23/10/2012

Armstrong: et maintenant?

armstrong.jpg

Cloué au pilori, Lance Armstrong. Définitivement banni. Très bien. L’UCI a décidé, hier, de balayer le «champion» - oui, oui, les guillemets s’imposent – américain du palmarès du Tour de France. Après avoir pourtant fermé les yeux dix ans durant sur ses pratiques abjectes. La poule aux œufs d’or, le héros rescapé d’un cancer des testicules, n’est plus désormais qu’un paria. A juste titre. Sauf que la décision intervenue ce lundi 22 novembre 2012 aurait dû être prise il y a des lustres. Elle n’a plus grande valeur aujourd’hui. Si ce n’est celle de rappeler que ce peloton était en grande partie aussi chargé que le shérif texan.

Tout juste la sanction prise à l’encontre de «L.A.» aura-t-elle peut-être le mérite d’éclaircir l’avenir. Pas un mal quand on sait qu’elle ne fait pour l’instant qu’assombrir le passé. Reste que, au jour d’aujourd’hui, face à ce monde sportif qui a en grande partie couvert, on se demande bien qui croire, que croire.

L’avenir, donc, doit se construire sur les braises ardentes de ce double verdict. Pour ne plus jamais entendre des «Ah, si on avait su…» qui sonnent à présent comme étant vraiment pathétiques.  Y aura-t-il un après-2012? La question est ouverte. A entendre les réactions de vierges effarouchées des uns et des autres, on aimerait le croire. Or, cela fait près de quinze ans que les discours sont les mêmes mais que, une fois qu’il faut passer aux actes, il n’y a plus personne…

 

15:58 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)

17/10/2012

Championne du monde, encore?

162154_AK128_8d7a51f5.jpg

Quel retour en arrière! Il fallait donc zapper, hier soir, sur les diverses chaînes d’info en continu du bouquet télévisuel français pour se croire revenu en 1998. Oui, après le 1-1 de la France en Espagne, celui qui serait à peine rentré d’un voyage de quatorze ans, aurait pu croire que les Bleus étaient redevenus champions du monde. Ou l’étaient toujours. Oui, il fallait les entendre, les pseudo-consultants de 23 heures, parler de cet «acte fondateur», de cette «nouvelle ère pour le football français», de ce «point de départ vers une finale au Brésil».

Oui, oui, c’est bel et bien ce qu’on a entendu et lu, çà et là…

Bref. La France a donc pris ce point bienvenu en Espagne. Bravo à elle. C’est intéressant dans sa reconstruction, effectivement. C’est prometteur, aussi. Mais de là à vivre de telles enflammades, il y a un pas que nous n’aurions pas osé franchir. Surtout quand on sait le récent passé de cette «EdF» qui, hier matin encore, avait une bonne partie de ses compatriotes à dos.

Le journal «L’Equipe» a trouvé ce nul «jouissif». Qu’aurait-il écrit s’il y avait eu une victoire au bout de la nuit madrilène? «C’est comme ça qu’on vous aime», lance pour sa part Le Parisien-Aujourd’hui en France. Les Bleus auraient donc déjà redoré leur blason? Il faut le croire. Moins de 24 heures ont donc suffi à ce que la lumière revienne, à ce que le coq chante à nouveau. Un centre parfait de Ribéry et un pas de retrait (à montrer dans toutes les écoles de foot) signé Giroud ont laissé ouverte la porte de Copacabana. Mais gare à ne pas voir l’horizon trop… bleu ciel.

Rappelons que, sur les braises de Knysna s’était déjà dessiné un semblant de renouveau. Avant que Kircha et l’Ukraine ne passent par là. Avec les insultes et le doigt de Nasri – un poil plus stupide encore que celui d’Hitzfeld – ou encore les caprices de Ben Arfa, Ménez et Mvila. A cette époque, il est vrai, personne n’aurait misé cent euros sur cette France-là. Trois mois plus tard, celle-ci a évité – avec des corones - la corrida que d’aucuns lui promettaient.

De là à affirmer qu'elle sera en finale à Rio dans 21 mois...

15:14 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)

12/10/2012

La "MachinArmstrong"

armstrong.jpg

 

L’incroyable machination avait définitivement éclaté aux yeux du monde entier l’été dernier, sept ans après les premières révélations du journal L’Equipe. Mercredi soir, tout a explosé pour Lance Armstrong. Imposteur, triste sire et tricheur, le cycliste américain a mené tout le monde en bateau pendant plus de dix ans. L’enquête de l’USADA (agence américaine antidopage) est implacable. Le «champion» risque de passer par la case prison pour avoir menti à plus d’une reprise, notamment sous serment devant la justice de son pays.

