21/03/2011

Kostelic le mérite

Bien sûr, Ivica Kostelic a terminé sa saison sur les rotules, les genoux rouillés et le dos en compote. Reste que le Croate, lauréat du classement général de la Coupe du monde et des classements du slalom et du supercombiné, a été le grand bonhomme de l’hiver. Il a ciselé ses globes avec la précision d’un orfèvre, de… pieds de maître.

A la faveur d’un mois de janvier tout bonnement exceptionnel (six succès, sans compter celui de l’exhibition de Munich), le frère aîné de Janica est allé chercher la récompense suprême, celle dont il n’aurait jamais osé rêver durant son adolescence. «Gamin, je pensais aux Jeux Olympiques ou aux Mondiaux, dit-il. Mais pas à ça. Pour moi, être au sommet du général, c’était tout simplement impensable. Cette place me paraissait inatteignable. Cela ne fait que deux ans que j’y pense.»

A 31 printemps passés et après être plusieurs fois revenu de blessures, il vient de concrétiser ses idées. C’est lui qui s’est approprié le flambeau de meilleur skieur de la planète appartenant jusqu’alors à Carlo Janka. «Remporter le gros globe, c’est, pour moi, le plus grand des succès, dit Kostelic. Ca vaut plus que tous les titres mondiaux.»

Le voici à présent sur un pied d’égalité, ou presque, avec sa «soeurette». A son tour, le natif de Zagreb a gravé ses initiales dans le livre d’or de la Coupe du monde. Pas à pas, il a su construire sa carrière. Comme si rien ni personne ne pouvait venir lui barrer le chemin des plus belles récompenses. Ni les pépins physiques ni les polémiques – des journaux avaient faussement relayé des propos en faveur d’Hitler – ne l’ont abattu. Kostelic est un roc. Dans la tête comme dans les jambes. Forgé et formé par un père ancien handballeur aux rudes méthodes, il a donné sa vie au ski. Et mis de la vie dans son ski.

Aujourd’hui, à le voir défiler dans les rues de Lenzerheide au cours des finales, il donne l’impression d’être un homme plus apaisé que jamais, ayant atteint la sérénité. «Il a réalisé le truc le plus fou de sa carrière, confiait un journaliste croate. Maintenant, Ivica rigole de tout, prend les choses avec une décontraction étonnante. Il renvoie simplement l’image de ce qu’il est: un homme drôle et heureux.»

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Neuchâtel... Xanax?

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De toute son histoire, Neuchâtel Xamax n’a sans doute jamais aussi bien porté les couleurs qui ont fait sa renommée. Aujourd’hui plus que jamais, le deuxième le club romand navigue entre le rouge de la zone dans laquelle il se trouve et le noir qui entoure son avenir.

Sportivement, le groupe déraille, comme en témoigne sa place d’avant-dernier en Super League. En une année, trois entraîneurs – Schürmann, Aeby et Ollé-Nicolle - se sont succédé sur le banc, sans que les résultats ne s’améliorent. Pis, ils sont même plus inquiétants qu’en mars 2010. Le redressement d’octobre dernier n’était en réalité que de la poudre aux yeux.

Quant au recrutement de ces derniers mois, qui promettait monts et merveilles si l’on en croyait alors le président Silvio Bernasconi, est un échec. Force est de reconnaître que Gelabert ou Paito sont loin, très loin, du niveau de leurs passages respectifs à Bâle ou à Sion. Quant à Almerares, il a été incapable de faire le saut de qualité entre Saint-Jacques et la Maladière.

Tiens, l’endroit aussi porte bien son nom! Les petites affaires extrasportives y sont légion. Le grand manitou a récemment renouvelé ses vœux de quitter le club. Hier, il s’est même séparé de son directeur administratif, Philippe Salvi, pourtant Xamaxien depuis 1983! Ah, les années Facchinetti appartiennent définitivement au passé. Un passé glorieux, pendant lequel Neuchâtel faisait rêver.

Aujourd’hui, même une bonne dose de Xanax ne lui assurerait pas de retrouver la lumière. Il y a le feu à «Neuch»!

11:23 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)

09/03/2011

Toute une âme aux Spurs...

Vingt-quatre heures après avoir été bercée par l’irrésistible tempo du Barça, l’Europe du foot n’a pas eu droit à une nouvelle leçon de beau jeu, ce soir. Elle a en revanche découvert une équipe dont l’imperméabilité défensive étonne. Son nom? Tottenham Hotspur. Une troupe au coeur gros comme ça, qui se bat corps et âme. Et qui, en plus d’être solide derrière, possède quelques arguments offensifs laissant augurer un avenir doré. Comme quoi, les clichés ont beau avoir la dent dure, les besogneux anglais d’hier ont mis un peu de poésie dans leur jeu. Tout le monde doit désormais en prendre conscience.

C’est en se défendant comme des damnés, tout en essayant par moments de passer la vitesse supérieure en attaque, que les «Spurs» sont allés chercher leur qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Aussi expérimenté était-il sur la pelouse de White Hart Lane, l’AC Milan n’a pas su trouver la brèche dans l’arrière-garde londonienne. Qui a dit qu’il n’y en avait que pour Arsenal dans la capitale anglaise?

