12/10/2012

La "MachinArmstrong"

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L’incroyable machination avait définitivement éclaté aux yeux du monde entier l’été dernier, sept ans après les premières révélations du journal L’Equipe. Mercredi soir, tout a explosé pour Lance Armstrong. Imposteur, triste sire et tricheur, le cycliste américain a mené tout le monde en bateau pendant plus de dix ans. L’enquête de l’USADA (agence américaine antidopage) est implacable. Le «champion» risque de passer par la case prison pour avoir menti à plus d’une reprise, notamment sous serment devant la justice de son pays.

 

Dopé jusqu’à l’os, l’homme aux sept Tours de France – espérons qu’on ne pourra plus utiliser cette expression dans un très proche avenir – avait mis en place un système hallucinant, digne des plus grands polars. Sa vie, son œuvre; tout a été articulé autour des autotransfusions, des «piquouses» d’EPO et de la grande illusion. Quiconque osait se mettre en travers de sa route se voyait aussitôt rembarré, enfoncé six pieds sous terre. L’esbroufe du mafioso d’Austin a été totale. Sauf pour Travis Tygart, le big boss de l’USADA.

 

Il ne fallait pourtant pas se leurrer. Comment un rescapé du cancer pouvait-il dompter les cols les plus exigeants et franchir toutes les limites du sport, quasiment du jour au lendemain? D’aucuns ont osé y croire. D’autres, conscients de l’ampleur du mensonge, ont préféré le protéger. C’est notamment le cas de l’UCI (Union cycliste internationale), qui promène aujourd’hui l’étiquette de pire fédération sportive de l’histoire. Son ancien patron, Hein Verbruggen, est une véritable plaie. Quant à Johan Bruyneel, l’ex-manager belge d’Armstrong, il n’est certainement pas au bout de ses peines.

 

Le sport cycliste ne peut pas affirmer s’être réveillé jeudi matin en étant k.-o., tant il savait depuis longtemps que la «MachinArmstrong» n’avait rien de formidable, mais c’est un coup supplémentaire sur sa tête. Qui, paradoxalement, sonne peut-être comme un tournant pour une petite reine qui cherche encore et toujours à redorer son blason.

 

Pour Armstrong en revanche, c’est certainement le coup de grâce. Bien qu’il soit dans le déni le plus total, le quadra texan se voit également rattrapé par la presse de son pays, qui n’hésite désormais plus à tirer à boulets rouges sur sa propre personne. A tel point que reviennent sur le tapis les rumeurs prétendant qu’il n’a jamais eu un cancer des testicules! Oser penser à cela une seule seconde semble terrible, mais, après tout, «Lance l’ancien héros», le manipulateur tyrannique, ne s’est-il pas moqué de millions de malades dix ans durant?

 

11:00 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)

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