26/04/2012

WunderBayern

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Cela fait des lustres que ça dure. La pensée collective, initiée par les anciens, veut nous obliger à ne pas aimer les Allemands. Au niveau humain déjà, eu égard à ce qui s'est passé chez eux, mais aussi au niveau sportif. Leur football des 70-80-90 n'a en effet pas de quoi être érigé en symbole. En Suisse - comme peut-être en France - les gamins ont longtemps été élevés au «désamour» de la «Mannschaft» et nourri à la haine du Bayern Munich et de cette Bundesliga qu'on ne devinait que le dimanche au coin du feu avec les commentaires de Jean-Jacques Tillmann.

Mais, fort heureusement, les mentalités ont tendance à changer. Ce qu'on a vu au Mondial 2006, à l'Euro 2008 et encore lors de la Coupe du monde 2010 a confirmé ce changement de cap. Oui, l'Allemagne est belle. Elle compose un hymne au ballon rond et fait la fête chaque week-end dans ces stades. Il suffit désormais d'enclencher SwisscomTV pour s'en persuader. Là-bas, le football est roi et les débordements dans les stades ne sont pas légion. A part sur la pelouse, où les latéraux s'illustrent.

Le Bayern aussi est beau. Hier soir, sa qualification arrachée aux tirs au but contre le Real Madrid est méritée. Cent fois méritée. Mille fois méritée. Malgré un début de match durant lequel la pression merengue l'a par moments étouffé, le collectif de Jupp Heynckes a su garder ses nerfs, remettre l'ouvrage sur le métier et obtenir la récompense de ses efforts. Le volume de jeu d'Alaba, la rapidité de Ribéry et les mouvements de Gomez ont eu raison des certitudes de José Mourinho.

Alors bien sûr, cela ne s'est pas joué à grand-chose, mais les Dieux du football, amoureux des équipes qui attaquent, ont choisi leur camp. La main de Neuer n'a pas tremblé. Contrairement au pied de Ramos, qui a rejoint Twickenham avec son essai. Ou à la patte de Ronaldo, lequel aurait certainement assuré son Ballon d'or en se hissant en finale.

Maintenant, qui ira chercher la «Coupe aux grandes oreilles»? A trois semaines de l'ultime rendez-vous, le suspense est déjà à son comble. Avec plusieurs suspendus, tant dans le camp de Chelsea que dans le camp bavarois, Di Matteo et Heynckes devront revoir leurs plans. Plus malin sera celui qui, au final,... gagnera.

 

08/02/2012

Shaqiri, le bon choix

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Ce sera sans doute le transfert de l'année au niveau purement helvétique. L'été prochain, le passage de Xherdan Shaqiri du FC Bâle au Bayern Munich va faire mousser les gazettes et jubiler les fans de foot. Révélé lundi par la presse allemande, ce mouvement fait déjà causer. Thorsten Fink, son ancien entraîneur à Saint-Jacques, et Ottmar Hitzfeld, le sélectionneur national, ont déjà donné leur avis. Qui vaut ce qu'il vaut.

Le premier cité encourage «XS» à récupérer une taille proche de son surnom. «Il doit perdre 4 kilos», martèle le coach du SV Hambourg dans les colonnes du Blick. Une phrase qui semble relever de l'hérésie, quand on sait que l'international suisse est avant tout une boule de muscles. Et, jusqu'à preuve du contraire, son potentiel physique ne l'a jamais empêché de briller dans les grands matches. Demandez donc à Alex Ferguson ce qu'il en pense!

Ce matin, c'est Hitzfeld qui a ajouté son grain de sel. En faisant pour sa part l'éloge de Shaqiri. «Les fans du Bayern vont l'adorer, prévient l'ancien entraîneur du club bavarois. Il joue sans pression, il ose tout.» Et «Gottmar» d'ajouter, comme s'il voulait prendre le contrepied de Fink: «Il possède une force physique incroyable.»

Celle-ci, doublée à son talent, devrait permettre au Bâlois de percer définitivement à l'échelle internationale. A 21 ans, il peut se faire une place (et quelle place!) en Bavière. Ribéry et Robben, les ailiers de choc, ont du souci à se faire. Longtemps convoité par le Galatasaray Istanbul, Xherdan Shaqiri a pris, en une décision, deux excellentes voies: premièrement celle de ne pas signer en Turquie et, deuxièmement, celle de rallier un club qui donne sa chance aux jeunes. Gageons qu'il brillera dès cet été en Bundesliga.

Mais, d'ici là, on espère qu'il enflammera l'antre bâlois en Ligue des champions. Contre un certain... Bayern Munich.

 

29/09/2010

Que peut-on reprocher au FC Bâle?

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Dans l'esprit des Bâlois, c'était un soir de rêve. Mais d'aucuns imaginaient qu'il allait tourner au cauchemar. Et puis non... ou presque. Ce choc FC Bâle-Bayern Munich, affiche magnifique pour les Rhénans, a laissé la trace d'une belle rencontre qui engendrera néanmoins une grosse frustration dans la tête des champions de Suisse.

Après leur défaite 2-1 à Cluj, ceux-ci étaient promis à se prendre une décullotée magistrale face aux finalistes de la dernière édition de la C1. Mais avec le coeur, les tripes et un Xherdan Shaqiri en forme olympique, le FCB est allé chatouiller jusqu'à la moelle les ambitions bavaroises. Une action d'école combinée entre le lutin d'origine kosovare, Marco Streller et Alexander Frei - tiens, tiens... - débouchait sur un 1-0 quasiment inattendu.

Huit ans plus tard, le Parc Saint-Jacques redécouvrait l'ivresse des soirées européennes. Comme en 2002, lorsque son club de coeur faisait vaciller Liverpool. Depuis lors, le FCB en avait connu de tels moments, mais était (trop) souvent passé à côté. Sous la coupe de Thorsten Fink, un ancien de la maison Bayern, les Bâlois avaient décidé de prendre le match à bras-le-corps. Histoire de ne pas avoir de regrets. Actifs, courageux, très en jambes (à l'exception de Huggel), ils auraient même pu doubler la mise contre des Allemands à côté de leurs crampons car déstabilisés par la fougue adverse.

Et puis, peu avant l'heure de jeu... Patatras! Les rêves de victoire et de relance dans cette Ligue des champions s'effondraient lorsque le "brave" Beni, dont la finesse n'a jamais été le fort, crochetait Thomas Müller. Penalty transformé par Schweinsteiger. Certes, la faute n'était pas manifeste, mais il y avait bel et bien eu contact entre Huggel et le meilleur buteur du Mondial.

Coup de massue sur les têtes rhénanes. Si Frei bénéficia d'une belle occasion de doubler la mise, c'est le Bayern qui allait pourtant crucifier ses hôtes d'un soir à quatre minutes du coup de sifflet final. "Schweini", encore lui, bénéficiait d'une double erreur de Safari (faute stupide, puis marquage défaillant) pour mettre le 1-2.

Battus et sans doute abattus, les champions de Suisse ne méritaient pas ça. Pour une fois qu'ils avaient fait preuve d'un réel allant dans une confrontation européenne, un petit point, au moins, aurait été une récompense logique. Avec zéro point dans ses valises avant d'embarquer pour Rome, où l'attend une "Louve" blessée, le FCB fait grise mine. "Mais la deuxième place du groupe demeure notre objectif", assure son mentor Thorsten Fink. Avec ce que ses hommes ont montré hier soir, l'Allemand a raison de viser haut. Mais, franchement, revenir du néant tiendrait du miracle.