01/03/2012

Un ultime espoir pour Servette

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Majid Pishyar «did it». Criblé de dettes, le président du Servette FC a donc déposé le bilan. Pour rappel, il y a neuf mois, c'est ce même personnage qui cavalait comme un fou autour du Stade de Genève et implorait son «god», répétant que «nobody believe me» au soir d'une promotion quasi inattendue.

Aujourd'hui, effectivement, personne n'ose croire qu'il a mené sa barque à une telle issue en moins d'une année. Certes, un dépôt de bilan ne signifie pas une faillite immédiate, mais tout de même, cette action sonne la fin de «Magic Majid» à la tête d'un club de foot. Peut-être pas celle du Servette, car l'espoir demeure, mais les minutes sont comptées.

Un constat s'impose: il serait vraiment trop triste que le club grenat sombre à nouveau, sept ans à peine après une première mort sous l'ère Marc Roger.

Si le Français, en son temps, avait peut-être une semi-excuse, eu égard au marasme qui l'avait précédé, Pishyar n'en a aujourd'hui aucune; c'est bien lui qui a mené le SFC actuel dans cette situation. Ceux qui ont de la compassion pour l'homme d'affaires se trompent. Personne, il y a quatre ans, ne lui avait imposé de reprendre Servette. Personne ne lui avait mis un flingue sur la tempe. En se coupant du tissu économique genevois, en refusant des offres çà et là, le patron de 32Group a emprunté la mauvaise route.

En ce jeudi 1er mars, ce n'est pas tant le départ de «MP» qui fâche, mais la manière utilisée depuis la promotion. En menant tout le monde en bateau, il a trompé ceux qui l'entouraient, trompé les fans et trompé une équipe de joueurs au grand cœur, qui ne méritent pas ce qui leur arrive.

Si on en lit les commentaires aperçus à gauche et à droite, d'aucuns osent se réjouir de la situation actuelle. C'est ridicule, car personne ne peut se montrer fier de voir une société, peu importe son nom, être au bord du gouffre.

Dans les minutes qui viennent, il faudrait un miracle pour qu'un groupe de repreneurs pointe son nez. Mais les miracles, paraît-il, sont faits pour être vécus. Et, si tel est le cas, on pourra alors penser qu'en déposant le bilan, Majid Pishyar aura vraiment été magique...

 

24/02/2012

Matias Vitkieviez, une place à prendre

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On était quasiment persuadé que Matias Vitkieviez allait finir un jour en équipe de Suisse. Encore mardi soir dans la salle de presse du Parc Saint-Jacques, j'en parlais avec un confrère, lui disant que le Genevois allait être la seule nouveauté apportée par Ottmar Hitzfeld afin d'affronter l'Argentine mercredi prochain. Ce sentiment a été confirmé jeudi dernier à Berne par la voix même du sélectionneur national, qui a succombé aux qualités du joueur des Young Boys. «Il a réussi d'excellents débuts avec le club bernois et je veux le voir de plus près».

            Cette convocation tombe sous le sens, sachant que la Suisse est en train de rajeunir ses cadres après les départs à la retraite d'Alexander Frei et Marco Streller, puis sachant également qu'Eren Derdiyok, l'un des traditionnels atouts offensifs de la Nati, traverse une passe délicate entre manque de confiance et récente blessure. Pour Vitkieviez, ce premier rassemblement prend d'autant plus de valeur qu'il l'opposera à l'Argentine, le 29 février à... Berne. Et, pour un joueur qui possède également le passeport uruguayen, il ne pouvait pas y avoir meilleur adversaire, quand on sait la rivalité qui oppose les deux pays.

            «C'est quelque chose de fantastique, un véritable honneur», a-t-il commenté Le fait que, la veille de la sélection, le Blick ait laissé entendre que le buteur de la capitale serait dans les bons papiers de Hitzfeld a quelque peu atténué sa surprise, mais sa fierté n'en est pas moins énorme.

            Au vrai, cette cape internationale récompense le véritable travail effectué ces derniers mois par Vitkieviez, qui réalise une saison 2011/2012 littéralement prodigieuse. Déjà avec Servette, son club de cœur, le Suisso-uruguayen s'était montré irrésistible durant la première phase du championnat. Ses passes décisives et ses buts - on se souvient notamment de sa démonstration à Sion - l'avaient propulsé en pleine lumière. En fin connaisseur, Christian Gross avait noté son nom dans ses carnets. Son recruteur Stéphane Chapuisat lui avait confirmé que le garçon était pétri de qualités.

            Alors, sachant que le SFC - complètement à côté de son sujet sur ce coup-là - tardait à renouveler le contrat de son joyau, les Bernois n'ont pas hésité à aller le chercher pour une bouchée de pain en janvier dernier. Aujourd'hui, le bonhomme vaut de l'or, une sélection doublant quasiment le prix d'un joueur.

