21/11/2012

Challandes sans rebond?

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Ce matin, le site Internet Bloody Monday en parle aussi. Il est vrai que, hier, en apprenant que Bernard Challandes avait été limogé de son poste d’entraîneur du FC Thoune, l’idée nous a effleuré l’esprit. Et si le sympathique Neuchâtelois venait de se faire licencier pour la dernière fois? Et si son temps dans la peau d’un coach de haut niveau était révolu?

A 61 ans, le brillant «Nanard», passionné ô combien passionnant, amoureux du football et des gens comme peu de monde dans cet univers, pourrait ne plus retrouver les commandes d’un club de Super League à l’avenir. On utilise le conditionnel, forcément, car on ne veut pas vraiment y croire. Car l’homme en question ne mérite pas ça.

Contesté par une frange de la Suisse Romande, qui n’aime pas les têtes qui dépassent, mal-aimé par les arbitres, Challandes est pourtant un sacré bon type, qui a fait du bien un peu partout où il est passé.

Les M21, qu’il a emmenés en demi-finale de l’Euro 2002, Sion, avec lequel il tutoyait le FC Bâle, Neuchâtel Xamax, qu’il a sauvé d’une relégation que tout le monde lui promettait, Zurich, auquel il a offert un titre de plus, voire Thoune, qu’il a maintenu une saison supplémentaire dans l’élite, ne pourront pas dire le contraire.

Son tort, peut-être, c’est d’être (trop?) passionné, (trop?) brut de décoffrage dans un monde qui ne tolère plus le moindre écart. Sa tête bien faite, ses coups de gueule et son caractère – qui a dit qu’avoir du caractère était un défaut? – nous manquent déjà.

Pourvu qu’il puisse rebondir. Car la Super League sans Challandes, c’est un peu comme un Noël sans sapin (Dieu qu’elle est mauvaise, celle-là!)

 

15/11/2012

Bye-bye, Alexander Frei!

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On a pu lui reprocher ses caprices, ses attitudes de diva et, parfois même, ses ratés devant le but. Mais force est de reconnaître que, avec la retraite d’Alexander Frei, se tourne une page dorée de l’histoire du football suisse. A bientôt 34 ans, le renard des surfaces s’apprête à dire stop, car ses priorités – avec la naissance de sa fille notamment – ont changé et que son sens du but n’est plus si aiguisé qu’il y a encore quelques mois.

Voilà donc un grand joueur au passeport rouge à croix blanche qui va raccrocher. Un de plus. Frei, c’est davantage que le bonhomme qui, la saison passée, avait explosé tous les filets du pays et même brillé en Ligue des champions. Frei, c’est quinze ans de carrière, quinze belles années qui ont épousé la même trajectoire que celle empruntée par l’équipe nationale.

Durant la période 2001-2010, le maillot suisse et le menton en galoche du Bâlois étaient indissociables. Ensemble, ils ont traversé toutes les épreuves, de la naissance d’une sélection estampillée Köbi Kuhn à l’effondrement d’un groupe noyé dans l’enfer de Podgorica. En passant, évidemment, par deux Euros et autant de Coupes du monde, dont des matches références sur les pelouses allemandes.

Alexander Frei, c’est à la fois l’homme au sang-froid incroyable qui tira ce penalty mythique dans l’enfer d’Istanbul en octobre 2005 - il y a déjà sept ans! – et celui qui, en match d’ouverture du Championnat d’Europe 2008, vit ses ligaments le lâcher sur un brusque changement d’appui. Alexander Frei, c’est l’homme qui arracha les cris de joie du peuple suisse en marquant contre la Corée du Sud en juin 2006, propulsant ainsi les siens en huitièmes de finale du Mondial. Mais c’est aussi celui qui fit pleurer les foyers en quittant la pelouse de Saint-Jacques le genou en vrac au début d’un Euro 2008 qui aurait pu être celui de toutes les satisfactions.

La star qu’il a été – et qu’il est toujours – se reflète dans ce savant mélange d’adoration et de détestation, d’ivresse et de tristesse. Parfois humble, parfois insupportable, mais toujours dans les cœurs. Et au centre des discussions, forcément.

Comme lorsqu’il irrita son monde en jouant de son aura en sélection pour garder une place de titulaire alors que son rendement était devenu proche du zéro pointé dans la deuxième partir de l’ère Hitzfeld. Ou lorsqu’il fit des pieds et des mains pour faire le voyage en Afrique du Sud alors que sa blessure l’empêchait d’être au même niveau que ses partenaires. Voilà quelques-unes des taches qui souillent la carte de visite de l’ancien Servettien. Idem pour son fameux crachat dans la nuque de Steven Gerrard en juin 2004.

Mais «Alex», l’ami de la nation, c’est aussi et surtout des buts en série avec l’équipe nationale, une carrière fabuleuse entre Bâle, Thoune, Lucerne, Servette, Rennes et Dortmund. Avec notamment le titre honorifique de meilleur joueur de Bundesliga et de meilleur buteur de Ligue 1. Devant un certain Pauleta, excusez du peu! Frei, c’est le buteur caractériel qui avait ridiculisé Fabien Barthez alors portier de Marseille en championnat de France. Voilà tout ce que l’on retiendra de lui.

A travers ses réussites à la pelle, ses coups de gueule et ses bouderies, le «Serial Buteur» était devenu bien plus qu’une tronche de lard; un joueur reconnu et respecté. Qui, lucide, a admis cet après-midi avoir fait plus que ce que son talent aurait pu le laisser espérer. C’est vrai, cent pour cent vrai. Mais, s’il a pu aller au-delà de son potentiel, c’est sans aucun doute parce que, derrière le menton en galoche, se cachait une sacrée caboche.

