07/09/2010

Une dernière danse pour la France?

061718_XFM109_36f91f10.jpg

"Je veux juste une dernière danse. Avant l'ombre et l'indifférence..."

Les paroles de la chanson reviennent forcément en tête à quelques heures du match Bosnie-France, déjà décisif pour les "Bleus" dans la course à l'Euro 2012. Après leur défaite inattendue de vendredi soir contre la Biélorussie, les hommes de Laurent Blanc n'ont pas le choix; ils doivent, au moins, ramener un point de leur déplacement à Sarajevo. Et même, cette unité pourrait ne pas s'avérer suffisante au décompte final.

Et pourtant, lorsqu'on consulte l'effectif composant la sélection française, on ne comprend pas comment et pourquoi elle n'arrive pas à redécoller. Le seul constat que l'on peut tirer est que les stigmates de Knysna étaient bien plus profondes que ne voulaient le croire les pontes de la Fédération. La reconstruction entamée par le nouveau sélectionneur ne prendra pas deux semaines, mais bien plusieurs mois. "Et il est même possible que l'on n'y arrive jamais", soufflait Laurent Blanc dans L'Equipe de dimanche dernier. Devenu pessimiste, l'ancien mentor des Girondins de Bordeaux mesure enfin le chemin à parcourir pour redonner du lustre au maillot bleu.

Ce soir, la Bosnie attend de pied ferme un pays qu'elle connaît très bien. De par son sélectionneur, Safet Susic, et deux de ses joueurs, le Lyonnais Pjanic et le Montpelliérain Spahic. En quelques années, les Bosniaques ont pris une nouvelle dimension. D'un rien - défaite en barrages contre le Portugal -, ils ont manqué le Mondial 2010. "Le foot, chez nous, monte petit à petit, analyse Mecha Bazdarevic, l'ancien entraîneur de Grenoble et ex-joueur d'Etoile-Carouge, sur le site de So Foot. Mais, par rapport à la Croatie ou à la Serbie il nous manque du poids. Eux ont l'avantage d'avoir déjà pris part à une grande compétition. Nous pas."

Avec dans ses rangs deux buteurs d'exception - Dzeko et Ibisevic -, la Bosnie s'est jurée d'offrir une dernière danse à l'équipe de France. "Le problème, avec notre pays, c'est la profondeur de banc, souligne encore Bazdarevic. Sur un match ou deux, les gars sont capables de battre n'importe qui. Après, je ne sais pas..." Mais ça tombe bien; ce soir, la rencontre ne dure que nonante minutes...

06/09/2010

Suisse: à l'heure où l'attaque tique...

031411_STG202 NATI_f1ae9e45.jpg

Mardi, 20 h 45. L'heure sonne pour la Suisse d'entamer sa campagne qualificative en vue de l'Euro 2012. Face à des Anglais qui savent tirer les premiers, la mission des hommes d'Ottmar Hitzfeld sera avant tout de ne pas perdre. Car, à l'heure où l'attaque tique, il semble difficile de prétendre vouloir terrasser Steven Gerrard et les siens avec si peu de moyens. Certes, se montrer ambitieux n'est pas une tare, mais il y a des limites. Le sélectionneur a beau affirmer ne penser qu'à la gagne, il se contenterait certainement d'un petit point. "Il sera primordial de ne pas s'exposer", a martelé l'Allemand en conférence de presse. Comme pour rappeler qu'il resterait fidèle à ses principes: non, sous sa coupe, la "Nati" n'a jamais attaqué. Elle n'attaque pas. Et n'attaquera jamais.

Alors, si ce Suisse-Angleterre n'est bien entendu pas encore décisif, il revêt toutefois une importance élevée. Un faux départ des Helvètes serait préjudiciable avant le déplacement du 8 octobre du côté de Podgorica, face à ce Montenegro qui ne doute de rien. La défense sera donc concernée en premier chef. A elle de résister aussi bien que face à l'Espagne, le 16 juin dernier. "Nous devons nous inspirer de ce match", a reconnu Stéphane Grichting à l'agence Sportinformation. Avant d'ajouter: "Les Anglais sont meilleurs que nous dans bien des domaines, mais, s'il y en a un où nous devons nous montrer supérieurs, c'est celui de la solidarité."

