02/05/2012

Tous fans de l'Angleterre?

 

011753_FMA0031_3a9a8d65.jpg

Il a, dans la mémoire collective, laissé une trace qu'aucun autre sélectionneur de l'équipe de Suisse n'aura laissée. Pas même les très sérieux Karl Rappan ou Köbi Kuhn. Roy Hodgson restera à jamais comme l'homme de la reconstruction, comme celui qui a permis au football suisse de sortir du néant pour apercevoir à nouveau la lumière. C'était au début des années 1990.

Près de vingt ans après avoir redonné du lustre à la «Nati», l'Anglais vient de recevoir l'honneur suprême, la Football Association lui donnant les rênes de la «Three Lions». A la tête de «sa» sélection nationale, Le Roy va pouvoir s'atteler à laisser une autre trace. Histoire de faire taire les mauvaises langues qui prétendent qu'il n'est qu'un entraîneur de seconde zone.

Il est vrai que, il y a encore trois ans, personne n'aurait osé imaginer que l'intéressé puisse un jour s'asseoir sur le trône. Mais Capello a démissionné, Redknapp n'était pas chaud et force est de reconnaître que les techniciens anglais crédibles se font rares. Pour rappel, Manchester City et Chelsea sont conduits par des entraîneurs italiens, Manchester United par un manager écossais et Arsenal par le Français Arsène Wenger...

Les polémiques, de toute manière, n'ont plus lieu d'être. L'ancien magicien de l'équipe de Suisse dispose dès aujourd'hui d'un contrat de quatre ans pour faire revenir la «Three Lions» sur le devant de la scène. Le gros de son travail commence tout de suite, puisqu'il a devant lui à peine un mois pour préparer l'Euro. Où il emmènera Wayne Rooney malgré sa suspension de deux matches.

Jouant sur les mots et l'accent du sélectionneur, le Sun a demandé ce matin à ce dernier «Bwing on the Euwos!» (Bring on the Euros). La mission d'aller chercher le titre européen, que les Anglais n'ont jamais obtenu, sera compliquée, mais pas impossible. Dans le groupe D, Frank Lampard et Cie devraient pouvoir passer l'épaule face à la France, la Suède et l'Ukraine.

Reste à savoir dans quel état sera le groupe constitué par «Le Woy» (Le Roy), sachant que Gerrard traîne la patte, que Lampard aura eu une longue saison et que plusieurs armes offensives sont en délicatesse avec leur physique.

Néanmoins, une chose est sûre: depuis hier et l'officialisation de l'arrivée de Hodgson au poste de sélectionneur, l'Angleterre s'est trouvée de nouveaux supporters en la personne des presque 8 millions de Suisses qui, jamais, n'oublieront le boss. Ottmar Hitzfeld rêverait d'en dire autant...

03/06/2011

Tiens, y a un match à Wembley?

311111_freshfocus_9d114b59.jpg

 

La fantastique promotion de Servette, les rumeurs qui alimentent le marché des transferts et la proximité de l’Euro M21 nous feraient presque oublier que l’équipe de Suisse A jouera un match important, pour ne pas dire capital, demain à Wembley (17 h 45) contre l’Angleterre.

Après un hiver beaucoup trop long mais animé par deux pathétiques matches nuls (contre Malte et la Bulgarie), ainsi que la prolongation de contrat d’Ottmar Hitzfeld et les départs en retraite d’Alexander Frei et Marco Streller, on se réjouirait presque de retrouver la «Nati». Pour la simple et bonne raison que, excepté son sélectionneur au ciré, elle présente un visage rajeuni, qui fait plaisir à voir. Sur le papier, en tout cas.

Qu’en sera-t-il sur le terrain de jeu? La question est de mise, mais les promesses entrevues cette semaine à Freienbach lors du camp d’entraînement laissent augurer un avenir meilleur pour la troupe de «Gottmar» - qui n’est plus si «Gott» que ça.

En plaçant notamment Emeghara (GC), Mehmedi (Zurich) et G. Xhaka (Bâle) dans sa liste, l’Allemand a innové. Comme on aurait bien évidemment souhaité qu’il le fasse plus tôt. Si ce trio rafraîchissant ne donne pas forcément des garanties de battre l’Angleterre dans un peu plus de vingt-quatre heures, il donne en revanche satisfaction dans son application quotidienne. Ces trois gars sont talentueux et représentent l’avenir d’une Suisse qui doit viser la Coupe du monde 2014. Tout comme celui de Mario Gavranovic, leur partenaire de Schalke 04, qui disputera l’Euro 2011 avec les M21 la semaine prochaine, leur talent est prêt à exploser sous le maillot rouge à croix blanche.