 

Dopé jusqu’à l’os, l’homme aux sept Tours de France – espérons qu’on ne pourra plus utiliser cette expression dans un très proche avenir – avait mis en place un système hallucinant, digne des plus grands polars. Sa vie, son œuvre; tout a été articulé autour des autotransfusions, des «piquouses» d’EPO et de la grande illusion. Quiconque osait se mettre en travers de sa route se voyait aussitôt rembarré, enfoncé six pieds sous terre. L’esbroufe du mafioso d’Austin a été totale. Sauf pour Travis Tygart, le big boss de l’USADA.

 

Il ne fallait pourtant pas se leurrer. Comment un rescapé du cancer pouvait-il dompter les cols les plus exigeants et franchir toutes les limites du sport, quasiment du jour au lendemain? D’aucuns ont osé y croire. D’autres, conscients de l’ampleur du mensonge, ont préféré le protéger. C’est notamment le cas de l’UCI (Union cycliste internationale), qui promène aujourd’hui l’étiquette de pire fédération sportive de l’histoire. Son ancien patron, Hein Verbruggen, est une véritable plaie. Quant à Johan Bruyneel, l’ex-manager belge d’Armstrong, il n’est certainement pas au bout de ses peines.

 

Le sport cycliste ne peut pas affirmer s’être réveillé jeudi matin en étant k.-o., tant il savait depuis longtemps que la «MachinArmstrong» n’avait rien de formidable, mais c’est un coup supplémentaire sur sa tête. Qui, paradoxalement, sonne peut-être comme un tournant pour une petite reine qui cherche encore et toujours à redorer son blason.

 

Pour Armstrong en revanche, c’est certainement le coup de grâce. Bien qu’il soit dans le déni le plus total, le quadra texan se voit également rattrapé par la presse de son pays, qui n’hésite désormais plus à tirer à boulets rouges sur sa propre personne. A tel point que reviennent sur le tapis les rumeurs prétendant qu’il n’a jamais eu un cancer des testicules! Oser penser à cela une seule seconde semble terrible, mais, après tout, «Lance l’ancien héros», le manipulateur tyrannique, ne s’est-il pas moqué de millions de malades dix ans durant?

 

11:00 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)

10/10/2012

Ziegler: à gauche toute!

ZIEGLERbon.JPG

C’est une sorte d’anomalie du football suisse. Comment un joueur de 26 ans qui a bourlingué dans six championnats européens, quitté le pays pour s’installer à l’étranger à 18 ans à peine et débuté en équipe nationale avant même ses 20 ans peut-il ne compter qu’une trentaine de sélections aujourd’hui? La question est ouverte et elle tourne autour de la tête de Reto Ziegler, puisque c’est de lui dont on parle.

Le latéral blond à l’éternel bandeau dans les cheveux, sorte d’Alain Sutter très reculé des temps modernes, n’a jamais été, n’est pas et ne sera peut-être jamais un titulaire à part entière sous le maillot rouge à croix blanche. En sélection, sa réputation est celle d’un honnête joker, d’un bon remplaçant. Pas plus. C’est déjà ça, direz-vous. Mais ce n’est certainement pas assez pour lui, qui fut lancé puis ignoré par Köbi Kuhn.

Peut-être le Glandois est-il trop droit dans ses bottes, pas assez méchant pour faire son trou? Reste que de belles années semblent encore devant lui. Et, après tout, sa carrière a plutôt de belles formes au jour d’aujourd’hui. On ne joue pas à GC, Tottenham, Hambourg, à la Sampdoria ou encore à Fenerbahçe par hasard. «Je suis fier de ma carrière. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de joueurs qui peuvent dire, à la fin, qu’ils ont eu une carrière internationale comme la mienne», explique-t-il sur le site de Bloody Monday (www.bloodymonday.ch). «Internationale» signifie «en club», bien sûr. Non pas avec sa patrie.

Même s’il n’a pas eu sa chance à la Juventus, Ziegler dit savourer l’instant présent. «L’important pour moi est de jouer dans un club où l’entraîneur me veut.» Bonne nouvelle, c’était le cas de Slaven Bilic, le technicien croate qui l’a raperché aux dernières heures du mercato pour l’attirer à Moscou. Où le Valdo-genevois, fin septembre, a découvert le championnat russe. Avec plaisir.

Cette semaine, son train-train, ce n’est plus le Lokomotiv. Mais l’équipe de Suisse. Avec laquelle, demain soir, il devrait observer le match (capital) contre la Norvège depuis le banc. Eh oui, après Ludovic Magnin et Christoph Spycher, «Der Reto» a vu Ricardo Rodriguez lui chiper la place de titulaire sur le flanc gauche. «C’est la situation actuelle, mais tout peut aller très vite dans le foot», sourit le Moscovite d’adoption.

La preuve: six mois après avoir raté l’Euro, la Suisse pourrait se rapprocher dangereusement du Brésil dans les sept jours qui viennent.

16:28 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)