04/08/2011

Ottmar a définitivement ouvert les yeux

 

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On avait déjà cru la chose arrivée en juin dernier, lorsqu’Ottmar Hitzfeld avait convoqué trois néophytes (Innocent Emeghara, Admir Mehmedi et Granit Xhaka) en équipe nationale pour affronter l’Angleterre, mais le fait que l’Allemand ait enfin ouvert les yeux sur le football suisse demandait confirmation.

Ses deux voyages au Danemark pour l’Euro M21 renforçaient encore un peu plus ce sentiment. Les sélections de Gaetano Berardi (Brescia), Beg Ferati (Freiburg) et Fabian Lustenberger (Hertha Berlin) que le technicien a prononcées ce matin sont un signe évident qu’on peut encore évoluer à près de soixante ans. Hitzfeld l’a prouvé. Enfin!

Après une année et demie d’atermoiements et d’erreurs en tout genre, l’ancien coach (à succès) du Bayern Munich est peut-être à l’aube d’une nouvelle réussite, cette fois-ci à la tête de l’équipe nationale suisse. Le tirage au sort du Mondial 2014, avec des adversaires à sa portée, prouvent que la chance peut l’accompagner encore quelques mois. Après les semaines noires (préparation calamiteuse pour la Coupe du monde 2010, élimination au premier tour en Afrique du Sud, sifflets du public, critiques des médias et des fans…) viennent peut-être les jours heureux.

En tout cas, en enrôlant trois autres joueurs vierges de sélections au plus haut niveau pour le match amical de la semaine prochaine au Liechtenstein, Hitzfeld a vu juste. Car tous les trois méritaient d’être appelés à pareil échelon.

Berardi, qui est peut-être le moins connu de tous à cet échelon, a littéralement éclaté dans le couloir défensif lors de l’Euro M21 ans voici deux mois au Danemark. Tessinois parti très tôt en Italie, ce petit bonhomme a de l’avenir. Bien que relégué avec Brescia au printemps, il fut l’une des grandes satisfactions du club lombard. A tel point que Cagliari aimerait aujourd’hui s’attacher ses services. Lui qui fêtera ses 23 ans dans trois semaines voit tomber un cadeau quelques heures avant la date. Capable d’évoluer à droite comme à gauche, il fait figure de parfaite doublure pour les «Juventini» que sont désormais Stephan Lichtsteiner et Reto Ziegler.

Pour s’octroyer une solution supplémentaire dans l’axe de sa défense, Ottmar Hitzfeld avait trois choix: rappeler Jonathan Rossini, déjà convoqué en mars 2010, lancer Timm Klose, flamboyant à l’Euro M21, ou donner une première cape à Beg Ferati, brillant à Bâle la saison dernière et transféré cet été en Bundesliga. Il a choisi celle-ci. Le nouveau sociétaire du SC Freiburg profite ainsi de son expérience supérieure à ses deux «concurrents».

Enfin, Fabian Lustenberger se voit logiquement récompensé de tous ses efforts. Déjà retenu une première fois par Hitzfeld il y a plus d’une année, le Berlinois d’adoption avait dû renoncer en raison d’une blessure. Cette fois-ci, celui qui fut le métronome des M21 en terre danoise honorera l’appel. Il passe l’épaule devant Gelson Fernandes et Pirmin Schwegler, lesquels, qui évoluent désormais en D2 à l’étranger – catégorie de jeu que vient de quitter Lustenberger -, semblent loin du maillot rouge à croix blanche. Et loin, peut-être aussi, de cet avenir flamboyant qui pourrait se présenter à la porte du foot suisse?

19/07/2011

Mais où va donc le Servette FC?

 

 

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Ce matin, il y a franchement de quoi se poser des questions quant à l’avenir du Servette FC. Et ce n’est pas l’entrée en matière ratée dimanche après-midi contre Thoune qui me pousse à la perplexité, mais davantage ce qui s’est passé précédemment – pause estivale mouvementée, recrutement jusqu’ici très plat, atermoiements du président… – puis hier soir avec l’éviction de Carlos Varela.

Alors oui, d’aucuns diront que l’ancien joueur de Bâle et Young Boys n’avait pas montré toute l’étendue de son potentiel sous le maillot genevois, mais, blessé, il avait suivi la promotion en s’intégrant parfaitement au groupe. Depuis son retour, on attendait de lui qu’il amène toute son expérience à un SFC qui en manque cruellement. Il l’aurait sans doute fait, si on lui en avait laissé le temps. Or, apparemment, ces Grenat là ne savent pas, ne savent plus, ce qu’est la patience.

Après avoir végété cinq ans dans l’antichambre de l’élite, ils semblent vouloir tout et tout de suite, mais n’ont pas les arguments pour ce faire. Un patron omnipotent et un directeur sportif venu sans la moindre référence du foot suisse – Costinha – ne peuvent pas régner du jour au lendemain sur la Super League. L’argent et les relations ne suffisent pas toujours. En prenant une claque monumentale avec Neuchâtel Xamax, Bulat Chagaev, qui se promenait tranquillement ce matin sur le Quai des Bergues, l’a également appris.

Mais Servette, heureusement, n’est pas Neuchâtel. A Genève, il n’y a pas eu de fronde anti-Pishyar. Reste que, au lieu de profiter de la sérénité dans laquelle il peut travailler, l’Iranien semble faire beaucoup de choses de travers. Des déclarations à l’emporte-pièce – les Porsche, le titre, la Ligue des champions… - et des décisions brusques ne cessent d’animer ses semaines.

