03/02/2012

Foot suisse: la crise... sur le gâteau

Décembre 2011. Le FC Bâle terrasse le «grand» Manchester United pour s'ouvrir les portes d'un historique huitième de finale de la Ligue des champions. Le foot suisse est en fête, son meilleur représentant cartonne sur la scène européenne, porté qu'il est par une potentielle génération dorée (F. Frei, Shaqiri, Sommer, G. Xhaka...). C'est un joli gâteau qu'on s'offre avant Noël.

Deux mois plus tard, la crise a tout emporté. Ou presque. Entendez par là que nous n'avons pas vraiment réalisé la portée de l'exploit bâlois et encore moins savouré l'instant. Bulat Chagaev et son Xamax ont dévasté le paysage du football helvétique. Majid Pyshiar et son Servette ont encore un peu plus écorné l'image du ballon rond suisse, même si le spectre de la faillie s'est (provisoirement?) éloigné.

L'euphorie du 31 mai dernier, lorsque les Grenat reprirent leur «vraie» place dans l'élite, semble loin. Balayée qu'elle a été par les atermoiements d'une direction qui s'est peut-être vue trop belle, sans mesurer les impératifs qui conduisent vers les sommets. Au mois de novembre, le licenciement de Joao Alves a fini par plomber l'ambiance. Mais, au vrai, celle-ci s'était déjà dégradée avec l'engagement estival de Costinha.

Après avoir mis sens dessus dessous le Sporting - demandez donc aux fans portugais ce qu'ils pensent de l'intéressé -, l'ancien international a voulu imposer ses méthodes au Servette. Qui, passé d'un effectif joyeux, est devenu aussi triste qu'un jour sans pain. Les contacts avec la presse? C'est fini! Les sourires? Disparu! Ou, alors, trop forcés pour être crédibles.

Et pourtant, le SFC, ce beau club chargé d'histoire, mérite mieux que de devenir une entité chargée d'histoireS. La Suisse romande du foot a donné un coup de poignard dans le dos du FC Bâle.

Lequel, aujourd'hui placé sur une autoroute pour aller chercher un nouveau titre national, doit d'être admiré, car il semble être le seul à avoir su négocier le virage des années 2000. C'est un exemple, oui, peu importe ce qu'en disent ses (trop nombreux) détracteurs. A priori, la Ligue des champions pour 2014, ce sera pour lui et pour personne d'autre, n'est-ce pas MM. Chagaev et Pyshiar?

09/03/2011

Toute une âme aux Spurs...

Vingt-quatre heures après avoir été bercée par l’irrésistible tempo du Barça, l’Europe du foot n’a pas eu droit à une nouvelle leçon de beau jeu, ce soir. Elle a en revanche découvert une équipe dont l’imperméabilité défensive étonne. Son nom? Tottenham Hotspur. Une troupe au coeur gros comme ça, qui se bat corps et âme. Et qui, en plus d’être solide derrière, possède quelques arguments offensifs laissant augurer un avenir doré. Comme quoi, les clichés ont beau avoir la dent dure, les besogneux anglais d’hier ont mis un peu de poésie dans leur jeu. Tout le monde doit désormais en prendre conscience.

C’est en se défendant comme des damnés, tout en essayant par moments de passer la vitesse supérieure en attaque, que les «Spurs» sont allés chercher leur qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Aussi expérimenté était-il sur la pelouse de White Hart Lane, l’AC Milan n’a pas su trouver la brèche dans l’arrière-garde londonienne. Qui a dit qu’il n’y en avait que pour Arsenal dans la capitale anglaise?

Tottenham a donc tenu bon. Une fois de plus, mais en tremblant jusqu’au bout, histoire de pousser son manager Harry Redknapp à conserver ses joues rouges jusqu’au retour aux vestiaires. On avait déjà remarqué l’équilibre collectif des Anglais au cœur de l’automne, notamment lorsque se révéla Gareth Bale, mais l’impression se confirme à chaque soirée de «Champions». Y compris lorsque le Gallois n’évolue que l’espace d’une demi-heure. Et comme pour prouver, si besoin était, que les «Spurs» sont loin, très loin, d’avoir prononcé leur dernier mot dans cette compétition.

Alors oui, peut-être qu’ils manquent d’un banc de qualité – et ce en dépit du nombre de joueurs étant sous contrat – mais rien n’indique qu’ils ne seront pas la grande sensation de cette édition 2010/2011 de la C1. Certes, leur défense n’a ni de Puyol ni de Vidic à la baguette mais, après avoir beaucoup encaissé en phase de poules, elle vient de signer deux blanchissages contre des Milanais pourtant leaders du championnat d’Italie. Même Gomes, leur inconstant gardien, a multiplié les parades pour préserver sa cage inviolée.

Leur qualification pour les quarts de finale en poche et tous au diapason, les «Redknapp’s Boys» ont aujourd’hui les moyens de leurs ambitions. Voire plus. Et ça, personne ne l’aurait parié!

20/10/2010

Bâle au rebond

191856_TOF065_34421b7f.jpg

 

En Ligue des champions, Bâle sait rebondir. Avec brio. Après l’échec à Cluj, on avait déjà entraperçu l’esquisse d’un renouveau contre le Bayern Munich, lors d’un match perdu que les Rhénans ne méritaient pas d’égarer. Deux semaines plus tard, c’était hier soir en Italie, les joueurs de Thorsten Fink ont donné la leçon à l’AS Roma. Sans jamais se démonter. Sans jamais se laisser pénétrer par l’idée qu’ils ne pourraient pas griffer la «Louve».

Celle-ci a affiché le pire de ses deux visages. Après avoir pourtant montré le meilleur le week-end passé en championnat. «Je ne sais pas sur lequel je peux m’appuyer», déplore ce matin son entraîneur Claudio Ranieri. Les Romains ont lâché des points importants dans la course à la deuxième place. Et c’est Bâle qui se met à y croire à nouveau. Un autre succès contre les Italiens puis une victoire à domicile contre Cluj suffiraient presque à son bonheur.

La réaction rhénane a été celle d’un effectif blessé dans sa chair. Meurtri par leur défaite sur le fil contre le Bayern lors de leur deuxième match, le champion de Suisse a disputé nonante minutes de haut vol. Avec, comme maître d’œuvre, l’impressionnant Yapi dans l’entrejeu. Et, aussi, un Samuel Inkoom flamboyant sur le flanc droit. A 21 ans, le Ghanéen ne restera pas une saison de plus en Super League. Son potentiel, déjà affiché durant l’exercice précédent et lors de la Coupe du monde, est énorme. A Rome, les observateurs ont sans doute noté son nom dans leur carnet de notes. A moins d’un miracle, le FCB ne pourra garder son joyau d’Accra.

Il pourra en revanche s’appuyer sur le caractère d’Alexander Frei. Incapable de jouer son jeu sous le maillot national, le capitaine de l’équipe de Suisse est par contre toujours aussi dangereux lorsque ses épaules sont recouvertes des couleurs bâloises. Sa réussite pleine de sang-froid contenait le brillant geste du buteur. De sa frappe se dégageait l’énergie d’un homme qui avait plein de frustrations à expédier.

On a vu hier soir que Bâle savait rebondir. Et que, sous ce tricot-là, Frei en était aussi capable. A lui d’en faire de même le 26 mars prochain à Sofia…