10/10/2012

Ziegler: à gauche toute!

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C’est une sorte d’anomalie du football suisse. Comment un joueur de 26 ans qui a bourlingué dans six championnats européens, quitté le pays pour s’installer à l’étranger à 18 ans à peine et débuté en équipe nationale avant même ses 20 ans peut-il ne compter qu’une trentaine de sélections aujourd’hui? La question est ouverte et elle tourne autour de la tête de Reto Ziegler, puisque c’est de lui dont on parle.

Le latéral blond à l’éternel bandeau dans les cheveux, sorte d’Alain Sutter très reculé des temps modernes, n’a jamais été, n’est pas et ne sera peut-être jamais un titulaire à part entière sous le maillot rouge à croix blanche. En sélection, sa réputation est celle d’un honnête joker, d’un bon remplaçant. Pas plus. C’est déjà ça, direz-vous. Mais ce n’est certainement pas assez pour lui, qui fut lancé puis ignoré par Köbi Kuhn.

Peut-être le Glandois est-il trop droit dans ses bottes, pas assez méchant pour faire son trou? Reste que de belles années semblent encore devant lui. Et, après tout, sa carrière a plutôt de belles formes au jour d’aujourd’hui. On ne joue pas à GC, Tottenham, Hambourg, à la Sampdoria ou encore à Fenerbahçe par hasard. «Je suis fier de ma carrière. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de joueurs qui peuvent dire, à la fin, qu’ils ont eu une carrière internationale comme la mienne», explique-t-il sur le site de Bloody Monday (www.bloodymonday.ch). «Internationale» signifie «en club», bien sûr. Non pas avec sa patrie.

Même s’il n’a pas eu sa chance à la Juventus, Ziegler dit savourer l’instant présent. «L’important pour moi est de jouer dans un club où l’entraîneur me veut.» Bonne nouvelle, c’était le cas de Slaven Bilic, le technicien croate qui l’a raperché aux dernières heures du mercato pour l’attirer à Moscou. Où le Valdo-genevois, fin septembre, a découvert le championnat russe. Avec plaisir.

Cette semaine, son train-train, ce n’est plus le Lokomotiv. Mais l’équipe de Suisse. Avec laquelle, demain soir, il devrait observer le match (capital) contre la Norvège depuis le banc. Eh oui, après Ludovic Magnin et Christoph Spycher, «Der Reto» a vu Ricardo Rodriguez lui chiper la place de titulaire sur le flanc gauche. «C’est la situation actuelle, mais tout peut aller très vite dans le foot», sourit le Moscovite d’adoption.

La preuve: six mois après avoir raté l’Euro, la Suisse pourrait se rapprocher dangereusement du Brésil dans les sept jours qui viennent.

16:28 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)

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