05/09/2015

Et maintenant, Belinda Bencic?

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Allez, soyons francs: on n’a jamais imaginé, ne serait-ce qu’une seule seconde, que Belinda Bencic se hisserait jusque dans le dernier carré de l’US Open. Sa victoire à Toronto avait bien sûr marqué les esprits, mais elle ne suffisait pas à faire de la Saint-Galloise une vraie candidate pour une place en demi-finales. N’y voyez là rien d’insultant, simplement le constat que trop de paramètres entraient en jeu à l’amorce de cette quinzaine new-yorkaise pour imaginer «BB» mettre réellement sa raquette dans la cour des grands. Il n’empêche: sa sortie au 3e tour contre Venus Williams laisse comme un goût d’inachevé, le sentiment que la No 1 helvétique aurait pu - et dû - passer cet obstacle pour s’offrir la possibilité de vivre une affiche de rêve quarante-huit heures plus tard contre la cadette de la famille.

Hélas, si Serena Williams est bien là, il manquera la prodige de Flawil au rendez-vous. Partie remise? Sans doute. Il faudra toutefois pour cela évacuer les poussières de frustration engendrées par cette sortie en 16es de finale d’une épreuve dont elle fut quart de finaliste douze mois plus tôt. Même si elle a tenu à souligner les mérites de Venus et à mettre en lumière le tennis agressif que l’ex-reine de la WTA a livré, la Suissesse a quitté Flushing Meadows sur une note contraire à ce qu’elle espérait. Son succès canadien l’avait gonflée à bloc. Or, aux Etats-Unis, son tennis n’a pas été aussi tranchant qu’il ne le fut deux semaines auparavant. Question de surface peut-être. D’enjeux, aussi, comme en témoigne son attitude émotive du 2e tour contre Misaki Doi.

Il n’en demeure toutefois pas moins que Belinda Bencic n’a pas tout perdu à l’US Open. Peut-être même a-t-elle, au cours de cet été fleuri, engrangé énormément de choses. De la confiance, bien sûr, celle que l’on amasse en enlevant un Masters 1000. Une immense cote de popularité, aussi, si l’on se fie aux demandes d’interview qui se sont empilées sur les bureaux de la WTA. Et de l’argent, forcément, mais là n’est certainement pas le plus important pour une joueuse qui, au fond d’elle-même, aspire davantage à s’installer un jour tout au sommet de la hiérarchie. Musique d’avenir, cependant.

Le présent, lui, vient rappeler que la fin de saison pourrait s’annoncer épique pour Miss Bencic. A 18 ans, elle qui peut se targuer d’être assise au 12e rang mondial est carrément en mesure de viser une participation au Masters de Singapour (25 octobre)! Si elle reconnaît effectivement que «tout est possible», elle n’entend toutefois pas faire de ce rendez-vous une obsession. La Saint-Galloise prendra ce qui viendra, mais elle a assurément un beau coup à jouer sur la lancée de ce qu’elle produit depuis le mois de mai. D’une part car elle n’a que peu de points à défendre durant la période qui arrive et, d’autre part, car son tennis est désormais placé à des hauteurs lui permettant d’envisager d’autres moments forts.

Censée se présenter à Tokyo, Wuhan et Pékin ces prochaines semaines, la jeune femme aux désormais deux titres WTA tient à profiter de cette tournée asiatique pour s’installer durablement parmi les quinze meilleures joueuses de la planète. Voire mieux, en pénétrant dans le Top 10? Poser la question est y répondre. Car si on ne la voyait pas cette année en demies de l’US Open, on l’imagine en revanche volontiers abaisser une barrière supplémentaire dans sa progression d’ici Noël.

 

12:46 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)