26/05/2012

Barnetta, le joyau qui fait briller la Suisse

 

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Tiens donc, la Suisse sait gagner des matches! Mieux encore, elle sait marquer. Et plutôt cinq fois qu'une! Sa fin d'après-midi, aussi irréelle et rayonnante que la météo du jour, a été ponctuée par son excellente prestation contre une Allemagne B.

Victorieuse 5-3 d'une "Mannschaft" qui n'était certes pas toujours à son affaire, la troupe d'Ottmar Hitzfeld s'est partiellement rassurée à quelques semaines des éliminatoires du Mondial 2014 - un rendez-vous qu'elle ne pourra se permettre de manquer. Non, elle n'est pas un fantôme incapable, tel qu'on avait pu le croire au Pays de Galles ou au Luxembourg en fin d'année dernière. Oui, elle sait, quand elle le veut, utiliser les espaces, manier le ballon et proposer du beau football. Ce samedi, elle est arrivée sur le terrain avec des idées et des schémas de jeu qu'on ne lui avait jamais connu avec l'Allemand à sa tête.

Du coup, près de 60 ans après son dernier succès contre sa voisine d'outre-Rhin, elle a signé une performance que les livres d'histoire retiendront. Après, il ne va pas falloir s'enflammer plus que de raison dans les jours qui suivront cette victoire. Laquelle demandera confirmation dès mercredi contre les Roumains.

Ne nous emballons donc pas, tant il est vrai que, face aux hommes de Löw, les Suisses ne disputaient qu'une rencontre de préparation en vue d'un Euro auquel ils ne... participeront pas. Tant il est vrai, aussi, que ce n'est que leur première vraie bonne performance depuis exactement 11 mois et 2 semaines, mais tout de même, il y a un peu de fierté de les voir jouer ainsi.

11 mois et 2 semaines, écrivions-nous. Soit depuis leur périple à Wembley, achevé par un 2-2 arraché contre l'Angleterre. A l'époque déjà, comme tout à l'heure à Bâle, les Helvètes avaient entamé leur match en prenant rapidement deux longueurs d'avance sur leur adversaire. A l'époque déjà (et surtout), la Suisse avait dû son salut à un joyau nommé Tranquillo Barnetta.

Car, ne nous y trompons pas, c'est bien lui l'homme-clé du système d'Ottmar Hitzfeld. Quand le Saint-Gallois de naissance est là, le drapeau rouge à croix blanche peut briller. L'homme a un talent fou. On s'en était aperçu à l'Euro M17 en 2002. On en avait rapidement eu confirmation par la suite chez les pros. Ceci avant que les blessures ne viennent pourrir sa carrière.

Aujourd'hui, on espère que l'intéressé est arrivé à la deuxième phase de sa carrière, tout aussi brillante que la précédente mais épargnée par les pépins physiques. "Quillo", qui n'a que 27 ans, a encore un long chemin de footballeur pro à parcourir. Lui qui est à la recherche d'un contrat en vue de la saison prochaine - il a en effet décidé de ne pas renouveler son bail au Bayer Leverkusen - s'est offert la plus belle des publicités cet après-midi en distillant trois assists. Et en se montrant également vivace comme à ses plus beaux jours, très actif sur la pelouse bâloise.

Barnetta a entraîné dans son sillage la plupart de ses camarades de vestiaire. Même Gelson Fernandes a fait de belles choses - il aurait même pu marquer, la barre renvoyant son coup de tête à la 88e. Même Gökhan Inler a fait preuve d'une justesse de jeu qu'on ne lui connaissait pas sous le tricot national. Son assist sur le 4-2 signé par Lichtsteiner est assez exceptionnel. Serein en phase défensive et percutant dans ses montées, le latéral de la Juventus a pour sa part confirmé son excellent exercice 2011-2012, durant lequel il n'a connu qu'une seule fois la défaite en club. Lui aussi est une grosse satisfaction.

Comme, évidement, Eren Derdiyok et Admir Mehmedi, buteurs rusés qui ont enfin brillé sous le tricot national. Le premier cité quittera également le Bayer au mois de juin. Il a choisi de poser ses crampons à Hoffenheim. Gageons qu'il parviendra à faire taire les critiques dont il a été la cible en Suisse allemande et outre-Rhin tout au long de la saison écoulée. Mehmedi, quant à lui, a perdu sa place à Kiev, mais il a un vrai potentiel.

Dans cette Suisse du 26 mai 2012, il y avait donc, vous l'aurez compris, du positif. A ce titre, on retiendra encore l'excellente combinaison qui a amené le 5-3. Mais, surtout, le retour au sommet de Barnetta. On espère désormais que le milieu de terrain saura y rester. Histoire que la Suisse l'y rejoigne pour espérer aller chercher un ticket à destination du Brésil.

12/10/2010

Equipe de Suisse: l'essentiel, et après?

Victoire 4-1. Trois points à la clé. L'essentiel est fait pour l'équipe de Suisse. Rien de plus. A vrai dire, les internationaux ont simplement réalisé ce que l'ASF leur demandait. Et ce qu'ils devaient faire. Doit-on dès lors leur tresser des louanges? Non. Ils restent dans la course pour obtenir leur ticket en vue de l'Euro 2012, mais la mission qui leur est assignée aujourd'hui n'est pas plus avancée qu'elle ne l'était hier.

Si, en fin de rencontre, le public bâlois a enfin pu se lâcher, c'est, disons-le tout de go, grâce en partie à quatre personnes: Barnetta, Inler, Stocker et Wölfli. Le premier cité a été le détonateur des actions helvétiques. Il a amené les réussites et, surtout, déclenché l'action du penalty permettant au second cité de libérer les siens.

Déjà pas mauvais à Podgorica, Inler, qu avait récupéré le brassard après la sortie du morne Frei, a été souverain dans l'entrejeu. Stocker s'est mis au diapason. Son punch en phase offensive et ses intentions ont fait beaucoup de bien. Dans le but, Wölfli, qui fut injustement très critiqué vendredi soir, a sauvé par trois fois son équipe dans cette rencontre, après avoir dû remplacer Benaglio après seulement huit minutes de jeu.

Après la sortie de Frei, la "Nati" a enfin pu développer son jeu. Comme si son habituel capitaine était plus un poids qu'autre chose. Derdiyok servait sur un plateau Stocker pour quadrupler la mise. Pendant ce temps-là, "Cap'tain Alex" ruminait son dépit sur le banc. Conspué par le public bâlois, il avait quitté le terrain en mimant un geste d'arrêt. Comme s'il songeait à définitivement ranger son maillot international. A l'heure où la Suisse a besoin de rebondir, l'ancien renard a-t-il tiré - à côté - ses dernières cartouches?