme. L'an passé, c'est une chute qui est venue briser son élan. Alors que, déjà, les spécialistes lui attribuaient une très sérieuse étiquette d'outsider.

Cet été, Wiggins sera même passé au-delà. A l'heure où Contador purge sa peine, où les frangins Schleck ont perdu de leur giclette et où Evans traîne son spleen, ce sera lui l'immense favori. Reste à savoir si son premier pic de forme n'est pas intervenu trop tôt dans la saison.

Mais, vu de loin, le «Beatle» en a encore sous la semelle. 2012, année des Jeux de Londres, pourrait aussi être celle de «Wiggo». Qui, il y a quatre ans à Pékin, fut double médaillé olympique sur piste. Des vélodromes aux Champs-Elysées, la frontière n'est visiblement plus si large dans le cyclisme moderne. Et cela bien qu'elle doive emprunter les lacets de l'Alpe-d'Huez.

27/04/2012

Et pourtant, Guardiola n'est pas mort...

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Il aura donc suffi d'un «no mas» pour que la planète s'agite. Alors que les médias catalans ont d'ores et déjà annoncé que «Pep» Guardiola ne prolongerait pas son bail à la tête du FC Barcelone, Internet tire une gueule d'enterrement. Facebook, Twitter et même les sites des médias sportifs les plus reconnus en font des tonnes. L'éloge funèbre est prêt et d'aucuns se demandent quelle sera l'épitaphe... Mais, attention, Josep Guardiola n'est pas mort!

Malgré tout ce qu'on pourrait croire en surfant sur le web, l'ancien milieu de terrain du Barça est en pleine santé. Il devrait d'ailleurs faire une apparition publique d'ici quelques minutes au centre d'entraînement du club catalan, histoire d'officialiser son départ après quatre ans de (très) bons et loyaux services. Une page se tourne, c'est certain, mais il n'est pas venu le temps de s'habiller en noir et de convoquer le corbillard.

Pour Barcelone, il y aura un après Guardiola. Et, pour «Pep», il y aura un après Barça. Après tout, ce n'est que le film d'une vie, qui fait qu'à un moment ou à un autre, les routes ne vont plus de pair.

Aujourd'hui, plus que de vouloir rendre un hommage à un technicien reconnu ou de pleurer à chaudes larmes sur ce «divorce», vient le temps de l'interrogation sur ce que sera le futur du club et du bonhomme. Tous deux devraient survivre à cette séparation, mais il faudra peut-être patienter plusieurs semaines pour que la page soit définitivement tournée. Il n'est pas dit que le successeur de «Pep» aura la tâche facile.

D'ailleurs, quand vient le temps de deviner qui sera le prochain capitaine du navire sis au Camp Nou, un nom revient de plus en plus souvent. Celui de Marcelo Bielsa, l'Argentin aujourd'hui à la tête de l'Athletic Bilbao, futur finaliste de l'Europa League.

Ancien sélectionneur de l'albiceleste et du Chili - avec lequel il a éliminé la Suisse du Mondial 2010 en compagnie du Barcelonais d'adoption Alexis Sanchez -, Bielsa se dit adepte d'un football total. A bientôt 57 ans, celui qui a également entraîné... l'Espanyol Barcelone serait mûr pour enfin prendre les commandes d'un tout grand club.

Reste que son caractère et les nombreuses volte-face qui ont émaillé sa carrière pourraient poser problème en Catalogne. Du coup, d'autres noms sont cités parmi les candidats à la succession de Guardiola: Emery (Valence), Luis Enrique (AS Roma) et Valverde (ex-Olympiakos) sont de ceux-là. Les pistes qui mènent à Laurent Blanc et à André Villas-Boas semblent en revanche relever de la pure intox.

Ensuite, au-delà de l'avenir du banc barcelonais surgit la question qui entoure Guardiola. Annoncé en Angleterre et en Italie, le quadragénaire serait pourtant sur le point de prendre une année sabbatique afin de se retirer d'un monde du football dont il ne supporte plus la pression. Du coup, on peut se demander s'il y reviendra un jour.

Si oui, on s'impatiente de savoir où et ce qu'il pourrait y faire. Est-il vraiment un technicien grand luxe ou a-t-il simplement bénéficié d'un équipe exceptionnelle pour faire la «une»? On aimerait tant le voir répondre à cette question sur un autre banc. Si, en revanche, il ne réendosse pas un jour son costume d'entraîneur, on se souviendra que ses quatre années de technicien auront été parmi les plus belles de l'histoire.

Sans jamais savoir s'il était le principal artisan d'un chef-d'œuvre des temps modernes...

26/04/2012

WunderBayern

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Cela fait des lustres que ça dure. La pensée collective, initiée par les anciens, veut nous obliger à ne pas aimer les Allemands. Au niveau humain déjà, eu égard à ce qui s'est passé chez eux, mais aussi au niveau sportif. Leur football des 70-80-90 n'a en effet pas de quoi être érigé en symbole. En Suisse - comme peut-être en France - les gamins ont longtemps été élevés au «désamour» de la «Mannschaft» et nourri à la haine du Bayern Munich et de cette Bundesliga qu'on ne devinait que le dimanche au coin du feu avec les commentaires de Jean-Jacques Tillmann.

Mais, fort heureusement, les mentalités ont tendance à changer. Ce qu'on a vu au Mondial 2006, à l'Euro 2008 et encore lors de la Coupe du monde 2010 a confirmé ce changement de cap. Oui, l'Allemagne est belle. Elle compose un hymne au ballon rond et fait la fête chaque week-end dans ces stades. Il suffit désormais d'enclencher SwisscomTV pour s'en persuader. Là-bas, le football est roi et les débordements dans les stades ne sont pas légion. A part sur la pelouse, où les latéraux s'illustrent.

