27/04/2012

Et pourtant, Guardiola n'est pas mort...

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Il aura donc suffi d'un «no mas» pour que la planète s'agite. Alors que les médias catalans ont d'ores et déjà annoncé que «Pep» Guardiola ne prolongerait pas son bail à la tête du FC Barcelone, Internet tire une gueule d'enterrement. Facebook, Twitter et même les sites des médias sportifs les plus reconnus en font des tonnes. L'éloge funèbre est prêt et d'aucuns se demandent quelle sera l'épitaphe... Mais, attention, Josep Guardiola n'est pas mort!

Malgré tout ce qu'on pourrait croire en surfant sur le web, l'ancien milieu de terrain du Barça est en pleine santé. Il devrait d'ailleurs faire une apparition publique d'ici quelques minutes au centre d'entraînement du club catalan, histoire d'officialiser son départ après quatre ans de (très) bons et loyaux services. Une page se tourne, c'est certain, mais il n'est pas venu le temps de s'habiller en noir et de convoquer le corbillard.

Pour Barcelone, il y aura un après Guardiola. Et, pour «Pep», il y aura un après Barça. Après tout, ce n'est que le film d'une vie, qui fait qu'à un moment ou à un autre, les routes ne vont plus de pair.

Aujourd'hui, plus que de vouloir rendre un hommage à un technicien reconnu ou de pleurer à chaudes larmes sur ce «divorce», vient le temps de l'interrogation sur ce que sera le futur du club et du bonhomme. Tous deux devraient survivre à cette séparation, mais il faudra peut-être patienter plusieurs semaines pour que la page soit définitivement tournée. Il n'est pas dit que le successeur de «Pep» aura la tâche facile.

D'ailleurs, quand vient le temps de deviner qui sera le prochain capitaine du navire sis au Camp Nou, un nom revient de plus en plus souvent. Celui de Marcelo Bielsa, l'Argentin aujourd'hui à la tête de l'Athletic Bilbao, futur finaliste de l'Europa League.

Ancien sélectionneur de l'albiceleste et du Chili - avec lequel il a éliminé la Suisse du Mondial 2010 en compagnie du Barcelonais d'adoption Alexis Sanchez -, Bielsa se dit adepte d'un football total. A bientôt 57 ans, celui qui a également entraîné... l'Espanyol Barcelone serait mûr pour enfin prendre les commandes d'un tout grand club.

Reste que son caractère et les nombreuses volte-face qui ont émaillé sa carrière pourraient poser problème en Catalogne. Du coup, d'autres noms sont cités parmi les candidats à la succession de Guardiola: Emery (Valence), Luis Enrique (AS Roma) et Valverde (ex-Olympiakos) sont de ceux-là. Les pistes qui mènent à Laurent Blanc et à André Villas-Boas semblent en revanche relever de la pure intox.

Ensuite, au-delà de l'avenir du banc barcelonais surgit la question qui entoure Guardiola. Annoncé en Angleterre et en Italie, le quadragénaire serait pourtant sur le point de prendre une année sabbatique afin de se retirer d'un monde du football dont il ne supporte plus la pression. Du coup, on peut se demander s'il y reviendra un jour.

Si oui, on s'impatiente de savoir où et ce qu'il pourrait y faire. Est-il vraiment un technicien grand luxe ou a-t-il simplement bénéficié d'un équipe exceptionnelle pour faire la «une»? On aimerait tant le voir répondre à cette question sur un autre banc. Si, en revanche, il ne réendosse pas un jour son costume d'entraîneur, on se souviendra que ses quatre années de technicien auront été parmi les plus belles de l'histoire.

Sans jamais savoir s'il était le principal artisan d'un chef-d'œuvre des temps modernes...

19/04/2012

Chelsea, c'est la Squadra azzurra!

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Ainsi donc, Chelsea a terrassé le grand Barcelone. 1-0 hier soir, but de Drogba. Au-delà de l'incertitude qu'elle laisse planer avant le match retour de mardi, cette victoire a (re)mis en lumière la mue dont se sont fait auteurs les «Blues» depuis le limogeage d'Andre Villas-Boas.

A la fin du mois de février, l'entraîneur portugais, ancien disciple de José Mourinho, a laissé sa place à Roberto Di Matteo et, depuis, le jeu des Londoniens n'est plus tout à fait le même. Désormais, Chelsea, c'est la Squadra azzurra d'antan! Et pour cause, son manager est Italien... Procédant par contres meurtries, usant et abusant des simulations, Didier Drogba et sa clique ne présentent pas le football le plus chatoyant du XXIe siècle. Mais ils ont levé les bras, hier soir.

Ce n'est pas le succès le plus excitant de l'histoire du jeu, mais il a le mérite d'entrouvrir aux «Blues» la porte d'une finale, quatre ans après l'échec de Moscou face à Manchester United. Reste que le plus dur aura lieu au match retour, au Camp Nou. Là où le Barça, utilisant de son côté les grands espaces que lui offre sa pelouse, devra forcer son talent et arrêter les grigris. Histoire d'aller droit au but. Mais pas comme l'OM qui péclote en Ligue 1.

On se demandait dans le billet posté mardi sur ce blog si Barcelone avait vraiment perdu son âme, son jeu, comme aiment à le dire ses détracteurs. La réponse est non. Durant la première mi-temps, les Catalans avaient en effet évolué en mode PlayStation. N'a finalement manqué que le petit but à même de faire son bonheur. Avant le thé, Sanchez a touché du bois et Fabregas a manqué l'Everest. Après la pause, la frappe d'Adriano a heurté le montant et ce même Fabregas a raté le K2.

