25/01/2012

Novak Djokovic, simulateur précoce

 

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Cette fois-ci, trop, c'est trop. On commence à en avoir vraiment marre des simulacres de Novak Djokovic! Non, on ne remet pas en question son niveau tennistique, mais son comportement en match flirte à présent avec l'inacceptable, dépasse même les bornes.

Tout à l'heure contre David Ferrer en quarts de finale de l'Open d'Australie, le Serbe nous a refait une «spéciale». Ou, plutôt, une «Nole», devrions-nous écrire. Comprenez par-là que, lors d'un rare moment où le match ne tournait pas tout à fait comme il le souhaitait, le numéro 1 mondial a commencé à faire mine de se sentir mal, de respirer dans le vide.

Puis, il s'est tenu la cuisse, comme s'il était victime d'un claquage, voire d'une élongation. Le tout avant de finir par torpiller son adversaire espagnol, considérablement gêné aux entournures par la puissance et la profondeur du Serbe. Il mérite incontestablement l'oscar du meilleur acteur.

Alors oui, Novak Djokovic est un très bon joueur. Oui, il va certainement s'en aller conquérir un troisième sacre à Melbourne. Mais, par pitié, qu'il arrête de se croire dans un théâtre ou sur le tournage du prochain film de Stallone. Son attitude est indigne d'un numéro 1 du jeu.

Loin du fair-play incarné par quelques-uns de ses prédécesseurs sur le trône, le simulateur précoce ne mérite pas autant de louanges. Le journal L'Equipe l'a bien compris en ne lui attribuant pas le titre de «Champion des champions 2011». Lequel récompense certes le sportif de l'année au niveau des résultats, mais aussi celui qui fait preuve d'un état d'esprit sain. Ce qui, de toute évidence, n'est pas le cas chez «Nole».

 


 

22/01/2012

Drogba: le dimanche à Malabo...

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Le dimanche à Malabo, c'aurait pu être le jour du naufrage. La Côte d'Ivoire, immense favorite de la Coupe d'Afrique, n'est pas passée très loin d'un terrible camouflet pour son entrée en matière de la compétition face au très modeste Soudan.

Une fois de plus, la coutume a été respectée. A savoir que les Eléphants ont dû s'en remettre à leur artificier en chef Didier Drogba pour passer l'épaule. A presque 34 ans, le capitaine, attaquant et leader de la sélection ivorienne a inscrit le seul but d'une rencontre qui n'a pas rassuré le sélectionneur François Zahoui. Pour autant, personne n'osera remettre en question le statut de favoris dont sont affublés les finalistes de la CAN 2006. Mieux, ceux-ci aiment se rappeler que l'Espagne, finalement championne du monde en 2010, était entrée de la pire des manières dans le tournoi avant le dénouement que l'on sait.

Le dimanche à Malabo, ce n'est donc pas le jour du naufrage. Mais on l'a frôlé. Contrairement au Sénégal la veille, enrhumé par le Bernois d'adoption Emmanuel Mayuka, la Côte d'Ivoire a tenu bon la barre et tenu bon le vent. Porteur d'espoirs, celui-ci permet à Drogba et Cie de se rêver encore et toujours en successeurs de la génération Traoré, vainqueurs de la Coupe d'Afrique en 1992.

Mais, pour passer des bras de Morphée à la réalité, il va falloir donner un sacré coup de collier. Il ne suffit en effet pas de s'en remettre constamment aux exploits d'un incroyable buteur ou à un groupe facile pour entretenir la flamme. La génération actuelle du foot ivorien, au cœur de laquelle certains éléments tirent leurs dernières cartouches internationales, n'a pas le droit de s'en aller sans fêter une grande victoire. Yaya Touré le sait. Drogba aussi. Les 21 autres doivent s'imprégner de la même idée.

Pour que le 12 février à Angondjé soit le dimanche des festivités.

 

21/01/2012

Didier Cuche, la flamme éternelle

Dans ses grandes années, Roger Federer avait, de son propre aveu, créé un monstre. Entendez par-là qu'en devenant intouchable, il avait habitué ses fans à ne plus jamais connaître la défaite. Ce que personne, ou presque, n'avait fait avant lui. A tel point que le moindre couac était censé annoncer son déclin futur.


Si le roi du tennis est un monstre, alors que dire, aujourd'hui, de Didier Cuche le magnifique? Qu'a-t-il donc façonné, lui, le skieur des Bugnenets, époustouflant roi de Kitzbühel, impitoyable chasseur de globes?

Sur les douze coups de midi, quand il a étouffé la Streif pour la cinquième fois de sa carrière, le Neuchâtelois a forcé la porte de la légende et forgé la sienne, prenant peut-être la direction d'un nouveau succès au classement général de la descente. Non, personne ne pourra oublier la trace que le futur retraité a déjà laissée dans l'histoire du ski, dans l'histoire du sport. Celle-ci est éternelle.

On pourrait dire de lui qu'il est énorme, qu'il est un monstre, tout simplement. Mais, en ce 21 janvier, sa démonstration laisse le grand public «baba» et convoque tous les superlatifs. Génial, «Kuke» a résisté à tout. A l'émotion de son annonce de jeudi, à la pression que lui imposaient l'étiquette de favori et la possibilité d'aller chercher un record, ainsi qu'à des conditions qui ne le favorisaient pas vraiment.

