03/10/2011

Un mort pour tout solutionner?

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Ainsi donc, le derby zurichois entre Grasshopper et le FCZ a été interrompu hier après que des fans des vice-champions de Suisse eurent lancé des fumigènes dans le clan des supporters adverses. Consternation à l'échelle du foot suisse. L'escalade de la violence ne cesse de s'étendre. La bêtise continue de prendre le pas sur tout le reste. «C'est une journée noire», a déploré Fredy Bickel, le directeur sportif du FCZ.

L'homme a tout résumé. Cela a été un dimanche noir, honteux, cataclysmique pour la Super League, qui se voit à son tour touchée par les débordements de fans qui n'en sont pas. Et voilà que la pire des questions revient sur le tapis: faudra-t-il un mort, des morts, pour que cela cesse, comme ce fut le cas à Catane, en 2007, lorsqu'un policier fut victime de la connerie humaine?

Aujourd'hui ou demain, au pire en fin de semaine, la Swiss Football League (SFL) doit prendre des mesures sévères et sans précédent. Pour que le football, théâtre de nos plus belles émotions, ne devienne pas celui de nos plus grandes déceptions.

 

29/09/2011

On remercie Hitzfeld?

Au printemps passé, on a assez bavé sur Ottmar Hitzfeld pour, aujourd'hui, lui rendre hommage lorsqu'il effectue de bons choix. Depuis qu'il a été comme libéré par la retraite internationale d'Alexander Frei, le général de la Nati a été contraint et forcé de rajeunir ses cadres. On ne saura jamais vraiment si c'est une décision délibérée ou imposée par les circonstances, mais toujours est-il qu'elle lui a permis de se remettre sur le droit chemin. Et tous ses protégés avec lui.

On avait vu, au mois de juin, que les convocations distribuées à Innocent Emeghara, Admir Mehmedi et Granit Xhaka avaient été marquées du sceau de l'intelligence. On avait constaté, en août puis en septembre, que les coups de fil lancés à Gaetano Berardi, Fabian Frei, Timm Klose, Fabian Lustenberger et Yann Sommer s'inscrivaient dans la même logique, avec la même pertinence.

Alors, cet après-midi en découvrant la sélection appelée à affronter le Pays de Galles (le 7 octobre) et le Monténégro (le 11), on s'est tout autant réjoui que lors des dernières listes dévoilées par l'ancien mentor du Bayern Munich. On constate en effet que ce dernier a eu l'intelligence de faire appel à Ricardo Rodriguez, le (très) prometteur latéral gauche du FC Zurich.

A peine âgé de 20 ans, le robuste défenseur obtient ici la récompense d'une année 2011 haute en couleurs, marquée notamment par un début de saison sur les chapeaux de roue. Actuellement, il est l'une de seules satisfactions d'un FCZ qui peine à se faire entendre en Super League. Surtout, devant les difficultés de Reto Ziegler à se transcender avec le tricot rouge à croix blanche sur les épaules, il fait office de deuxième (ou peut-être même premier) choix pour occuper ce flanc sensible de l'arrière-garde helvétique.

A Swansea puis à Bâle, rappelons-le, les Suisses se devront d'aller forcer la porte des barrages, pour continuer à croire en une qualification pour l'Euro 2012 qui, jusqu'à il y a encore huit semaines, paraissait totalement improbable.

Même si le match en terre galloise ne sera pas une partie de plaisir, espérons que Hitzfeld aura le tableau d'affichage en sa faveur à cinq minutes de la fin. Histoire de faire entrer en jeu le fameux Rodriguez, «l'obligeant» à être un international suisse à vie. Né d'un père espagnol et d'une mère chilienne, l'intéressé, champion du monde M17 avec Ben Khalifa et Xhaka, est en effet surveillé de près par la sélection sud-américaine. C'est le moment!

