24/03/2013

Equipe de Suisse: quelle tristesse!

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Voilà une sortie pathétique, de celle que l’on craignait tout au long de la semaine, mais que l’on aurait aimé croire impossible. Chypre-Suisse 0-0, le score est connu de tous depuis près de 24 heures, mais la pilule peine à passer. Une production indigente, digne des plus grandes signées par le réalisateur Hitzfeld, scotche l’équipe nationale seulement deux points devant l’Albanie et l’Islande, sélections ô combien modestes, qui seront toutefois dangereuses tout au long de l’année.

         Il y avait eu le Luxembourg 2008, Israël 2009, Honduras 2010 et Pays de Galles 2011, voici donc le cinquième acte d’un mauvais coffret au nom du technicien allemand. Ce que ses hommes ont montré à Nicosie devrait être interdit quand on a le statut de footballeur professionnel. Des ratés en série, des mauvais choix, un manque d’implication et de mouvements. Bref, le manuel du non-football. Ils auraient voulu perdre qu’ils ne s’y seraient pas pris différemment. Encore heureux que, samedi 23 mars, il n’y avait que les Chypriotes en face, et non pas l’Italie. Quel carnage cela aurait été!

         Alors bien sûr, on pourra toujours répéter haut et fort que l’équipe nationale est en tête de son groupe et que la qualification pour le Brésil reste par conséquent tout à fait envisageable, mais cet argument ne suffit pas. D’ailleurs, encore heureux que l’aventure dans le pays de Pelé reste d’actualité. Dans une poule aussi aisée que celle dans laquelle elle est plongée, la Suisse devrait en effet faire cavalier seul.

         A contrario, elle se complique la vie en ne gagnant pas à Chypre. Son déplacement en Albanie sera des plus électriques. Pas sûr que cette équipe sans caractère, à l’image de son lymphatique capitaine Gökhan Inler, puisse supporter l’ambiance de Tirana.

         Face aux Chypriotes, l’orchestre helvétique, si serein durant l’automne, était totalement désaccordé. Sans Gavranovic, son meilleur atout offensif, il n’a jamais trouvé le cadre. Seferovic et Shaqiri (tous les deux par deux fois), Emeghara, Stocker et Derdiyok ont manqué le Cervin devant Georgallides. Plus encore que les occasions manquées, c’est la nonchalance de certains internationaux qui irrite. A l’image de Ricardo Rodriguez, qui n’a rien montré dans son couloir gauche. Ou, pis, de Granit Xhaka, entré en jeu à la mi-temps et dont la production a été en dessous du niveau zéro. Coupable de «je-m’en-foutisme», absolument pas concerné par la rencontre, l’ancien Bâlois mérite de se prendre une «secouée» par ses entraîneurs, dont Ottmar Hitzfeld, lequel doit cesser de le protéger. En le condamnant au banc à Mönchengladbach, Lucien Favre a tout compris. La sanction n’est pas contre le joueur, qui a du talent, mais contre l’homme, qui a pris un sacré «melon» depuis qu’il est parti en Bundesliga.

         A Chypre donc, la Suisse a été parfois malmenée par Christofi, un attaquant très intéressant, et a même été sauvée par son poteau. Si l’on ne s’en tient qu’à cela, son point est un bon point. Or, au décompte des occasions franches, les hommes de Pont auraient dû l’emporter. Dix fois, cent fois. «La victoire était notre objectif, nous avons échoué», a reconnu le (toujours) lucide Yann Sommer, auteur de deux parades décisives. Avant d’ajouter: «Ce sont deux points de perdus.»

         Pour les rattraper, la Nati devra écraser Chypre au match retour, le 8 juin à Genève, en espérant que la Norvège prenne des points à l’Albanie et que la Slovénie enquiquine l’Islande. «Nous espérons un stade plein», a déclaré Michel Pont en quittant Nicosie. Pas sûr toutefois que, avec une telle performance, les Suisses aient convaincu leurs compatriotes de rejoindre le bout du Lac...

07/03/2013

FC Sion: 8 hommes pour Constantin

Christian Constantin a déjà usé quatre entraîneurs cette saison. Mais peu importe, le président du FC Sion semble bien décidé à tout bouleverser encore dans les semaines qui viennent. A dire vrai, il ne pourra de toute manière pas continuer avec Gennaro Gattuso sur le banc. Et pour cause, l’Italien ne possède pas les diplômes requis. Il va donc y avoir à nouveau du changement du côté de Tourbillon. Pour le meilleur? C’est à souhaiter pour les Valaisans, car, durant l’exercice en cours, les choix du «Big Boss» ont surtout été pour le pire.

Avant un nouveau grand remue-ménage – et remue-méninges, pour le coup -, je vous propose un petit tour d’horizon des 8 hommes – par ordre alphabétique - qui pourraient (re)mettre le FC Sion en pleine lumière. A la manière de ce qu’Eurosport.fr a fait pour le Montpellier de Louis Nicollin…alves.jpg

JOAO ALVES

Où en est-il? Viré du Servette FC début septembre, le technicien portugais a pris du recul avec le terrain. Il s’est notamment fait opérer de la hanche voici deux semaines. Mais, entre son pays d’origine et la Suisse, l’homme qui avait permis aux Grenat de retrouver l’élite garde tout de même un œil avisé sur les choses du football.

