06/12/2010

La Suisse peut avoir des regrets

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Un premier sentiment s’est emparé de nous au terme de la finale de Coupe Davis Serbie-France. A voir la joie des magnifiques Serbes au centre de la Beogradska Arena, on ne pouvait s’empêcher de penser que des Suisses auraient pu être à leur place pour décrocher la première Coupe Davis de leur histoire.

Car, ne nous trompons pas, si Troicki a été superbe hier contre Llodra, Stanislas Wawrinka n’a rien à lui envier sur une saison régulière. Comme Roger Federer n’a strictement rien à envier à Novak Djokovic. Avec le Bâlois et le Vaudois ensemble pour défendre la bannière helvétique, il y aurait véritablement de quoi brasser la salade de fruits dans de l’argent. L’ancien numéro 1 mondial, même s’il a conclu sa saison de fort belle manière, peut se ronger les doigts de ne pas être allé épauler ses camarades au Kazakhstan afin de sauver la tête du tennis rouge à croix blanche.

Relégué dans la Zone Europe/Afrique, le groupe suisse devra maintenant attendre deux ans, au moins, avant de chercher à rejoindre la Serbie dans l’histoire. Que de regrets nous habitent ce matin…

03/12/2010

FIFA: l'honneur est sauf!

La première fenêtre de l’Avent s’est ouverte sur une tempête de neige dont Genève se souviendra encore longtemps. La deuxième, elle, a débouché sur un pseudo-séisme footballistique. Si l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar n’est pas une véritable surprise, elle met en revanche encore un peu plus en lumière l’incurie des décideurs de la FIFA.

En nommant organisateurs deux des pays les plus corrompus au monde, l’organisation faîtière du football s’est tiré une balle dans le pied. Le Sepp Blatter marqué et fatigué apparu jeudi 2 décembre à Zurich, avait tout d’un vieux crabe en fin de règne. Mais, en donnant un coup de pouce au pays du Golfe, le Haut-Valaisan s’est pourtant assuré de ne pas devoir faire face à la candidature d’un Qatari pour la présidence de la FIFA dans les quatre années à venir. L’honneur, son honneur, est sauf. Celui de sa Fédération, en revanche…

 

02/12/2010

La France en fait tout un saladier...

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Alors qu'on en fait des tonnes sur la neige, sur l'incurie des TPG et la fermeture de l'aéroport, l'actualité sportive nous pousse à fouetter d'autres chats. On parle FIFA et Coupe du monde, on parle Course de l'Escalade, on parle ski alpin et... on parle encore tennis. Pour la dernière fois de l'année. Après le récital de Roger Federer au Masters, les fines gâchettes de la raquette se retrouvent ce week-end à Belgrade. En jeu: l'édition 2010 de la Coupe Davis. La Serbie accueille la France pour trois jours qui sentent le soufre.

Et les Bleus font tout un Saladier (d'argent) de cette nouvelle finale. Huit ans après leur échec contre les Russes, dont ne s'est jamais remis Paul-Henri Mathieu, battu dans le match décisif, les hommes de Guy Forget n'ont pas envie de rendre les armes. Ils se sont préparés à tout, après que les spectateurs locaux leur aient promis "l'enfer". Face à l'ambiance surréaliste qui les attend, Monfils et compagnie sont armés. Deux semaines de stage leur ont permis de peaufiner les derniers réglages.

Pour la presse française, Gaël Monfils est l'arme numéro 1 de Guy Forget. L'Equipe évoque ce matin "la métamorphose" du Parisien. Au point d'oublier que, celui-ci, reste inconstant. Combien de fois n'a-t-il pas calé au moment où toute la Gaule attendait un exploit de ses mains? Dans la capitale serbe, le protégé de Roger Rasheed est plus que jamais attendu. Mais, durant toute la semaine, le débat a davantage tourné autour du numéro 2 français. La rumeur évoquait la possibilité d'aligner Michaël Llodra, le roi du double, en simple, mais le capitaine a finalement décidé de s'en remettre à Gilles Simon. Pour le meilleur ou pour le pire? "J'ai 50 % de chances d'avoir vu juste", ironise un Forget qui respire la confiance.

Si les Bleus n'ont peur de rien, il en va de même de la Serbie, conduite par Novak Djokovic. Après sa défaite en demi-finales de la Masters Cup, le numéro 3 mondial a rapidement gagné Belgrade pour récupérer. Et, selon toute vraisemblance, il sera épargné le samedi, le double étant l'affaire de Troicki et Zimonjic. Cela lui sied. Pour lui, ce week-end n'est pas qu'un week-end de tennis. "La Coupe Davis est une occasion de montrer au monde que nous sommes des gens fréquentables", s'écrie-t-il. Avec le coeur, la foi et les tripes, on serait presque prêts à mettre une pièce sur les Serbes.