            Surtout, dans quelques heures, il pourrait croiser un certain Lionel Messi sur sa route. En fan du FC Barcelone qu'il est, «Mati» n'aurait sans doute pas pu rêver mieux. A deux ans et demi de la Coupe du monde 2014, il obtient là une chance énorme de séduire Hitzfeld. Très ami de Tibert Pont, il a déjà les faveurs de Michel, l'assistant de «Gottmar». Ne reste «plus qu'à» prouver, tout au long du camp à Feusisberg, qu'il n'a rien à envier aux internationaux actuels.

Il y a une place à prendre dans le cadre national, c'est certain. Car, depuis une année, aucun attaquant ne s'est véritablement montré efficace et régulier avec la Suisse. Plus passeur que buteur (quoique), Vitkieviez n'a peut-être pas le salaire royal de Mehmedi, parti chercher fortune au Dynamo Kiev, ou la cote de Derdiyok, mais son insouciance et son tempérament qui ne lâche rien - la «garra charrua» uruguayenne - l'autorisent à rêver très fort que cette sélection ne soit que la première d'une longue série.

10/02/2012

Servette: le dernier tour de Majid?

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Servette avait son fossoyeur: Marc Roger. Accablé de tous les maux en 2005 pour avoir été là au moment où les Grenat ont pris l'eau, le Français à l'accent chantant a «payé» - les guillemets sont de circonstance - pour tous les autres. Entendez par là que ceux qui l'avaient précédé à la tête du club n'étaient peut-être pas tout blancs non plus dans la première faillite du SFC. Bref, passons. Reste que, sept ans plus tard, on pensait la leçon retenue après ce long et terrible parcours du combattant qui avait finalement permis aux Genevois de retrouver une équipe en Super League.

         Pour rappel, le 31 mai dernier, soir de promotion, toute la République n'avait d'yeux que pour les joueurs de Joao Alves. Et Majid Pyshiar, président difficile à cerner, se lançait alors dans un tour d'honneur, suivi par 20'000 personnes euphoriques. Le décor était somptueux, mais la réalité vient de le rattraper, en moins de temps qu'il en faut pour le dire.

         En ce mois de février 2012, Servette croule sous les dettes et voit son destin se rapprocher inexorablement de celui de Neuchâtel Xamax. Cette fois-ci, le président ne peut pas rejeter la faute sur ceux qui ont occupé le siège avant lui. Il est bien le seul à avoir mis le club en péril, dans cette situation qui, très franchement, semble aujourd'hui inextricable.

         Sans le sou, acculé par ses créanciers, le club genevois ne devrait pas pouvoir continuer sa folle aventure. A moins d'un miracle? Dans les semaines qui viennent, ce n'est certainement pas une rétrogradation sur le tapis vert en 1re Ligue qui l'attend, mais bien les affres d'une chute en 2e Ligue interrégionale. La faillite, deuxième épisode. La réalisation «Pyshiardesque» dépasse tout ce qu'on aurait osé imaginer, même à l'époque de Marc Roger.

         C'est terrible pour le sport suisse et terrible pour le sport genevois. Les éclats de rire et les cris de joie qui résonnaient aux alentours du Stade de Genève au printemps passé s'évanouissent désormais dans le lointain. Plus que le chagrin, c'est la stupéfaction qui prend le dessus. Comment a-t-on pu en arriver-là? Comment a-t-IL pu en arriver-là?

Majid Pyshiar, on le sait, était arrivé aux commandes de l'institution grenat accompagné d'un passé sulfureux. N'avait-il pas emmené le club autrichien d'Admira Wacker Vienne au purgatoire? Chez nos voisins, l'Iranien avait promis d'amener son «jouet» en Ligue des champions, d'en faire le «Manchester United autrichien». Les mêmes promesses, qui rendent les fous joyeux, ont également été entendues sur le site de La Praille. Pour le meilleur et pour le pire. Qui, ces jours-ci, frappe à la porte.

         Or, que constate-t-on à présent? Que Servette est sur le point de batailler avec Bernex, Collex-Bossy et Perly plutôt que d'imiter le FC Bâle sur la piste aux étoiles européennes. Adieu l'Allianz-Arena, Old Trafford ou San Siro, bonjour les stades municipaux des quatre coins de la Suisse romande. On n'en est peut-être pas encore là, mais c'est bel et bien ce qui guette les Grenat. Triste sort, triste sire...

09/02/2012

Capello, une chance pour l'Angleterre?