27/09/2011

Bâle, si proche de la sensation

On ne saura sans doute jamais vraiment ce qui s'est dit dans le vestiaire bâlois à Old Trafford, ce soir à l'heure du thé. Mais le nectar si cher aux Anglais a eu le mérite de donner un méga coup de fouet aux... Rhénans. Bien que menés 2-0 à la pause par un Manchester United qui bouscule tout sur son passage en Premiership, les protégés de Thorsten Fink ont réalisé une grosse performance, en allant arracher le point du 3-3. Mais, paradoxalement, ce scénario incroyable laissera un goût amer aux visiteurs. Et pour cause, à cinq minutes près, les «petits Suisses» ont bien failli placer une victoire historique dans leurs valises. Cette soirée du 27 septembre aurait pu s'inscrire dans la légende du foot national. Une victoire du FCB lui aurait permis d'entrer dans l'histoire comme l'une des plus belles sorties jamais signées par l'un de nos représentants sur la scène européenne.

Malgré tout, le nul pris à Old Trafford est plus qu'un bon point. Même la paire Alexander Frei-Marco Streller a été à la hauteur de l'événement. Quel contraste avec tout ce que l'on avait vu ces derniers mois!

Fantomatiques lorsqu'ils portaient le tricot suisse ces deux dernières années, ils ont fait de l'antre mancunien le théâtre de LEURS rêves. Le grand escogriffe du duo a été énorme dans son rôle de pivot, même s'il a manqué une montagne à la 51e minute. Mais c'est vrai, quel match n'a-t-on pas vécu sur le gazon anglais!

Thorsten Fink doit encore s'en frotter les mains. Doit aimer plus que jamais ses joueurs, ce soir depuis sa chambre. Lui qui restait, en tant que joueur, sur un terrible échec contre Alex Ferguson (il avait joué la finale de la C1 1999 perdue aux arrêts de jeu avec le Bayern Munich) n'est pas passé loin d'une cinglante revanche. Si près d'infliger à ManU sa première défaite de l'exercice. On plaint tout de même le chewing-gum du manager écossais, qui s'est vu martyrisé à peine l'égalisation bâloise sonnée.

Bâle peut donc croire en une qualification pour les huitièmes de finale. Grâce à une performance collective hors du commun. Avec un Granit Xhaka énorme à mi-terrain - et ce malgré une perte de balle fatale sur le 2-0 - et un Fabian Frei qui confirme qu'il est bel et bien «LA» révélation de la saison. Déjà énorme avec les M21 durant le dernier Euro, l'ancien Saint-Gallois a franchi un nouveau palier. Qui fait maintenant de lui un international en puissance.

Pour le FCB, il va falloir confirmer le 18 octobre en recevant Benfica. Qui n'a rien d'un monstre tentaculaire comme pourrait l'être Manchester. Alors oui, il est permis de rêver.

 

25/09/2011

Anomalies sportives

Il y a peu, quelqu'un est encore venu me murmurer à l'oreille que Lionel Messi n'était pas le meilleur joueur de la planète football. Mais comment peut-on oser affirmer une chose pareille à l'heure qu'il est? Ce soir encore, l'Argentin a livré un festival devant le public du Camp Nou pour assassiner l'Atletico Madrid (5-0). Comme il le fait une, voire deux ou trois fois par semaine depuis déjà plusieurs saisons. «Leo» est sur un nuage, sur son nuage, là où personne ne peut le rejoindre. Et lui, Monsieur Ronaldo, on ne le siffle pas dans tous les stades du monde. Il n'est pas forcément beau, certes, mais Dieu sait qu'il est bon!

Messi qui parade, c'est peut-être là l'une des seules choses normales apparues en ce début de week-end sportif. Car, sur quelques terrains de jeu aux quatre coins du globe, les surprises, voire les aberrations, n'ont pas manqué.

