30/05/2010

Tschopp, la victoire de la passion

Il l'a fait. Enfin! Depuis le temps qu'il rappelait son envie de "claquer" un jour une étape dans un grand Tour, on se demandait si Johann Tschoop pouvait vraiment y parvenir. La réponse est tombée hier en fin d'après-midi. Après une démonstration en direction du Passo Tonale, le cycliste valaisan s'est adjugé l'avant-dernier round du Tour d'Italie. C'est fort. Très fort, surtout lorsqu'on s'aperçoit que ses dauphins se nomment Cadel Evans et Ivan Basso, futur lauréat de l'épreuve.

Cette victoire, cueillie au forceps, est amplement méritée pour Tschopp. Après une année 2009 pourrie, il aurait pu plonger et ne jamais réapparaître à la surface. Et pourtant, à force de nombreuses discussions avec son staff, dont Didier Rous, l'un des directeurs sportifs de l'équipe BBOX-Bouygues Telecom, le Valaisan a chassé le doute. Et ses démons avec. Le bouquet acquis il y a moins de vingt-quatre heures est celui de la passion. De l'ambition. De l'abnégation.

A 27 ans, le Romand a encore de beaux jours devant lui et sans doute la possibilité de s'offrir d'autres belles étapes. Lui qui s'est toujours dit "clean" l'a encore martelé hier. "J'ai prouvé qu'on pouvait gagner en étant propre", glissait-il dans un grand moment d'émotion. Si tel est vraiment le cas, alors souhaitons d'abord qu'il conserve cette (juste) ligne de conduite. Et que, si d'autres occasions se présentent d'aller gravir une montagne en tête, il soit en mesure de sauter dessus.

10:51 Publié dans Sports | Tags : sport, cyclisme, tschopp, giro | Lien permanent | Commentaires (1)

28/05/2010

Challandes, la bonne carte de Sion

Christian Constantin n'a pas traîné. Une semaine après le départ de son entraîneur Didier Tholot, le grand manitou du FC Sion a trouvé un nouvel homme fort pour ses joueurs: Bernard Challandes. A 58 ans, celui-ci devient le 29e entraîneur de l'ère Constantin. Pour une année minimum.

Homme pointu, passionné sympathique et fin connaisseur du football, le Neuchâtelois sort de trois saisons au FC Zurich, marquées par un titre national et une participation à la Ligue des champions. Viré sans ménagement en avril dernier, il se relance donc en Valais, terrain propice à ce qu'il exprime au mieux ses qualités de technicien. A nos yeux, et si Constantin évite de faire du Constantin, le choix de Challandes est excellent pour le meilleur club romand. "Sion est un bon cheval, même si je peux me faire éjecter au premier obstacle", confie ce matin l'intéressé dans les colonnes du Matin.

Lucide, l'ancien entraîneur de Servette et des M21 ans helvétiques sait qu'il n'aura pas six mois devant lui pour construire une équipe capable d'aller chercher une place européenne. L'été sera chaud à Tourbillon, car l'effectif actuel est trop faible pour titiller les puissances alémaniques (Bâle, GC, Lucerne, YB). Avec sa science des hommes et des affaires du ballon rond, Challandes peut séduire quelques pointures de notre football. On s'attend à des bonnes surprises pour un FC Sion qui mérite de retrouver sa gloire d'antan.

27/05/2010

Bunjaku, le bon coup?

Ainsi donc, la nouvelle est tombée sur mon téléphone à 12 h et des poussières. Ottmar Hitzfeld a choisi de sélectionner Albert Bunjaku pour remplacer le maudit Marco Streller, forfait pour le Mondial 2010 en raison d'une cuisse qui siffle.

