26/09/2010

La maturité vaudoise fait barrage à Servette

Remember 2 juin 1999. Samedi dernier, le jour-J était tombé et tout, même la pluie, tenait à faire en sorte que ce nouveau derby lémanique digne d'intérêt se révèle à la hauteur des nombreuses attentes d'un public qui renaît depuis quelques mois à l'ambition et à la passion. Ce 25 septembre 2010 devait sonner comme le retour au premier plan d'un football lémanique qui a tout vu et tout vécu en une petite décennie.

Aux sommets de la fin du XXe siècle avaient malheureusement succédé les années noires du début du XXIe. Mais, à force de courage et de travail, Servette et Lausanne sont en train de se réinstaller sur la route des succès. Petit à petit. Leur rencontre en haut de la Challenge League avait déjà remué les médias durant toute la semaine. Beaucoup d'encre avait coulé à la veille de ce choc. Les rappels des matches historiques, la découverte d'un Genevois qui marque pour le camp adverse, les grosses envies d'un patron grenat qui rêve de Ligue des champions, etc.

Et, samedi soir, après un premier quart d'heure décousu, le foot romand a connu une soirée dont il est sorti vainqueur. Oui, malgré quelques petites erreurs çà et là, Servette et Lausanne ont offert un match de très bonne facture. N'en déplaise aux esprits chagrins, les nonante-cinq minutes proposées par les deux plus grands clubs lémaniques ont été plus intéressantes que bien des matches de Super League cette saison!

Entre un SFC prêt à tout pour fidéliser près de 15'000 spectateurs et un LS bien désireux de justifier son statut d'européen, l'enjeu en a valu la chandelle. Eudis pensait avoir fait le plus dur à la 58e minute. C'était oublier à quel point Jocelyn Roux est malin. De la tête, puis du gauche, l'ancien Carougeois a fini par terrasser les espoirs genevois. Tout comme son partenaire Anthony Favre, gardien en forme olympique, l'attaquant a dégoûté des Grenat un peu trop naïfs. La maturité et le métier vaudois ont parlé. Avec un Celestini qui se promène à ce niveau, Lausanne est allé chercher trois points qui, dans son esprit et dans ses jambes, agissent comme un incroyable coup de boost.

De son côté, Servette peut certes ruminer sa déception et sa passivité après le 1-0, mais les Genevois peuvent tirer beaucoup de cette défate. Ils ont vu qu'il ne leur manquait pas grand-chose pour, à leur tour, aller chatouiller les mollets de Lugano, autre prétendant à la montée. Devinez donc pourquoi on se réjouit du match retour à la Pontaise...

17/09/2010

Cher Alexander Frei...

Cher Alexander,

Depuis dix ans que je suis dans ce métier, nous nous sommes croisés une demi-douzaine de fois, vous et moi, sans vraiment avoir l’occasion d’échanger, à part les politesses légitimes. La première fois, je m’en souviens très bien, c’était à l’occasion d’un match du tour final de LNA entre Servette et Bâle. Il neigeotait sur les Charmilles. C’était en 2001, c’est dire…

Il y a près d’une année, même sans parfaitement vous connaître, j’avais néanmoins dressé un portrait vous rendant attachant – je crois - dans les colonnes de la Tribune de Genève (http://www.tdg.ch/actu/people/alexander-frei-lorgne-afrique-2009-10-08).

Douze mois plus tard, mes écrits sont moins doux. Dans les divers médias pour lesquels je collabore, ainsi que sur mon blog, j’ai à plusieurs reprises tiré à boulets rouges sur votre petite personne. C’est peut-être sévère, mais une bonne partie de nos compatriotes pense comme moi. Je ne suis pas un docteur ès football, mais force est de reconnaître que vos performances internationales sont en dessous de tout actuellement.

Attention, je n’oublie pas ce que vous avez apporté à l’équipe de Suisse par le passé, mais reconnaissez au moins que vous n’avancez plus depuis plusieurs mois. Ca, tout le monde pourrait l’accepter autour de vous, car les bons et loyaux services rendus ont été assez importants pour que personne ne les omette. Il se trouve malheureusement que vous ne cessez de parler et de vous croire supérieur aux autres. A tel point que, à force d’user et d’abuser de la «Méthode Coué», vous êtes devenu désagréable. Arrogant.

Bien sûr, votre côté gagneur a souvent fait votre force, mais aujourd’hui il vous dessert. Plus personne n’ose croire en vos déclarations fracassantes. Plus personne n’ose croire en vous sous le tricot national. Et pourtant, Dieu sait si vous brillez en Super League. Mais, dès le moment où vous sortez des frontières suisses, vous n’y arrivez plus. Cela ne fait pas honneur à notre football.