Reste une question, importante: avec des joueurs qui n'en font qu'à leur tête, tel Frei pour ne pas le citer, la Suisse est-elle vraiment en mesure de faire l'union sacrée pour s'en aller chercher des Anglais qui sortent d'un récital (4-0) face à la Bulgarie? A voir. Si l'axe défensif paraît solide (Grichting est un vrai patron, von Bergen un excellent numéro 2), on peut encore douter des couloirs. A droite, Lichtsteiner ne devra pas trop s'engager en début de rencontre. A mi-terrain, Gökhan Inler - que Liverpool convoitait - doit enfin se transformer en meneur de jeu. Incapable d'exprimer son football sous le tricot national, le joueur de l'Udinese est débarrassé de l'ombre envahissante de Benjamin Huggel, qui marchait sur ses plates-bandes. Avec Degen, Schwegler et peut-être Shaqiri à ses côtés - même si on préfère Margairaz... -, le Turc d'origine doit se comporter en vrai leader. Devant, Derdiyok sera chargé de marquer. A moins que Frei ne se décide à...?

Wawrinka: après l'exploit...

060023_SHX020_11e6a070.jpg

Franchement dit, il est rare que la Suisse entière reste éveillée pour suivre Stanislas Wawrinka. Malgré son magnifique revers et son abnégation, le Vaudois reste tapi dans l’ombre de Roger Federer. Logique, quand on connaît la carrière du Bâlois. Illogique, quand on sait que «Stan» a été 9e mondial en 2008. Bref. Passé ce constat, les fans du numéro 2 helvétique attendent toujours un exploit de l’élu de leur cœur sur le front des tournois estampillés «Grand Chelem». Entendez par là une participation aux, qu’il n’a pas encore réussi à aller chercher depuis 2003.

La victoire de hier soir contre Andy Murray ne le propulse certes «que» en huitièmes de finale de l’US Open, mais elle laisse augurer un avenir enchanteur. Très concerné par son match, jamais sorti de la rencontre malgré une fin de premier set ratée et un pépin à une cuisse plus tard, Wawrinka a rsigné une partition quasi parfaite. «C’est forcément la plus belle victoire de ma carrière», a-t-il souligné au sortir de la douche. Obligé de réaliser un gros match, le Vaudois ne tient pas à se laisser griser. «Ce succès m’apporte de la confiance, mais je dois rester concentré», relevait-il.

Bien que l’on ne soit pas encore en mesure de tirer un premier bilan de sa collaboration avec son nouvel entraîneur Peter Lundgren, force est de reconnaître que les premiers pas entre les deux hommes sont encourageants. Reste à savoir comment ils vont aborder le huitième de finale face au «local» Sam Querrey, sous pression car il doit sauver l’honneur «US». «Ce ne sera pas facile, mais c’est un quatrième tour raisonnable», souriait le mentor suédois. «Je peux espérer gagner si j’évolue au même niveau que contre Murray», enchaînait Wawrinka. Il serait en effet trop dommage de galvauder la belle performance d’hier soir face à un Querrey qui a du talent, certes, mais tout de même pas le potentiel d’un «Stan».

04/09/2010

Une bronca pour Frei

Le public saint-gallois avait dégoûté Marco Streller en le sifflant copieusement peu avant l’Euro 2008. Alors auteur d’une prestation sans éclat durant les matches de préparation, le grand escogriffe de l’équipe de Suisse en avait voulu à la terre entière, au point d’annoncer sa retraite internationale. Cette décision ne fut ensuite pas validée par Ottmar Hitzfeld, mais elle n’a pas changé le comportement des spectateurs de l’AFG Arena. Qui, deux ans plus tard, ont remis ça en offrant une bronca à Alexander Frei. Il faut dire que le capitaine de l’équipe nationale a manqué un penalty à l’heure de jeu contre l’Australie. Score final: 0-0.

Une partie de la presse helvétique a fustigé l’attitude du public. Certes, elle peut être contestée, mais il faut peut-être rappeler que, depuis plusieurs mois, le joueur du FC Bâle enchaîne les déclarations fortes, mais ne montre rien sur le terrain dès le moment où il porte le maillot de la sélection. En ne remettant jamais en question ses performances internationales, Frei irrite. Et, finalement, les sifflets qui lui ont collé aux crampons face aux Aussies ne sont qu’un «juste» retour des choses. Forcément, l'intéressé n'a pas dû apprécier. Mais ce n'est pas la première fois que les "fans" suisses s'en prennent à lui. Déjà à Genève, à l'aube de la Coupe du monde 2010, sa sortie du terrain avait été copieusement huée.

