12/10/2010

Et si le Monténégro?

L’incohérence de certains propos nous fait doucement sourire ce matin. Alors que certains «plumitifs» tressaient des louanges à Ottmar Hitzfeld voici encore six mois, tout le monde s’amuse aujourd'hui à le descendre.

Bien sûr, l’Allemand n’est pas l’homme de la situation, mais on le savait bien avant la défaite au Monténégro. Parlant du petit pays qui s’est offert la Suisse sur un plateau vendredi soir, reconnaissons-lui le mérite de la combativité. L’abnégation et le don de soi font partie du langage des hommes de Zlatko Kranjcar.

Alors, à ceux qui prétendent que l’Angleterre ne va en faire qu’une bouchée ce soir, on dit: attention! Rien n’indique en effet que les Monténégrins vont s’offrir en victime expiatoire à des Anglais qui, s’ils ne tirent pas les premiers, peuvent devenir bien naïfs. Certes, Vucinic et ses potes n’offrent pas le football le plus enthousiasmant d’Europe, mais il est diablement efficace. D’ailleurs, personne ne leur demande de briller, mais juste de gagner.

La Suisse ne fait ni l’un ni l’autre. On aurait aimé qu’elle fasse parler d’elle d’une autre manière. La tête dans le sac, plus que dos au mur, elle se raccroche au miracle. Bien sûr, il subsiste un très mince espoir de la voir gagner son billet pour l’Euro 2012. On l’a dit et redit, tout autre résultat qu’un succès ce soir à Bâle contre le modeste Pays de Galles enterrerait ses dernières illusions. A l’heure où ils se cherchent, on aimerait juste dire aux internationaux helvétiques de gagner. Pour Stéphane Grichting, notamment. Modèle d’exigence, modèle de performance, le défenseur valaisan ne mérite pas d’arrêter sa carrière internationale sur un tel échec.

Alexander Frei, buteur muet, va-t-il lui offrir une plus belle sortie?

11/10/2010

"Nati": cinq ans de haut en bas

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Un beau jour, Ottmar Hitzfeld est devenu "Gottmar". Un Dieu. Il le fut à Dortmund, puis à Munich, bien sûr. Il l'est en revanche beaucoup moins du côté de Feusisberg. Dans la grisaille, la Suisse se repose sur les derniers espoirs qui l'habitent de revenir dans la course à l'Euro 2012. Si faibles ce matin que miser sur une qualification serait osé. Voire plus.

Tout indique en effet que le clap de fin est à quelques heures d'être actionné sur l'aventure liant "Gottmar" à l'ASF. S'ils ne gagnent pas mardi soir contre le Pays de Galles, les internationaux helvétiques pourront abandonner leur dernier rêve. Pour Hitzfeld et son capitaine Frei, la "der" prend une "drôle" de tournure.

Mais, plus de quarante-huit heures après la désillusion de Podgorica, les constats sont les mêmes: mauvais coaching, mauvaise entente sur le terrain, manque de leaders...

Cette Suisse-là ne ressemble plus à grand-chose. Et qui, franchement, voudrait bâtir des châteaux en Espagne avec un champ de ruine? Pas grand monde. A force de se voiler la face, le sélectionneur s'est fourvoyé. Même s'il pousse ses joueurs à la gagne demain soir, le jugement ne sera en rien modifié. Pas joueuse, pas plaisante, pas belle à voir jouer, cette "Nati" est loin, très loin, de celle qui avait soulevé 7 millions de personnes à l'automne 2005. Cinq ans, déjà, qu'elle procurait du bonheur en tourmentant la France, puis en allant surprendre la Turquie dans un irrespirable barrage.

A l'époque, Senderos était décisif, Barnetta magique et Vogel donnait les impulsions nécessaires. Même Koebi Kuhn semblait maîtriser les données! Le décor n'est fondamentalement plus le même. Senderos n'est plus là, Barnetta ne l'est qu'à moitié et Vogel est devenu un apprécié consultant TV. Quant à Kuhn, de sa petite retraite zurichoise, il doit scruter les choses avec un petit sourire en coin. Avec la moitié du salaire d'Hitzfeld, il faisait des miracles. Est-ce à dire que le coût de la baguette magique a pris l'envol?

10/10/2010

Le long week-end du foot suisse

Le week-end s’étire tel un éternel pensum pour l’équipe de Suisse. Depuis le camouflet de Podgorica, les minutes ressemblent à des heures. Les questionnements sont nombreux et les réponses absentes. Ottmar Hitzfeld est à bout de souffle. Son mandat ne tient plus qu’à un fil et certains de ses joueurs tirent peut-être leurs derniers feux sous le tricot national. A moins d’un miracle…

Les Suisses doivent d’abord commencer par battre le Pays de Galles, mardi soir. Ce qui ne devrait être qu’une partie de plaisir s’apparente, au vu de ce que l’on a constaté ces derniers mois (mutisme durant cinq matches rien qu’en 2010!), à une mission quasi impossible.

Et, pendant ce temps-là, le Portugal bat le Danemark, la France fait la leçon à la Roumanie et la Russie va s’imposer à Dublin. Evincés en huitièmes de finale de la Coupe du monde, les Lusitaniens semblaient au fond du trou. Les Bleus ont connu l’été que l’on sait, alors que les Russes avaient manqué le Mondial en bafouillant leurs matches de barrage contre la Slovénie. C’est la force des grandes équipes de se relever des échecs, fussent-ils cinglants. De toute évidence, la Suisse ne fait pas partie de ce lot-là…

08/10/2010

La fin d'une époque

Euro 2004, Coupe du monde 2006, Euro 2008 et Coupe du monde. Quatre grandes compétitions et puis s’en vont. Sauf incroyable miracle, les footballeurs suisses n’enchaîneront pas sur une cinquième avec l’Euro 2012. Incapables de marquer depuis quatre rencontres officielles, Alexander Frei et ses amis se retrouvent à des années-lumière de la Pologne et de l’Ukraine, pays organisateurs du prochain Championnat d’Europe.