La première pensée m'ayant traversé l'esprit en lisant la nouvelle est "dommage". Oui, dommage de ne pas avoir eu l'audace d'aller chercher Nassim Ben Khalifa. Le champion du monde des M17 ans n'aurait rien eu à perdre en Afrique du Sud. Mieux, en jouant ne serait-ce qu'une minute sous le tricot de l'équipe "A", il aurait assuré son avenir avec la croix suisse sur le coeur. Jusqu'à preuve du contraire, il demeure sélectionnable par la Tunisie, le pays de ses parents. Le risque de le voir échapper à l'ASF - comme Neuville, par exemple - n'est pas écarté.032142_999f33e0.jpg

Bref, c'est donc dommage de ne pas avoir appelé le Vaudois. Séduisant durant le Mondial nigérian en novembre dernier. Séduisant durant tout le second tour avec un Grasshopper performant, celui-ci méritait sa chance. Comme un Valbuena l'a obtenue avec la France. Bien sûr, on ne peut pas comparer ces deux situations, mais l'équipe de Suisse doit s'appuyer sur les joueurs qui flambent en ce moment. Jeunes ou pas. Et non sur des vedettes qui traînent la patte.

Albert Bunjaku, le nouvel appelé, n'est pas de ceux qui se reposent sur leurs lauriers. Non. Si, lors de ses deux sélections - contre la Norvège en novembre et face à l'Uruguay en mars -, l'ancien joueur de Schaffhouse n'a pas montré grand-chose, rappelons tout de même qu'il a achevé sa première vraie saison en Bundesliga avec 12 buts à son actif.  Et ce sous les couleurs du très modeste club de Nuremberg. Alors, Bunjaku le bon coup? Ce serait à souhaiter...

26/09/2017

Coup de canon sur le Barça!

On allait dire qu’Arsène Wenger allait passer une belle nuit, après le huitième de finale de Ligue des champions entre Arsenal et Barcelone. L’Alsacien n’avait en effet pas besoin de compter les moutons pour s’endormir. Il lui suffisait d’observer le nombre de passes enchaînées par ses adversaires catalans pour rejoindre allégrement les bras de Morphée. Entre vingt et trente, suivant les séquences. Le FCB étendait une fois de plus ses tentacules pour courir droit vers les quarts de finale. Sauf que…

Sauf que les champions d’Espagne ont fini par se faire prendre à leur propre jeu. Tel l’arroseur arrosé. A force de jouer sur leur facilité technique et tactique, les hommes de Pep Guardiola - qui avaient fait le plus dur en ouvrant la marque sur la pelouse de l’Emirates Stadium - ont oublié d’aller inscrire le deuxième but de la sécurité. Et, à la 79e minute, sur une grossière erreur de placement de leur maillon faible – le portier Victor Valdes -, ils se sont fait rejoindre au score.

Avant de perdre les pédales et de voir le lutin russe Arshavin venir doubler la mise. Beaucoup trop suffisants, les Catalans ont donc laissé passer une chance unique d’aborder le match retour en toute sérénité. Si cela s’est produit, c’est avant tout à cause de – ou grâce à, c’est selon - l’abnégation magnifique des «Gunners». Qui, bien que souvent malmenés, n’ont jamais baissé les bras. Ils auraient pu être étouffés par la mécanique catalane. Ils auraient pu chercher à préserver le 0-1, tout en escomptant sur un exploit au Camp Nou. Mais non, ils ont sans cesse cherché à aller de l’avant. Ils ont toujours essayé d’aller inquiéter Valdes. C’est arrivé à dix minutes de la fin. Pour un déclic joyeux. Là est leur plus grand mérite.

Au jeu d’échec, Wenger a laissé durant 80 minutes la mainmise à Pep Guardiola avant de venir le moucher. Au finish. Le coaching gagnant du manager français, marqué par l’entrée en jeu d’Arshavin, est venu semer le doute dans l’esprit du Barça. Lequel devra justifier son étiquette de «meilleur club du monde» au match retour. De quoi nous réconcilier avec la Ligue du pognon. Euh, pardon, la Ligue des champions.