04/02/2011

La ruée vers l'or

Garmisch-Partenkirchen reprend le flambeau. Deux ans après avoir pris leurs quartiers à Val-d’Isère, c’est en Allemagne, cette fois-ci, que les Mondiaux de ski alpin posent leur chapiteau. Deux semaines durant, la station bavaroise sera la Mecque du Cirque blanc, afin de redistribuer les lauriers glanés voici vingt-quatre mois en France. Avec, en vedette principale, la «régionale de l’étape» Maria Riesch, qui devra assumer la lourde pression pesant sur ses épaules. La double médaillée olympique de Vancouver en ayant vu d’autres, elle devrait pouvoir gérer l’attente de ses compatriotes.

Et puis, la grande blonde n’est pas la seule à attirer la lumière. Un an après les JO, c’est d’abord une équipe d’Autriche masculine qui doit se reconstruire à Garmisch. L’expérience canadienne d’il y a douze mois avait fait éclater un véritable malaise au sein de la «Wunderteam». Revenus chez eux les poches vides, Benjamin Raich et ses camarades avaient suscité l’ire de la presse locale et la colère des pontes de la Fédération. Jamais, de toute son histoire, le ski autrichien n’avait subi une telle désillusion, ne parvenant même pas à s’offrir une breloque de bronze! Toni Giger, le grand patron d’alors, qui déclarait avoir «reçu la peine maximale», avait gentiment été prié de céder son poste. «Muté» à un autre étage de l’alpin national, il a dans l’enchaînement été remplacé par son compatriote Mathias Berthold, qui venait d’empiler des résultats satisfaisants avec l’équipe d’Allemagne féminine.

Autant dire que Garmisch-Partenkirchen fait figure de véritable test pour nos voisins, bien désireux de retrouver leur flamme dans les grands compétitions. Au vu des performances signées depuis le début d’exercice, le flop de Vancouver ne devrait pas se reproduire. Pour les athlètes suisses, il n’en est revanche pas question de rachat cette année, mais bien de confirmation. Vainqueurs du tableau des médailles à Val-d’Isère avec un total de six (deux titres, trois d’argent et une de bronze), les Helvètes avaient ensuite réalisé la passe de trois une année plus tard aux Jeux Olympiques (l’or pour Défago et Janka, le bronze pour Zurbriggen), voyant de leur côté les femmes manquer les podiums.

Quid cette année? En dépit des soucis connus par la délégation masculine, le boss Urs Lehmann persiste et signe: «Nous espérons faire aussi bien qu’il y a deux ans», affirme-t-il. Malgré les absences de Didier Défago et de Nadia Styger, blessés, l’ancien champion du monde 1993 croit en les siens. Avec Cuche, Janka et Zurbriggen d’un côté, ainsi que Gisin, Gut et Suter de l’autre, les arguments ne manquent pas, mais on sait également l’incapacité crasse des Suisses à se transcender, même si les éditions d’Are 2007 et de Val-d’Isère 2009 ont eu tendance à tordre le cou à cette réputation.

En ajoutant encore les outsiders Berthod, Grünenfelder et Viletta chez les hommes ou Kamer chez les dames, rien n’est impossible. Mais tout de même; il ne faut pas s’attendre à ce que le drapeau rouge à croix blanche trône au sommet du tableau des breloques. Ce d’autant plus que, derrière l’Autriche, l’escouade américaine - emmenée par la quasi intouchable Lindsey Vonn - fera étalage de tout son «fighting-spirit», que les Italiens peuvent tirer leur épingle du jeu et que les Français sont loin d’avoir dit leur dernier mot.

Une chose apparaît toutefois certaine à quelques heures du départ du super-g dames, épreuve inaugurale des Mondiaux: cette cuvée 2011 devrait être littéralement passionnante. Mais qui donc en sera le héros?

03/02/2011

L'étincelle d'Ottmar

On est aujourd’hui tous en droit de se poser la question, et la Tribune de Genève l’a fait dans son édition de mercredi dernier: faut-il encore croire en Ottmar Hitzfeld? A l’heure où l’ASF s’apprête, de manière totalement stupide, à prolonger jusqu’en 2014 le bail du sélectionneur national, il est en effet venu le moment de poser sérieusement la question de la crédibilité actuelle de l’ancien mentor du Bayern Munich.