Taux de crédibilité: 50%. Christian Constantin n’a jamais caché qu’il avait apprécié le travail effectué à Genève par le Lusitanien. Il n’y aurait par conséquent rien de surprenant à ce qu’il l’engage. Ce d’autant plus que l’architecte pourrait continuer à avoir la mainmise sur le vestiaire. Pas sûr cependant qu’Alves puisse gérer ses hommes comme il l’avait fait avec les (jeunes) Servettiens.

Impact: ENORME. Repêcher l’ex-entraîneur de l’ennemi genevois serait assurément un coup énorme de la part de «CC». Médiatiquement, le retour de Joao sur le devant de la scène permettrait de faire causer davantage de terrain que de palabres en coulisses pendant une bonne semaine. Pour le président, ce serait aussi la certitude d’avoir sous ses ordres un technicien qui ne lui cherchera pas des noises.

REGIS BROUARD

Où en est-il? Révélé comme entraîneur à Quevilly, club qu’il a emmené en finale de la Coupe de France la saison dernière, le quadra aux tempes grisonnantes est actuellement en poste à Clermont, où il retrouve le professionnalisme. Son expérience, mitigée au niveau des résultats, l’a endurci. D’ailleurs, s’il n’avait pas un président comme Claude Michy, qui pense d’abord aux relations humaines qu’au football – sport dont il reconnaît ne rien savoir -, Brouard aurait déjà pris la porte.

Taux de crédibilité: 5%. Comment Brouard, qui restera à Clermont si le club se maintient en Ligue 2, pourrait oser se frotter à «CC», l’homme qui vire ses coaches plus vite que son ombre et qui, surtout, maîtrise les questions de ballon rond?

Impact: MITIGE. Oui, l’engagement de l’entraîneur français serait une énorme surprise, mais son impact demeurerait limité. Cela ne vaudrait qu’un petit entrefilet dans la presse française, voire un papier d’une page dans France Football après trois mois en poste (s’il résiste). En Suisse, on pourrait «tartiner» sur l’exploit de Quevilly 2012, mais un Régis Brouard, aussi intéressant soit-il, n’a pas l’aura des autres techniciens dont nous parlons ici.

RAYMOND DOMENECH

 

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Où en est-il? Dégagé de l’équipe de France après le cataclysmique Mondial 2010, «Raymond-la-Science» en a profité pour faire du vélib à Paris et écrire un bouquin. Depuis cinq mois maintenant, il envisage sérieusement de renouer avec sa carrière d’entraîneur. Des rumeurs l’envoient déjà du côté de Guingamp, de Montpellier, voire encore de Rennes

Taux de crédibilité: 10%. Constantin serait capable d’aller repêcher le si détesté ex-sélectionneur français. En revanche, il paraît moins certain que Domenech soit désireux de s’installer en Valais. Lui qui n’aime pas la Suisse (la Nati lui a tant pourri l’existence lorsqu’il était le patron des Bleus!) penche plutôt pour un engagement dans une sélection (africaine?) ou un club de son pays.

Impact: MONSTRUEUX. Eh bien oui, qu’il soit haï ou protégé, Raymond Domenech continuera toujours de faire parler de lui. Une arrivée en Valais convoquerait la presse francophone en grand nombre du côté de la Porte d’Octodure. Les supporters seraient alors divisés en deux camps bien nets, un peu comme l’est l’Hexagone à propos du compagnon d’Estelle Denis. L’impact d’une arrivée du Français serait juste monstrueux. De toute manière, qu’il soit valaisan ou autre, le prochain employeur de l’intéressé sera hanté par les caméras et les stylos durant les trois semaines qui suivront la nomination.

JOCELYN GOURVENNEC

Où en est-il? Ancien joueur de Nantes, Montpellier et Marseille notamment, le jeune entraîneur (41 ans cette année) fait du chemin comme technicien. A la tête de Guingamp, il rêve de faire remonter le club en Ligue 1. Mais un échec dans la course à la promotion pourrait le pousser à aller voir ailleurs.

Taux de crédibilité: 5%. L’histoire de Gourvennec – qui fut un temps annoncé en Suisse durant sa carrière de joueur – se rapproche de celle de Régis Brouard. On voit mal l’entraîneur français, actuellement en plein apprentissage, prendre le risque de venir dans notre pays et de disparaître de la scène médiatique en cas d’échec.

Impact: MINIME. Comme Brouard là aussi, une arrivée du Breton ne ferait pas trop de bruit hors des frontières. A moins d’un exploit rapide…

CHRISTIAN GROSS

Où en est-il? Son ultime contrat a viré à l’échec total. Arrivé aux Young Boys en juin 2011, le technicien zurichois en a été viré moins d’une année plus tard. Malgré de gros moyens, il n’avait pas su répondre aux attentes du public et des dirigeants bernois. Avec Gross à leur tête, les «jeunes garçons» ont signé l’un de leurs pires exercices de ces dernières années.

