01/09/2011

Mercato, en quelques mots

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Les agents ont les traits tirés et les présidents n'ont plus beaucoup de cheveux. Ainsi vont, chaque année, les 1er septembre, lendemains de bouclage du mercato. Après avoir mis plusieurs jours à se mettre en route, le marché estival des transferts s'est fini en apothéose. Jusqu'à 23 h 59 hier soir, les rebondissements n'ont pas arrêté de s'enchaîner.

On croyait ainsi André-Pierre Gignac parti en Angleterre - pas forcément bon pour sa cure! -, le voici revenu ce matin à Marseille. Comme qui dirait, la «queue entre les jambes». L'OM, qui pensait s'en débarrasser, a commis une double erreur. De un, il n'est pas parvenu à le lâcher. De deux, il récupère un joueur conscient que plus personne ne veut de lui. «APG» était déjà mal en (m-bon)point, qu'en sera-t-il dès lors que Deschamps l'enverra s'échauffer?

Parmi les autres rebondissements, on trouve l'arrivée de Yossi Benayoun à Arsenal. L'Israélien continue son tour d'Angleterre. Après West Ham, Liverpool et Chelsea, le voici chez les «Gunners». Conscients de la fébrilité des hommes de Wenger, les «Blues» ont fait preuve de générosité en le prêtant pour une année chez leurs anciens rivaux. En même temps, Chelsea récupère l'excellent Raul Meireles, le tatoué de Liverpool. A 13,5 millions le transfert et un salaire conséquent, le Portugais va pouvoir s'en aller faire un tour chez EternelTattoo. A la liste des mouvements importants des dernières heures, on peut ajouter Cole (Liverpool-Lille), Crouch (Tottenham-Stoke City), De Guzman (Majorque-Villarreal), Diego (Wolfsburg-Atletico Madrid) ou encore Poulsen (Liverpool-Evian).

Mais la bombe, la vraie, est cette nouvelle rumeur qui nous transporte déjà à l'été prochain, à savoir l'arrivée de José Mourinho aux commandes du PSG. Déjà contacté en 2008, le technicien lusitanien aurait cette fois-ci donné son accord au club français pour le rejoindre d'ici douze mois. Il y a trois ans, le «Mou» avait poliment refusé, conscient qu'il était du manque de moyens financiers des Parisiens. Trente mois plus tard, les Qataris sont arrivés avec leurs euros sous les bras et le voici d'un tout autre avis.

En Suisse, on ne brasse pas autant d'argent, mais Innocent Emeghara gagnera dix fois plus à Lorient que ce qu'il percevait jusqu'à présent à Grasshopper. A 22 ans, l'international suisse a choisi de prendre la direction de la Bretagne au dernier moment du mercato. Le choix paraît excellent, tant ses qualités dans la prise de profondeur et sa puissance peuvent lui permettre de donner des ailes aux «Merlus». Avec un entraîneur aussi joueur que Christian Gourcuff, le brave «Inno» a tout pour s'épanouir. A condition de garder les pieds sur terre. Mais sa modestie, aperçue au Danemark au mois de juin, devrait le lui permettre.

Mario Gavranovic, son homologue sous le maillot rouge à croix blanche, a pour sa part décidé de rester en Bundesliga. Mais il ne fera plus banquette derrière Raul à Schalke. Le Tessinois s'apprête à gratter du temps de jeu à Mainz. Le pari est osé, mais il pourrait être gagnant. Réponse en décembre. Voire avant.

Car, comme à chaque fois, on se donne à peu près six mois pour analyser les conséquences du marché. Comme à chaque fois, on sera sûrement obligés certains joueurs d'avoir effectué tel ou tel choix. Mais telle est la loi du football. Où les agents font parfois pression pour toucher un chèque légèrement doré.

 

29/08/2011

Panique sur la Super League!

271741_NEU101 FUSS_effcecd5.jpgAu début, on avait souri un peu. Après tout, un mécène sans bonnes manières qui s'incruste dans le foot suisse, ça n'avait rien d'une première. On pensait même que tout finirait par se détendre un jour. Mais il faut croire qu'avec le temps... eh bien, il n'y a pas tout qui s'en va, finalement.