S’il fallait répondre maintenant à l’interrogation susmentionnée, la réponse serait non, trois fois non. De un car le bonhomme coûte (très) cher. De deux car ses résultats à la tête de la Suisse ne sont pas convaincants et on en veut pour preuve les qualifications de l’Euro 2012 dans lesquelles sa troupe est en fâcheuse posture. Enfin, troisièmement, car ses choix ont suscité à plus d’une reprise de gros questionnements dans le paysage du foot suisse.

Il est vrai que, quand on est incapables de battre le Honduras et qu’on s’en va perdre au Monténégro, on ne mérite pas de conserver sa place de travail, qui plus est avec des émoluments dépassants les 2 millions de CHF par année. Tout cela est bien clair.

Reste que, ce matin, «Gottmar» a fait quelque chose susceptible de redorer un peu son blason; il a convoqué Blerim Dzemaili en équipe nationale. Enfin, depuis le temps qu’on réclamait la présence de l’ancien Zurichois sous le tricot rouge à croix blanche! Pour aller affronter Malte en match amical, Hitzfeld a décidé de donner sa chance au Parmesan qui, on peut en être certains, ne la laissera pas passer. Reste ensuite à la renouveler, notamment pour aller gagner en Bulgarie à la fin du mois de mars.

Après plus d’une année et demie d’errance, la Suisse est peut-être en train de se retrouver un véritable meneur de jeu, un leader d’équipe. Avec Hakan Yakin, Dzemaili est en effet le seul joueur muni d’un passeport rouge à croix blanche à savoir livrer une passe décisive et à faire des étincelles dans le jeu. Gageons que cela nous changera des sempiternelles incohérences de Gökhan Inler et de la lenteur de Pirmin Schwelger!

01/02/2011

Soir de Coupe

Mardi soir. Programme TV? Zéro! Agenda? Vide!

Le temps d’engloutir un émincé de veau aux champignons, on se résigne tout de même à zapper sur Eurosport. A l’affiche: Rennes-Reims, un match de Coupe de France de foot. Habituellement, le genre de purge qui t’achève un dimanche soir de lendemain de cuite. Appréhension. Mais la pièce que l’on a mise sur Interwetten en faveur des Bretons nous pousse à rester devant l’écran.

Après tout, le pensum ne doit durer que nonante minutes. Dans une vie, c’est pas grand-chose.

Avant même d’analyser le jeu et la tactique, c’est un bond dans les années quatre-vingt qui nous attend. Numéro 6 breton, Tettey – qui, comme son nom l’indique, est norvégien - arbore une coupe de cheveux qui n’est pas sans rappeler Boney M. Crazy like a fool, le garçon…

Sur la touche, Fred Antonetti n’a rien perdu de sa verve. Il s’égosille dans tous les sens, rend même sympathique le duo de commentateurs, qui se régalent de ses envolées lyriques et de sa moue boudeuse.

Le sport? Nonante minutes se transforment en cent vingt, lorsque Rennes a la bonne idée de revenir sur Reims, pourtant 19e de Ligue-2, de 1-3 à 3-3. Le match? Finalement très plaisant. Mieux que certaines grandes affiches de Ligue des champions qui ont trop souvent l’habitude de tourner en eau de boudin. Les deux penalties arrêtés par le portier champenois Agassa n’y sont pas pour rien.

Au bout de deux heures de jeu, Reims crée une nouvelle sensation en Coupe de France (3-4). Devant la qualité du spectacle, on a refusé d’ouvrir le gaz. En revanche, lorsque le journaliste de terrain s’en est allé recueillir les réactions des heureux vainqueurs, on a eu une hésitation. L’imbécilité incarnée d’une quinzaine de footballeurs ayant tous allégrement franchi les vingt printemps se comportant comme des ados pré pubères devant une caméra de télévision fait peur.

