21/09/2012

Menaces tchèques sur le tennis suisse

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L’histoire ne nous le rappelle pas systématiquement, mais Tomas Berdych et Radek Stepanek, qui se déplaceront en Suisse pour le 1er tour de la Coupe Davis du 1er au 3 février prochain, sont des êtres à part entière dans l’univers du tennis actuel. Tous deux figurent en effet dans le club relativement fermé des joueurs qui ne font pas, mais alors pas du tout l’unanimité auprès de leurs pairs. Alors que le premier cité aime se mettre à dos le public et ses adversaires, le second a carrément été affublé - dixit Tim Henman himself! - de l’étiquette de joueur le plus détesté par ses pairs. Ce qui ne le rend pas peu fier.

         Autant dire que ce sont donc deux vrais personnages, deux forts en gueule, que Roger Federer - s’il décide de prendre part à l’épreuve - et Stanislas Wawrinka retrouveront sur leur chemin dans la course au Saladier d’argent. Pas un cadeau, on l’a déjà dit, tant les Tchèques forment une équipe redoutable, y compris en double. «Ce sera en tout cas une belle bagarre», a déjà prévenu Erik Keller, vice président de Swiss Tennis. Un beau combat, oui, qui pourrait se voir décuplé encore par le caractère éléctrique des deux visiteurs, qui joueront la finale de la Coupe Davis au mois de novembre contre l’Espagne.

         Berdych, qui demeure l’une des dernières bêtes noires du No 1 mondial, n’est en effet jamais aussi fort que dans l’adversité. D’autant plus qu’il se moque de l’image qu’il dégage. «Je m’en fous, car je ne sais pas d’où vient l’animosité à mon encontre», s’exclame-t-il. Ses provocations contre Nadal à Madrid, ses démêlés avec Fabrice Santoro au début de sa carrière, son refus de serrer la main d’Almagro lors du dernier Open d’Australie ou ses attitudes revanchardes de l’autre côté du filet suffisent pourtant à expliquer le désamour dont il est victime. «Mais je ne suis pas un bad-boy, rétorque-t-il. Il faut arrêter avec toutes ces histoires

         Alors que le récent demi-finaliste de l’US Open n’aime pas que la presse fasse une montagne de l’étiquette qui est la sienne, son camarade Stepanek, lui, se plaît à grossir le trait, à s’en amuser, même. «Depuis que je suis tout jeune, je passe mon temps à vouloir dérouter mon adversaire», soufflait-il en 2009 dans les colonnes de L’Equipe. «Radek est un vrai roublard, qui aime brouiller les pistes», confirme Jo-Wilfried Tsonga. Un provocateur aussi, qui s’était mis à irriter ses adversaires en faisant la «danse du lézard» à chacune de ses grandes victoires. «Quand tu as perdu contre lui et qu’il fait ça, tu as juste envie de le tuer, témoignait Richard Gasquet voici quelques mois. Stepanek essaie de faire le show avec des facéties mais il ne fait pas rêver

         Certes, avec sa «gueule» reconnaissable parmi des milliers, le No 2 tchèque, ancien compagnon de Martina Hingis, n’est pas du genre à enthousiasmer les foules. Son tennis très à plat n’est pas non plus fait pour créer des vocations, ceci bien qu’il soit résolument tourné vers l’offensive! Il n’empêche: cet ancien 8e mondial a amassé cinq titres en simple et quinze en double dans sa carrière. A 34 ans, il s’apprête qui plus est à participer à sa deuxième finale de Coupe Davis après celle de 2009. Sa carte de visite est donc loin d’être ridicule. Elle inspire même un certain respect.

         Il en va de même pour celle de Tomas Berdych, de sept ans son cadet. Même s’il n’a jamais remporté un très grand succès - en dépit peut-être de sa victoire à Bercy en 2005 -, le géant (196 cm) aux sept titres ATP est un membre régulier du Top-10 mondial. Il incarne peut-être même l’une des plus sérieuses menaces pour le «Big Four». Sa finale à Wimbledon en 2010 (défaite contre Nadal) et ses autres demi-finales de Grand Chelem (Roland-Garros 2010, US Open 2012) parlent pour lui. Grâce à sa prise très à plat (lui aussi), ce joueur multisurface possède une grande puissance qui lui a déjà permis de faire déjouer tous les cadors du circuit. Avec les années, l’intéressé se sent même pousser des ailes. «Je suis devenu un joueur différent, aime-t-il à répéter. Je suis plus expérimenté et je me sens de mieux en mieux.» Prêt à commettre un nouveau crime de lèse-majesté contre Roger Federer, cette fois-ci en terre suisse?

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