Dans trois ans, cette volée-là sera mûre pour un exploit sur la route qui mène au Brésil. Celle de Wembley est peut-être un peu trop étroite pour elle. Mais, qui sait, cette Suisse, qui nous a tant déçus depuis une année, a des choses à se faire pardonner. Le nouveau capitaine Gökhan Inler, que les médias transalpins envoient tour à tour à la Juventus et à Naples, saura-t-il enfin se transcender et donner sa pleine mesure à une troupe qui manque d’un véritable chef d’orchestre depuis 2007 et le départ involontaire de Johann Vogel?

Réponse finale demain vers 19 h 30. On saura alors si l’infime chance de disputer l’Euro 2012 des «grands» sera encore d’actualité…

08/09/2010

Foot suisse: le juste prix

072213_PK110 QUAL_a4f6468a.jpg

Une nuit est passée et voilà que la Suisse doit digérer sa défaite. Oh, bien sûr, on ne s’attendait pas à ce que cette équipe-là s’en aille terrasser l’Angleterre. Mais, au vu du match d’hier soir, elle peut nourrir bien des regrets. Pas seulement car elle a terminé à dix suite à l’expulsion stupide, mais justifiée, de Stephan Lichtsteiner, mais surtout car son adversaire n’avait pas l’étoffe d’une grande nation. Ce constat peut paraître sévère, eu égard à la facilité que les Anglais ont eu à se balader dans l’arrière-garde helvétique, mais la défense fabriquée de toutes pièces par Fabio Capello n’avait pas de quoi provoquer des cris de terreur.

Non, la paire Jagielka-Lescott était d’une extrême faiblesse. Seulement, face à elle se trouvaient un Frei hors-sujet et un Derdiyok pas concerné par l’enjeu. Ca fait beaucoup. Trop, sans doute, pour Ottmar Hitzfeld qui doit s’arracher ses derniers cheveux. Et voilà que le sentiment né d’une autre performance pathétique contre le Honduras le 25 juin dernier est encore renforcé en ce 9 septembre, lendemain d’un hier décevant. A savoir que cette Suisse-là ne joue plus au ballon. Il y a près de cinq ans, sous l’ère Kuhn, c’est elle qui avait fait le jeu à deux cents à l’heure face à une équipe de France qui allait flirter avec le titre mondial six mois plus tard. C’est elle, entreprenante et séduisante, qui allait titiller les Bleus dans leurs bases arrières, sans craindre le retour de manivelle. Cissé marqua, mais Magnin, bien aidé par Thuram, réagissait. La Suisse vit le Mondial 2006 de l’intérieur. Ce qui pourrait ne pas être le cas avec l’Euro 2012. Au rythme où vont les choses, et avec les six points déjà pris par le Monténégro, l’affaire est mal embarquée.

Hitzfeld, dont tout le monde loue la justesse de choix (qui ne sont pourtant jamais cohérents!!!), doit maintenant faire les bons. Ne plus s’entêter, mais plutôt confier les clés de son équipe aux vieux briscards qui valent le coup (Grichting, notamment) et aux jeunes qui poussent (Shaqiri… Ben Khalifa?).

Hier soir, si d’aucuns peuvent regretter que l’arbitre n’ait pas vu une faute manifeste sur Streller dans la surface de réparation anglaise, il n’y a en revanche pas à ergoter sur le dénouement du match, ni sur le carton rouge attribué à Lichtsteiner. L’expulsion, avec Monsieur Rizzoli, c’était le… juste prix.

07/09/2010

Les Anglais ont tiré les premiers...

Ca y est... L'Angleterre s'est offert sans surprise la Suisse, ce mardi soir à Bâle, en phase qualificative pour l'Euro 2012. 3-1. Le score est sans appel et la différence avait déjà été faite après dix minutes de jeu par l'entremise de Wayne Rooney, qui avait débloqué le tableau d'affichage en profitant de la passivité de la défense helvétique. Certes, on ne refera pas le match, mais en tirant les premiers, les protégés de Fabio Capello s'étaient ouverts la voie des trois unités. Après deux rencontres, ils se partagent la tête du groupe G en compagnie du Monténégro, impressionnant. La Suisse, qui disputait son premier match et a été privé d'un, voire deux penalt(ies), reste donc bloquée à zéro point. Et son avenir, qui passera notamment par Podgorica le 8 octobre, ne s'annonce pas brillant...

Et si on attribuait des notes (sur 10)?

BENAGLIO - 6 - Pas vraiment à son aise, peut-être la tête à son futur bébé, le brillant portier argovien a été abandonné par les siens sur le but de Rooney. Malgré une bonne parade sur une frappe de Johnson, il ne s'est pas montré décisif. A relever que le troisième but est en partie pour lui, car son placement n'est pas parfait.

