18/01/2012

Xamax: triste fin d'une légende

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Xamax est mort. Vive Xamax? Hélas, non. C'en est bel et bien fini du roman d'amour entre le club rouge et noir et la Super League. La faute à qui? A Bulat Chagaev, pardi! Depuis le mois de mai et sa reprise en main du «bébé», le mécène (?) tchétchène a accumulé les bourdes. On avait vite compris que, à ce rythme, NX allait droit dans le mur. Sans toutefois vouloir y croire. A maintes reprises, l'inéluctable avait été repoussé.

Mais trop, c'est trop. Et, en ce 18 janvier 2012, sept ans après le cataclysme servettien, c'est un autre club romand qui s'en va. Pas sûr que, pour lui, l'avenir immédiat ressemble à celui des Grenat, remontés en Super League - même s'ils ne sont pas dans les meilleures dispositions extrasportives aujourd'hui.

Si d'aucuns peuvent s'avouer soulagés de voir le club géré par Chagaev être éjecté de l'élite, ce qui enlève plusieurs épines du pied à la région neuchâteloise, force est toutefois de reconnaître que c'est une nouvelle terrible pour le football romand. Une nouvelle terrible pour les derniers fans d'un club appartenant plus que jamais à la légende du ballon rond helvétique.

Car, derrière le triste décor actuel, fait d'actions vers les tribunaux et de sanctions légitimes, se cache une véritable histoire, qui a animé le quotidien de plusieurs générations.

Xamax, rappelons-le, a forgé sa notoriété au travers d'une flopée d'exploits mémorables. On se souvient de ses titres nationaux, comme on aime se rappeler de ses épopées européennes et de ses matches à rebondissements contre le grand Real Madrid ou face au SV Hambourg. Invaincu durant 27 matches continentaux dans son antre de la Maladière, «Neuch» mérite mieux que le triste couperet qui s'abat sur ses épaules aujourd'hui.

Seulement voilà, en laissant le bébé en mains étrangères, Silvio Bernasconi s'est fourvoyé. Personne n'a pu reprendre l'institution. Ce matin, ce sont ses figures les plus marquantes qui ont la larme à l'œil. Gilbert Gress, bien sûr, Joël Corminboeuf, Michel Decastel, Karl Engel, Don Givens, Philippe Perret, Claude Ryf ou encore Ueli Stielike doivent avoir une pensée émue pour la «famille» rouge et noir.

Et puis, surtout, c'est Gilbert Facchinetti, le mythique président, qui doit avoir le cœur lourd. Après avoir voué sa vie à Xamax - «mon club» - il le voit mourir sous ses yeux. Triste fin.

 

15/01/2012

La France du foot: triple A?

Tiens, et si le fameux club des cinq ne comptait finalement que quatre membres? Aujourd'hui, on peut en effet se poser des questions quant à la composition exacte de ce que l'on appelle traditionnellement les «meilleurs championnats européens». D'ordinaire, on glisse dans cette caste très fermée l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, l'Italie et la France.

Or, ce dernier, depuis quelque temps déjà, commence à péricliter. Le jugement n'émane pas forcément du soussigné, mais bien de ses principaux observateurs. On se souvient des salves régulières que Pierre Menès envoyait lorsqu'il hantait le plateau de l'émission «100% Foot». On se rappelle aussi de la mission que la LFP avait confiée à Michel Hidalgo afin d'imaginer un scénario capable de dynamiser son championnat. A en croire l'actualité, la Ligue 1 serait un «championnat en bois», qui n'aurait plus de quoi faire jeu égal avec ses voisins.

Force est de constater que la sentence n'est pas dénuée de sens. Au niveau du spectacle, il est vrai que la France peine à s'emballer pour les dix matches qui «animent» ses journées. Les rencontres du dimanche sur Canal + - à moins que celle de tout à l'heure entre Marseille et Lille ne nous fasse taire - se terminent souvent sur des tristes 0-0. Du coup, la réputation de la L1 ne va pas en s'améliorant.