Frei n'est plus ce chasseur de buts qu'il était. Mais, au fond de lui, il sait qu'une réussite contre l'Angleterre lui permettrait de retrouver la lumière. Reste à faire en sorte que celle-ci soit décisive. Sinon, on pourra ENFIN appeler Nassim Ben Khalifa pour éclairer le jeu suisse...

 

18:26 Publié dans Sports | Tags : football, frei, sports, sifflets | Lien permanent | Commentaires (0)

02/09/2010

Les petites envies de Monsieur Frei

012137_FRE296 NATI_d5dd2bb5.jpg

Ainsi donc, Alexander Frei aimerait jouer jusqu’en 2014 sous le maillot national. Tout le monde a pris acte des envies de «Monsieur». Lucide, le capitaine de l’équipe de Suisse a toutefois reconnu ce matin en conférence de presse que «cela pourrait ne pas plaire à tout le monde». Et pour cause, les dernières performances internationales de l’intéressé ont plutôt déçu l’opinion publique. Âgé maintenant de 31 ans, le Bâlois marche du tonnerre de Dieu en Super League, mais n’a pas le même rendement une fois endossé le tricot rouge à croix blanche.

Qu’en sera-t-il vendredi soir face à l’Australie en match amical, puis surtout mardi contre l’Angleterre, pour l’entame des qualifications de l’Euro 2012? «J’aborde cela avec une certaine confiance», assure-t-il.

Ottmar Hitzfeld lui saurait gré de compiler les réussites. Son attaquant – on ne peut plus dire buteur à l’heure actuelle – sera d’ailleurs aligné d’emblée demain soir contre les «Socceroos». Pour une mi-temps, au moins. Ce matin, le sélectionneur allemand a dévoilé les contours de ce que serait son équipe-type face aux Australiens. Celle-ci, annoncée comme «expérimentale» ne comporte en réalité que trois véritables surprises.

La titularisation de Marco Wölfli dans les buts n’en est pas une, dans la mesure où Diego Benaglio tient absolument – et on le comprend – à être au chevet de sa femme qui attend leur premier enfant. Au vrai, on n’attendait pas Gelson Fernandes en tant que latéral gauche. Certes, depuis les soucis physiques de Christoph Spycher – désormais retraité -, ce poste pose problème, mais Reto Ziegler, bien que brouillon, semblait tenir la corde. Récemment prêté par Saint-Etienne au Chievo Vérone, le Valaisan a une chance à saisir. Demi défensif de formation, il a déjà joué à cette place. Sans décevoir. Devant lui au milieu, on retrouvera une autre surprise, Albert Bunjaku. L’Albanais d’origine remplace Tranquillo Barnetta. «Il tient pratiquement le même rôle dans le 4-2-3-1 de son club», a souligné Hitzfeld. Le joueur de Nuremberg obtient là sa première titularisation avec l’équipe de Suisse.

Enfin, la dernière surprise se nomme Xavier Margairaz. Retenu après le forfait d’Hakan Yakin, le Vaudois, qui n’a plus porté le maillot national depuis le… 6 février 2008(!), obtient là une chance incroyable de rebondir après des mois et des mois difficiles au FC Zurich. Jamais vraiment remis de sa blessure au genou de 2007, l’ancien joueur d’Osasuna est dans les bons papiers du sélectionneur. «Il a retrouvé ses moyens», se félicite Hitzfeld. Dans l’axe gauche, «Margus» peut marquer des points.

A noter que Sutter (à la place de Lichtsteiner) et David Degen (à la place de Bunjaku qui remplacerait alors Frei en attaque) devraient entrer en jeu à la pause.

EQUIPE CONTRE L’AUSTRALIE: Wölfli – Lichtsteiner, Affolter, Grichting, Fernandes – Shaqiri, Inler, Maragairaz, Bunjaku – Frei - Derdiyok.

L’EQUIPE QUI POURRAIT COMMENCER CONTRE L’ANGLETERRE:

Benaglio (ou Wölfli) – Lichtsteiner – von Bergen, Grichting, Ziegler – Shaqiri, Inler, Margairaz (ou Fernandes) – Frei – Derdiyok.