Maintenant, on sait l’équipe nationale dos au mur à moins d’un mois du voyage vers Podgorica. Vous, l’ancien chasseur de buts, vous l’ancien renard des surfaces, êtes attendu au tournant. Alors, avant de céder une bonne fois pour toutes votre place à Ben Khalifa et compagnie pour les qualifs du Mondial 2014, par pitié, faites-moi taire et faites-moi passer pour un c... En inscrivant un doublé au Monténégro et en qualifiant la «Nati» pour l’Euro 2012. Hélas, je crois franchement que ce n’est qu’un rêve…

 

10/09/2010

Une "ola" pour Ollé-Nicolle?

021015_XAM203 XAM_20472f3e.jpgL’équipe de Suisse a joué, perdu et Hitzfeld a débriefé. Il a même trouvé le moyen de nous faire croire que le duo Inler-Schwegler dans l’entrejeu était une paire d’avenir. Il est fort, l’Allemand! Mais, derrière les cruelles réalités d’une sélection nationale qui est désormais dans l’obligation de gagner à Podgorica le 8 octobre, il existe aussi un championnat nommé Super League, qui reprend ses droits ce week-end.

Bien entendu, tous les regards se tournent vers Neuchâtel Xamax. A force de faire la «une» grâce aux scandales à répétition qui jalonnent son quotidien plutôt que grâce à ses victoires, le deuxième club romand en a marre. Il aimerait bien qu’on parle de lui pour autre chose. Le tout récent changement d’entraîneur intervenu voici deux semaines devrait lui permettre de retrouver des couleurs. En engageant le Français Didier Ollé-Nicolle, Sylvio Bernasconi a abattu sa dernière carte. Le nouveau mentor sort certes d’une expérience mitigée – déjà en «rouge et noir» - à Nice, mais est avide de revanche. A la Maladière, il ne veut surtout pas tomber dans l’anonymat.

Et, disons-le franchement, l’affiche que lui propose le calendrier ressemble à une véritable aubaine. Sa nouvelle équipe reçoit… Saint-Gall, une lanterne rouge en péril. Affichant le même bilan que les «Xamaxiens», les «Brodeurs» doivent sortir la tête de l’eau. Eux aussi. Pour Ollé-Nicolle, tout autre résultat qu’une victoire serait un cataclysme. Il n’emporterait certes pas ses espoirs de redresser «Neuch’», mais laisserait le sentiment que le chantier auquel il s’attelle est beaucoup plus conséquent qu’attendu. En revanche, avec trois unités dans sa besace, le Français distancerait son adversaire du jour et recollerait un tout petit peu avec le ventre mou. Les 12 spectateurs présents dimanche après-midi (16 h) dans l’antre neuchâtelois lui réserveront-ils une «ola» ou une bronca?

08/09/2010

Foot suisse: le juste prix

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Une nuit est passée et voilà que la Suisse doit digérer sa défaite. Oh, bien sûr, on ne s’attendait pas à ce que cette équipe-là s’en aille terrasser l’Angleterre. Mais, au vu du match d’hier soir, elle peut nourrir bien des regrets. Pas seulement car elle a terminé à dix suite à l’expulsion stupide, mais justifiée, de Stephan Lichtsteiner, mais surtout car son adversaire n’avait pas l’étoffe d’une grande nation. Ce constat peut paraître sévère, eu égard à la facilité que les Anglais ont eu à se balader dans l’arrière-garde helvétique, mais la défense fabriquée de toutes pièces par Fabio Capello n’avait pas de quoi provoquer des cris de terreur.

Non, la paire Jagielka-Lescott était d’une extrême faiblesse. Seulement, face à elle se trouvaient un Frei hors-sujet et un Derdiyok pas concerné par l’enjeu. Ca fait beaucoup. Trop, sans doute, pour Ottmar Hitzfeld qui doit s’arracher ses derniers cheveux. Et voilà que le sentiment né d’une autre performance pathétique contre le Honduras le 25 juin dernier est encore renforcé en ce 9 septembre, lendemain d’un hier décevant. A savoir que cette Suisse-là ne joue plus au ballon. Il y a près de cinq ans, sous l’ère Kuhn, c’est elle qui avait fait le jeu à deux cents à l’heure face à une équipe de France qui allait flirter avec le titre mondial six mois plus tard. C’est elle, entreprenante et séduisante, qui allait titiller les Bleus dans leurs bases arrières, sans craindre le retour de manivelle. Cissé marqua, mais Magnin, bien aidé par Thuram, réagissait. La Suisse vit le Mondial 2006 de l’intérieur. Ce qui pourrait ne pas être le cas avec l’Euro 2012. Au rythme où vont les choses, et avec les six points déjà pris par le Monténégro, l’affaire est mal embarquée.