Le Bayern aussi est beau. Hier soir, sa qualification arrachée aux tirs au but contre le Real Madrid est méritée. Cent fois méritée. Mille fois méritée. Malgré un début de match durant lequel la pression merengue l'a par moments étouffé, le collectif de Jupp Heynckes a su garder ses nerfs, remettre l'ouvrage sur le métier et obtenir la récompense de ses efforts. Le volume de jeu d'Alaba, la rapidité de Ribéry et les mouvements de Gomez ont eu raison des certitudes de José Mourinho.

Alors bien sûr, cela ne s'est pas joué à grand-chose, mais les Dieux du football, amoureux des équipes qui attaquent, ont choisi leur camp. La main de Neuer n'a pas tremblé. Contrairement au pied de Ramos, qui a rejoint Twickenham avec son essai. Ou à la patte de Ronaldo, lequel aurait certainement assuré son Ballon d'or en se hissant en finale.

Maintenant, qui ira chercher la «Coupe aux grandes oreilles»? A trois semaines de l'ultime rendez-vous, le suspense est déjà à son comble. Avec plusieurs suspendus, tant dans le camp de Chelsea que dans le camp bavarois, Di Matteo et Heynckes devront revoir leurs plans. Plus malin sera celui qui, au final,... gagnera.

 

25/04/2012

Courbis, le gros coup de Constantin?

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Rolland Courbis qui débarque sur le banc du FC Sion; en matière de football, ce serait, si elle venait à être confirmée par la direction du club, la nouvelle du jour. A en croire certains commentaires aperçus çà et là, ça jase déjà. Et pas que dans le Valais!

Reste que, si cela se concrétise, Christian Constantin aura de nouveau sorti un lapin de son chapeau. Mieux, en engageant le Marseillais, c'est un gros poisson qui débarquerait à Tourbillon. Gare aux remous, nous dit-on. Gare à la réussite, aussi! Même si l'on ignore combien de temps le technicien français pourrait rester sous les couleurs du FCS, on se réjouit déjà de l'apercevoir au bord des terrains.

Et pas seulement, car Rolland - avec deux «L» - n'a, au rayon gouaille, rien à voir avec celle de son président. Ce sera un régal pour les médias, peut-être même pour ses joueurs à l'heure de la théorie. D'aucuns répondront que, avec «Tintin», ça pourrait faire des étincelles, mais pour le bien d'un club qui ne sera pas européen la saison prochaine.

Quelque peu mis à l'écart sur la scène française en raison de son franc-parler et de certaines affaires, Courbis, 59 ans en août, amènerait à coup sûr un peu de fraîcheur en Super League. Cela nous changerait de l'image policée que promenaient un certain Joao Carlos Pereira ou son homologue de GC Ciriaco Sforza.

Le challenge sédunois serait en tout cas à la hauteur du personnage qu'est «Roro de Marseille». Bien qu'il n'ait jamais été champion de France, l'ancien coach de l'OM a plus ou moins réussi partout où il est passé.

D'ailleurs, notons que c'est lui qui a fait remonter Montpellier en Ligue 2 il y a trois ans. Aujourd'hui, le club de Loulou Nicollin est aux portes d'un titre national. Qu'il devrait, un tout petit peu, à un Courbis qui semble prêt à s'attaquer à la montagne FC Bâle.

Guardiola n'avait pas retenu la leçon!

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Barcelone est mort. Vive Barcelone? Hier soir, le roi d'Europe est subitement descendu de son trône, rappelé à l'ordre qu'il a été par un Chelsea euphorique, quatre jours après avoir été secoué par le Real Madrid. Le beau jeu ne s'impose pas toujours. Telle est la première leçon que l'on pourra retenir de cette première demi-finale de Ligue des champions. Les «Blues» ont lutté et triomphé (sur l'ensemble des deux matches) avec leurs armes. Celles-ci ont beau ne pas être des plus enthousiasmantes, elles sont gagnantes. Et c'est tout ce que leur demande l'oligarque Roman Abramovich.

Au-delà de la qualification des Londoniens pour la finale surgit une question entourant Josep Guardiola. Deux ans après s'être fait moucher par l'Inter de José Mourinho, le technicien chauve n'a, semble-t-il, pas retenu la leçon. On peut certainement y voir une erreur dans la préparation du match, un faux pas dans son coaching. Car comment se fait-il que, vingt-quatre mois plus tard, l'ancien demi du Barça s'incline dans les mêmes circonstances, à savoir à onze contre dix? Roberto Di Matteo a su le piéger comme l'avaient fait les Milanais en 2010. A l'italienne. Sans que les hommes de Guardiola, as de la passe, n'arrivent à transpercer la muraille.

Le dénouement de cette demi-finale n'est pas une ode au football champagne, mais elle met en lumière l'excellente préparation de Chelsea. Qui, tel un joueur d'échecs, a toujours su réagir. Même mené 2-0. Même en infériorité numérique.

Le bloc londonien a mené la vie dure aux Catalans et provoqué un premier séisme européen. Qui pourrait être suivi d'un second si le Bayern venait à bouter le Real hors de la C1 dans quelques heures. Les armes de Lampard et Cie ne sont pas celles de l'huilé collectif blaugrana, mais elles les ont portés en finale, là où plus personne ne les attendait il y a de cela un petit mois. Ces armes ne sont pas belles et sont logiquement contestées. Or, elles gagnent.

Et celui qui gagne a toujours raison...