22/12/2010

Lindsey... Vonn à tout faire

Décidément, il y a des gens qui ont été drôlement gâtés par la nature. Et ce à tous les niveaux. Ainsi va Lindsey Vonn, skieuse hors pair de son état, mais également du monde entier. Intouchable sur les pistes, l’Américaine a beau être sortie prématurément mardi matin du slalom de Courchevel, elle n’en a pas moins le Cirque blanc à ses pieds. Avec sa rivale – mais néanmoins amie – Maria Riesch, elles se partagent toutes deux les miettes d’un gâteau nommé classement général.

Mais, outre le fait d’être terriblement douée pour les choses de son sport, l’athlète du Minnesota a d’autres atouts dans sa poche. Dont l’atout charme, une qualité non négligeable. Devenue la véritable égérie de la puissante firme Red Bull, cette fameuse boisson qui donne davantage des ailes aux jeunes en soirée qu’aux sportifs de premier plan, Lindsey, née Kildow, est devenue Vonn à tout faire.

Les couvertures des magazines en papier glacé ne sont plus un secret pour elle, les lauriers de la Coupe du monde encore moins. Les sponsors se l’arrache et, même si elle n’est pas encore décidée, sa reconversion est toute tracée. Sous les sunlights du show-biz. La preuve : on l’a récemment vue imiter Sharon Stone dans une scène mythique de «Basic Instinct», le passage sulfureux en moins (hélas, diront les amoureux de la dame).

Mardi soir, Lindsey hantait encore les travées du Hallenstadion de Zurich à l’occasion de l’exhibition entre Roger Federer et Rafael Nadal. Histoire de donner un surplus de beauté à un public de banquiers cravatés.

Trente ans après l’apparition des difformes athlètes d’Allemagne de l’Est, quel bien ça fait d’avoir de si jolis minois qui font tomber d’émoi le monde aseptisé de l’effort physique…!

18/12/2010

Les Lions passent à la casserole

Début février, les derniers tournants de la Coupe de la Ligue de basket se disputeront sans représentant genevois. La «faute» aux Lions de Genève, qui ont concédé une défaite douloureuse contre Monthey, sur leur propre parquet.

L’avantage de jouer à la maison n’a par conséquent pas aidé la troupe dirigée par Michel Perrin. Celle-ci a fait beaucoup trop de choses de travers pour espérer mieux. Certes, elle s’est inclinée d’un tout petit rien, mais c’est bien car elle a longtemps couru après le score qu’elle a cruellement manqué de lucidité dans les moments opportuns.

Et, très franchement, aucune équipe n’a le droit de s’incliner de telle manière. A moins de deux minutes du terme de la rencontre, les Lions avaient en effet les demi-finales à portée de main. Mais ils n’ont ni su jouer, ni su exploiter les failles offertes par une défense montheysanne qui était alors à hue et à dia.

Au final, la défaite est terrible, mortifiante. Aucun fait de match ne peut venir consoler les Genevois. Même la performance de Ronnie Ross, pour une fois à l’aise – est-ce parce qu’il a débuté le match sur le banc? -, ne consolera pas un groupe qui a peut-être laissé échapper plus qu’un match.

En plus de leur déficit d’intelligence dans la gestion des temps faibles adverses, les Lions n’ont pas été aidés par l’arbitrage. Dans l’ultime quart, une décision incroyable de M. Pizio – qui oubliait (!) un retour en zone des Valaisans – a relancé les visiteurs. Cela n’est pas une excuse, mais ça commence à faire beaucoup dans la balance.

Il se pourrait que les lendemains de cette élimination soient plus difficiles que prévus…

17/12/2010

La Gut de trop?

Depuis le début de la semaine, l’actualité sportive se nourrit des démêlés opposant Lara Gut à Swiss-Ski. Après avoir remis en question les qualités de Mauro Pini, le chef technique des dames, dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport et du Sonntagsblick, la Tessinoise a été punie par la Fédération suisse, qui l’empêchera de prendre part aux épreuves de Semmering, agendées entre Noël et Nouvel-An.

La bombe de Comano a pris acte de cette décision inique de la Fédé, mais n’a pas (encore?) décidé de la commenter. Il s’agit de ne pas ajouter d’huile sur le feu dans les relations déjà compliquées que sa cellule privée entretient avec les hautes sphères de l’alpin national.

Mais, si cette affaire fait encore la «Une» des médias aujourd’hui, il est fort probable qu’elle n’en soit qu’à ses débuts. Et pour cause, ce nouveau souci entre les deux parties est peut-être la goutte de trop (ou, pour le mauvais jeu de mots, la Gut de trop). Celle qui pourrait pousser la double vice-championne du monde à aller courir sous d’autres cieux.

Ce drapeau rouge à croix blanche qu’elle portait voici moins de deux ans à Val-d’Isère après y avoir conquis deux médailles d’argent pourrait prochainement appartenir au passé. Swiss-Ski a-t-elle réfléchi à deux fois avant de clouer au pilori le prodige tessinois? Une fois de plus, les instances dirigeantes du sport helvétique s’illustrent par leurs erreurs. Ce n’est pas la première et, malheureusement, sans doute pas la dernière fois.

