06/10/2010

Les M21 ans doivent le faire

Mardi matin dans les couloirs de l'Hôtel des Bains de Saillon, l'ambiance était au beau fixe. Les M21 ans s'y étaient réunis quarante-huit heures avant d'entrer de plain-pied dans les barrages en vue de l'Euro 2011. Ce jeudi soir, les rires devront laisser place à l'application. Conduits par un sélectionneur intelligent, le Tessinois Pierluigi Tami en l'occurrence, les "Rougets" ont une opportunité magnifique d'intégrer le club des huit meilleures nations du continent dans leur catégorie d'âge. "Pour nous, c'est la dernière occasion de réaliser quelque chose de grand dans les catégories de jeunes", confiait le gardien et capitaine Yann Sommer.

Après les désillusions de 2006 (Portugal) et de 2008 (Espagne), les Helvètes ne doivent pas manquer la dernière marche censée les emmener à l'Euro danois de juin prochain. Malgré les absences d'Affolter, Costanzo, Derdiyok, Shaqiri et Stocker, tous retenus au Monténégro avec l'équipe A, la possibilité de faire tomber les Scandinaves existe. Ces Suédois ne doivent en aucun cas inspirer la crainte dans les rangs suisses. "Ils ont un peu plus d'expérience que nous et ont la chance d'être pour la plupart titulaires dans leur club respectif", constate Tami.

Reste que, avec des noms tels Ben Khalifa, Gavranovic, Hochstrasser ou Sommer, ses hommes ont le potentiel pour franchir ce dernier cap. "Mais ne prenons pas l'adversaire à la légère, annonce le Genevois Xavier Hochstrasser. Leurs noms ne nous disent rien, mais l'inverse est aussi vrai. Eux ne savent pas non plus qui nous sommes."

Peut-être qu'ils auront mieux appris à connaître les jeunes Suisses, sur le coup de 22 h 15, au terme du barrage aller à Sion. Quatre jours plus tard, les "Rougets" iront défendre leur chance à Malmö. Un petit passage par la Suède avant d'aller au Danemark? Pour rappel, voici huit ans maintenant, c'est non loin de Copenhague que l'ASF avait décroché ses premiers lauriers. C'était grâce aux M17 de Barnetta, Senderos et Ziegler. La brochette M21 de 2010, emmenée par Ben Khalifa, Hochstrasser et Sommer peut-elle faire aussi bien? "Pensons d'abord au barrage et après on verra", lâchent-ils tous en choeur.

04/10/2010

Ces Lions méritent le coup d'oeil

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Avouons-le d’emblée: ces dernières années, le basket genevois de LNA a plutôt fait pitié. Entre des Geneva Devils et un MGS Grand-Saconnex qui erraient comme des âmes en peine dans les bas-fonds du classement, l’amateur de sphère orange avait perdu le goût d’hanter les salles du canton. A force de voir les siens se prendre des claques, l’envie n’y était plus.

Mais le spectateur attendait qu’on lui (re)donne l’envie d’avoir envie. Et, très franchement, au vu de ce qui se dessine du côté des Lions de Genève, il est fort probable que la passion revienne. Oh, bien sûr, ce n’est pas en un petit match que le nouveau club genevois a pu prouver qu’il bataillera avec les meilleurs sur la longueur, mais sa performance de samedi dernier contre les Lugano Tigers, champions de Suisse en titre, laisse augurer des lendemains qui chantent.

On ne parle bien sûr pas de titre national, mais plutôt d’une participation encourageante aux play-offs. Il faut y aller pas à pas dans la construction d’un club qui veut aussi marquer son identité genevoise. D’abord les quarts, ensuite les demi, puis…?

A Genève, on doit aussi (ré)apprendre l’humilité. Les années fastes connues par les Geneva Devils les ont peut-être submergés par moments. Il semble que, après leur participation à la finale du championnat en 2005, ils aient perdu pied.

Cinq ans plus tard, les Diables ont sombré en enfer. C’est au tour des Lions de sortir leur plus belle crinière pour s’en aller défier les Tigres de Lugano, Fribourg-Olympic, Vacallo et les Birstal Starwings, les quatre prétendus cadors de LNA.

Une défaite d’un point a sanctionné leur entrée dans l’élite, mais, devant neuf cents spectateurs tous enchantés au terme de la rencontre, les Genevois ont peut-être remporté leur plus dure rencontre: fidéliser un public. Reste à confirmer pour que ce 2 octobre ne reste pas comme une réussite sans lendemain…

03/10/2010

La dernière chance de la Suisse

 

 

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Oublions le parcours du FC Bâle en Ligue des champions. Oublions le périple européen de Lausanne. Pendant une semaine et demie, la Suisse du football va tourner son regard en direction de son équipe nationale. A partir de ce lundi soir 4 octobre, les internationaux réunis par Ottmar Hitzfeld prendront leurs quartiers du côté de Feusisberg. Pour quelques jours de stage avant le grand saut en direction de Podgorica.

C’est que, les 8 et 12 septembre, la Nati, puisque c’est d’elle dont il s’agit, joue son avenir dans les qualifications de l’Euro 2012. Tout autre résultat que deux victoires ternirait grandement son horizon, déjà quelque peu encombré. La défaite cinglante concédée le 7 septembre contre l’Angleterre a réveillé les vieux démons d’une non-qualification pour un tel événement. Depuis 2004 et son immersion dans le Championnat d’Europe portugais, la Suisse n’a plus manqué la moindre grande compétition. Rater le train en direction de la Pologne et/ou de l’Ukraine constituerait évidemment une déception énorme pour Alexander Frei et ses petits camarades.