Si la dernière en date (Varela) est apparemment celle de Joao Alves, il n’en demeure pas moins que le SFC ne fait pas montre d’une grande confiance à l’heure actuelle. Et pourtant, il avait tout entre les mains pour réussir son retour dans l’élite. Il lui suffisait de surfer sur la vague de l’ascension, de créer un véritable groupe durant la pause en profitant du fait qu’il reste un «nom» sur l’échiquier du foot international. Il n’a pas su le faire, préférant enrôler des éléments tels Diallo ou Fall. Le couac contre Thoune est la preuve irréfutable de ses errements. Bien sûr, il reste 35 matches à disputer et Servette peut aisément sauver sa tête, voire mieux. Mais tout de même, les dix premières minutes de dimanche ne sont que le reflet d’un été passé à se ronger les ongles!

Mais où va donc le SFC? Telle est l’interrogation qui agite aujourd’hui les supporters genevois. Eux qui, comme nous tous, se laissèrent envahir par l’émotion au soir du 31 mai dernier, méritent bien mieux qu’un club noté 10/10 au niveau du flou artistique.

06/07/2011

Champion, le FC Sion?


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Champion, le FC Sion?

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La question fait son chemin et a de moins en moins des allures saugrenues. Et si, face aux grosses machines que sont le FC Bâle et les BSC Young Boys, le FC Sion créait la sensation de la saison à venir?

On peut légitimement se le demander aujourd’hui, à l’heure où Christian Constantin et Laurent Roussey bossent d’arrache-pied pour monter un effectif de grande valeur. Désireux de doubler tous les postes pour ne pas se retrouver bec dans l’eau comme au début de l’exercice précédent, le président et l’entraîneur valaisans sont en train de parvenir à leurs fins. Cela fait bien longtemps que les pensionnaires de Tourbillon n’avaient pas affiché une allure si encourageante…

Consolidant un effectif quatrième au printemps passé et surfant sur la victoire en Coupe de Suisse qui lui a prouvé qu’il pouvait lui aussi gagner des titres, le FC Sion a misé sur un recrutement intelligent. En attirant tout d’abord des joueurs sérieux et travailleurs (Glarner et Mutsch), puis des éléments de complément (Afonso, Gonçalves, Ketkeophomphone et Traoré) et, enfin, des vedettes (Feindouno et Gabri). Mises ensemble, ces trois composantes laissent la porte grande ouverte aux rêves. A condition, bien entendu, de se montrer plus réguliers qu’en 2010/2011. A condition, aussi, de se montrer plus «tueurs» dans le dernier geste.

Après, il est évident que les paris Feindouno et Gabri ne sont pas gagnés d’avance. Par expérience, on sait que les joueurs débarquant en Suisse avec un statut de star ne donnent pas toujours leur pleine mesure. Mais le Guinéen a déjà promis de se défoncer. Quant à l’Espagnol, ex-joueur de Barcelone et de l’Ajax Amsterdam, il recherchait un challenge sportif. Il l’a trouvé en Valais, où on n’a plus remporté le championnat depuis plus de 15 ans. Reste à savoir si les quelques mois passés au soleil et sous les millions du Golfe ne l’pas rendu l’Ibère fébrile.

Sion, qui compte briller, serait d’ailleurs en passe de signer une nouvelle star dans les heures qui viennent. Alors, le FCB peut-il vraiment dormir sur ses deux oreilles?

04/07/2011

Ottmar Hitzfeld prie pour le Chili

Un an après, on va enfin pouvoir vérifier si le parcours suisse en Afrique du Sud était bel et bien – comme on le craint – un échec. Ce soir à la Copa America, tous les regards seront en effet tournés vers le Chili, appelé à croiser les crampons avec le Mexique (21 h 45). Douze mois après qu’elle eut participé à la déroute suisse au Mondial 2010, qu’est-il advenu de cette équipe?

De loin, de notre Europe privée de grande compétition cet été, on n’en sait plus grand-chose. Si ce n’est que son sélectionneur Marcelo Bielsa s’en est allé et que sa star Alexis Sanchez a littéralement éclaté sous les couleurs de l’Udinese.

Et après? Bonne question! En réalité, les Chiliens ont simplement surfé sur une notoriété qui n’était pas totalement méritée. Comment expliquer que le petit monde du football se soit pareillement enthousiasmé pour une sélection qui ne remporta que deux rencontres (Honduras et Suisse), mais prit deux roustes face à l’Espagne et au Brésil? Cela reste une énigme. Mais c’est maintenant que l’on va savoir si la «Roja d’Amérique du Sud» méritait de telles louanges.

Désireuse de confirmer son statut, la nation 16e au classement FIFA s’appuiera pour ce faire sur sa pépite Sanchez, qui devrait signer dans les heures qui viennent avec le FC Barcelone. Autour de lui, le lutin disposera de soutiens importants. Dans ce registre, les médias locaux attendent énormément du défenseur Arturo Vidal (Bayer Leverkusen). L’homme qui avait fait expulser Valon Behrami à Port Elizabeth serait attendu au Bayern Munich dès la fin de la Copa America. Mais il ne désespère pas de signer un grand tournoi pour décrocher un contrat encore plus doré.

Les Chiliens ont encore d’autres atouts dans leur manche. Matias Fernandez (Sporting Portugal), Luis Jimenez (Cesena), Gary Medel (Séville) et Humberto Suazo (Monterrey) font partie du lot. Les Genevois suivront encore avec un œil avisé les performances des anciens Servettiens Beauséjour (Birmingham) et Valdivia (Palmeiras). Enfin, la révélation pourrait se nommer Marcos Estrada (Montpellier).

Pour que sa réputation ne soit pas entachée, Ottmar Hitzfeld, de son côté, prie pour que le Chili aille loin, très loin. Histoire qu’on ne vienne plus jamais lui rappeler ses (mauvais) souvenirs de juin.