04/11/2010

Leçon de réalisme

L'exploit était à portée de mains. Mais il est resté à portée seulement. Hier soir contre l'AS Roma, le FC Bâle n'a pas su convertir une occasion en or d'effectuer un grand pas vers un historique huitième de finale de Ligue des champions. La faute à pas de chance? Que nenni! Au vrai, les Rhénans ont surtout manqué d'intelligence et livré sur le gazon toute leur naïveté. Sinon comment expliquer qu'ils couraient déjà doublement après le score après moins d'une demi-heure de jeu?

Malgré l'énergie déployée par Shaqiri et les bonnes idées d'Inkoom, les champions de Suisse sont restés à quai. Ils n'avaient simplement pas l'expérience et le froid réalisme italiens. La "Louve", cette équipe mal en point(s) en Serie A, n'est pas tombée dans le piège d'un FCB offensif. Au contraire, elle l'a cueilli en contres. Par Ménez, puis par cette peste de Totti, à l'aise sur penalty.

C'est une leçon qu'ont reçue les hommes de Thorsten Fink. Et pourtant, il semble bien qu'ils ne méritaient pas ça, mais leur réaction fut trop tardive pour espérer recoller au score. D'aucuns prétendent que, si le match avait été plus long, les Bâlois auraient égalisé. Hélas pour eux, la FIFA n'a pas encore décidé de changer la durée des rencontres.

Mais Bâle doit surtout regretter ses trous de concentration. De la 15e à la 27e minute, après une entame de partie pourtant quasi parfaite, ils ont fini par perdre la tête. Ils se sont jetés dans la gueule de la "Louve" avec une naïveté confondante. La pilule est dure à avaler, d'autant plus quand on sait de quelle manière, sous l'impulsion de Shaqiri et de leur public, les Rhénans ont su réagir et se procurer des occasions de folie... Vingt-quatre après cette défaite, les regrets sont toujours aussi perceptibles. Le ticket pour les huitièmes ne tient plus qu'à un fil. Il faudrait un cataclysme pour que le FCB passe devant la Roma. Mais cette dernière est si truqueuse et si incapable de faire le jeu que... tout reste possible.