Au fil des semaines, le scénario a même sérieusement commencé à nous fatiguer. Et, ce week-end, le comportement de Bulat Chagaev a atteint le point de non-retour. En menaçant physiquement et verbalement son staff technique et ses joueurs après le match nul concédé contre Lausanne (2-2), le Tchétchène a commis un esclandre de plus.

Un de trop? On aimerait le croire pour que Xamax arrête enfin les frais. Comme on aimerait que la Swiss Football League, qui sait chercher des noises à Christian Constantin, prenne enfin ses responsabilités et aille se pencher sur ce qui se trame dans les couloirs de la Maladière. Où tout paraît bien plus grave que le «simple» transfert d'un gardien égyptien voici près de quatre ans. Seulement, «BC» fait plus peur que «CC», lequel reste pourtant indispensable au foot suisse.

Reste que, à «Neuch», les joueurs tremblent. Ils avaient déjà reçu des menaces de mort au mois de mai à la mi-temps de la finale de la Coupe de Suisse perdue contre Sion. Plusieurs contreperformances plus tard, ils sont toujours en vie (encore heureux, me direz-vous!), mais la pression et la tension se décuplent chaque semaine. La pause dévolue aux équipes nationales, qui met en arrêt la Super League jusqu'au 10 septembre, agira-t-elle comme une bulle d'air? Ou est-ce que, durant ce laps de temps, le feuilleton «rouge et noir» connaîtra de nouveaux rebondissements?

La question est levée, mais le film, qui pourrait s'appeler «Trouille sur la Super League», est en réalité un véritable navet. Tout le contraire, pour le moment, de la série «grenat», proposée par le producteur Majid Pishyar et le scénariste Joao Alves. Un 0-4 flamboyant à Tourbillon démontre à quel point l'entraîneur portugais mérite encore et toujours des louanges.

Collectivement, tactiquement et techniquement, la démonstration des siens en terre valaisanne a marqué les esprits. Comme si l'équipe alignée hier à Sion était totalement différente de celle - décevante - de la semaine précédente contre Grasshopper. Et pourtant... Voilà peut-être un signe que Yartey et compagnie en ont encore pas mal sous la semelle. Et que, s'ils parviennent à se libérer dans leur antre du stade de Genève, la mécanique, leur mécanique, pourrait faire pas mal de dégâts.

Après tout, au train où vont les choses en Super League, avec Lucerne et Thoune qui occupent la tête, et Bâle et Young Boys qui connaissent des problèmes respiratoires, on n'est plus à une surprise près. Il se pourrait même que, un jour, Chagaev caresse ses ouailles dans le sens du poil.

 

25/08/2011

Ca pue sur Lausanne!

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Un petit coup d'œil dans l'agenda et le palpitant des Vaudois s'emballe. Samedi à 17 h 45, Lausanne s'en va en effet effectuer un court mais périlleux voyage à Neuchâtel. Pour, ce qu'il est convenu d'appeler, un match de la peur. Un vrai de vrai. Non pas avec du sang, de la colère et des larmes, le LS ayant assez donné dans ce domaine le week-end dernier, mais avec de la tension et un enjeu déjà majeur: la neuvième place de Super League.

Peu attrayant, certes, ce rang permet tout de même d'éviter l'étiquette poisseuse de lanterne rouge. Les Vaudois en ont hérité la semaine dernière après que Xamax ait eu le cran de s'en aller prendre trois points à Zurich. Avec Thoune en tête et Bâle 8e, l'élite suisse marche la tête à l'envers. La seule logique de ce tableau est, peut-être, de voir le LS pointer en dernière position.

Là n'est pas une critique, mais un simple constat. A la mesure du budget d'un Lausanne qui, pour l'instant, ne peut pas tirer la sonnette d'alarme, mais bel et bien commencer à se faire du souci. A quoi bon devenir champion de Challenge League si c'est pour tomber l'année suivante? «Oui, il nous manque de l'argent, mais aussi de la qualité sur le terrain», souffle l'entraîneur Martin Rueda, «légèrement» dépité par la situation actuelle de son club (1 victoire, 5 défaites).

