28/08/2013

Le (mauvais) feuilleton Thauvin

101842_603_9b70c5f7.jpg

Impossible d’être passé à côté de l’épisode estival du foot français, qui se résume en quatorze lettres, ou presque: Florian Thauvin. Personnage central d’une histoire qui est plus pathétique que drôle, le milieu offensif de tout juste 20 ans est en train, en entrant en guerre contre les dirigeants de Lille, de se tirer une balle dans le pied, de peindre en noir une carrière qui, sur le rectangle vert, est pourtant des plus prometteuses. «Quand ta vie sportive commence ainsi, par un bras de fer avec ton club, c’est que quelque chose ne va pas», souligne à juste titre Christophe Dugarry.

Un petit rappel du parcours de Thauvin est peut-être nécessaire avant de se concentrer sur l’actualité de l’intéressé. Formé à Grenoble, puis transféré à Bastia en 2010, le natif d’Orléans a vécu une montée en Ligue 1 avec les Bleu et Blanc puis a explosé aux yeux du grand public lors des six premiers mois de la saison dernière. En janvier, il signait un contrat de quatre ans avec Lille, affirmant au passage que c’était «un grand club et le meilleur choix possible pour moi».

Dans le but qu’il s’aguerrisse encore, le LOSC le prêta aux Corses jusqu’au terme de l’exercice. Il y fit de nouveaux ravages, inscrivant trois doublés de rang et remportant, au terme de la saison, le prix UNFP du plus grand espoir du championnat devant - excusez du peu - l’international italien Marco Verratti. En juillet, Thauvin devint carrément champion du monde des M20 ans avec les «Bleuets».

Tout cela lui est-il monté à la tête? Poser la question est y répondre. Car, depuis le début de l’été, le gamin refuse d’honorer le bail qu’il a signé avec les «Dogues» cinq mois auparavant. Les appels du pied de l’Olympique Marseille – et peut-être aussi l’influence de son entourage - l’ont détourné de Lille. Jamais apparu sous le tricot nordiste, il s’est permis, dès son retour de la Coupe du monde, de faire la grève des entraînements. Tel un enfant têtu, Thauvin s’est de lui-même mis au coin. «Non, je ne jouerai pas pour vous», a-t-il lancé aux visages des pontes lillois. Et na!

Depuis plusieurs jours, il s’est de lui-même mis à (re)faire la cour aux Phocéens, prétextant rêver de disputer la Ligue des champions, affirmant qu’il s’agissait de son club de cœur. On le dit mal conseillé, mal entouré, mais peut-être est-il tout simplement le dernier des ingrats. S’il a hérité de son père, on penche pour la dernière solution, à la lecture des déclarations de Charles Thauvin dans 20Minutes France: «Lille n’a aucun respect pour mon fils», a osé prétendre ce dernier, alors que le rejeton était tout de suite allé demander une revalorisation de son salaire avant même de s’être entraîné une seule fois avec les champions de France 2011!

Egoïste, ingrat, peut-être stupide aussi, le champion du monde espoirs se couvre de ridicule, reçoit les pires critiques sur Internet et dans le milieu lui-même. «S’il veut mettre sa carrière en l’air, c’est bien parti», s'est insurgé Frédéric Paquet, directeur général du LOSC. Thauvin, lui, a été sanctionné par ceux qui sont encore ses dirigeants. Il touche toutefois davantage que le SMIC. Et devrait finir par rejoindre la Canebière malgré tout!

Reste que, dans une France en crise, son attitude choque. Dans un football français sur la mauvaise pente au niveau du comportement, son attitude tombe très mal. On préfère même ne pas se demander ce que le petit Florian aurait fait il y a trois ans dans le bus de Knysna. Une chose est sûre: alors que les footeux se plaignent d’être souvent pris pour des «bas de casquette», Thauvin, qui semble s’être aussi décrédibilisé dans toute l’Europe, n’aide pas vraiment leur cause. Signer à l’OM vaut-il vraiment un tel caprice?

 

Les commentaires sont fermés.