Cela se constate d'autant plus en coulisses, car, en débarquant à Paris au mois de juin dernier avec des milliards dans leurs bagages, les nouveaux propriétaires qataris du PSG pensaient pouvoir attirer les plus grands noms chez eux. Hélas, jusqu'à ce 15 janvier, on n'a vu que Pastore poser ses crampons au Parc des Princes. Les uns et les autres ont tous répondu «non» aux sirènes du club de la capitale. Pêle-mêle, Beckham, Benzema, Damiao, Kakà, Maicon, Pato et encore Tévez ont été annoncés comme tout proche d'un accord avec le PSG avant que celui-ci ne doive déchanter.

Si les stars refusent à présent de rallier la France, il doit y avoir une raison. Et elle ne s'appelle sans doute pas triple A.

14/01/2012

Le "bon coup" de Beat

Voilà le bon coup de Beat! Celui, en gros, que tout la Suisse attendait. Feuz, révélation de la saison dernière et roi du coup d'éclat, a remis ça. Et pas n'importe où. A Wengen, paradis du skieur, le Bernois aux joues rouges a dynamité la Coupe du monde pour remporter son troisième succès après la descente de Kvitfjell en mars et le super-g de Val Gardena avant les fêtes. Il l'a fait à la manière d'un vieux briscard, malgré ses 24 ans.

L'exploit, puisque c'en est un, relègue aux oubliettes l'échec de Didier Cuche. A presque 38 ans, le Neuchâtelois a sans doute compris qu'il ne graverait jamais son nom au palmarès d'une épreuve sans pareil. Pas grave, dirons-nous, tant sa carrière s'est inscrite dans la légende du ski alpin. Mais, cet après-midi, l'intéressé doit tout de même avoir le cœur gros. Il n'aura jamais gravi sa «face nord de l'Eiger». Son regard noir, en tout cas, contrastait avec la joie intense de son cadet, nouvelle locomotive de Swiss-Ski.

De ce maelstrom de sentiments se dégageait l'impression qu'un véritable passage de témoin, qu'une passation de pouvoir s'était mis en branle au bas de la mythique piste helvétique. Reprenant le dossard rouge de leader de la spécialité, Beat Feuz s'ouvre un destin doré, emprunte les traces de son glorieux aîné.

L'incroyable ferveur de ce 14 janvier 2012 restera assurément dans la mémoire du «gamin». Même si, à seulement 24 ans, le Bernois peut espérer (se) dessiner d'autres grands moments, celui qu'il a vécu aujourd'hui à Wengen retentira pour l'éternité comme exceptionnel. Le ski suisse a beau péricliter dans les épreuves techniques, il reste au top en vitesse. Marc Gisin, le «petit frère de», l'a prouvé, lui qui, sans une grosse faute à l'entrée du Kernen-S, aurait tutoyé le podium. Et puis, autre bonne nouvelle, Carlo Janka, dos en compote et certitudes envolées, s'est "posé" au 4e rang. De quoi envisager l'avenir avec soulagement.

Un avenir qui se joue déjà dans une semaine. A Kitzbühel, son jardin extraordinaire, Didier Cuche, piqué qu'il est dans son orgueil, réalisera-t-il une nouvelle formidable partition, son camarade Feuz sur ses talons? C'est à espérer. Pour la beauté du geste, pour le plaisir des yeux.

10/01/2012

Le Ballon... dort

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Ca y est. La cérémonie du Ballon d'or 2011 est passée. Logiquement, elle a sacré Lionel Messi meilleur joueur de la planète, malgré l'absence de deux titres majeurs à son palmarès. Mais, ce matin, le débat est ailleurs. Il se concentre d'abord sur ce qu'est devenu ce prix depuis que France Football, son créateur, a «vendu son âme au diable» en s'associant avec la FIFA.