Loin, finalement, des espoirs d'avant-saison, lorsque tout le monde s'était laissé enchanter par un recrutement qui semblait prometteur. Or, à l'exception de Lang, les nouveaux venus n'ont pour l'instant rien apporté au groupe de la Pontaise. Le gardien Coltorti? Un flop! Le jeune Kamber? Une catastrophe! Lyng, Marin, Muslin, Negrao ou Page ne sont pas mieux lotis. Le dernier cité devait stabiliser la défense? Elle est la deuxième plus mauvaise de Super League! On y ajoutera encore que, physiquement, les Vaudois souffrent comme jamais. Leur dernière demi-heure contre les Grenat fut un long calvaire...

Alors oui, actuellement, ça «pue» sur Lausanne. Et on n'en est pas fiers pour eux. Pas du tout. Surtout à la veille de ce fameux déplacement à Neuchâtel. Avec sa victoire à Zurich et les mises au point de Joaquin Caparros, le club «rouge et noir» a peut-être trouvé le second souffle auquel Bulat Chagaev se raccrochait tant depuis des semaines. Mettant l'adversaire au supplice de leur jeu physique, auquel Servette avait failli ne pas résister, les Neuchâtelois sont prêts à signer une deuxième victoire. Et à couler un LS qui ne mérite pas ça?

 

 

 

20/08/2011

Servette FC: friture entre les lignes

Costinha doit ruminer. Il y a quelques heures, le directeur sportif du Servette FC s’était ouvert. Pour s’insurger contre le traitement de défaveur dont était victime son club avant la 6e journée de Super League. Ce samedi soir, le Portugais doit en avoir ras-le-bol. Car, disons-le tout de suite, contre Grasshopper, les décisions du directeur de jeu Cyril Zimmermann (deux penalties oubliés) ont sans doute influé sur l’issue d’un match que ses hommes ont abordé par le mauvais bout et fini de pareille manière (défaite 3-4).

Un peu de plus de 12'000 spectateurs avaient pris le chemin du Stade de Genève pour assister, espéraient-ils, à la troisième victoire grenat de la saison. C’était oublier que ce SFC pourtant si plaisant n’a toujours pas remisé aux vestiaires ses pertes de lucidité défensives. Ainsi, face à des «Sauterelles» pourtant mal en point, David Gonzalez et ses partenaires ont manqué l’occasion de prendre encore leurs distances avec la queue du classement. Une erreur d’appréciation du portier donnait un premier avantage aux visiteurs (4e), dans une entame de match qu’il ne fallait surtout pas galvauder. Certes, Eudis, parfaitement servi par Karanovic, remit les compteurs à zéro - ou, plutôt, à 1-1 – à la 24e, mais ce début de rencontre allait rester en travers de bien des gorges.

Toujours désireux de produire du jeu et de faire le spectacle (qui s’en plaindra?), Servette continua d’attaquer, s’exposant malheureusement à des contre-attaques meurtrières. Innocent Emaghara, percutant comme à ses plus beaux jours, en profita une première fois cinq minutes après l’égalisation. Il sut s’engouffrer dans l’arrière-garde genevoise. Entre les lignes servettiennes, il y eut trop souvent de la friture ce samedi après-midi. Comprenez par-là que le bloc équipe n’en était pas un, que les espaces étaient parfois trop flagrants. La sortie de Pizzinat, qui permit à Kouassi de revenir dans l’entrejeu, ne changea pas tout à fait la donne. L’attaquant international en profita pour doubler la mise.