Comme meilleur illustration du propos, imaginez un seul instant: vers 19 h 20 ce soir, Milaim Rama s'est enfoncé comme dans du beurre dans la défense bâloise pour ramener un point au FC Thoune. L'ancien international suisse ressuscite. Ou l'histoire de Fernandel qui revit dans l'Oberland. Et puis, quelques heures plus tard, Genève-Servette a failli gagner un match, contre Berne, qui plus est. C'est dire à quel point la planète sport n'a pas toujours tourné rond! On rigole, bien sûr, au sujet des «Aigles». Mais ce serait le moment de sortir de cette torpeur de début de saison qui pourrait vite avoir des conséquences. Voir les hommes de McSorley patiner dans la semoule fera vite ressortir les contribuables aigris. Si cela n'est pas déjà fait...?

Après, rayon anomalies, il vient de s'écouler quasiment une journée entière sans que l'on parle de Christian Constantin! C'est quasiment un exploit, tant le patron du FC Sion est à la «une» de tous les médias de la région depuis trois mois. Son duel à distance cette semaine avec le duo Infantino-Platini risque de valoir son pesant de cacahuètes. Les petites phrases ne vont pas manquer, mais il n'aura certainement pas le même intérêt que le comportement de «Chaga», tout à l'heure dans les tribunes de Grasshopper, où se déplace «son» Xamax. A qui ira le bras d'honneur, cette fois-ci? Au pauvre Ciriaco Sforza, qui n'a rien fait de mal? Ou au prochain Neuchâtelois qui manquera le cadre?

L'anomalie serait qu'il ne se manifeste pas...

Mais, entre nous soit dit, la plus grande anomalie du week-end serait quand même que Lausanne batte Servette, non?

 

 

19/09/2011

Tête coupée à Hambourg

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Ce n'est peut-être pas la nouvelle du jour, encore moins celle du siècle, mais le SV Hambourg vient d'actionner le couperet sur la tête de son entraîneur Michael Oenning. Après six mois seulement d'une aventure aux commandes du club hanséatique, le technicien allemand, qui avait succédé à Armin Veh, a été prié de quitter le banc. Il valse en raison des résultats calamiteux de son équipe, battue cinq fois cette saison et qui ne compte qu'un point.

Et alors? Eh bien, ce qui dérange, dans toute cette histoire, c'est que le quadragénaire soit le seul à subir les effets d'un démarrage raté. Faut-il en effet rappeler que le recrutement des Hambourgeois a été conduit par le seul et unique Frank Arnesen? Pour mémoire, l'ancien footballeur danois (ex-Ajax, ex-Valence, ex-PSV) a obtenu les pleins pouvoirs du club en février dernier. Après avoir notamment découvert Ronaldo quand il dirigeait le recrutement du PSV Eindhoven, puis connu des démêlés avec Jacques Santini à Tottenham, Arnesen s'était encore fait un nom à Chelsea. Hambourg a flashé sur lui.

A tort, vraisemblablement, car ses manœuvres estivales s'avèrent littéralement catastrophiques. Alors qu'il n'avait pas été en mesure de mettre en valeur les jeunes chez les «Blues», le Danois n'a rien trouvé de mieux que d'enrôler plusieurs joueurs du club anglais qui n'étaient jamais alignés. C'est ainsi que le HSV se voit plombé par des éléments qui n'ont simplement pas le niveau.

Michael Mancienne, que l'on avait vu errer comme un rat mort dans l'entrejeu de l'Angleterre M21 durant le dernier Euro, fait partie de cette liste de joueurs traînant la patte. Et encore; il n'est pas le plus mauvais. Mais Arnesen s'est entêté en allant en chercher d'autres. Jeffrey Bruma, Slobodan Rajkovic, Jacopo Sala et encore Gökhan Töre, tous passés par Stamford Bridge, se ridiculisent chaque week-end à l'Imtech Arena. Demain matin, eux seront encore sous contrat. Oenning plus.

Au-delà de ce changement d'entraîneur, c'est l'avenir immédiat des Hambourgeois qui suscite les interrogations les plus diverses. La seule solution pour qu'ils s'en sortent serait qu'Augsburg, Freiburg ou Kaiserslautern finissent par être encore plus mauvais...