Tottenham a donc tenu bon. Une fois de plus, mais en tremblant jusqu’au bout, histoire de pousser son manager Harry Redknapp à conserver ses joues rouges jusqu’au retour aux vestiaires. On avait déjà remarqué l’équilibre collectif des Anglais au cœur de l’automne, notamment lorsque se révéla Gareth Bale, mais l’impression se confirme à chaque soirée de «Champions». Y compris lorsque le Gallois n’évolue que l’espace d’une demi-heure. Et comme pour prouver, si besoin était, que les «Spurs» sont loin, très loin, d’avoir prononcé leur dernier mot dans cette compétition.

Alors oui, peut-être qu’ils manquent d’un banc de qualité – et ce en dépit du nombre de joueurs étant sous contrat – mais rien n’indique qu’ils ne seront pas la grande sensation de cette édition 2010/2011 de la C1. Certes, leur défense n’a ni de Puyol ni de Vidic à la baguette mais, après avoir beaucoup encaissé en phase de poules, elle vient de signer deux blanchissages contre des Milanais pourtant leaders du championnat d’Italie. Même Gomes, leur inconstant gardien, a multiplié les parades pour préserver sa cage inviolée.

Leur qualification pour les quarts de finale en poche et tous au diapason, les «Redknapp’s Boys» ont aujourd’hui les moyens de leurs ambitions. Voire plus. Et ça, personne ne l’aurait parié!

06/03/2011

Lille de la... sensation

La presse sportive européenne se penche avec étonnement sur le fabuleux parcours du Borussia Dortmund, qui caracole en tête de Bundesliga et devrait sauf cataclysme succéder au Bayern Munich au palmarès national. Mais il est une autre équipe qui épate dans l’un des cinq plus grands championnats du continent: Lille.

Sans véritables vedettes dans son effectif, le groupe dirigé par Rudi Garcia est en train de filer tout droit vers le titre en Ligue-1. Ce qui constituerait son premier sacre depuis… 1954. Ce soir encore, le LOSC est allé imposer son jeu rapide et bien organisé sur la pelouse de Marseille (victoire 1-2), l’un de ses principaux rivaux. Parfois comparé à un Barcelone de seconde zone, le jeu des «Dogues» repose sur un football bien léché, dynamique et un collectif d’une extrême solidité.

S’ils n’ont évidemment pas de Messi ou de Xavi dans leurs rangs, ils peuvent en revanche s’appuyer sur un Mavuba énorme à la récupération et des milieux de terrain qui ne cessent de progresser (Cabaye, Hazard…). Ce cocktail fait trembler la Ligue-1, qui voit ses grands noms tels Bordeaux, Lyon ou Marseille s’essouffler.

Au stade Vélodrome, le LOSC n’a certes empoché les trois points qu’au cœur du temps réglementaire grâce à son joker de luxe Pierre-Alain Frau, mais il a, tout au long du match, fait mal aux Olympiens. Sans une erreur d’arbitrage (penalty oublié) et un réflexe stupéfiant de Mandanda, les Lillois auraient même pu faire la différence bien plus tôt dans la rencontre.

Ce soir, à douze journées de la fin du championnat, seul Rennes est encore sur les talons des hommes de Garcia (49 points chacun). Lyon et l’OM comptent un retard de quatre unités, alors que le PSG est déjà cinq points derrière.

Au petit jeu des pronostics, bien malins ceux qui avaient placé les Nordistes si haut dans le tableau à ce moment de la saison. Mais, pour une fois qu’un candidat crédible au titre de champion de France présente du beau jeu, qui pourrait s’en plaindre?

04/03/2011

Hitzfeld: va-t-on droit dans le mur?

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Ainsi donc, ce qui était à prévoir depuis plusieurs mois s’est confirmé ce matin: l’ASF a décidé de prolonger le contrat d’Ottmar Hitzfeld à la tête de l’équipe nationale. Et ce jusqu’en 2014. «Jusqu’à la Coupe du monde au Brésil», précise le communiqué publié sur les agences de presse.

Or, à ce rythme, le Mondial au pays de Ronaldo se disputera sans la Suisse, tant les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Le choix opéré tout à l’heure par les pontes de Muri ressemble à s’y méprendre à un sacré coup d’accélérateur pour aller droit dans le mur. Depuis plus d’un an, la sélection tourne en rond. Seul un miracle contre l’Espagne en Afrique du Sud a eu lieu. Celui-ci a donc suffi à «Gottmar» pour obtenir un nouveau contrat.

Un comble, quand on sait que, en moins de trois années passées à la tête de la «Nati», l’Allemand a réussi les incroyables performances de perdre contre le Costa Rica, le Luxembourg, le Monténégro et le Chili, ainsi que de ne faire que match nul face aux Maltais et aux Honduriens. Et dire qu’on pensait qu’un entraîneur, fut-il doté d’un solide palmarès, était choisi sur ses résultats…

Si, il y a peu, Köbi Kuhn avait présenté le même bilan que l’ancien mentor du Bayern Munich (11 victoires, 10 nuls, 7 défaites / 35 buts marqués, 24 buts encaissés), nul doute que le peuple entier aurait réclamé sa tête. Seulement, on ne prête qu’aux riches.

Nouveau bail en poche, Hitzfeld a des choses à prouver. Beaucoup de choses à prouver. Ca commencera à la fin du mois en Bulgarie. Avec un slogan: «Vaincre ou mourir». Toujours accompagné de ses idées défensives? Les droits à l’erreur sont épuisés pour un sélectionneur grassement rétribué.