Le manque de réalisme aperçu hier soir aura-t-il de lourdes conséquences pour les champions d'Europe? On ne le saura que dans une semaine. D'ici-là, les hommes de Guardiola, qui disputent le Clasico samedi soir, pourraient tout perdre. Ou tout gagner. Ainsi va une saison «moyenne» au royaume du Barça.

 

17/04/2012

Le Barça sentirait-il le sapin?

 

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L'Europe du football retournerait-elle sa veste? On peut le penser! Elle qui a tant encensé le FC Barcelone version Pep Guardiola est en train de virer de bord. Les plumitifs «as de la dithyrambe» et les consultants - et Dieu sait que d'aucuns sont de pacotille - ont subitement appris à reformuler leur(s) discours. A émettre quelques bémols à tout ce qu'ils avaient pu prétendre dans un très récent passé.

Aux termes «plus belle équipe du siècle» et «meilleurs joueurs de l'histoire» ont succédé les points d'interrogation. La machine collective mise en place par le technicien déplumé n'est plus intergalactique, mais simplement banale. C'est en tout cas que le message que certains tentent de faire passer depuis que Lionel Messi et sa formidable cohorte ont un temps compté dix points de retard sur le Real Madrid en championnat. C'est aussi ce qui s'est dit après que les champions d'Europe aient «péniblement» franchi l'obstacle AC Milan en quarts de finale de la C1.

La démonstration livrée au tour précédent de la Ligue des champions contre le Bayer Leverkusen n'avait pas totalement dissipé le malentendu sur le niveau de jeu de cette équipe royale. Une formation qui survole son sujet comme l'a fait le groupe blaugrana contre Derdiyok et Cie aurait pourtant eu droit à six mois de tranquillité. Mais pas le Barça!

Car le Barça, aujourd'hui, fâche. Sa domination et son aisance technique irritent.

A tel point que les loups guettent le moindre faux pas au coin du bois. Au vrai, la question qui circule aujourd'hui est la suivante: Barcelone sentirait-il le sapin? Ou, différemment formulée: la poudre magique que le collectif catalan disperse aux quatre coins du monde depuis près de trois ans serait-elle usée?

La réponse tombera dans les heures qui viennent, dans la semaine qui vient. Avec un déplacement à Londres demain soir pour y affronter Chelsea, la réception du Real Madrid samedi soir et un match retour à domicile contre les «Blues» mardi prochain, Pep Guardiola - qui s'interroge encore sur le fait de rester sur le banc du Camp Nou - devra faire taire ses détracteurs. Ou pas.


 

03/05/2011

Le Real Madrid éliminé... pour l'ensemble de son "oeuvre"

L’impression qu’avait laissée le match aller s’est donc confirmée: le Real Madrid ne parvient pas à trouver la clef face au jeu rapide du FC Barcelone. Devant les artistes, les besogneux continuent de pécloter. Ce soir, même une réussite de Marcelo n’a pas véritablement fait naître le suspense au Camp Nou. Supérieurs, les Catalans ont fini par valider leur billet pour la finale de la Ligue des champions. Leur deuxième en trois éditions.

Même si, à travers la qualification des hommes de Guardiola, c’est le beau jeu qui est récompensé, force est de reconnaître que le football qui a pris le pas lors de ce match retour n’est pas celui que l’on apprécie le plus. Entre coups bas et simulations, le public a été (mal) servi. Il ne s’en est pas fallu de grand-chose pour que le «clasico» ne se termine à nouveau sur un petit carton rouge. Finalement, le Real aura été éliminé pour «l’ensemble de son œuvre». Mais, bien que les «Merengue» irritent en exhibant leurs pires côtés dès lors qu’ils croisent les crampons avec leurs ennemis, l’attaquant catalan Pedro n’est pas en reste.

Tout le temps par terre, il a même perdu toute considération à force de crier au loup. A la 91e, lorsqu’il eut vraiment mal, personne ne désira arrêter le jeu pour qu’il puisse se faire soigner. En se roulant dans l’herbe, il nous a rappelé l’Iniesta de la Coupe du monde, lequel, en Afrique du Sud, ne fit pas un mètre sans tomber. Ca aussi, disons-le tout net, c’est irritant.

Après, bien sûr que le Barça méritait sa qualification. Mais il ne sera certainement pas aussi souverain qu’il y a deux ans s’il devait retrouver Manchester United en finale. On a vu, sur certaines séquences, que les Catalans n’aimaient pas être gênés aux entournures par leurs adversaires. Ils n’apprécient pas de ne pas avoir la mainmise sur le ballon, qui leur permet d’installer leur jeu de passes courtes. Bref, cela n’aura certainement pas échappé à Alex Ferguson.

Le manager écossais de «ManU» aura certainement apprécié le retour au jeu d’Eric Abidal, qui était absent depuis le mois de mars après qu’on lui eut diagnostiqué une tumeur au foie. Fêté par le public et ses coéquipiers, le Français est redevenu un vrai joueur de foot. Guéri. Et c’est tant mieux. Gréviste il y a une année dans un bus à Knysna, le défenseur parisien est aujourd’hui un homme ressuscité. Sans doute qu’il voit désormais la vie d’un autre œil. Du fameux car des «Bleus», il y en a au moins un qui a mûri. Mais pas forcément dans les circonstances qu’on lui aurait souhaitées.