Au retour des vestiaires, Routis égalisait, mais ce n’était que de la poudre aux yeux, les Genevois se faisant à nouveau prendre en contre par… Emeghara moins de 240 secondes plus tard (2-3, 53e minute). Pourtant meilleurs dans le jeu, les protégés d’Alves manquaient de promptitude dans le dernier geste. Malgré la formidable débauche d’énergie de Vitkieviez – l’homme qui dépense 8'500 calories par mi-temps – ou les grigris d’un Yartey encore court physiquement, il fallut attendre la 66e minute pour que le 3-3 tombe du ciel. Stéphane Nater, qui n’était qu’un poids mort dans le jeu pur jusqu’ici, trouva les filets de Bürki d’un incroyable coup de tête.

A ce moment-là, dans la ferveur d’un Stade de Genève prêt à s’enflammer, on imagina que Servette s’en irait faire la décision. Cyril Zimmermann prit tout le monde à contrepied en dictant un penalty en faveur des Zurichois. Emeghara quadrupla la mise, confirmant du même coup que, lorsqu’il est placé dans une véritable position d’attaquant, il possède toutes les qualités pour ne… pas faire de vieux os dans ce championnat de Suisse.

Les Genevois, eux, méritaient mieux. Il n’est pas l’heure de les accabler. Mais, après six journées, on en revient malheureusement toujours aux mêmes conclusions: le SFC est une magnifique équipe, qui propose du beau football, mais qui demeure pour l’instant beaucoup trop naïve derrière pour s’installer sur le podium de Super League. Alors que le premier tour leur propose une fin de calendrier difficile – Sion, Bâle et Lucerne -, Pizzinat et compagnie ne doivent pas craquer. Il serait dommage de remettre en question tout ce qui a été bien fait jusqu’ici. Il y a seulement de petits détails à régler. Or, c’est souvent sur ces petits détails-là que se joue une saison…

07/08/2011

Inarrêtable Servette?

Quatre matches, sept points. Hormis ses dix premières minutes de la saison contre le FC Thoune, Servette a donc pleinement réussi son entame de championnat. Si ses errements de la première journée lui ont coûté très cher (défaite 1-2), ils ont en revanche eu le mérite de faire prendre conscience au groupe genevois de ses énormes qualités. Oui, les néopromus ont leur place en Super League. Une victoire à Zurich (2-3) dans des circonstances difficiles - n’étaient-ils pas menés 2-0 à l’heure de jeu? - un nul sur le terrain des Young Boys (1-1) et une victoire éclatante sur Lausanne (4-2) hier après-midi l’ont prouvé: ces Grenat, qui visent d’abord le maintien, ont l’étoffe pour faire encore mieux. Ce n’est pas s’enflammer que de l’affirmer.

Les méthodes de Joao Alves ont ça de bon qu’elles parviennent à transcender tout un groupe. Le «père tranquille» portugais est un véritable sorcier. Ses hommes font corps avec lui et c’est tout un club qui poursuit sa renaissance. Des "anonymes" - Baumann, Karanovic, Routis - explosent à la face du foot suisse. En démonstration dans le derby lémanique, les Genevois ont mis en avant leurs qualités techniques et leurs qualités physiques. Au bout d’une heure de jeu, leur adversaire lausannois était étouffé. A l’avenir, il suffira de gommer les imperfections défensives pour que ce SFC se fixe dans la première partie de tableau. Un but comme celui encaissé sur le 3-2 aura d'autres conséquences face à une équipe plus solide que ne l'est le LS.

Depuis 2009 et l’arrivée du technicien lusitanien, quelque chose de magique se passe chez les Grenat. On avait pu craindre, avec l’éviction de Carlos Varela, que le grain de sable allait enrayer la mécanique, mais il n’en a rien été. Servette brille de mille feux actuellement. Malgré son couac initial, il surfe à 200 à l'heure sur la vague de sa fantastique promotion. Il devra le confirmer dimanche prochain sur le terrain d’un Neuchâtel Xamax en crise, puis avec la réception de Grasshopper la semaine suivante. Ceci avant de s’attaquer à deux matches «démentiels», à Sion le 28 août et contre Bâle le 10 septembre.

Mais quelque chose nous dit que ces Genevois-là, armés d’une confiance énorme, ne vont pas trembler.