24/01/2011

Les maux bleus

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Ainsi donc, le tennis français va à vau-l’eau. Pas un seul représentant en deuxième semaine à Melbourne; le constat est affligeant. Les maux bleus sont donc plus graves que nous pouvions le penser à l’entame de cette cuvée 2011. Gaël Monfils et Jo-Wilfried Tsonga, qui rêvent de s’approprier un Grand Chelem cette année? Rien! Respectivement balayés par Stan Wawrinka et Alexandr Dolgopolov, ils n’ont pas su répondre au défi physique dans lequel les ont emmenés leurs adversaires.

Ce n’est donc pas une finale de Coupe Davis qui peut actuellement donner le coup de booster attendu dans les coulisses de la FFT. Si on peut trouver une excuse à Gilles Simon, tombé les armes à la main contre Federer, ses deux compatriotes de la «black connection» ont sombré sans essayer de se relever. Apathiques. Mal en point.

Lâché plus par sa tête que par son physique, Tsonga est loin, très loin, du joueur brillant et sur un nuage qui disputait la finale à Melbourne voici trois ans. Pas assez concerné par ses matches, Monfils est pour sa part beaucoup trop inconstant pour enquiller sept victoires de suite sur une quinzaine.

Alors, évidemment, la presse tricolore va sans doute ressortir de ses tiroirs ses plus beaux fleurons à la veille de Roland-Garros, mais il semble aussi que, à force de les voir s’encoubler, elle ait pris conscience des limites des siens. Dernier (et unique dans l’ère open) vainqueur français d’un Grand Chelem en 1983, Yannick Noah peut tranquillement dormir sur ses deux oreilles.

Car, pendant ce temps-là, le tennis masculin n’évolue pas spécialement. En quarts de finale, on retrouvera les mêmes visages: Federer, Nadal, Djoko et Murray… Mais où est la surprise?

20/01/2011

Wawrinka, de sa fille à Monfils

Tout va bien pour Stanislas Wawrinka. Avec déjà deux tours franchis à l’Open d’Australie, et ce sans égarer le moindre set, le Vaudois poursuit son prometteur bonhomme de chemin sur les courts des Antipodes. Depuis le début de l’année, il n’a pas subi la moindre défaite.

S’il est évident que, un 20 janvier, cela n’est pas un exploit, il n’en demeure pas moins que, dans sa manière d’aborder les matches et les défis qui se présentent à lui, le numéro 2 helvétique a franchi un cap. Son titre à Chennaï l’a prouvé et sa maîtrise du jeu contre le Bulgare Dimitrov n’a fait que le confirmer.

Sous la houlette de Peter Lundgren, Wawrinka semble être parti pour prendre une autre dimension. Même les gros titres de la presse, consécutifs à sa séparation d’avec sa femme Ilham et sa fille Alexia, ne l’ont pas ébranlé plus que cela. Serein et concentré sur son tennis, il est désormais mûr pour s’attaquer à son prochain adversaire: Gaël Monfils.

Certes, le jeu du Français ne lui a jamais vraiment convenu, comme en témoigne sa défaite en novembre dernier à Valence (6-2, 6-4), mais gravir la montagne tricolore n’est pas impossible. Loin de là. «Ce match, je suis impatient de le jouer», avoue Stan, désormais mû par une envie folle de regagner sa place parmi les 10-15 meilleurs joueurs de la planète.

Si d’aucuns doutent encore de son potentiel et de ses facultés mentales en Grand Chelem, le champion olympique de double peut aujourd’hui répondre que son quart de finale à New York n’était pas un hasard. En septembre dernier, il avait notamment battu plus solide que Monfils, en la personne d’Andy Murray. Après sa défaite au troisième tour de Melbourne il y a douze mois contre Berdych, «Stan» paraît mûr pour l’exploit. On parie?

19/01/2011

Il faut savoir souffrir pour être grand...

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L'adage dit qu'il faut savoir souffrir pour être beau. On pourrait aussi rappeler qu'il faut savoir souffrir pour être grand. Roger Federer le sait mieux que quiconque, lui qui, depuis plus de dix ans, remet chaque jour l'ouvrage sur le métier pour rester au sommet du tennis mondial. Ce matin encore, le géant bâlois s'est offert quelques sueurs froides, au coeur de la Rod-Laver Arena.

Son deuxième tour de l'Open d'Australie aurait pu tourner au cauchemar, si son expérience ne lui avait pas permis de faire la différence dans les derniers instants face au coriace Gilles Simon, au bout d’un match engagé long de cinq manches et près de trois heures de jeu.

Après deux sets menés tambour battant, la mécanique helvétique s'est en effet mise à toussoter. Un peu moins bien sur ses appuis, un peu moins tranchant dans ses (trop rares) attaques, le numéro 2 mondial a également vu le Français réagir avec conviction, comme si celui-ci avait pris conscience de la probabilité de l’exploit. «Je n’ai jamais remporté un match après avoir été mené deux manches à zéro, relatait Simon. Je me suis alors dit que ce serait un miracle que cela tombe sur lui…»

Et, bien qu’il ait flirté avec, ledit miracle ne s’est pas produit. Embarqué dans un cinquième set de tous les dangers, Federer a finalement su forcer la décision, même si Simon, courageux comme pas deux, sauva encore quatre balles de match, dont l'une sur un passing qui fit "let" et retomba sur... la ligne. «A un moment donné, Roger a encore su élever son niveau, poursuivait le tricolore. Et moi, au même moment, je ne pouvais plus…»

Le doute passé, le recordman du nombre de tournois du Grand Chelem remporté, poussait un ouf de soulagement: «Je suis content de m’être qualifié, glissa-t-il en conférence de presse. Il y a des choses positives à retenir de ce match.»

