17/11/2013

La France au rebond?

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La France a mal à son football. Depuis vendredi soir et la défaite des Bleus en Ukraine (2-0) en match aller des barrages de la Coupe du monde 2014, les critiques et les discours entendus çà et là depuis 2008 reviennent constamment. Il faudrait donc un quatrième échec pour que nos voisins prennent conscience que, niveau ballon rond, ils ne vivent que sur des chimères...!?

Il est peut-être bon de rappeler que les exploits de 1998 et 2000 appartiennent au passé. Mais ça, d’aucuns ne l’ont peut-être pas encore assimilé. Comme le faisait justement remarquer le journaliste Dominique Grimault hier, «le problème, c’est que depuis 15 ans, on croit qu’on est champions du monde».

Champions du monde de rien, désormais...

Les maux Bleus sont forts et ne datent pas d’hier. Mais, plus encore que le revers connu à Kiev, c’est l’attitude de ces multimillionnaires en shorts qui commence à lasser les Français. Eux en ont marre des petites racailles au vocabulaire de 30 mots et aux casques sur les oreilles. Cette génération ne fait plus rêver grand monde. En tout cas pour le moment.

Pour le moment, écrivais-je, car après avoir lu et entendu toutes les critiques (justifiées bien sûr) qui se sont abattues sur Evra et Cie ces dernières 36 heures, on ne peut s’empêcher de penser que les analystes de tout bord sont peut-être allés un peu vite en besogne. Qui sait en effet ce qui se produira si la France ouvre la marque dans le premier quart d’heure mardi soir? On pourrait jurer que ce serait au tour de l’Ukraine de "se faire dessus"…

Car, à n’en pas douter, même s’il ne semble pas être le plus grand gestionnaire psychologique de l’histoire, Didier Deschamps va tenter le tout pour le tour mardi soir à Saint-Denis. Après tout, même s'il a sous ses ordres des joueurs en pleine crise d’ego, un 2-0 n’est pas insurmontable. Loin de là. Et, parlant d’ego, c’est justement dans un peu plus de 48 heures que les internationaux français devront montrer que le leur ne leur sert pas qu’à insulter des journalistes et tous leurs compatriotes…

11/11/2013

Federer-Wawrinka: saison 2014 et Coupe Davis...

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Ils ont été parmi les grands bonshommes de la semaine écoulée. Roger Federer et, plus encore, Stanislas Wawrinka ont produit du très grand tennis pour se hisser en demi-finales du Masters de Londres. Un classique - ou presque - pour le Bâlois, mais un formidable exploit pour le Vaudois, qui, rappelons-le, prenait part à cet événement géant pour la première fois de sa carrière. «J’étais comme ma fille dans un magasin de jouets», s’est-il plu à répéter à de nombreuses reprises pour illustrer à quel point il s’émerveillait de pouvoir savourer une telle opportunité. Si les deux Helvètes ont fini par tomber à quelques encablures de la finale, leur parcours tient toutefois de l’exceptionnel. Même s’il est un habitué du rendez-vous, «RF» n’était en effet en rien garanti d’y participer après une saison pourrie, qui l’a vu se poser des milliers de questions. Wawrinka, quant à lui, n’était «que» 17e ATP en début d’année. Quelle évolution!

Avec son beau chemin, le duo suisse, champion olympique de double en 2008 à Pékin, réveille la fibre patriotique, les rêves de Saladier d’argent. Roger Federer, qui s’est si souvent défilé au moment de venir défendre les couleurs nationales en Coupe Davis, acceptera-t-il enfin de donner un peu de son temps et de son énergie pour tenter de hisser le drapeau rouge à croix blanche au sommet l’an prochain? Poser cette question suffit à se remémorer la phrase de son si épatant cadet, prononcée au mois de septembre durant les barrages contre l’Equateur. «Mon rêve serait que Roger m’envoie un SMS en me disant «Gagne cette rencontre et on joue la Davis ensemble l’an prochain»», soufflait le récent demi-finaliste de l’US Open.

Qu’en sera-t-il fin janvier lorsqu’il s’agira d’aller batailler en… Serbie, sur les terres mêmes de Novak Djokovic (toutefois annoncé forfait)? Là encore, l’interrogation est posée et seul l’ancien No 1 mondial en détient la réponse. Mais la Suisse a le droit de rêver d’une nouvelle association entre des joueurs qui ont peut-être retrouvé une partie de leur amitié au fil d’une année qui a vu Stan renverser des montagnes et Roger traverser les premières véritables tempêtes de sa carrière.

Reste toutefois à savoir comment les deux hommes vont gérer leur calendrier 2014. Sachant que, au vu du tennis qu’ils produisent désormais, ils peuvent rêver de s’illustrer partout, même dans les plus grands tournois. Durant l’été, cette perspective, nouvelle pour Wawrinka, s’était considérablement éloignée pour Federer, qui cherchait son tennis, testait une nouvelle raquette et souffrait comme jamais dans son corps, en raison de problèmes de dos récurrents, quittant notamment Gstaad en larmes. Heureusement, la fin d’exercice a redonné confiance au Bâlois, lui a certainement ouvert un nouvel horizon. «C’est vrai, j’ai connu beaucoup de problèmes en 2013, reconnaissait-il à Londres. J’espère maintenant que 2014 sera plus fructueuse. J’aimerais remporter environ cinq titres...»

Renaissant à l’ambition, l’homme aux 17 titres du Grand Chelem fixe la barre très haut. Son compatriote ne s’épanche pas pareillement. Sans doute car il raisonne comme il l’a toujours fait dans sa carrière, en aspirant à franchir les paliers les uns après les autres, sans brûler les étapes. A bientôt 29 ans, Stanislas Wawrinka se sait néanmoins dans la force de l’âge, mû par une confiance qui semble inébranlable, renforcé qu’il est également par l’apport de son coach Magnus Norman, avec lequel il a choisi de prolonger sa (belle) collaboration. Oui, il peut gagner de gros tournois.

Même sans sacre au bout de la semaine, le Masters de Londres 2013 a été une formidable cuvée pour le tennis suisse. Puisse-t-il appeler un exercice prochain du même acabit. Avec deux joueurs de cette trempe, on peut en rêver!