11:36 Publié dans Sports | Tags : tennis, coupe davis | Lien permanent | Commentaires (0)

23/11/2010

La peste Shaqiri

Il va sincèrement falloir qu’il se calme, Xherdan Shaqiri! S’il y a un joueur suisse qui a «choppé» le melon depuis six mois, c’est bien le milieu de terrain du FC Bâle. Propulsé international A avant même d’avoir dix-huit ans et demi, puis convoqué pour la Coupe du monde à pas encore dix-neuf printemps, le lutin du FC Bâle a du talent, bien sûr, mais il doit à présent remettre les pieds sur terre. Sans quoi sa carrière ne restera qu’un feu de paille. Et dire qu’il prétendait vouloir garder les pieds sur terre dans les colonnes du journal Sonntag le 17 juillet dernier…!

On pensait pourtant qu’il n’aurait pas si vite la tête dans les étoiles eu égard à sa petite taille, mais c’est tout le contraire qui est en train de se produire. Depuis sa performance magnifique contre le Bayern Munich fin septembre, Shaqiri joue en dilettante, provoque constamment l’adversaire et simule mieux que personne au moindre contact. Les rumeurs de transfert et le fait de se retrouver en «Une» du Blick lui ont-ils fait perdre les pédales?

Détestable dans son attitude samedi soir contre Servette, le Kosovar d’origine a remis ça ce soir contre Cluj.  Touours par terre, posant systématiquement sa main sur l’arbitre, il doit comprendre que ce ne sont pas quelques capes internationales et cinq rencontres de Ligue des champions qui feront de lui une vedette planétaire. Surtout pas sous le maillot rouge à croix blanche.

Non, Shaqiri, pour l’instant, n’est rien dans l’univers du foot européen. Si ce n’est une promesse qui doit encore bosser et a tant de choses à prouver. S’il rappelle parfois Valbuena, tant par sa taille que par son style, le Bâlois n’a certainement pas le même caractère que le Marseillais.

Le jour où un entraîneur ne l’aura pas dans ses petits papiers, on doute qu’il remettra l’ouvrage sur le métier comme l’a fait le Français lorsque Didier Deschamps s’est installé sur la Canebière et semblait l’avoir cloué au pilori. Aujourd’hui, Valbuena a quasiment qualifié à lui tout seul l’OM pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Dans deux semaines à Munich, Shaqiri le teigneux fera-t-il pareil avec son FCB? La victoire de la Roma sur les Bavarois complique la donne et le caractère de l’international suisse n’est pas une assurance…

17/11/2010

Frei n'a pas rendu service à "Gottmar"

Alexander Frei a donc marqué, ce soir, deux pions aux Ukrainiens. Ses premiers sous le maillot de l’équipe de Suisse depuis le 9 septembre 2009. L’un superbe, l’autre plein d’audace. Cela n’effacera toutefois pas les dernières performances du Bâlois, qui lui ont valu les si médiatisés sifflets de Saint-Jacques. En revanche, la performance signée par le capitaine sur la pelouse du Stade de Genève met encore un peu plus en lumière les erreurs récentes du sélectionneur Ottmar Hitzfeld dans son coaching.

La raison? Simplement que l’affiche contre les Ukrainiens n’a fait que confirmer l’excellente entente entre Frei et Hakan Yakin. Un duo que l’Allemand avait pourtant systématiquement refusé d’aligner dans cette configuration depuis sa prise de pouvoir! En se jouant de la défense adverse avec malice, les deux vieux briscards ont fait tourner en bourrique… leur mentor. Celui-ci, qui s’est si souvent entêté avec Streller par le passé, peut se mordre les doigts. Le mutisme de Frei, devenu sujet de discussion aux quatre coins du pays, n’était peut-être dû qu’à son manque de complicité avec l’autre grand escogriffe du FCB. On peut ainsi légitimement se dire que, en effectuant d’autres choix, l’ancien patron du Bayern Munich aurait pu donner un coup de pouce à ses protégés.

Hélas, on ne refait pas l’histoire. Celle de ce dernier match de l’année 2010 a donné des ailes à Johan Djourou, auteur d’un superbe retour sous le maillot de la sélection. Impeccable dans son placement et intraitable dans le domaine aérien, le Genevois a séduit l’assistance. Avec lui, Grichting, von Bergen, voire Affolter, Hitzfeld peut voir venir. Malheureusement, le train pour l’Euro 2012 semble déjà bien loin. Ce n’est pas un 2-2 contre l’Ukraine qui va transformer la Suisse en ténor du foot continental.