17/10/2012

Championne du monde, encore?

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Quel retour en arrière! Il fallait donc zapper, hier soir, sur les diverses chaînes d’info en continu du bouquet télévisuel français pour se croire revenu en 1998. Oui, après le 1-1 de la France en Espagne, celui qui serait à peine rentré d’un voyage de quatorze ans, aurait pu croire que les Bleus étaient redevenus champions du monde. Ou l’étaient toujours. Oui, il fallait les entendre, les pseudo-consultants de 23 heures, parler de cet «acte fondateur», de cette «nouvelle ère pour le football français», de ce «point de départ vers une finale au Brésil».

Oui, oui, c’est bel et bien ce qu’on a entendu et lu, çà et là…

Bref. La France a donc pris ce point bienvenu en Espagne. Bravo à elle. C’est intéressant dans sa reconstruction, effectivement. C’est prometteur, aussi. Mais de là à vivre de telles enflammades, il y a un pas que nous n’aurions pas osé franchir. Surtout quand on sait le récent passé de cette «EdF» qui, hier matin encore, avait une bonne partie de ses compatriotes à dos.

Le journal «L’Equipe» a trouvé ce nul «jouissif». Qu’aurait-il écrit s’il y avait eu une victoire au bout de la nuit madrilène? «C’est comme ça qu’on vous aime», lance pour sa part Le Parisien-Aujourd’hui en France. Les Bleus auraient donc déjà redoré leur blason? Il faut le croire. Moins de 24 heures ont donc suffi à ce que la lumière revienne, à ce que le coq chante à nouveau. Un centre parfait de Ribéry et un pas de retrait (à montrer dans toutes les écoles de foot) signé Giroud ont laissé ouverte la porte de Copacabana. Mais gare à ne pas voir l’horizon trop… bleu ciel.

Rappelons que, sur les braises de Knysna s’était déjà dessiné un semblant de renouveau. Avant que Kircha et l’Ukraine ne passent par là. Avec les insultes et le doigt de Nasri – un poil plus stupide encore que celui d’Hitzfeld – ou encore les caprices de Ben Arfa, Ménez et Mvila. A cette époque, il est vrai, personne n’aurait misé cent euros sur cette France-là. Trois mois plus tard, celle-ci a évité – avec des corones - la corrida que d’aucuns lui promettaient.

De là à affirmer qu'elle sera en finale à Rio dans 21 mois...

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12/10/2012

La "MachinArmstrong"

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L’incroyable machination avait définitivement éclaté aux yeux du monde entier l’été dernier, sept ans après les premières révélations du journal L’Equipe. Mercredi soir, tout a explosé pour Lance Armstrong. Imposteur, triste sire et tricheur, le cycliste américain a mené tout le monde en bateau pendant plus de dix ans. L’enquête de l’USADA (agence américaine antidopage) est implacable. Le «champion» risque de passer par la case prison pour avoir menti à plus d’une reprise, notamment sous serment devant la justice de son pays.

 

Dopé jusqu’à l’os, l’homme aux sept Tours de France – espérons qu’on ne pourra plus utiliser cette expression dans un très proche avenir – avait mis en place un système hallucinant, digne des plus grands polars. Sa vie, son œuvre; tout a été articulé autour des autotransfusions, des «piquouses» d’EPO et de la grande illusion. Quiconque osait se mettre en travers de sa route se voyait aussitôt rembarré, enfoncé six pieds sous terre. L’esbroufe du mafioso d’Austin a été totale. Sauf pour Travis Tygart, le big boss de l’USADA.

 

Il ne fallait pourtant pas se leurrer. Comment un rescapé du cancer pouvait-il dompter les cols les plus exigeants et franchir toutes les limites du sport, quasiment du jour au lendemain? D’aucuns ont osé y croire. D’autres, conscients de l’ampleur du mensonge, ont préféré le protéger. C’est notamment le cas de l’UCI (Union cycliste internationale), qui promène aujourd’hui l’étiquette de pire fédération sportive de l’histoire. Son ancien patron, Hein Verbruggen, est une véritable plaie. Quant à Johan Bruyneel, l’ex-manager belge d’Armstrong, il n’est certainement pas au bout de ses peines.

 

Le sport cycliste ne peut pas affirmer s’être réveillé jeudi matin en étant k.-o., tant il savait depuis longtemps que la «MachinArmstrong» n’avait rien de formidable, mais c’est un coup supplémentaire sur sa tête. Qui, paradoxalement, sonne peut-être comme un tournant pour une petite reine qui cherche encore et toujours à redorer son blason.