Taux de crédibilité: 25%. On sait que Constantin apprécie le sosie de Kojak, qui a pour lui quelques échecs mais également de très belles réussites avec Grasshopper et surtout à la tête du FC Bâle. Déjà cité un temps dans les couloirs de Tourbillon, «CG» ne serait sûrement pas contre l’idée de faire «ami-ami» avec «CC». Le président est conscient qu’un entraîneur connaisseur de la Super League ne ferait pas de mal à ses ouailles.

Impact: TRES BON. En dépit de ses ratés à Tottenham, Stuttgart et aux Young Boys, Christian Gross reste un «nom» dans le foot suisse. Son association avec Constantin attirerait forcément tous les regards. Ce d’autant plus qu’un nouvel échec signifierait sans doute pour lui la fin de sa carrière de coach. Tout le contraire de celle de président de l’architecte valaisan.

MARCELLO LIPPI

 

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Où en est-il? Champion du monde avec l’Italie en 2006, calamiteux au Mondial 2010 avec cette même équipe, l’entraîneur transalpin a rebondi en Chine, au Guangzhou Evergrande. Il a d’ailleurs annoncé qu’il n’entraînerait plus jamais dans son pays. A bientôt 65 ans, il en a profité pour s’asseoir sur un contrat en or en Asie. Malgré tout, l’Europe doit lui manquer. Et, même si le salaire valaisan ne sera pas celui qu’il perçoit aujourd’hui, il pourrait être tenté par un challenge à Sion. Où il retrouverait d’ailleurs Gennaro Gattuso, l’un de ses piliers de 2006.

Taux de crédibilité: 10%. Constantin adore et admire Lippi. Ce dernier connaît aussi le patron sédunois. Reste que les questions de salaire semblent constituer de vraies pierres d’achoppement.

Impact: MONSTRUEUX. Lippi, l’un des plus grands techniciens des deux dernières décennies à Sion? Imaginez un seul instant la cohue que cela provoquerait! Il n’y a pas que les organes de presse italiens et suisses qui se rueraient en Valais, mais bien l’Europe entière. Médiatiquement, le coup serait juste monstrueux. Après, c’est sportivement que l’on peut se poser la question. Même s’il a été très fort, le Transalpin a-t-il encore la flamme pour se renouveler?

DIEGO ARMANDO MARADONA

 

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Où en est-il? Viré d’Al-Wasl l’an dernier, l’ancien mythique numéro 10 argentin cherche un club. Il rêve de Barcelone mais cela n’est qu’une illusion et il le sait. Voilà pourquoi il se dit ouvert à d’autres propositions. Montpellier, par la voix de son truculent président Louis Nicollin, lui a fait des appels du pied. Mais à part l’emballement médiatique il n’y a pour l’heure pas grand-chose de plus à se mettre sous la dent.

Taux de crédibilité: 10%. En entendant Nicollin, Christian Constantin a été titillé. Sans doute va-t-il, rien que pour la gloriole, tenter d’approcher l’Argentin.

Impact: MONSTRUEUX. A-t-on besoin d’expliquer pourquoi son arrivée sur le banc valaisan susciterait un déferlement du côté de Tourbillon? Non. En revanche, sportivement, il n’y aurait absolument aucune garantie. Rappelons que Maradona, plus grand joueur de tous les temps, n’a encore rien prouvé en tant qu’entraîneur. Comme quoi, un immense footballeur ne fait pas forcément un immense technicien. L’inverse est aussi vrai, d’ailleurs.

DIDIER THOLOT

Où en est-il? L’ancien joueur de Bordeaux, Sion, YB et Bâle, est toujours aux commandes de Châteauroux, mais le club berrichon ne connaît pas une folle réussite. Son contrat a été renouvelé il y a peu. Mais, petite question, que valent les contrats aujourd’hui dans le football?

Taux de crédibilité: 5%. Oui, cinq pour cent seulement parce que Tholot est en place en France et que la vitrine médiatique y est forcément plus importante qu’en Suisse. Aussi parce que l’intéressé est déjà passé deux fois sur le banc de Tourbillon et qu’il n’est peut-être pas très «chaud» pour retrouver Constantin. A contrario, on pourrait aussi rappeler que le diton «jamais deux sans trois» n’existe pas pour rien et que, lors de son dernier passage par le Valais, Didier Tholot avait ramené une Coupe de Suisse à son patron. «CC» le voit-il comme un talisman?

Impact: TRES MOYEN. L’ancien coéquipier de Dugarray, Lizarazu et Zidane n’est pas une «gueule» médiatique ni un grand bavard. Son rayonnement est moindre, en France comme en Suisse. Autant dire qu’un éventuel retour en Suisse ne serait que peu attrayant pour les fans et les journaleux.