Hitzfeld, dont tout le monde loue la justesse de choix (qui ne sont pourtant jamais cohérents!!!), doit maintenant faire les bons. Ne plus s’entêter, mais plutôt confier les clés de son équipe aux vieux briscards qui valent le coup (Grichting, notamment) et aux jeunes qui poussent (Shaqiri… Ben Khalifa?).

Hier soir, si d’aucuns peuvent regretter que l’arbitre n’ait pas vu une faute manifeste sur Streller dans la surface de réparation anglaise, il n’y a en revanche pas à ergoter sur le dénouement du match, ni sur le carton rouge attribué à Lichtsteiner. L’expulsion, avec Monsieur Rizzoli, c’était le… juste prix.

07/09/2010

Les Anglais ont tiré les premiers...

Ca y est... L'Angleterre s'est offert sans surprise la Suisse, ce mardi soir à Bâle, en phase qualificative pour l'Euro 2012. 3-1. Le score est sans appel et la différence avait déjà été faite après dix minutes de jeu par l'entremise de Wayne Rooney, qui avait débloqué le tableau d'affichage en profitant de la passivité de la défense helvétique. Certes, on ne refera pas le match, mais en tirant les premiers, les protégés de Fabio Capello s'étaient ouverts la voie des trois unités. Après deux rencontres, ils se partagent la tête du groupe G en compagnie du Monténégro, impressionnant. La Suisse, qui disputait son premier match et a été privé d'un, voire deux penalt(ies), reste donc bloquée à zéro point. Et son avenir, qui passera notamment par Podgorica le 8 octobre, ne s'annonce pas brillant...

Et si on attribuait des notes (sur 10)?

BENAGLIO - 6 - Pas vraiment à son aise, peut-être la tête à son futur bébé, le brillant portier argovien a été abandonné par les siens sur le but de Rooney. Malgré une bonne parade sur une frappe de Johnson, il ne s'est pas montré décisif. A relever que le troisième but est en partie pour lui, car son placement n'est pas parfait.

LICHTSTEINER - 2 - Pas lucide pour un centime, le latéral droit a coûté cher à son équipe en se faisant bêtement expulser pour deux cartons stupides. Le premier pour contestation, le second pour une faute qu'il n'aurait jamais dû commettre, son vis-à-vis ayant perdu le ballon. Jamais bien placé durant son passage d'une heure sur le terrain, Lichtsteiner ne sera pas présent au Monténégro. Cela sera l'occasion pour Hitzfeld de dénicher un remplaçant valable.

GRICHTING - 8 - Il s'est une fois de plus comporté en patron. On regrettera juste qu'il coupe le hors-jeu sur le 3-1 signé par Bent.

VON BERGEN - 6 - Parfois en retard dans son alignement avec Grichting, le Neuchâtelois de Cesena a alterné le bon et le moins bon, mais sa performance reste correcte.

ZIEGLER - 3 - Décevant, une fois de plus, le Vaudois laisse filer Johnson sur le 1-0 et n'est pas aligné sur le deuxième but anglais. Son apport offensif est resté bien pauvre.

MARGAIRAZ - 4 - Paraît-il qu'il avait marqué des points contre l'Australie. Eh bien il aura perdu tout crédit cinq jours plus tard...

SCHWEGLER - 3 - Transparent... Que dire d'autre?

INLER - 5 - Par moments, il est capable de faire de belles choses. Le reste du temps, il semble tête en l'air!

DEGEN - 6 - Curieusement sorti après l'heure de jeu, il avait pourtant réalisé un excellent début de seconde période, sonnant notamment le réveil helvétique après le thé.

DERDIYOK - 3 - Apparu peu, voire pas du tout, concerné par l'enjeu, le buteur du Bayer Leverkusen est passé à côté de son sujet.

FREI - 4 - Il s'est tout à coup secoué en début de deuxième mi-temps, mais cela est resté insuffisant.

SHAQIRI - 6 - Une superbe entrée et un but magnifique sont venus ponctuer une brillante entrée en jeu dans des circonstances pourtant difficiles.

STRELLER - 5 - Une entrée correcte. Sans plus, mais la Suisse fut vite réduite à dix...

COSTANZO - Non noté -