 

Pour Armstrong en revanche, c’est certainement le coup de grâce. Bien qu’il soit dans le déni le plus total, le quadra texan se voit également rattrapé par la presse de son pays, qui n’hésite désormais plus à tirer à boulets rouges sur sa propre personne. A tel point que reviennent sur le tapis les rumeurs prétendant qu’il n’a jamais eu un cancer des testicules! Oser penser à cela une seule seconde semble terrible, mais, après tout, «Lance l’ancien héros», le manipulateur tyrannique, ne s’est-il pas moqué de millions de malades dix ans durant?

 

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10/10/2012

Ziegler: à gauche toute!

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C’est une sorte d’anomalie du football suisse. Comment un joueur de 26 ans qui a bourlingué dans six championnats européens, quitté le pays pour s’installer à l’étranger à 18 ans à peine et débuté en équipe nationale avant même ses 20 ans peut-il ne compter qu’une trentaine de sélections aujourd’hui? La question est ouverte et elle tourne autour de la tête de Reto Ziegler, puisque c’est de lui dont on parle.

Le latéral blond à l’éternel bandeau dans les cheveux, sorte d’Alain Sutter très reculé des temps modernes, n’a jamais été, n’est pas et ne sera peut-être jamais un titulaire à part entière sous le maillot rouge à croix blanche. En sélection, sa réputation est celle d’un honnête joker, d’un bon remplaçant. Pas plus. C’est déjà ça, direz-vous. Mais ce n’est certainement pas assez pour lui, qui fut lancé puis ignoré par Köbi Kuhn.

Peut-être le Glandois est-il trop droit dans ses bottes, pas assez méchant pour faire son trou? Reste que de belles années semblent encore devant lui. Et, après tout, sa carrière a plutôt de belles formes au jour d’aujourd’hui. On ne joue pas à GC, Tottenham, Hambourg, à la Sampdoria ou encore à Fenerbahçe par hasard. «Je suis fier de ma carrière. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de joueurs qui peuvent dire, à la fin, qu’ils ont eu une carrière internationale comme la mienne», explique-t-il sur le site de Bloody Monday (www.bloodymonday.ch). «Internationale» signifie «en club», bien sûr. Non pas avec sa patrie.

Même s’il n’a pas eu sa chance à la Juventus, Ziegler dit savourer l’instant présent. «L’important pour moi est de jouer dans un club où l’entraîneur me veut.» Bonne nouvelle, c’était le cas de Slaven Bilic, le technicien croate qui l’a raperché aux dernières heures du mercato pour l’attirer à Moscou. Où le Valdo-genevois, fin septembre, a découvert le championnat russe. Avec plaisir.

Cette semaine, son train-train, ce n’est plus le Lokomotiv. Mais l’équipe de Suisse. Avec laquelle, demain soir, il devrait observer le match (capital) contre la Norvège depuis le banc. Eh oui, après Ludovic Magnin et Christoph Spycher, «Der Reto» a vu Ricardo Rodriguez lui chiper la place de titulaire sur le flanc gauche. «C’est la situation actuelle, mais tout peut aller très vite dans le foot», sourit le Moscovite d’adoption.

La preuve: six mois après avoir raté l’Euro, la Suisse pourrait se rapprocher dangereusement du Brésil dans les sept jours qui viennent.

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03/09/2012

Servette: et maintenant, on fait quoi?

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Tiens, et si on virait Joao Alves? Complexe, la question ne cesse toutefois de revenir sur le tapis depuis deux bonnes semaines. Il est vrai que, face aux résultats actuels d’un Servette FC plus moribond que jamais, il est tentant de remettre en question son entraîneur. D’une part car un changement de coach pourrait créer ce fameux «choc psychologique» et, d’autre part, car les choix du Portugais, tant avant les matches que pendant, soulèvent bien des interrogations.

Avec un bilan de seulement deux points décrochés en huit matches disputés, l’actualité grenat fait effectivement peine à voir. Inutile de préciser que, s’ils continuent sur ce rythme, les Genevois filent tout droit vers la relégation. Dans un tel contexte, il eût été bon de les imaginer se rebeller, voire s’engueuler une bonne fois pour toutes. Il n’en est pourtant rien. Même la claque prise dimanche à Thoune (3-0) n’a semble-t-il pas allumé plus que cela le vestiaire. Ont-ils déjà rendu les armes?

Non, trois fois non. Seulement, ce début d’exercice souligne les difficultés d’un club qui, en dépit des errements de la fin de l’ère Majid Pisyhar, avait eu la chance de surfer sur la vague de la promotion la saison dernière. Servette, rappelons-le, avait également eu le bonheur de pouvoir compter sur la faillite de Neuchâtel Xamax et les 36 points retirés au FC Sion pour s’offrir le luxe de boucler son pensum en lorgnant l’Europe.

Aujourd’hui, l’idée de disputer une compétition continentale appartient au passé. Alors que nous en sommes quasiment au quart du championnat, le maintien dans l’élite apparaîtrait déjà comme un petit miracle. Alves peut-il revoir sa copie et se muer en sauveur, une nouvelle fois? Ou en sommes-nous venus au point de non-retour, à la fin d’une idylle qui est censée souffler ses trois bougies dans un petit mois?