Alors, la question qui se pose à moins d’une semaine du déplacement au Monténégro est de savoir s’il faut réellement craindre cette sélection de l’est. A priori, non. Une équipe qui a pris part au dernier Mondial, même sans y briller, n’a pas à trembler face à un groupe qui, comme fait d’armes, ne possède en gros que deux succès récents, contre le Pays de Galles, puis la Bulgarie. Mais, car il y a un mais, ces Helvètes ne sont plus ce qu’ils étaient. Et, a contrario, les Monténégrins, emmenés par Boskovic et Vucinic, respirent la confiance. Là se situera peut-être la différence vendredi soir, au moment où les uns comme les autres joueront gros. Si une défaite ne condamnerait en rien les espoirs des locaux, c’est tout l’inverse, on le répète, pour la Suisse.

Alors, prudence, car le Monténégro possède des armes capables de faire rompre la troupe de Hitzfeld. On pense notamment au latéral Zverotic (Lucerne). Le boss de la Nati, d’ailleurs, joue très gros sur le bourbier de Podgorica. Saura-t-il, comme il le fit en Grèce voici deux ans maintenant, permettre à ses hommes de se transcender et d’inverser ainsi le cours d’une histoire bien mal engagée? Il ne tient qu’à lui de faire les bons choix. Contrairement à ceux qu’il effectua un certain 25 juin dernier, à l’heure où il s’agissait de terrasser cette incroyable – on ironise, bien sûr – équipe du Honduras.

30/09/2010

C'est Con...tador!

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Voilà qui est fait! Alberto Contador a été pincé à un contrôle antidopage. Revers de la médaille du monde cycliste, la nouvelle n'étonne pas tant que ça, mais, pour une fois, on a vraiment l'impression que l'Espagnol est victime de ses nombreux détracteurs. Le communiqué de presse dit en effet ceci: "La concentration trouvée par le laboratoire a été estimée "à 50 picogrammes (ou 0,000 000 000 05 grammes par ml), soit 400 fois moins que la concentration que les laboratoires antidopage accrédités par l’AMA doivent pouvoir détecter..."

C'est à se demander jusqu'à quel point les laboratoires ont ciblé le récent vainqueur du Tour de France. Au vu de la quantité minime trouvée dans ses urines, la thèse avancée par Contador pour expliquer ce contrôle positif - "une contamination alimentaire" - pourrait être accréditée. Face à ce constat, on se demande s'il n'est pas venu le moment de sauver Contador, pris dans la nasse d'un sport qui va à hue et à dia. Reste que, contrairement à un certain Urs Zimmermann, il paraît clair que le Madrilène n'a jamais fait une Grande Boucle au birchermüesli...

 

29/09/2010

Que peut-on reprocher au FC Bâle?

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Dans l'esprit des Bâlois, c'était un soir de rêve. Mais d'aucuns imaginaient qu'il allait tourner au cauchemar. Et puis non... ou presque. Ce choc FC Bâle-Bayern Munich, affiche magnifique pour les Rhénans, a laissé la trace d'une belle rencontre qui engendrera néanmoins une grosse frustration dans la tête des champions de Suisse.

Après leur défaite 2-1 à Cluj, ceux-ci étaient promis à se prendre une décullotée magistrale face aux finalistes de la dernière édition de la C1. Mais avec le coeur, les tripes et un Xherdan Shaqiri en forme olympique, le FCB est allé chatouiller jusqu'à la moelle les ambitions bavaroises. Une action d'école combinée entre le lutin d'origine kosovare, Marco Streller et Alexander Frei - tiens, tiens... - débouchait sur un 1-0 quasiment inattendu.

Huit ans plus tard, le Parc Saint-Jacques redécouvrait l'ivresse des soirées européennes. Comme en 2002, lorsque son club de coeur faisait vaciller Liverpool. Depuis lors, le FCB en avait connu de tels moments, mais était (trop) souvent passé à côté. Sous la coupe de Thorsten Fink, un ancien de la maison Bayern, les Bâlois avaient décidé de prendre le match à bras-le-corps. Histoire de ne pas avoir de regrets. Actifs, courageux, très en jambes (à l'exception de Huggel), ils auraient même pu doubler la mise contre des Allemands à côté de leurs crampons car déstabilisés par la fougue adverse.

Et puis, peu avant l'heure de jeu... Patatras! Les rêves de victoire et de relance dans cette Ligue des champions s'effondraient lorsque le "brave" Beni, dont la finesse n'a jamais été le fort, crochetait Thomas Müller. Penalty transformé par Schweinsteiger. Certes, la faute n'était pas manifeste, mais il y avait bel et bien eu contact entre Huggel et le meilleur buteur du Mondial.

Coup de massue sur les têtes rhénanes. Si Frei bénéficia d'une belle occasion de doubler la mise, c'est le Bayern qui allait pourtant crucifier ses hôtes d'un soir à quatre minutes du coup de sifflet final. "Schweini", encore lui, bénéficiait d'une double erreur de Safari (faute stupide, puis marquage défaillant) pour mettre le 1-2.

Battus et sans doute abattus, les champions de Suisse ne méritaient pas ça. Pour une fois qu'ils avaient fait preuve d'un réel allant dans une confrontation européenne, un petit point, au moins, aurait été une récompense logique. Avec zéro point dans ses valises avant d'embarquer pour Rome, où l'attend une "Louve" blessée, le FCB fait grise mine. "Mais la deuxième place du groupe demeure notre objectif", assure son mentor Thorsten Fink. Avec ce que ses hommes ont montré hier soir, l'Allemand a raison de viser haut. Mais, franchement, revenir du néant tiendrait du miracle.