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On ne met pas comme ça son nez dans les affaires de Fabio Capello. A presque 66 ans, le technicien italien a montré à tout un chacun qu'il ne se laisserait jamais marcher sur les pieds. Il l'avait déjà prouvé à Madrid par le passé, mais a récidivé hier soir. En voyant la Football Association désireuse de destituer John Terry de son brassard de capitaine, le sélectionneur de l'Angleterre a choisi de démissionner. Lui qui voulait poursuivre l'aventure avec le défenseur de Chelsea à la barre n'a pas aimé qu'on l'en empêche. Pas «béni-oui-oui» pour un kopeck, le Transalpin a donc claqué la porte. Mais le football anglais n'était pas du bon côté.

«Les dirigeants ont sapé m'ont autorité, m'ont insulté», a-t-il dit, fâché. Quand Capello voit rouge, c'est la «Three Lions» qui peut en faire les frais. Mais la décision ne prend peut-être pas autant d'ampleur que cela, car l'ancien coach à succès de l'AC Milan (notamment) ne faisait pas l'unanimité dans son vestiaire. Ses méthodes et ses problèmes de communication ne lui ont jamais véritablement permis de gagner la reconnaissance de ses joueurs. Si Rooney et Wilshere ont publié des messages sur Twitter pour lui témoigner de leur gratitude, le reste est demeuré muet. C'est dire les relations qu'entretenait le «Mister» avec ses protégés.

Aujourd'hui, l'Angleterre, qui n'a plus que trois mois et demi pour préparer l'Euro, se retrouve dans une situation qui, froidement analysée, apparaît difficile. Or, la fuite précipitée de Capello - qui devait de toute manière partir cet été - pourrait bien servir ses desseins. C'est en effet un technicien «local» qui devrait reprendre les rênes de la sélection. Le premier nom qui vient à l'esprit est celui d'Harry Redknapp. Mais l'actuel entraîneur de Tottenham connaît des ennuis judiciaires. Reste qu'il ferait figure de candidat légitime. Wayne Rooney l'a déjà assuré de son soutien. De poids.

Sinon, le nom de Roy Hodgson (eh oui...) peut également être avancé dans certaines discussions, mais son raté à Liverpool fait tache sur sa carte de visite. Hors des frontières anglaises, David Moyes, l'Ecossais d'Everton, dispose également d'une belle cote. D'autres personnages, plus «bankables» flirtent avec les dirigeants de la FA: on parle de Hiddink, Mourinho ou Wenger.

A l'heure actuelle, ce ne sont que des supputations. L'important, aujourd'hui, est de redorer le blason d'un football anglais, dont la sélection est surcotée. Pour rappel: cela fait 46 ans que cette équipe n'a plus rien remporté...

 

08/02/2012

Shaqiri, le bon choix

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Ce sera sans doute le transfert de l'année au niveau purement helvétique. L'été prochain, le passage de Xherdan Shaqiri du FC Bâle au Bayern Munich va faire mousser les gazettes et jubiler les fans de foot. Révélé lundi par la presse allemande, ce mouvement fait déjà causer. Thorsten Fink, son ancien entraîneur à Saint-Jacques, et Ottmar Hitzfeld, le sélectionneur national, ont déjà donné leur avis. Qui vaut ce qu'il vaut.

Le premier cité encourage «XS» à récupérer une taille proche de son surnom. «Il doit perdre 4 kilos», martèle le coach du SV Hambourg dans les colonnes du Blick. Une phrase qui semble relever de l'hérésie, quand on sait que l'international suisse est avant tout une boule de muscles. Et, jusqu'à preuve du contraire, son potentiel physique ne l'a jamais empêché de briller dans les grands matches. Demandez donc à Alex Ferguson ce qu'il en pense!

Ce matin, c'est Hitzfeld qui a ajouté son grain de sel. En faisant pour sa part l'éloge de Shaqiri. «Les fans du Bayern vont l'adorer, prévient l'ancien entraîneur du club bavarois. Il joue sans pression, il ose tout.» Et «Gottmar» d'ajouter, comme s'il voulait prendre le contrepied de Fink: «Il possède une force physique incroyable.»

Celle-ci, doublée à son talent, devrait permettre au Bâlois de percer définitivement à l'échelle internationale. A 21 ans, il peut se faire une place (et quelle place!) en Bavière. Ribéry et Robben, les ailiers de choc, ont du souci à se faire. Longtemps convoité par le Galatasaray Istanbul, Xherdan Shaqiri a pris, en une décision, deux excellentes voies: premièrement celle de ne pas signer en Turquie et, deuxièmement, celle de rallier un club qui donne sa chance aux jeunes. Gageons qu'il brillera dès cet été en Bundesliga.

Mais, d'ici là, on espère qu'il enflammera l'antre bâlois en Ligue des champions. Contre un certain... Bayern Munich.