LICHTSTEINER - 2 - Pas lucide pour un centime, le latéral droit a coûté cher à son équipe en se faisant bêtement expulser pour deux cartons stupides. Le premier pour contestation, le second pour une faute qu'il n'aurait jamais dû commettre, son vis-à-vis ayant perdu le ballon. Jamais bien placé durant son passage d'une heure sur le terrain, Lichtsteiner ne sera pas présent au Monténégro. Cela sera l'occasion pour Hitzfeld de dénicher un remplaçant valable.

GRICHTING - 8 - Il s'est une fois de plus comporté en patron. On regrettera juste qu'il coupe le hors-jeu sur le 3-1 signé par Bent.

VON BERGEN - 6 - Parfois en retard dans son alignement avec Grichting, le Neuchâtelois de Cesena a alterné le bon et le moins bon, mais sa performance reste correcte.

ZIEGLER - 3 - Décevant, une fois de plus, le Vaudois laisse filer Johnson sur le 1-0 et n'est pas aligné sur le deuxième but anglais. Son apport offensif est resté bien pauvre.

MARGAIRAZ - 4 - Paraît-il qu'il avait marqué des points contre l'Australie. Eh bien il aura perdu tout crédit cinq jours plus tard...

SCHWEGLER - 3 - Transparent... Que dire d'autre?

INLER - 5 - Par moments, il est capable de faire de belles choses. Le reste du temps, il semble tête en l'air!

DEGEN - 6 - Curieusement sorti après l'heure de jeu, il avait pourtant réalisé un excellent début de seconde période, sonnant notamment le réveil helvétique après le thé.

DERDIYOK - 3 - Apparu peu, voire pas du tout, concerné par l'enjeu, le buteur du Bayer Leverkusen est passé à côté de son sujet.

FREI - 4 - Il s'est tout à coup secoué en début de deuxième mi-temps, mais cela est resté insuffisant.

SHAQIRI - 6 - Une superbe entrée et un but magnifique sont venus ponctuer une brillante entrée en jeu dans des circonstances pourtant difficiles.

STRELLER - 5 - Une entrée correcte. Sans plus, mais la Suisse fut vite réduite à dix...

COSTANZO - Non noté -

06/09/2010

Suisse: à l'heure où l'attaque tique...

031411_STG202 NATI_f1ae9e45.jpg

Mardi, 20 h 45. L'heure sonne pour la Suisse d'entamer sa campagne qualificative en vue de l'Euro 2012. Face à des Anglais qui savent tirer les premiers, la mission des hommes d'Ottmar Hitzfeld sera avant tout de ne pas perdre. Car, à l'heure où l'attaque tique, il semble difficile de prétendre vouloir terrasser Steven Gerrard et les siens avec si peu de moyens. Certes, se montrer ambitieux n'est pas une tare, mais il y a des limites. Le sélectionneur a beau affirmer ne penser qu'à la gagne, il se contenterait certainement d'un petit point. "Il sera primordial de ne pas s'exposer", a martelé l'Allemand en conférence de presse. Comme pour rappeler qu'il resterait fidèle à ses principes: non, sous sa coupe, la "Nati" n'a jamais attaqué. Elle n'attaque pas. Et n'attaquera jamais.

Alors, si ce Suisse-Angleterre n'est bien entendu pas encore décisif, il revêt toutefois une importance élevée. Un faux départ des Helvètes serait préjudiciable avant le déplacement du 8 octobre du côté de Podgorica, face à ce Montenegro qui ne doute de rien. La défense sera donc concernée en premier chef. A elle de résister aussi bien que face à l'Espagne, le 16 juin dernier. "Nous devons nous inspirer de ce match", a reconnu Stéphane Grichting à l'agence Sportinformation. Avant d'ajouter: "Les Anglais sont meilleurs que nous dans bien des domaines, mais, s'il y en a un où nous devons nous montrer supérieurs, c'est celui de la solidarité."

Reste une question, importante: avec des joueurs qui n'en font qu'à leur tête, tel Frei pour ne pas le citer, la Suisse est-elle vraiment en mesure de faire l'union sacrée pour s'en aller chercher des Anglais qui sortent d'un récital (4-0) face à la Bulgarie? A voir. Si l'axe défensif paraît solide (Grichting est un vrai patron, von Bergen un excellent numéro 2), on peut encore douter des couloirs. A droite, Lichtsteiner ne devra pas trop s'engager en début de rencontre. A mi-terrain, Gökhan Inler - que Liverpool convoitait - doit enfin se transformer en meneur de jeu. Incapable d'exprimer son football sous le tricot national, le joueur de l'Udinese est débarrassé de l'ombre envahissante de Benjamin Huggel, qui marchait sur ses plates-bandes. Avec Degen, Schwegler et peut-être Shaqiri à ses côtés - même si on préfère Margairaz... -, le Turc d'origine doit se comporter en vrai leader. Devant, Derdiyok sera chargé de marquer. A moins que Frei ne se décide à...?