A bientôt 38 ans, Cuche a toujours la flamme, mais a peut-être passé l'âge de se prendre des cuites chaque week-end. Reste que, assurément, une telle victoire vaut d'être arrosée ce soir. Et plutôt deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois qu'une! Chapeau, l'artiste!

20/01/2012

Affaire Xamax: et la Ligue, dans tout ça?

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31 mai 2011. Mi-temps du match Servette-Bellinzone, décisif pour la promotion du club grenat en Super League. A 2-0 pour les Genevois, la pause permet aux journalistes de refaire le monde en tribune de presse. Le sujet principal s'appelle (déjà) Neuchâtel Xamax. Il faut dire que, quatre jours auparavant, Bulat Chagaev, tout nouveau repreneur, s'est illustré en menaçant de mort ses joueurs à la mi-temps de la finale de Coupe de Suisse contre le FC Sion.

Tout le monde donne son avis sur la chose, fait part de ses craintes. Un confrère - que je ne nommerai pas - lance: «Au train où vont les choses, on va se retrouver dans six mois au Tribunal». Chacun rit. Jaune. Car tous partagent l'avis de l'intéressé.

Six mois plus tard, le Tribunal était passé, mais Xamax était encore en vie. Par la grâce d'un faux grotesque «armé» d'un en-tête siglé «Bank of America». Il aura finalement fallu attendre douze semaines de plus pour assister, incrédules, à la mort (car appelons un chat un chat) du club rouge et noir, celui qui berça tant de générations.

Et tout le monde accable Bulat Chagaev, l'homme de tous les maux, sans vraiment chercher à savoir ce qui s'est passé avant lui.

Mais, aujourd'hui, la véritable question est peut-être ailleurs. Quelle est la part des dirigeants de la Swiss Football League dans ce cataclysme? N'ont-ils pas, eux aussi, joué un mauvais rôle en fermant les yeux sur les méthodes brutales du Tchétchène à son arrivée à la Maladière? N'ont-ils pas, par pur intérêt, cautionné sa façon de faire?

On est en droit de s'interroger, car n'allez surtout pas nous dire que les journalistes qui étaient présents au Stade de Genève le 31 mai et craignaient déjà pour l'avenir de Xamax étaient dotés d'une intelligence supérieure aux pontes du foot suisse! Ou alors, si tel est le cas, cela fait peur...

Tous autant qu'ils sont, à Muri, doivent également se remettre en question et revoir leur façon de faire. Ils sont aussi coupables que Chagaev dans cette issue dramatique. L'un d'entre eux, actif depuis des lustres à la SFL, se dit «défenseur du foot suisse». En tout cas, dans ce domaine-là, l'intéressé n'a pas le talent d'un Puyol...

 

19/01/2012

Didier Cuche? Salut, champion!

 

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Ainsi donc, Didier Cuche a décidé de s'en aller. Au mois de mars, il actionnera le clap de fin sur une carrière majestueuse. Rendue publique cet après-midi à Kitzbühel, théâtre de ses plus beaux exploits, sa décision n'a cette fois-ci rien de surprenant. L'hiver passé, dans une aula de Lenzerheide pleine à craquer, il avait en revanche pris tout le monde à contrepied en choisissant de prolonger son bail pour une année supplémentaire. Aujourd'hui, le temps a rendu inéluctable son choix de tourner le dos au sport de haut niveau.

A presque 38 ans, le vieux lion tirera ses dernières cartouches ces dernières semaines. Il profitera, à n'en pas douter, de chaque instant spatules au pied pour s'en aller défier les chronos. Bête de compétition, le Neuchâtelois appartient à la légende du ski alpin. Et ce n'est pas l'absence d'un titre olympique à son palmarès qui y changera quelque chose.

Forçat des neiges, «Kuke» aura, plus de dix ans durant, animé les matinées des téléspectateurs helvétiques, mis en transe un public passionné, qui aura vécu à ses côtés les émotions les plus fortes. De la désillusion née d'une médaille d'or olympique ratée dans les dernières secondes d'un super-g à Salt Lake City en 2002 à l'ivresse d'un sacre mondial dans la même discipline sept ans plus tard.

Meilleur skieur suisse de la décennie, Cuche aura, qui plus est, situé la région des Bugnenets sur la carte du monde. Il aura, aussi, accumulé les honneurs. Sur le tard, certes, mais sans jamais démériter.

Car c'est aussi sur le tard que le Neuchâtelois bon teint aura acquis la reconnaissance du public et de ses pairs. Longtemps bougon, il a en effet mis du temps à accepter les critiques. Parfois écorché-vif au début de sa carrière, il a ensuite mis de l'eau dans son vin au fil des années. Et son ski s'en est trouvé bonifié. Ses relations avec les autres se sont aplanies et son sourire a enfin fait la «une» des médias. S'évertuant à expliquer ses trajectoires, à insister sur les bons moments vécus sur les pistes, le vieux lion est devenu une icône. Un ambassadeur de «choc» pour Ovo.

Héros maudit de Wengen, roi de Kitzbühel, Didier Cuche va assurément manquer au monde du cirque blanc. Mais qui donc, désormais, fera voltiger son ski dans les aires d'arrivée?