La faute à leur mutisme offensif bien entendu, mais également à une flopée des mauvais choix et de prestations indigentes de part et d’autre. Si Ottmar Hitzfeld a bien un rôle à jouer dans cette débâcle, le sélectionneur allemand n’est pas seul. Reste que, à l’aube d’un hiver qui s’annonce très long pour le football helvétique, il est l’acteur principal de cette triste fin d’époque.

Terminée en queue de poisson, l’ère «dorée» de la Nati est restée bloquée sur le tarmac de Podgorica, cimetière des dernières illusions suisses. La leçon de l’Afrique du Sud n’a donc pas été retenue par les internationaux et par le staff. La claque est rude pour les trop rares personnages qui se sont montrés à la hauteur—Benaglio, Grichting…

Si elle fait souffrir à l’heure actuelle, la contreperformance signée au Monténégro est peut-être un mal pour un bien. Et si elle permettait à l’ASF d’enfin faire le ménage et de préparer l’avenir. Certes, il va falloir réapprendre la patience, mais le jeu en vaut certainement la chandelle.

Dis, papa, c’est loin 2014?

 

Foot suisse: l'impitoyable claque

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Comment voulez-vous gagner un match en jouant comme ça? Le jugement est peut-être sévère aux yeux de certains, mais l’équipe de Suisse a signé une nouvelle performance indigente au Monténégro. Avec désormais neuf points de retard sur ses hôtes d’un soir, la voilà mal embarquée dans son groupe de qualification en vue de l’Euro 2012. Ce soir, la Pologne et l’Ukraine, pays organisateurs du prochain Championnat d’Europe, paraissent loin. Très loin. Très très loin.

Sans attaque – pathétique Streller, qui ne marque plus depuis TROIS ans en équipe suisse! -, les Helvètes n’ont jamais réussi à prendre à défaut une équipe qui pointe au 40e rang du classement FIFA. Si ce n’est en fin de première mi-temps, au moment où le portier adverse Bozovic, qui n’avait rien d’un clown, détourna trois ballons chauds.

On est curieux de savoir quelles excuses trouveront les acteurs de Podgorica afin de justifier leur mutisme. Même sur un malentendu, cela n’a pas marché. Et Ottmar Hitzfeld va certainement se mordre les doigts durant tout le week-end. Comment transformer ses besogneux en «winners» d’ici à mardi soir, date du match contre le Pays de Galles? La solution ne viendra selon toute vraisemblance pas du quatuor offensif bâlois. Ni Frei ni Shaqiri ni Stocker ni Streller n’ont amené la lumière que souhaitait apercevoir le sélectionneur allemand.

Malgré un bon match défensif, les Suisses se sont laissé surprendre comme des Bleus par Vucinic. La presse avait fait une montagne de l’attaquant de l’AS Roma et celui-ci a filouté. Et pourtant, Dieu sait à quel point il n’a pas le talent de Lionel Messi!

Même privée de son meneur de jeu (Jovetic, blessé), la sélection monténégrine s’est donc jouée des Helvètes. Est-ce à dire qu’elle est devenue une très bonne équipe européenne ou que la «Nati» n’est plus ce qu’elle était? Hélas, on penche pour la seconde solution. Annoncé comme décisif, ce déplacement à l’est de l’Europe n’a pas permis aux Suisses d’avancer. Loin de là.  Et, c’est bien connu, qui n’avance pas… recule.

LES NOTES (sur 6)

Wölfli – 2 – Le remplaçant de Benaglio a oublié de boucher son angle sur le but. Dommage, car ça coûte très cher.

Sutter – 4 – Pour sa première titularisation internationale, le joueur d’origine anglaise s’est très bien comporté. Un concurrent pour Lichtsteiner?

Von Bergen – 2 – Une grosse erreur et Vucinic en profite…

Grichting – 5 – Impeccable, comme d’habitude.

Ziegler – 3 – Meilleur que sur ses dernières sorties, le Vaudois a malheureusement peu apporté en phase offensive.

Shaqiri – 2 – Où était le lutin qui a tourmenté la défense du Bayern Munich il y a une semaine et demie?

Inler – 4 – Pour une fois, le joueur d’Udinese a fait preuve d’une réelle envie d’aller de l’avant, de donner du punch. Hélas, il était bien trop seul dans ses initiatives.

Schwegler – 3 – Une frappe lointaine après un quart d’heure, mais pas grand-chose sinon.

Stocker – 3 – Mal à l’aise sur le flanc gauche. Loin du niveau affiché sous le maillot du FCB.

Frei – 3 – Une belle occasion à la 43e, puis plus rien. Trop de coups de pied arrêtés manqués. Souvent très bas dans son placement, le Bâlois n’a plus marqué en équipe nationale depuis le 9 septembre 2009. Qu’il continue de parler en conférence de presse…

Streller – 1 (de présence) – A enchaîné les mauvais choix. A dû attendre la 43e minute pour gagner son premier ballon de la tête. Une catastrophe. Ridicule!

Barnetta, Derdiyok et Yakin ne sont pas notés...