06/02/2012

Contador: l'honneur est sauf...

Ouf, l'honneur est sauf. Enfin, à peu près. Ce matin, Alberto Contador, client préféré des bouchers, a écopé de deux ans de suspension suite à son contrôle antidopage positif au clenbutérol. Bien sûr, il aura presque fallu attendre autant de temps pour connaître le verdict de cette affaire que l'on croyait sans fin, mais elle démontre combien le cyclisme tient - lentement mais sûrement - à redorer un tant soit peu son image.
Attrapé la main dans le «sacre» après avoir remporté le Tour de France 2010, l'Espagnol se voit ainsi destitué de ce succès et de sa victoire au Giro 2011. Les trois juges du Tribunal arbitral du sport (TAS) ont balayé les arguments de Contador, qui disait avoir consommé un morceau de viande contaminé. Sa défense, fumeuse, n'a convaincu personne. Résultat: ce verdict fait le bonheur d'un «loser»: Andy Schleck, 2e en 2010, récupérant le titre de «vainqueur du Tour de France». Et de Michele Scarponi, nouveau lauréat du Tour d'Italie de l'an passé.
Seul bémol à cette suspension de deux ans, elle ne s'étalera que jusqu'au 5 août 2012, puisque le TAS l'a datée à compter du 25 janvier 2011, tout en y incluant les six mois purgés précédemment à titre conservatoire.
Cet été, Contador ne pourra par conséquent ni prendre part à la Grande Boucle ni aux Jeux Olympiques. Il devrait donc se focaliser sur la Vuelta et les Championnats du monde. A moins que cette suspension ne le pousse à raccrocher son vélo?

03/02/2012

Foot suisse: la crise... sur le gâteau

Décembre 2011. Le FC Bâle terrasse le «grand» Manchester United pour s'ouvrir les portes d'un historique huitième de finale de la Ligue des champions. Le foot suisse est en fête, son meilleur représentant cartonne sur la scène européenne, porté qu'il est par une potentielle génération dorée (F. Frei, Shaqiri, Sommer, G. Xhaka...). C'est un joli gâteau qu'on s'offre avant Noël.

Deux mois plus tard, la crise a tout emporté. Ou presque. Entendez par là que nous n'avons pas vraiment réalisé la portée de l'exploit bâlois et encore moins savouré l'instant. Bulat Chagaev et son Xamax ont dévasté le paysage du football helvétique. Majid Pyshiar et son Servette ont encore un peu plus écorné l'image du ballon rond suisse, même si le spectre de la faillie s'est (provisoirement?) éloigné.

L'euphorie du 31 mai dernier, lorsque les Grenat reprirent leur «vraie» place dans l'élite, semble loin. Balayée qu'elle a été par les atermoiements d'une direction qui s'est peut-être vue trop belle, sans mesurer les impératifs qui conduisent vers les sommets. Au mois de novembre, le licenciement de Joao Alves a fini par plomber l'ambiance. Mais, au vrai, celle-ci s'était déjà dégradée avec l'engagement estival de Costinha.

Après avoir mis sens dessus dessous le Sporting - demandez donc aux fans portugais ce qu'ils pensent de l'intéressé -, l'ancien international a voulu imposer ses méthodes au Servette. Qui, passé d'un effectif joyeux, est devenu aussi triste qu'un jour sans pain. Les contacts avec la presse? C'est fini! Les sourires? Disparu! Ou, alors, trop forcés pour être crédibles.

Et pourtant, le SFC, ce beau club chargé d'histoire, mérite mieux que de devenir une entité chargée d'histoireS. La Suisse romande du foot a donné un coup de poignard dans le dos du FC Bâle.

Lequel, aujourd'hui placé sur une autoroute pour aller chercher un nouveau titre national, doit d'être admiré, car il semble être le seul à avoir su négocier le virage des années 2000. C'est un exemple, oui, peu importe ce qu'en disent ses (trop nombreux) détracteurs. A priori, la Ligue des champions pour 2014, ce sera pour lui et pour personne d'autre, n'est-ce pas MM. Chagaev et Pyshiar?

02/02/2012

La vérité si je mens?

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Mardi soir, Infrarouge, l'émission de la TSR, avait inscrit à son programme un débat concernant l'avenir du football romand. Hélas pour elle, les egos des uns et la méconnaissance des dossiers des autres ont débouché sur un... pet dans l'eau. Pour une fois, le téléspectateur a certes été épargné par les incessantes envolées lyriques d'Ester Mamarbachi, mais pas par les interminables complaintes genevoises et neuchâteloises.

Entre un Cédric Tonoli qui ne faisait que relayer le discours de «Sieur» Pyshiar, un Michel Favre encore sous le coup de la disparition de Xamax et un Jacques Barillon qui tentait de sauver les «boulettes» de Chagaev, il aura péniblement fallu attendre une demi-heure pour que la lumière débarque enfin sur le plateau. On doit cette apparition «mystique» à la prise de parole de Christian Constantin.

Qu'on l'aime ou pas, il faut bien reconnaître que l'omnipotent président valaisan est le seul élément lucide dans le paysage du football romand. Enfin, en ce qui concerne le sujet propre. Après, ses histoires avec l'Uefa, c'est autre chose.

Mais, dans l'analyse des péripéties du ballon rond helvétique, il est bien celui qui maîtrise le mieux les choses. Il n'a d'ailleurs pas manqué de le faire savoir lorsque l'assistant de «Magic» Pyshiar a osé prétendre que Servette était le meilleur club romand. «C'est pas très difficile, si tu veux, car quand tu gagnes un match, on te donne 3 points, alors que moi on m'en enlève». La sortie, prodigieuse, rappelle qu'il ne faut pas se frotter à «Tintin», le roi de la rhétorique, lorsqu'on n'en a pas les moyens.

