30/08/2012

Le trou de Bâle

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Il ne faut pas brûler ce que l’on a adoré, voire adulé voici moins de six mois. Mais tout de même, l’échec du FC Bâle dans la course à la phase de poules de la Ligue des champions est une sacrée claque pour le football suisse. Il est synonyme d’énorme déception pour un pays qui s’était presque habitué aux belles soirées européennes des mardis et/ou mercredis soirs et pensait légitimement, au vu de l’adversaire roumain du FCB, les revivre cet automne.

Il n’en sera rien, l’Europa League n’étant qu’un maigre lot de consolation, qu’une sous-compétition. A dire vrai, ces champions de Suisse-là ne méritaient pas de passer l’écueil des play-off. On ne dira pas que leur équipe ne valait pas un Cluj, mais elle n’avait en tout cas rien à avoir avec le collectif euphorique et bien huilé de la saison dernière. En ce mois d’août (doute?), les rouages sont bloqués et la mécanique péclote. Dans cette double confrontation face aux joueurs de Translyvanie, tout est allé de travers pour les Rhénans à partir de la 60e minute du match aller.

Leur défense a pris l’eau de toutes parts. Les contre-attaques meurtrières des Roumains ont révélé au grand jour les immenses défauts du latéral Park, les erreurs de placement du demi David Degen et les approximations du défenseur central Sauro. Tant et si bien que, à ses côtés, Dragovic a semblé tout aussi faible. C’est dire combien, ces 24 derniers mois, les observateurs avaient minimisé l’importance de David Abraham au cœur de la charnière centrale bâloise.

On savait l’Argentin très solide après des débuts compliqués dans le championnat de Suisse. On ne pensait pas que sa présence bonifiait à elle seule tout un groupe, transcendait ses partenaires. Aujourd’hui à Getafe, l’Argentin s’est montré à la hauteur du combat contre le Real Madrid le week-end passé (victoire 2-1 contre Ronaldo et Cie). Il a tourné la page bâloise mais doit être conscient que, avec lui, les hommes de Heiko Vogel ne seraient pas tombés dans le piège, à Cluj.

Parlant du technicien allemand, d’aucuns s’amusent aujourd’hui à annoncer la fin de son état de grâce. C’est grotesque. A ceux qui commencent à exiger son départ, il faudra peut-être rappeler que le rouquin a dû composer avec de nombreux départs cet été. A celui d’Abraham se sont ajoutés ceux des perles Shaqiri et Xhaka ainsi que les retraits de Chipperfield et Huggel. Les deux derniers cités n’étaient certes plus des titulaires à part entière, mais leur aura dans le vestiaire suffisait à remettre de l’ordre dans les moments durs.

Bâle, qui n’avait plus traversé de tempêtes depuis des lustres, plus connu de tel trou depuis près d’une décennie, va désormais devoir prouver qu’il est bel et bien un grand club, en tout cas le plus grand de Suisse. Lui qui avait su à merveille gérer le départ de Thorsten Fink en octobre dernier se retrouve face à un autre défi. Rester au sommet alors que, dans son sillage, un certain Sion commence à avoir les yeux plus gros que le ventre. A tel point que l’hypothèse d’un premier album de «Tintin en C1» fait déjà vibrer tout le Valais.

 

11:25 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)

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