Alors que l’Autriche, l’Italie, le Liechtenstein et des pays de l’Est draguent ouvertement la blonde polyglotte, celle-ci sait pertinemment que, au vu de son immense talent, elle n’a pas besoin de la Fédération suisse. Le contraire, en revanche…

15/12/2010

Football espagnol, dopage et poule aux oeufs d'or

C’est bien connu: on ne prête qu’aux riches. Le monde sportif en sait quelque chose, lui qui accable de tous les maux les athlètes moins médiatiques mais laisse en paix les stars. On n’abat pas si facilement que cela la poule aux œufs d’or, fût-elle gravement intoxiquée.

Le football poursuit donc son bonhomme de chemin sous les sunlights, même s’il faudra bien qu’un jour la vérité éclate. Les récentes révélations du Docteur Eufemanio Fuentes («Si je dis tout ce que je sais, on pourra retirer l’Euro 2008 et la Coupe du monde 2010 à l’Espagne») ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Il n’y a pas de fumée sans feu, dit-on. Mais d’aucuns continueront à faire la… sourde oreille aux déclarations fracassantes du maître d’œuvre de l’Affaire Puerto.

Pourtant, en 2006 déjà, le médecin espagnol s’était fendu de premières phrases mettant le feu aux poudres et laissant à penser que le système de dopage mis en place ne concernait pas uniquement les cyclistes de son pays.

A l’époque, la FIFA avait fermé les yeux. Les œillères ont encore épaissi depuis. Comme sur les scandales liés à la corruption (plus que) présumée de ses membres. Il y a quatre ans, des menaces de mort avaient empêché Fuentes d’aller plus loin dans ses confessions. Le football est une telle machine que le prendre à contrepied est devenu impossible. Sous peine d’y laisser sa peau.

Dans la basse-cour sportive, dirigée par de vieux coqs déplumés, la poule aux œufs d’or est chouchoutée, ultraprotégée. Il n’y a guère que l’ultraprovocateur mais génialissime Maradona qui ait été mis sous l’éteignoir, dribblé qu’il fut par une Fédération internationale qui ne goûta pas son retour au premier plan.

Aujourd’hui, les aseptisés Iniesta, Xavi et consorts, placés au cœur de la polémique par le Docteur Fuentes, sont bien trop polis pour être cloués au pilori. Reste que leur entraîneur au Barça, Josep Guardiola, a beau être porté aux nues, il fut positif à la nandrolone en 2001, alors qu’il portait le maillot de Brescia.

Alors, amis espagnols, si Fuentes a raison, gare au retour de bâton!

09/12/2010

Mais qui sera l'homme de l'année?

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Le grand raout est agendé à samedi soir, dans les aseptisés studios de SF1. En direct sur les trois grandes chaînes nationales, le public aura l’honneur de découvrir le nom des sportifs suisses de l’année 2010. L’homme, la femme, l’équipe, le sportif handicapé, la révélation et l’entraîneur de l’exercice seront nommés.

La question principale tourne d’abord au-dessus du «mâle» qui sautera sur le trophée, une année après que Didier Cuche eut «mouché» Roger Federer de quelques minimes voix. Cette année, le Neuchâtelois fait bel et bien partie des candidats, mais son absence de médaille olympique ne devrait pas lui permettre de signer un doublé.

A dire vrai, cinq hommes se dégagent: Simon Ammann, Fabian Cancellara, Dario Cologna, Didier Défago et Carlo Janka. Le premier cité, double champion olympique, vainqueur du général de la Coupe du monde ainsi que du Mondial de vol à skis a tout pour l’emporter. Malheureusement, les magnifiques récompenses susmentionnées ont été glanées en début d’année. Et, dans l’esprit des gens, cela date peut-être un peu. Comme pour Cologna ou Défago, mais le Valaisan a le redoutable honneur d’avoir arraché l’or olympique dans une discipline majeure, la descente.

Cancellara, le turbo du vélo, et Janka, le «Iceman» qui réchauffe les foyers helvétiques par ses exploits, peuvent également être de sacrés clients. Ammann, pourtant, le mériterait. Comme en 2002, année où il avait déjà flambé aux JO.

Reste que ces fameux «Credit Suisse Sports Awards» font parfois tourner en bourrique le spectateur. On se souvient notamment de la nomination scandaleuse de Thomas Lüthi en 2005. Certes, le motocycliste bernois avait été couronné champion du monde, mais c’était en 125 cm3, et, face à lui, Roger Federer avait quasiment tout gagné!

Chez les femmes, il paraît plus compliqué de sortir un nom. Aucune d’entre elles, au niveau suisse, n’a véritablement illuminé le monde. La gymnaste Ariella Kaeslin (déjà lauréate en 2008 et 2009), la coureuse d’orientation Simone Niggli et la triathlète Nicola Spirig sont toutefois en ballotage favorable.

L’équipe de l’année devrait être celles des footballeurs M17 ans champions du monde (même si c’était en… 2009). Enfin, Jean-Marc Berset (sportif handicapé, Nino Niederreiter (révélation) et Dany Ryser (entraîneur) sont favoris dans leur catégorie respective.