On aura également saisi que ceux qui veulent être "rois de Suisse romande" pourrait sans autre jouer dans "La vérité si je mens"...

Plus loin, on remerciera encore la TSR d'avoir réussi à exhumer l'improbable Marc Roger. Afin d'analyser les choses du football romand, il n'y avait pas meilleur interlocuteur... pour faire briller les autres. Et pourtant, certains ont réussi la prouesse de ne pas lui arriver à la cheville...

 

30/01/2012

Servette FC: quand Pishyar fait peur

Après plusieurs jours de silence, Majid Pishyar est sorti de son terrier. Tout à l'heure sur le site Internet du Servette FC, le président a lancé un message, histoire de réclamer le soutien des Genevois. Face aux réalités économiques du football suisse, le successeur de Francisco Vinas tient à pouvoir s'appuyer sur les entreprises locales pour continuer son travail à la tête du SFC. Il oublie sans doute que ses prédécesseurs, avec des résultats parfois meilleurs, n'avaient jamais pu démarcher les têtes pensantes - et influentes - du tissu économique local.

Mais, derrière le discours direct de «MP», il s'agit peut-être de lire autre chose entre les lignes. A savoir l'aveu de la situation délicate dans laquelle sont plongés les Grenat. Faut-il rappeler que certains salaires demeureraient impayés? Faut-il rappeler l'absence totale de recrutement et la perte d'un leader tel Matias Vitkieviez?

Ainsi, lorsque Pishyar écrit: «Comme vous le savez, depuis 4 ans, je soutiens seul ce club, une situation de moins en moins tenable», il laisse clairement apparaître ses failles actuelles. Et s'il n'avait pas (plus) les reins assez solides financièrement pour poursuivre sur la voie qui est la sienne depuis 2008? La question méritait d'être posée; elle l'est depuis ce soir-

Pis, Majid Pishyar effraie le lecteur en écrivant: «Considérant ce qui précède, j'entrevois le futur de manière moins optimiste que je l'espérais». Est-il sur le point d'abandonner le club en raison d'un ras-le-bol? Ou annonce-t-il l'arrivée imminente d'une tornade après que la Swiss Football League a demandé des comptes quant à la situation financière du Servette? Là encore, les interrogations planent. Et ce n'est pas le propos suivant qui rassurera l'opinion publique: «Si cette situation devait persister, je serais alors très pessimiste quant à l'obtention de la licence pour la saison prochaine».

Alors que celle-ci se construit maintenant déjà, on a de quoi être très inquiet quant au futur d'un club qui vient pourtant à peine de connaître l'une des plus belles pages de sa récente histoire...


29/01/2012

Djokovic: la cinglante réponse

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 C'est le genre de moments que l'histoire du tennis n'est certainement pas prête d'oublier. D'année en année, l'Open d'Australie habitue les amoureux de la petite balle jaune à leur fournir des «monuments». Ces derniers temps, on avait notamment eu droit à un épique Federer-Safin en 2005, à un fabuleux Tsonga-Nadal en 2008 ou encore à un terrible Nadal-Verdasco en 2009. Et voilà que Melbourne a «lâché» quatre matches fabuleux en ce début de saison: Nadal-Berdych en quarts de finale, puis les deux demi-finales opposant Djokovic à Murray et Nadal à Federer et, enfin, une finale messieurs complètement folle entre le Serbe et l'Espagnol ont animé une quinzaine géniale.

Mais, comme souvent depuis désormais treize mois, c'est toujours «Nole» qui empoche la mise au décompte final. En Australie, le numéro 1 mondial a réussi à conserver son trophée et à consolider son trône. En livrant des batailles homériques et en faisant valoir son intelligence tactique. Sans quoi il n'aurait certainement pas obligé Nadal à courir lors d'un irrespirable cinquième set final. Sacré pour la troisième fois sur la Rod-Laver Arena, Djokovic se rapproche du «Petit Chelem». Une victoire à Roland-Garros dans quatre mois et le tour sera joué.

L'exploit mériterait d'être salué, mais les attitudes du Serbe continuent de déranger. Simulateur-né, il a usé et abusé de tactiques fatigantes pour déstabiliser Ferrer en quarts de finale, puis Murray au tour suivant. Faisant mine de souffrir de crampes, de soucis respiratoires ou d'une cuisse, il a joué au bluff. Ce que d'aucuns lui avaient reproché par le passé, Andy Roddick en tête.

Même s'il est un (grand) champion, Novak Djokovic n'a pas la classe d'un Roger Federer. Qu'on se le dise! Il n'en demeure pas moins qu'il est le maître de la planète tennis. Après les règnes du Suisse et de Rafael Nadal, le sien semble décidément bien parti pour durer. Car rien n'indique qu'il soit sur une pente descendante, bien au contraire.

Ses rivaux avaient en effet impatiemment attendu cet Open d'Australie pour guetter les premières failles de sa chute. Mais sa réponse a été cinglante, son jeu étant parfaitement en place pour conserver le matricule numéro 1 tout au long de l'année. A aucun moment, «Nole» n'a semblé être prenable. Sa sérénité alors même que l'Ibère avait fait le break dans la dernière manche de la finale - quelle erreur à 30-15 sur son service! - lui a permis de rester dans le coup. Puis d'enfoncer définitivement le clou sur celui dont il est l'incontestable bête noire.