Notamment le principal, à savoir qu’un troisième tour l’attend, plutôt qu’un billet retour pour sa Suisse natale. Le fait d’avoir vécu mille tourments ce matin va peut-être grandement aider Federer à aborder la suite de ce tournoi. Il ne pourra ainsi pas être surpris, s’il va plus loin, le jour où il égarera une manche. L’époque où, comme en 2007, il remportait l’Open d’Australie sans lâcher un set, est révolue. Celle où il est candidat à un titre en Grand Chelem ne l’est pas encore. A moins que le malicieux Malisse, son prochain adversaire, ne vienne lui mettre des bâtons dans les roues?

 

 

 

13/01/2011

Vous êtes trentenaire? Au revoir!

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Les temps sont durs pour qui a les articulations qui grincent. A trente ans déjà, certains athlètes se retrouvent sous la guillotine de leurs employeurs car leur passeport date des années 70. Un tort dans le milieu sportif, où les marques du vieillissement ne se corrigent pas avec une pointe d’Oil of olaz. D’un côté il y a Julien Lizeroux, le skieur français, qui doit tirer un trait sur le slalom de Wengen car ses genoux sont en compote et, de l’autre, il y a les footballeurs, dont les performances s’essoufflent.

En cette période de mercato hivernal, aussi triste est-il vu le peu de mouvements aperçus, le statut de plusieurs trentenaires est remis en question. Pêle-mêle, les noms de Mauro Camoranesi, Sidney Govou et autre Mark van Bommel risquent de valser. La raison? Leur club ne compte plus vraiment sur eux.

Pourtant accueilli comme une véritable star à Stuttgart, l’Italien – champion du monde en 2006 – n’a pas tenu six mois en Bundesliga. Le club souabe n’en peut plus de ses performances en dessous de tout. En sept apparitions, Camoranesi n’a marqué les esprits que par la grâce d’un carton rouge. Un bilan désastreux pour qui était encore aligné lors de la dernière Coupe du monde! «Si Mauro trouve une équipe, on pourra évoquer sans problème la question d’un transfert», a souri Fredi Bobic, le directeur général du VfB.

Toujours en Allemagne, Mark van Bommel ne sait pas si son avenir au Bayern Munich se dessinera encore lors de la deuxième partie de la saison. Le milieu de terrain batave, dont le contrat court jusqu’en juin prochain, pourrait déserter la Bavière avant même la fin de l’hiver. Plus vraiment en odeur de sainteté auprès de son compatriote Louis van Gaal, l’ancien joueur du Barça pourrait se lancer un dernier défi. L’engagement récent de Luiz Gustavo à Munich le pousse vers la sortie. A 33 ans et après avoir évolué en Eredivise, en Liga et en Bundesliga, «MvB» rêve d’un contrat en Premiership anglaise ou en Serie italienne. D’un côté, Stocke City et West Bromwich Albion auraient manifesté un petit intérêt. De l’autre, l’AC Milan, jamais à court de vétérans, et la Genoa seraient à l’affût. «En tout cas, mon portable reste allumé», a fait savoir le Néerlandais.

Plus à l’Est, il en est un dont le numéro de mobile est connu de tous, c’est Sidney Govou. En moins de six mois en Grèce, l’ex-Lyonnais s’est mis tout Athènes à dos. Au Panathinaïkos, plus personne n’ignore ses frasques nocturnes. Et, surtout, plus personne ne veut le voir sur le terrain. Même s’il jure vouloir faire son trou chez les champions hellènes, l’ancien international français ne devrait plus y faire de vieux os.

Moralité: vous êtes trentenaire? Au revoir!

12/01/2011

Mourinho a raison

Elu lundi soir meilleur entraîneur la planète football par un jury composé des capitaines et sélectionneurs issus des 208 fédérations internationales ainsi que par quelques journalistes, José Mourinho, celui que l'on aime ou que l'on déteste (c'est selon), a savouré ce trophée à sa juste valeur. Mais sans trop en faire, en tenant d'abord à remercie les joueurs de l'Inter Milan qui, dit-il, lui ont permis d'être sacré.

C'est en toute modestie (eh oui) que le technicien portugais a célébré sa récompense. Sous les applaudissements nourris de Wesley Sneijder, l'homme qui méritait le Ballon d'or. Et juste après que Pep Guardiola, son homologue du Barça, lui eut tendu une molle poignée de mains.

S'il a pour habitude de voir juste sur le terrain, le «Mou» a également confirmé avoir l'analyse fine en dehors, dans les coulisses. C'est ainsi que, au cœur des salons feutrés du Palais des Congrès de Zurich, à l'heure de répondre à la question: «Auriez-vous voté pour vous comme entraîneur de l'année?», il a répondu: «Le problème, c'est qu'il est impossible de comparer le travail d'un entraîneur de club, comme moi, et celui de sélectionneur, comme le fait Vicente del Bosque (son dauphin au classement). En automobile, est-ce qu'on peut dire qui est le meilleur entre Fernando Alonso et Carlos Sainz? Non. Là, c'est pareil. En plus du trophée de meilleur entraîneur, il devrait y avoir un trophée du meilleur sélectionneur.»

Une fois de plus, Mourinho a raison. La FIFA et France Football doivent se pencher sur l'idée de créer un nouveau prix. On ne peut pas distinguer un homme qui suit ses ouailles au quotidien d'un autre, qui fait du repérage, des essais et ne doit les conditionner que sur des préparations de quelques heures.

Reste une certitude: même si le prix de sélectionneur de l'année avait déjà existé cette année, Ottmar Hitzfeld n'aurait pas été candidat (ok, ok, elle était facile)!