Le foot rend riche et célèbre, oui. Mais ce n’est pas pour autant qu’il rend intelligent. On en a eu une nouvelle preuve irréfutable, ce soir.

Pour ce qui est du constat sportif, on s’aperçoit que, une fois encore, la Coupe de France est lieu de toutes les surprises. Plus que partout ailleurs en Europe. Le signe, si besoin est, que la frontière entre la réussite dans un club pro et la carrière dans un club amateur avec un métier en parallèle est parfois plus infime qu’on le croit.

Torres: comme un bleu

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Le marché hivernal des transferts a livré hier soir ses dernières flèches. Il avait jusqu’à minuit pour s’animer et cela n’a pas manqué. Après un mois de léthargie, durant lequel seule l’arrivée à Manchester City du buteur Edin Dzeko (Wolfsburg) avait un peu remué les médias, tout a été bouleversé en quelques minutes.

Le temps pour Chelsea de mettre en œuvre ses grosses opérations. Le temps pour Roman Abramovich de sortir le chéquier et de faire signer deux grosses pointures. L’une championne du monde – Fernando Torres – et l’autre en devenir – David Luiz.

Le premier cité, ange blond de Liverpool, s’est fait avoir comme un bleu par la patrouille de Chelsea. Les Londoniens lui ont fait miroiter la perspective de devenir champion d’Angleterre et de jouer les cadors en Ligue des champions, alors que ses «Reds» - qu’il disait chérir – ne pouvaient plus rien lui amener cette saison.

Alors, séduit par des sirènes hypothétiques, le joyau espagnol d’Anfield Road a décidé de voguer sous d’autres cieux. Pour plus de 58 millions d’euros, un record pour les «Blues», l’offre était il est vrai difficilement refusable.

Deux questions, néanmoins, subsistent: le champion d’Europe et du monde est-il remis de tous les pépins physiques qui n’ont cessé de lui pourrir la vie depuis deux ans? Peut-il vraiment se faire une place dans l’animation offensive de Chelsea, déjà occupée par Anelka, Drogba, voire Malouda?

La réponse devrait tomber dans les six mois qui viennent. Comme les autres interrogations tournant autour des (rares) têtes d’affiche d’un triste mercato hivernal. Quid de van Bommel à Milan? Quid de Pienaar à Tottenham? Quid de Suarez à Liverpool? Quid d’Adebayor au Real Madrid?

16:01 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (2)

29/01/2011

Contador: (pas) sur ses deux oreilles

Il n’a pas peur du ridicule, Alberto Contador! Alors que la Fédération espagnole de cycliste lui a notifié sa suspension d’une année de toute compétition jeudi dernier, le futur ex-vainqueur du Tour de France 2010 s’entête à vouloir constituer un nouveau dossier pour sa défense. «Je veux prouver mon innocence», a-t-il martelé ce soir en quittant le camp d’entraînement de sa nouvelle équipe, Saxo Bank.

C’est que, dans les dix jours qui viennent, le Madrilène va s’armer d’un bataillon d’avocats afin de lutter contre cette suspension qu’il ne digère pas. Alors qu’il est privé de courses pour seulement une année, Contador veut que justice soit faite et qu’il puisse déjà courir le mois prochain. Mais ne se fouterait-il pas de la gueule du monde, par hasard?

Alors que d’aucuns ont «pris cher» pour des cas de dopage moins avérés que le sien, l’Ibère fait des pieds et des mains pour demeurer blanc comme neige. Or, depuis la révélation de son contrôle positif au clenbutérol le 30 septembre dernier, tout le monde sait qu’il a les mains aussi sales que nombre de ses camarades de la petite-reine, voire du sport en général.

En tout cas, la naïveté confondante des personnes qui osent encore croire en sa défense fait peine à voir. Dans ses analyses, des particules de plastique auraient même été retrouvées. Un fait qui tend à prouver que Contador a manqué son autotransfusion à la veuille de son contrôle et s'est finalement fait prendre la main dans le sac.

En tout cas, si on voit l’Espagnol dans une course officielle cette année, j’aurais de la peine à avaler le morceau. Que ce soit de la viande bovine ou pas, si vous voyez ce que je veux dire…