Pour la deuxième année consécutive en effet, la remise du trophée est devenu un ramdam ultra-sécurisé, qui sent le fric à plein nez et les dérives du football. Les uns se bousculent sur la scène pour remercier tel ou tel personnage dans un discours ultra démago. Les autres se font des bises hypocrites sous les flashes des photographes.

Comme Messi, on se trouve sur une autre planète en suivant l'événement. Qui, en réalité, n'en est plus vraiment un.

Le charme des années passées, lorsqu'on apprenait le nom du lauréat en lisant le magazine français, au détour d'une interview bien ficelée, photos à l'appui, a disparu. Aujourd'hui, le vainqueur n'est plus accompagné de ses proches sur les clichés, mais de son entraîneur, de son agent, de ses adversaires, etc. Sur le moment, tous se frottent le dos. Pour mieux se poignarder sur le terrain et en coulisses quelques jours plus tard?

Et puis, au-delà de ça, en voulant réunir tout le monde à Zurich une fois par année, la FIFA s'est tiré une balle dans le pied. Les perdants ont-ils vraiment envie de passer une journée sur les bords de la Limmat pour se faire ridiculiser en mondovision? Les officieux Ballons d'argent et de bronze ne servent à rien. Si ce n'est à résonner comme des lots de consolation dont personne ne veut. Les absences de Cristiano Ronaldo et de José Mourinho hier soir illustrent bien cet état de fait.

Du coup, on ne se dit pas "vivement la cérémonie de janvier prochain"...! A moins que Shakira ne vienne y mettre le feu?

 

08/01/2012

Hirscher, chasseur de gros globe?

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Souvenez-vous janvier dernier. Au sommet de son art, Ivica Kostelic alignait sept victoires en quatorze courses, ainsi que deux autres podiums. Allongé qu'il fut ensuite sur son matelas de points, il put aller chercher le gros globe de cristal de la Coupe du monde lors des finales de Lenzerheide.

Près de douze mois plus tard, la performance du vétéran croate est peut-être en train d'être rééditée à la sauce Marcel Hirscher. Le prodige du ski autrichien cocarde fièrement en tête du classement général après avoir remporté les trois dernières courses.

Intouchable lors du slalom nocturne de Zagreb le 5 janvier, le gamin de la «Wunderteam» vient de signer un double inédit en avalant le géant et le spécial d'Adelboden. Même dans les pires conditions atmosphériques, «Hirschi» a su laisser parler son ski et son immense talent. Fabuleux.

Aujourd'hui, il possède 230 unités d'avance sur Ivica Kostelic. Un écart considérable, qui démontre combien son potentiel est énorme. On le savait capable de titiller les cadors au général, mais peut-être pas d'en prendre si vite la tête. Certes, avec les épreuves de Wengen et de Kitzbühel qui vont se succéder, l'Autrichien risque de voir son trône vaciller et pourrait même perdre sa couronne provisoire, mais il envoie un signal fort pour l'avenir. Pas encore âgé de 23 ans, il possède toutes les qualités requises pour aller loin. Très loin.

L'optimisme est donc de mise autour du skieur originaire de la région de Salzbourg. C'est logique. La décennie à venir pourrait lui appartenir. A condition de ne pas se brûler les ailes. A condition, aussi, de mettre un peu de vitesse dans son calendrier. En super-g, l'intéressé pourrait rapidement jouer un rôle important. Histoire de grappiller quelques points nécessaires pour rester devant, comme avait notamment su le faire... Kostelic à Kitzbühel en janvier 2011.

La confirmation du talent de l'Autrichien passe par un travail quotidien. Par un mental d'acier et une santé à toute épreuve. Les exemples de Daniel Albrecht et de Marc Berthod, disparus trop vite des sommets - même si le premier cité a des circonstances atténuantes - sont là pour rappeler que le ski de compétition, sport ô combien magnifique, reste une discipline où tout est fragile.