Là encore, la question est ouverte. A l’heure de la pause dévolue aux équipes nationales, ce bon Joao se demande à quel Soos il va être mangé. Avec l’accord de Hugh Quennec, qui n’est pas du genre à s’immiscer dans les questions de terrain, le directeur sportif va-t-il donner une nouvelle chance au Portugais? Ou va-t-il actionner le couperet, comme l’ont fait les Lucernois avec Murat Yakin voici deux semaines?

Pour se décider, l’ancien entraîneur de Lausanne va devoir peser le pour et le contre. Ce qui ne sera vraiment pas facile dans une telle situation, surtout quand on sait que, à aucun moment, les joueurs servettiens n’ont donné l’impression de pouvoir redresser la barre, de pouvoir (re)passer de zéros à héros. Un nouveau coach pourrait-il provoquer une prise de conscience, réaliser des prodiges, relancer une mécanique de toute évidence fortement grippée?

Où est le mal? Sur le banc? Dans le vestiaire? En coulisses? Où qu’il se trouve, avant de précipiter les choses, il faut que les Servettiens se disent les choses en face. Quitte à se bouffer le nez l’espace de quelques jours. Après tout, la pause dévolue aux sélections est aussi là pour servir aux joueurs qui n’ont pas le talent pour porter le tricot national, non?

22:05 Publié dans Sports | Tags : servette fc, crise, alves | Lien permanent | Commentaires (0)

30/08/2012

Le trou de Bâle

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Il ne faut pas brûler ce que l’on a adoré, voire adulé voici moins de six mois. Mais tout de même, l’échec du FC Bâle dans la course à la phase de poules de la Ligue des champions est une sacrée claque pour le football suisse. Il est synonyme d’énorme déception pour un pays qui s’était presque habitué aux belles soirées européennes des mardis et/ou mercredis soirs et pensait légitimement, au vu de l’adversaire roumain du FCB, les revivre cet automne.

Il n’en sera rien, l’Europa League n’étant qu’un maigre lot de consolation, qu’une sous-compétition. A dire vrai, ces champions de Suisse-là ne méritaient pas de passer l’écueil des play-off. On ne dira pas que leur équipe ne valait pas un Cluj, mais elle n’avait en tout cas rien à avoir avec le collectif euphorique et bien huilé de la saison dernière. En ce mois d’août (doute?), les rouages sont bloqués et la mécanique péclote. Dans cette double confrontation face aux joueurs de Translyvanie, tout est allé de travers pour les Rhénans à partir de la 60e minute du match aller.

Leur défense a pris l’eau de toutes parts. Les contre-attaques meurtrières des Roumains ont révélé au grand jour les immenses défauts du latéral Park, les erreurs de placement du demi David Degen et les approximations du défenseur central Sauro. Tant et si bien que, à ses côtés, Dragovic a semblé tout aussi faible. C’est dire combien, ces 24 derniers mois, les observateurs avaient minimisé l’importance de David Abraham au cœur de la charnière centrale bâloise.

On savait l’Argentin très solide après des débuts compliqués dans le championnat de Suisse. On ne pensait pas que sa présence bonifiait à elle seule tout un groupe, transcendait ses partenaires. Aujourd’hui à Getafe, l’Argentin s’est montré à la hauteur du combat contre le Real Madrid le week-end passé (victoire 2-1 contre Ronaldo et Cie). Il a tourné la page bâloise mais doit être conscient que, avec lui, les hommes de Heiko Vogel ne seraient pas tombés dans le piège, à Cluj.

Parlant du technicien allemand, d’aucuns s’amusent aujourd’hui à annoncer la fin de son état de grâce. C’est grotesque. A ceux qui commencent à exiger son départ, il faudra peut-être rappeler que le rouquin a dû composer avec de nombreux départs cet été. A celui d’Abraham se sont ajoutés ceux des perles Shaqiri et Xhaka ainsi que les retraits de Chipperfield et Huggel. Les deux derniers cités n’étaient certes plus des titulaires à part entière, mais leur aura dans le vestiaire suffisait à remettre de l’ordre dans les moments durs.

Bâle, qui n’avait plus traversé de tempêtes depuis des lustres, plus connu de tel trou depuis près d’une décennie, va désormais devoir prouver qu’il est bel et bien un grand club, en tout cas le plus grand de Suisse. Lui qui avait su à merveille gérer le départ de Thorsten Fink en octobre dernier se retrouve face à un autre défi. Rester au sommet alors que, dans son sillage, un certain Sion commence à avoir les yeux plus gros que le ventre. A tel point que l’hypothèse d’un premier album de «Tintin en C1» fait déjà vibrer tout le Valais.

 

11:25 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)