Allez, tu es bientôt libre, Alex. Bonne route!

 

05/11/2012

Suisse: des choix à faire pour la Tunisie

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Sur le front du foot suisse, on parle beaucoup, en ce moment, des caprices de Constantin et du petit redressement du Servette FC. Ce serait presque oublier que, mercredi 14, l’équipe nationale dispute son dernier match de l’année, en Tunisie. Bien sûr, celui-ci compte pour beurre, sans mauvais jeu de mots, mais, dans l’esprit d’Ottmar Hitzfeld, il servira à préparer l’échéance du mois de mars à Chypre, dans le cadre des éliminatoires du Mondial 2014.

Surtout, avant d’embrayer sur une autre rencontre amicale en février en Grèce, l’Allemand, bien qu’il ne soit pas un fan absolu des bouleversements, pourrait profiter du séjour à Sousse pour procéder à quelques tests. Car, si le réservoir de la Nati n’est de loin pas inépuisable, quelques joueurs ne feraient pas forcément taches dans le cadre national. En tout cas au détour d’un match de préparation. Tour d’horizon.

DANS LES BUTS…

Diego Benaglio étant appelé à suivre la prochaine rencontre des éliminatoires de la Coupe du monde depuis son canapé en raison d’une suspension, Hitzfeld doit trouver le portier le plus solide possible pour remplacer l’Argovien, décisif à plus d’une reprise ces dernières semaines. La mission qui incombe à l’Allemand n’est pas des plus aisées. Après avoir longtemps considéré Marco Wölfli comme le No 2, le sélectionneur ne peut pas continuer à se voiler la face: le portier d’YB est le roi des boulettes. Il incarne l’inconstance dans sa plus simple expression, il ne mérite pas de garder la cage rouge à croix blanche dans cinq mois à Nicosie. Il y a encore quelques semaines, la titularisation de Yann Sommer se serait imposée d’elle-même. Or, depuis les barrages de Ligue des champions contre Cluj, le dernier rempart du FC Bâle fait montre d’une fébrilité qu’on ne lui connaissait pas. De fait, on peut se demander si Hitzfeld ne va pas être tenté d’appeler Roman Bürki, excellent avec Grasshopper cette saison, pour le tester en Tunisie. Dans une moindre mesure, Daniel Lopar, solide avec Saint-Gall mais auteur d’une faute de placement ce week-end, pourrait, lui aussi, entrer en ligne de compte.

EN DEFENSE…

Alors que Johan Djourou ne joue plus du tout avec Arsenal en championnat, que François Affolter est réserviste au Werder Brême et que Philippe Senderos n’est qu’une doublure à Fulham, l’axe défensif suisse suscite forcément des interrogations. Le temps de jeu, Hitzfeld l’avait affirmé à plusieurs reprises par le passé, étant censé être une garantie pour pouvoir prétendre à une sélection. Dans ce cas, Steve von Bergen n’a aucun souci à se faire. Hélas pour le sélectionneur, un joueur comme Timm Klose, régulièrement utilisé en club, n’est absolument pas une assurance tous risques sous le tricot national. C’est même tout le contraire. Dans ce cas, l’ancien mentor du Bayern Munich pourrait se laisser tenter par Mario Eggimann, qui réalise de belles choses à Hanovre et n’a jamais déçu avec la Suisse. A 32 ans, l’ex-joueur d’Aarau, présent au Mondial 2010, n’a pas tiré un trait sur sa carrière internationale. Jonathan Rossini, régulièrement aligné avec la Sampdoria, devrait encore avoir sa chance. Sur les flancs, Gaetano Berardi (Sampdoria lui aussi), voire Michel Morganella – en dépit de son fameux tweet du mois de juillet – ont le mérite d’avoir plusieurs parties de Serie A dans les jambes.

A MI-TERRAIN…

Il y a un homme que «Gottmar» doit convoquer de toute urgence, c’est Izet Hajrovic! Le joueur de Grasshopper, si brillant techniquement, en impose cette saison. Il a franchi le palier nécessaire à son éclosion. Et, même si le déplacement en Tunisie n’est qu’amical, il s’agit désormais de lui envoyer un signe positif pour ne pas qu’il choisisse de porter les couleurs de la Bosnie, le pays de ses parents. Âgé de 21 ans, le frère de Sead – qui joue à Arsenal et fut champion du monde des M17 en 2009 – mérite d’être sélectionné. Amir Abrashi et Veroljub Salatic, ses partenaires chez les «Sauterelles», auraient le profil pour être les énormes surprises de la sélection pour le voyage à Sousse. Dans un registre de demi défensif, il faut garder un œil sur Pirmin Schwegler (Eintracht Francfort), lequel a désormais tout pour supplanter Gelson Fernandes dans le cadre national. Et puis, si un Marco Mathys a été appelé il y a un mois, un type comme Raphaël Nuzzolo pourrait tout aussi bien découvrir le survêtement estampillé ASF. Davide Chiumiento, qui l’a porté en mars 2010, en rêve toujours. Steven Zuber, lui, le portera très vite. Si ce n’est pas en ce mois de novembre, ce sera assurément en 2013.

EN ATTAQUE…

L’attaque tique en équipe de Suisse et les solutions se font rares. Néanmoins, il ne faut pas oublier que Gonzalo Zarate, l’Argentin de Young Boys, aspire à prendre son passeport rouge à croix blanche. Il s’agirait d’une piste très intéressante.

11:35 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)